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Nigeria : discours contradictoires sur Boko Haram au sein de l'Etat-Major francais (JDD)

par JDD 12 Septembre 2016, 13:18 Boko Haram Nigeria EI Etat-Major français

Dans la lutte contre l'organisation terroriste Boko Haram en Afrique, le général Patrick Brethous, qui achève sa mission de commandement de l'opération Barkhane, est confiant. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'alarme au contraire des liens entre le réseau africain et Daech.

"La menace de Boko Haram est endiguée dans le Borno." Tout juste rentré du Sahel où il vient de commander pendant douze mois l'opération Barkhane, le général Patrick Brethous s'est montré très optimiste, jeudi, quant à la situation sécuritaire dans le nord-est du Nigeria. Selon lui, le groupe terroriste, aujourd'hui divisé entre deux courants, ne garde plus qu'une "capacité d'action sporadique" et pourrait "être éradiqué" rapidement.

Des propos qui en ont fait bondir plus d'un au ministère de la Défense où l'on rappelle que Boko Haram continue de mener des raids meurtriers, au Tchad, au Cameroun mais surtout au Niger. En juin, l'organisation terroriste avait brièvement occupé la ville de Bosso, dans le sud du pays, après avoir tué 30 soldats. La situation est d'autant plus inquiétante que, selon une source diplomatique française, la force multinationale régionale censée lutter contre Boko Haram "peine à mettre en place des opérations communes".

Des Nigérians dans les camps d'entraînement de l'EI

"Je n'ai pas détecté de liens qui se soient développés entre l'EI en Libye, Boko Haram et Aqmi dans la zone sahélienne", a poursuivi le général Brethous. Tout l'inverse de ce qu'avançait lundi son ministre, Jean-Yves Le Drian, au cours de l'université d'été de la défense. "Il existe des contacts avérés avec l'organisation centrale via la Libye, maintient-on au ministère. Nous avons pu détecter la présence de Nigérians dans des camps d'entraînement de l'EI en Libye, à Houn, au sud de Syrte."

Un événement risque de crédibiliser ces craintes : il y a dix jours, une attaque dans l'extrême nord du Burkina-Faso, terrain de prédilection d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), a été revendiquée pour la première fois par un groupe djihadiste lié à Daech.

JDD

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