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Déclaration finale de la conférence : Accords de libre échange, accords coloniaux contre les peuples (CADTM)

par CADTM 24 Octobre 2016, 12:39 APE Colonialisme Accords de libre échange Multinationale Françafrique UE USA Impérialisme

Déclaration finale de la conférence : Accords de libre échange, accords coloniaux contre les peuples (CADTM)

Nous, représentant.e.s des organisations venu.e.s du Maghreb, d’Afrique subsaharienne, d’Europe et de Palestine, pour participer au séminaire international sur les accords de libre échange organisé par ATTAC CADTM Maroc le 01 octobre 2016 à Casablanca au Maroc, au local du syndicat UMT, dans le cadre de la campagne mondiale pour la souveraineté des peuples, pour démanteler le pouvoir des multinationales et mettre fin à leur impunité, nous félicitons des échanges d’analyses et d’expériences dans nos différentes régions qui confirment le caractère néocolonial des accords de libre échange – et du système de la dette – qui constituent des leviers plus puissants d’intégration à marche forcée des pays dans la mondialisation capitaliste néolibérale, avec tout ce que cela comporte : mesures d’austérité, dérégulations, privatisations, et déconnexion de la production de la satisfaction des besoins locaux.

Nous, représentant.e.s des organisations venu.e.s du Maghreb, d’Afrique subsaharienne, d’Europe et de Palestine, pour participer au séminaire international sur les accords de libre échange organisé par ATTAC CADTM Maroc le 01 octobre 2016 à Casablanca au Maroc, au local du syndicat UMT, dans le cadre de la campagne mondiale pour la souveraineté des peuples, pour démanteler le pouvoir des multinationales et mettre fin à leur impunité, nous félicitons des échanges d’analyses et d’expériences dans nos différentes régions qui confirment le caractère néocolonial des accords de libre échange – et du système de la dette– qui constituent des leviers plus puissants d’intégration à marche forcée des pays dans la mondialisation capitaliste néolibérale, avec tout ce que cela comporte : mesures d’austérité, dérégulations, privatisations, et déconnexion de la production de la satisfaction des besoins locaux.

La mondialisation capitaliste a abouti à une crise aigüe du système à plusieurs facettes : crise climatique, écologique, alimentaire, culturelle, des réfugiés, de dette, ainsi que la multiplication des guerres et l’extension de la militarisation, jetant sur les routes de la migration les paysans dépossédés de leurs terres et les personnes dépossédées de leurs moyens de subsistance, fuyant les guerres et les violences. Cette crise sert à son tour de prétexte pour approfondir l’offensive contre les droits économiques et sociaux, contre les droits civils et politiques et contre la Nature et l’Humanité. La violence universelle des diktats néolibéraux a débouché sur la décomposition du tissu social et l’asservissement des peuples.

Les grandes puissances à travers les institutions internationales comme la BM, le FMI et l’OMC imposent des politiques néolibérales au profit des multinationales en bafouant la démocratie et de la souveraineté des peuples.

Les accords de libre-échange (ALE), qu’ils soient bilatéraux ou multilatéraux sont tous conçus pour assurer les profits des grandes entreprises. Celles-ci accaparent les ressources, les services publics, les terres agricoles des paysans et détruisent l’environnement. Elles détruisent les emplois, réduisent les salaires par la mise à concurrence des salariés et augmentent le chômage. Elles augmentent leur mainmise surtout sur les pays du Sud en accentuant leur dépendance structurelle alimentaire, financière et technologique. Elles inondent les marchés de ces derniers par des produits subventionnés du Nord qui détruisent leur tissu productif déjà fragilisé et dont la qualité suscite bien des méfiances. Elles sont fortifiées par les mécanismes de résolution de différents entre investisseurs et États qui leur confèrent plus de pouvoir exorbitant sur les Etats et sur les peuples. Ces derniers sont exsangues du fait du paiement du service de la dette et des politiques de destructions massives des droits sociaux qui en découlent. Le fardeau supporté par les femmes est particulièrement oppressif et inhumain.

La signature du TAFTA n’a pas abouti dans les délais prévus (même si celle du CETA est toujours programmée pour le 27 octobre de cette année), les négociations de l’ALECA entre le Maroc et l’UE sont suspendues, celles sur les APE reportées à 2017 et de nombreux parlements sont réticents à ratifier les accords passés dans le cadre du Traité Transpacifique (TTP). Les contradictions entre les puissants pour accaparer les sur-profits et garantir leur supériorité ne rendent pas aisées la signature des traités. Mais la pression des mobilisations citoyennes, notamment en Europe et en Amérique Latine pour stopper l’avancée des pourparlers est bien visible. Nous sommes solidaires des peuples en lutte contre les ALE et contre la complicité des gouvernements et des parlements qui les signent et les ratifient. Nous affirmons notre volonté d’œuvrer à augmenter nos résistances pour les faire tomber. Il est bien évident que cette lutte ne peut être pensée dans un cadre national étroit. Il est évident aussi que nous ne pouvons accepter aucun processus commercial dans la zone euro-méditerranéenne qui ne dénoncerait pas l’occupation et la colonisation de la Palestine par l’Etat d’Israël. Nous devons fortifier nos liens de solidarité entre les peuples du Nord et du Sud en créant des mécanismes de coordinations permanentes. Nous nous appuierons sur l’important travail déjà réalisé dans d’autres pays du Nord et du Sud notamment par des organisations partenaires comme le réseau des Attac, le réseau CADTM, la MMF, Via Campesina, la campagne européenne contre le TAFTA, la campagne latino-américaine contre les Traités de Libre Commerce ou la Campagne Globale pour Démanteler le pouvoir des Multinationales et mettre fin à leur impunité, etc.

C’est pourquoi, nous affirmons notre volonté de rejoindre les différents mouvements sociaux du monde entier, afin de contrer la domination des multinationales sur l’Homme et la Nature, appuyée par les Institutions Financières et Commerciales internationales. Nous continuerons à nous battre pour un monde basé sur la souveraineté des peuples.

Nous dénonçons toutes les formes de répression et d’intimidation contre nos luttes et soutenons les mouvements et les organisations qui les organisent. Nous exprimons notre solidarité avec l’association ATTAC CADTM Maroc et toutes les organisations de lutte qui subissent les tracasseries et la répression des autorités qui refusent de renouveler leur récépissé légal et s’acharnent pour perturber leurs activités.

NON AUX DIKTATS DES ENTREPRISES ET DES INSTITUTIONS FINANCIERES INTERNATIONALES

 

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