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La criminalité des immigrés clandestins Américains et Britanniques en Syrie (Dissident Voice)

par Felicity ARBUTHNOT 14 Août 2016, 19:13 Syrie Impérialisme USA Grande-Bretagne Mercenaires Armée US Immigration

La criminalité des immigrés clandestins Américains et Britanniques en Syrie
par Felicity ARBUTHNOT
Dissident Voice


Traduction « au fait, comment appelle-t-on un immigré clandestin armé d’un missile anti-char ? » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.
LGS
Photo : "Vous papiers, siouplait... Non ? Bon d’accord".

Photo : "Vous papiers, siouplait... Non ? Bon d’accord".

« C’est vraiment un comportement du 19ème siècle au 21ème. On n’envahit pas un autre pays sous de faux prétextes pour imposer ses intérêts. » - Secrétaire d’Etat, John Kerry, ’Meet the Press’, le 2 Mars, 2014

Ce serait hilarant si ce n’était pas aussi grave. Les Britanniques ont voté pour quitter l’Union européenne sur la base de la combinaison d’un paquet de mensonges par les ministres du gouvernement qui soutiennent la campagne ’exit’ et la xénophobie brandie contre tous ces « étrangers » qui volent nos emplois, nos maisons, nos places dans les transports en commun, etc. Un retour vraiment honteux de l’époque où des hôtels et des pensions de famille affichaient des panneaux qui annonçaient : « pas de chiens, pas de noirs, pas d’Irlandais ». A présent, s’il fallait en croire les idioties avancées par les partisans du « exit », ils pourront ajouter « et pas d’Européens, d’Arabes ou de Musulmans - seulement des Britanniques titulaires d’un passeport ».

Les cibles de ce dénigrement particulièrement virulent sont les « immigrés clandestins ». Peu importe que beaucoup, pour sauver leur vie et en risquant le tout pour le tout, aient fui leur pays que le Royaume-Uni s’est empressé de détruire, et qui sont à peine en mesure de s’en sortir avec la paperasserie, pour renouveler ou demander un passeport ; ils pensaient au moins trouver chez nous un refuge. Ils sont traités comme des criminels et dénigrés par une bande de politiciens. « Ils menacent notre mode de vie » est devenue la ritournelle politique. Que l’humanité Repose en Paix.

En fait, notre « mode de vie » est entretenue par ceux qui surmontent les obstacles bureaucratiques. Avant leur arrivée, il n’y avait pas de magasins ouverts de 6h à minuit, pas de lieux d’alimentation de tous les horizons culinaires. Partout à travers le pays les « immigrés » ont en quelque sorte tout donné, travaillant d’arrache-pied, pour monter un local, créer une pharmacie, un magasin d’alimentation, un magasin de bricolage avec des employés prêts à répondre à vos appels pour le service ou article de votre choix.

Après le Brexit, tout cela a été pris pour cible, comme d’ailleurs les chirurgiens, les médecins et les infirmières de partout dans le monde qui travaillent dans nos hôpitaux avec dévouement et 24/24h, et se demandent maintenant si la vie qu’ils ont construite avec dévouement au sein et envers le Royaume-Uni y survivra.

« Nous voulons reprendre notre pays » est le cri de ralliement politique des ministres et politiciens, qui se font servir par un serveur qui vient d’un autre pays, dont la nourriture est préparée par un chef qui vient d’ailleurs, dont la chambre d’hôtel luxueuse est nettoyée, les draps changés par une étrangère prête à travailler des heures, souvent au salaire minimum, que peu de Britanniques serait même prêts à envisager.

Le contraste est donc que le gouvernement britannique considère qu’il a le droit absolu d’envoyer des immigrés clandestins « ... équipés de tout un arsenal, y compris des fusils à lunettes, des mitrailleuses lourdes et des missiles anti-chars » dans un pays tiers situé à environ 4000 km pour aller « menacer leur mode de vie ».

Ces clandestins là sont les forces spéciales britanniques, présentes en Syrie pour aider les rebelles, coupeurs de mains et décapiteurs d’enfants appelés « modérés ». Ce gang, connu sous le nom de Nouvelle Armée Syrienne (NAS) aurait été formé par les États-Unis et le Royaume-Uni en Jordanie et combattent l’Etat Islamique crée et financée par les Etats-Unis et leurs alliés. Notez le nom, certainement inspiré par les Etats-Unis, de « Nouvelle Armée Syrienne » - un groupe terroriste allié aux Etats-Unis et formé par les Etats-Unis en 2015 – et sans doute destiné à remplacer l’Armée Arabe Syrienne nationale et multi-ethnique.

Sans oublier que le faux « soulèvement » a été conçu par l’ambassade US à Damas en 2006.

En Juin de cette année, selon The Telegraph, un soi-disant ’lieutenant’ Mahmoud al-Saleh, de la NAS, a déclaré au Times qu’il était appuyé par les forces spéciales : « Ils nous ont aidé pour la logistique, comme la construction de défenses et pour construire les bunkers de sécurité », a-t-il dit.

En mai, quand un « véhicule blindé bourré d’explosifs » de l’EI a tué onze membres de la NAS et blessé dix-sept autres : « Les blessés ont été transportés dans des hélicoptères US vers la Jordanie. L’attentat suicide a endommagé la structure de la base al-Tanf, et les troupes britanniques sont venues de Jordanie pour les aider à reconstruire leurs défenses ».

Selon The Telegraph : « Le porte-parole de la Nouvelle Armée Syrienne a refusé de commenter les photos des Forces spéciales, mais a reconnu qu’ils apportaient leur aide. Il a dit à la BBC : "Nous recevons une formation des forces spéciales de nos partenaires britanniques et américains. Nous recevons également des armes et du matériel du Pentagone ainsi qu’un soutien aérien total". »

Notez le terme « partenaires britanniques et américains ». La perfidie a-t-elle des limites ? En cas de doute, notez ce qui suit, tiré aussi de The Telegraph :

« La NAS est issue d’un programme du Pentagone de $500 millions visant à créer une force rebelle bien formée pour contrer l’EI. Cependant, le projet a été abandonné après que la première unité formée et envoyée en Syrie ait été enlevée par le front Al-Nosra affilié à al-Qaïda. Un deuxième contingent de soldats fraîchement débarqués a fait défection et a donné ses armes ».

Encore un objectif du Pentagone.

Fait intéressant, The Guardian rappelle que la BBC :

« ... des images montrant des membres des forces spéciales britanniques assis dans des véhicules de patrouille longue distance Thalab qui se déplacent autour du périmètre d’une base rebelle près de la frontière entre la Syrie et l’Irak.

Les Thalab (Fox) sont essentiellement des 4x4s Toyota militarisés et modifiés, utilisés pour des mission de reconnaissance et de surveillance longue distance, et qui ont été développés il y a environ cinq ans conjointement par une société de défense soutenue par l’État jordanien et la société britannique Jankel. »

Ces véhicules sont certainement, pur hasard, similaires à ceux qu’on voyait dans ces longs convois de 4x4 si mémorables conduits par l’Etat Islamique.

Le capitaine US Scott Rye a nié qu’un certain nombre de membres de la NSA, payés jusqu’à 400 $ par mois par le Pentagone, avaient quitté pour des raisons contractuelles. « Il a dit que, tandis que les responsables américains avaient été clairs que le programme était de former des combattants pour combattre l’Etat islamique, le seul document que les participants devaient signer était celui qui les engage à promouvoir le respect des droits de l’homme et de la primauté du droit, un mandat délivré par le Congrès américain ». (souligné par l’auteure) Formulé par le représentant militaire d’une nation pour qui les droits humains et la primauté du droit ne sont plus que des souvenirs lointains.

Un de plus dans la catégorie « ça ne s’invente pas ». Le Royaume-Uni avec sa xénophobie d’État contre les immigrés, en particulier les « clandestins », peu importe les circonstances, et les États-Unis avec leurs 930 kilomètres de barrières contre leurs voisins du sud, envoient des immigrés clandestins officiels dans un autre pays pour assassiner et former des assassins pour - une fois de plus - renverser un gouvernement souverain.

Quand quelqu’un aura inventé des mots plus appropriés que « hypocrisie » « criminel », « assassinat en masse », qu’il me le fasse savoir.

Felicity Arbuthnot

Felicity Arbuthnot est une journaliste spécialisée sur l’Irak. Auteure, avec Nikki van der Gaag, de Bagdad dans la série Great City pour les livres World Almanac. Elle a également été chargée des recherches pour deux documentaires primés sur l’Irak, Paying the Price : Killing the Children of Iraq (de John Pilger) et Denis Halliday Returns pour RTE (Irlande).

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