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Burkina: Un coup d’Etat projeté par des ex-gardes du corps de Compaoré déjoué (Oeil d'Afrique)

par Oeil d'Afrique 22 Octobre 2016, 01:37 Burkina Faso Tentative Coup d'Etat Blaise Compaoré Côte d'Ivoire

Une trentaine de militaires, appartenant à l'ex garde rapprochée du président déchu Blaise Compaoré, projetaient de renverser le 8 octobre 2016, le régime du président nouvellement élu Roch Marc Christian Kaboré, a indiqué vendredi le ministre de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré.

«Les objectifs de ce groupe d'environ 30 hommes, composé essentiellement de sous-officiers et de militaires de rang de l'ex Régiment de sécurité présidentielle (RSP) étaient d'attaquer la caserne de la gendarmerie à Ouagadougou (camp Paspanga), d'attaquer la Maison d'arrêt et de correction des Armées (Maca) pour libérer les détenus, de séquestrer certaines autorités et de s'attaquer à la présidence du Faso pour prendre le pouvoir par les armes».

Ces informations ont été données ce vendredi par le ministre de l'Administration territoriale et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, lors d'un point de presse.

Selon M. Compaoré, «l'opération (qui) devrait avoir lieu le samedi 8 octobre 2016 à minuit» a été mise à nue par l'arrestation le même jour de quatre d'entre eux sur le pont du Nazinon (Pô; Centre sud, 145km).

Au cours de leur transfert, a poursuivi le ministre, deux suspects ont été tués et un gendarme blessé au ventre. Il ressort également que trois d'entre eux avaient participé en janvier dernier, à l'attaque de la poudrière de Yimdi (sortie ouest de Ouagadougou) .

D'après M. Compaoré, le cerveau de l'opération «l'Adjudant-chef Gaston Coulibaly, secondé par le sergent Kalifa Zerbo et le soldat de première classe, Issaka Yélémou, ont travaillé à recruter une trentaine de militaires de l'ex RSP auxquels ils ont tenté de faire croire que l'armée et les autres militaires les marginalisaient».

Simon Compaoré a indiqué qu'après l'arrestation du pont Nazinon, «l'Adjudant-chef Gaston Coulibaly a décidé de mettre en œuvre le plan B qui consistait à s'emparer des armes des militaires dans les postes de garde et d'effectuer des tirs tous azimuts dans tous les garnisons afin de créer le chaos».

Ce plan B qui devait être mis en œuvre le dimanche 9 octobre 2016 à minuit a également échoué et l'Adjudant-chef Coulibaly avait décidé d'enclencher un plan C, relate toujours le ministre.

«Il s'agit de créer une rébellion en opposant en opposant les différentes entités de l'Armée par des actions de désinformation via les réseaux sociaux et dans les casernes», a soutenu Simon Compaoré.

Il a indiqué qu'à la date du 21 octobre, 32 militaires ont été entendus, 19 militaires gardés à vue dont 10 déjà présentés au commissaire du gouvernement, 10 civils entendus, du matériel militaire saisi dont une kalachnikov, 6 chargeurs et des centaines de cartouches.

Le ministre a appelé à une collaboration de la population afin qu'on puisse mettre la main sur l'Adjudant-chef Gaston Coulibaly.

En rappel, le RSP a été dissout en septembre 2015 et ses quelques 1300 éléments répartis dans tous les garnisons du pays, deux semaines après le coup d'Etat finalement déjoué qu'il avait mené contre le régime de la Transition.

Ce corps d'élite de l'armée burkinabè était chargé de la sécurité exclusive du président Blaise Compaoré, chassé par la rue en octobre 2014 au bout de 27 ans de gestion.

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