Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

6 février 1980 : le « Monsieur Afrique » de Giscard d’Estaing, (qui a contribué à porter au pouvoir Hissène Habré au Tchad), meurt au Cameroun (L'Opinion.fr)

par Jean Pierre Bat 14 Septembre 2016, 08:58 Journiac Hissene Habre Kadhafi Françafrique Giscard France néocolonialisme Articles de Sam La Touch

Depuis 1978, Journiac est particulièrement actif dans le dossier tchadien, devenu sa priorité : pour lutter contre Kadhafi, il est parvenu à gagner le rebelle Hissein Habré à la cause française, à le « débaucher » de la rébellion et à le faire entrer dans le gouvernement tchadien.

Véritable « homme de l’ombre » de la République française, René Journiac détient le record de longévité dans les affaires africaines. Ancien élève de Jacques Foccart, il disparaît dans le crash de l’avion personnel d’Omar Bongo, mis à sa diposition par l’ancien Président gabonais, le 6 février 1980, en pleines négociations tchadiennes. Longtemps, la rumeur a couru qu’il avait été la victime d’un attentat monté par Kadhafi et son redoutable service spécial Mathaba.

N’Gaoundéré, Nord-Cameroun, non loin de la frontière avec le Tchad. Il fait déjà nuit. L’Harmattan, le vent sahélien, s’est levé depuis quelques jours. Un avion bimoteur modèle Grumman-Gulfstream II s’approche péniblement de la piste, longue de 2,5 km. Son immatriculation TR-KHD donne à voir son importance : il s’agit du jet privé du Président du Gabon, Omar Bongo. L’avion commence à s’approcher de la piste d’atterrissage vers 17 h 55. Un quart d’heure plus tard, entre 18 h 10 et 18 h 12, une énorme gerbe de feu accompagnée d’une formidable détonation déchire le ciel de N’Gaoundéré : l’avion présidentiel gabonais, qui n’a pas pu atterrir, vient d’exploser au niveau du village de Maoui. Sur un rayon de 300 m autour du lieu du crash, c’est un mélange de débris de carlingue, de corps calcinés et de cadavres de bétail. Les secours s’improvisent pour extraire les corps, mais le désastre n’a laissé aucun survivant. Aussitôt, l’alerte est donnée en priorité à Yaoundé et Libreville.

La catastrophe vire à l’affaire d’État : Omar Bongo avait mis son bimoteur personnel à disposition de René Journiac, le « Monsieur Afrique » de Valéry Giscard d’Estaing, dans le cadre des négociations secrètes sur la crise tchadienne. Depuis 1969, la France affronte au Tchad, de manière ouverte ou couverte suivant les périodes, les ambitions du régime libyen du colonel Kadhafi. Une question traverse alors tous les esprits : accident malheureux ou attentat libyen ?...

Lire la suite

Haut de page