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L'attribution unilatérale du Prix Nobel de la Paix est un scandale pur et simple (Basta Yekfi)

par Fausto Giudice 8 Octobre 2016, 15:15 Colombie Prix Nobel Farc Juan Manuel Santos

'attribution du Prix Nobel de la Paix au président colombien Juan Manuel Santos, et à lui seul, est un geste qui laisse bouche bée. On n'en croit pas ses oreilles et on se frotte les yeux : ainsi donc, le mérite de la signature d'un accord de paix ne reviendrait qu'à un seul des signataires ? Mais à quoi donc le comité norvégien a-t-il pensé ? Pour signer un accord, il faut être au moins deux et en Colombie, les signataires étaient deux : Santos et les FARC-EP.

Pourquoi donc, les FARC-EP n'ont-elles pas aussi reçu le prix ? Pour l'accord de paix au Vietnam, c'étaient Kissinger et Le Duc Tho qui avaient reçu le prix en 1973 (le Vietnamien l'avait refusé), pour l'accord égypto-israélien, c'étaient Sadat et Begin en 1978, pour l'accord sud-africain, c'étaient Mandela et De Klerk en 1993, pour les accords d'Oslo, c'étaient Arafat, Rabin et Peres en 1994.

S'il y avait un homme qui méritait ce prix, c'était bien Fidel Castro, car c'est à lui que revient fondamentalement le mérite de l'accord de paix en Colombie. C'est Fidel qui a travaillé inlassablement dans l'ombre, depuis une bonne vingtaine d'années, pour parvenir enfin aux dialogues de paix de La Havane. Et celui qui a le moins de mérites dans ce processus, c'est justement Santos, qui a poursuivi avec ces accords des buts sans aucune noblesse : il comptait sur eux pour se faire réélire en 2018 et pour pouvoir continuer à livrer les richesses d'une Colombie pacifiée au pillage des multinationales et de l'oligarchie colombienne. Et en imposant la tenue d'un référendum sur cet accord de paix, au lieu de l'élection d'une assemblée constituante pour élaborer une nouvelle constitution, comme le demandaient les FARC, il a ouvert la porte à son ancien patron, Alvaro Uribe, porte-drapeau du secteur le plus agressif et revanchard de la droite oligarchique colombienne. Résultat de ce référendum aussi stupide qu'inutile : l'accord de paix a été rejeté par "le peuple", de fait 12,5% des Colombiens.

Avant de recevoir le prix Nobel, Santos avait annoncé que le cessez-le-feu durerait jusqu'au 31 octobre. Après avoir été nobélisé, il a changé de position, déclarant que le cessez-le feu bilatéral allait rester en vigueur. Mais ce ne serait pas la première fois qu'un Prix Nobel de la Paix ferait la guerre : il suffit de penser à Shimon Peres ou Obama..


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