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Crise au Brésil : ce qui se profile (Katehon)

par Uriel Irigaray 10 Novembre 2016, 17:30 Brésil Crise Michel Temer

Crise au Brésil : ce qui se profile
Par Uriel Irigaray
Katehon

 

Traduit par Francois, édité par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

Michel Temer, l’ancien vice-président décoratif de Dilma, a été confirmé comme président du Brésil après le procès en destitution de Dilma le 31 octobre. Temer a dirigé le pays en tant que président intérimaire pendant trois mois, durant la procédure de destitution précédant le procès. Dès l’instant où il fut confirmé comme président intérimaire (le 12 mai), Temer a agi et procédé de la façon dont un président de jure l’aurait fait, comme si Dilma Roussef avait déjà été révoquée, ce qui n’était pas encore le cas – après tout, elle aurait toujours pu revenir si elle était acquittée. Le jour même où Temer a pris ses fonctions comme président intérimaire, il est allé jusqu’à recruter un cabinet complètement nouveau, en réduisant même le nombre de ministères de 31 à 22.

Temer a également recruté M. José Serra comme ministre des Affaires étrangères, en dépit du fait que M. Serra ne présente aucune expérience diplomatique d’une quelconque sorte. Mais qui est Serra ? Il est le politicien dont la campagne (il fut défait face à Dilma Roussef dans la course présidentielle de 2010) fut soutenue par des compagnies pétrolières américaines telles que Chevron, et c’est le même homme qui a secrètement promis de vendre les droits des découvertes de pétrole du Brésil dans les réservoirs «présalifères» à ces mêmes entreprises, renversant ainsi le modèle créé par l’ancien président Lula 1 En tant que chancelier sous Temer, Serra a détourné la politique étrangère brésilienne vers une orientation pro-américaine, bien plus que ce que Dilma Roussef avait déjà commencé à faire (en comparaison de l’administration de Lula).

Pour le moment, nous n’entrerons pas dans les détails (qui s’avéreraient fastidieux) mais nous nous contenterons de dire que l’administration Temer a accéléré le processus de néo-libéralisation qui a débuté sous la direction d’une Dilma Roussef acculée. Si la désignation par cette dernière d’un Joacquim Levy, formé à Chicago en tant que ministre des Finances, a représenté un tournant néolibéral (avec des résultats désastreux pour l’économie, comme toujours dans le cas des politiques néolibérales en Amérique latine), M. Temer et ses ministres ont ensuite été jusqu’à suggérer publiquement de «revoir» les lois brésiliennes sur le travail et les pensions. Tout cela fait partie de la réforme de Temer, qui implique de couper les dépenses sociales ainsi qu’en matière d’éducation et, de manière prévisible, en prenant des initiatives favorables aux grandes entreprises et aux banques 2. La liste n’en finit plus.

Michel Temer semble avoir conspiré contre son propre président (après tout Dilma Roussef et Michel Temer faisaient partie de la même coalition électorale PT-PMDB) et a pris ses fonctions après l’éviction de Dilma Roussef pour détruire l’intégralité du plan gouvernemental et les programmes qui étaient, bien entendu, ceux qui l’ont fait élire en tant que vice-président de Roussef, c’est-à-dire son propre plan et ses propres programmes ! C’est dans ce sens que de nombreux brésiliens ont décrit toute cette affaire comme un coup d’État, peu importe son degré de «légalité» ou de «constitutionnalité», même cela est sujet à débat.

Pour avoir un aperçu de ce que l’avenir du Brésil pourrait être si une telle tendance venait à se maintenir, on pourrait jeter un œil sur l’Argentine de Macri. C’est le même spectacle : anti-corruption, «anti-populisme», rhétorique néolibérale servent les pouvoirs et les intérêts atlantistes favorables aux grandes entreprises sous le masque de la «modernisation» et de la «mondialisation»/occidentalisation. Dans un sens, ce sont les années 1980 qui recommencent. Reagan et Thatcher sont de retour, mais ils parlent maintenant avec des accents latino-américains. La pièce de théâtre de 1998 du philosophe conservateur Roger Scruton, Where Marx Was Right and Thatcher Wrong pourrait bien être une lecture autant d’actualité aujourd’hui qu’à l’époque.

Nous venons de mentionner Scruton. En parlant de penseurs conservateurs, c’est le grand G.K. Chesterton qui a écrit :

«On ne répétera jamais assez que ce qui a détruit la famille dans le monde moderne est le capitalisme. (…) en ce qui nous concerne, ce qui a brisé les ménages, encouragé les divorces et a traité les vieilles vertus domestiques avec toujours plus de dédain, c’est l’ère et le pouvoir du capitalisme. C’est le capitalisme qui a amené une querelle morale et une compétition commerciale entre les sexes ; cela a détruit l’influence des parents en faveur de celle de l’employeur ; cela a mené les hommes hors de leur foyers pour trouver des emplois ; cela les a forcés à vivre près de leurs usines ou de leurs entreprises plutôt que de leurs familles ; et par dessus tout, cela a encouragé, pour des raisons commerciales, un défilé de publicités et d’innovations tapageuses qui sont dans leur nature même la mort de tout ce qui était appelé dignité et modestie par nos mères et nos pères. Ce n’est pas le bolcheviste mais le patron, le publicitaire, le vendeur et l’annonceur qui ont, tels une ruée et une émeute de barbares, mis à bas et piétiné l’antique statue romaine de la Verecundia. » (Three Foes of the Family. From The Well and the Shallows).

C’est également Chesterton, soit dit en passant, qui a répercuté le slogan distributivisteen faveur de la réforme agraire disant «trois acres et une vache» [pour chaque citoyen], et qui a écrit :

«Il y a peu, certains médecins et d’autres personnes autorisées par le droit moderne à donner des ordres à leurs concitoyens plus loqueteux, ont envoyé un ordre selon lequel toutes les petites filles devraient avoir les cheveux coupés courts. Je veux dire, bien entendu, toutes les petites filles dont les parents sont pauvres. De nombreuses habitudes néfastes sont courantes parmi les petites filles riches, mais ce n’est pas demain la veille que des médecins interféreront énergiquement auprès d’elles. En fait, la situation en ce qui concerne cette interférence particulière était la suivante, les pauvres sont enfoncés par les couches supérieures dans des bas-fonds de misère puants et suffocants tels que les gens pauvres ne doivent pas être autorisés à avoir des cheveux parce que dans leur cas cela doit induire des poux dans la chevelure. Par conséquent, les docteurs proposent d’abolir les cheveux. Il ne semble jamais leur venir à l’idée d’abolir les poux. Pourtant ce pourrait être fait. (…) Mais quelle justification mobiliseraient-ils, à quel argument feraient-ils appel pour couper et raser de la sorte les enfants pauvres et pas les riches ? Leur argument tiendrait en ce que la maladie a plus de chances de se loger dans les cheveux des pauvres que ceux des riches. Et pourquoi ? Parce que les enfants pauvres sont obligés (à l’encontre de tous les instincts domestiques très prononcés de la classe ouvrière) de s’entasser dans des pièces étroites sous l’égide d’un système d’instruction publique furieusement défaillant ; et parce qu’un enfant sur quarante pourrait ne pas être hygiéniquement irréprochable. Et pourquoi ? Parce que l’homme pauvre est tellement écrasé par les imposants loyers des imposants propriétaires-bailleurs que sa femme est souvent contrainte de travailler tout comme lui. Par conséquent elle n’a pas le temps de s’occuper des enfants, de sorte qu’un d’entre eux sur quarante est sale. Parce que le travailleur est surplombé par ces deux personnes, le propriétaire-bailleur assis (littéralement) sur son estomac et le maître d’école assis (littéralement) sur sa tête, le travailleur doit laisser les cheveux de sa fille être dans un premier temps négligés du fait de la pauvreté, puis être empoisonnés par la promiscuité avant, au final, d’être abolis par l’hygiène. Il était peut-être fier des cheveux de sa petite fille. Mais cela ne compte pas. (…) En somme, la parabole et l’objet de ces dernières pages, et de toutes ces pages en fait, est ceci : soutenir que nous devons dès à présent tout recommencer, et prendre le problème dans l’autre sens. Je commence avec les cheveux d’une petite fille. Ce que je considère comme une chose positive en toute circonstance. Qu’importe ce qu’on considère comme néfaste, la fierté d’une bonne mère pour la beauté de sa fille est une bonne chose. C’est une de ces tendresses inflexibles qui constituent les pierres de touche de chaque époque et chaque race. Si d’autres choses y sont hostiles, d’autres choses doivent être démises. Si les propriétaires-bailleurs, les lois et les sciences y sont hostiles, les propriétaires-bailleurs, les lois et les sciences doivent être démis. Avec la crinière d’une oursonne dans le caniveau je mettrai le feu à toute la civilisation moderne. Parce qu’une fille devrait avoir les cheveux longs, elle devrait avoir les cheveux propres ; parce qu’elle devrait avoir les cheveux propres, elle ne devrait pas avoir une maison malpropre ; parce qu’elle ne devrait pas avoir une maison malpropre, elle devrait avoir une mère libre et disponible ; parce qu’elle devrait avoir une mère libre, elle ne devrait pas avoir un propriétaire-bailleur usuraire ; parce qu’il ne devrait pas y avoir de propriétaire-bailleur usuraire, il devrait y avoir une redistribution de la propriété ; parce qu’il devrait y avoir une redistribution de la propriété, il devrait y avoir une révolution. Cette petite oursonne aux cheveux d’un roux doré, que j’ai vue dépasser ma maison en trottinant, elle ne devrait être ni rasée, ni amoindrie, ni altérée ; ses cheveux ne devraient pas être coupés aussi courts que ceux d’un bagnard ; non, tous les royaumes de la terre devraient être tailladés ou mutilés pour lui convenir. Elle est la figure humaine et sacrée ; tout autour d’elle le tissu social devrait se balancer, se fendre et tomber ; les piliers de la société devraient être ébranlés et les toits des âges tomber à la renverse, et pas un seul de ses cheveux ne devrait être abîmé». (What’s Wrong With The World, G.K. Chesterton).

Ainsi écrivait Chesterton, le grand écrivain catholique et conservateur. C’est également ainsi qu’ont écrit et parlé de nombreux Brésiliens patriotes et conservateurs, et plus d’un pape parlant de doctrine sociale. La grande ironie du cirque politique actuel au Brésil est que de nombreux conservateurs, religieux et personnes ou groupes pro-famille (le Brésil détient la plus grande population catholique au monde) ont été détournés par les néolibéraux et par une bien vile droite atlantiste, ce qui inclut également quelques pasteurs et prêcheurs pentecôtistes évangéliques très corrompus (dont certains sont aussi des membres du Congrès, tels que le tristement célèbre Marco Feliciano qui est accusé de viol, de corruption et d’autres méfaits).

De nombreux conservateurs brésiliens ont manifesté contre le PT soi-disant socialiste/communiste. L’ironie (une fois encore) est que le Parti des Travailleurs brésilien (PT) est en fait un parti largement catholique. Il fut lancé par un groupe hétérogène composé de quelques intellectuels marxistes, de syndicalistes et de militants catholiques pour la justice sociale. Il fut officiellement fondé lors d’un meeting qui se déroula (le 10 février 1980) au Colégio Sion de São Paulo, une école privée catholique pour jeunes filles. Le PT a toujours été soutenu par la Conférence nationale des évêques du Brésil. L’historien espagnol Luis Mir ira jusqu’à affirmer dans son livre (qui s’intitule Le Parti de Dieu) que le PT est un enfant direct de l’Église catholique, et un enfant très précieux dans ce domaine.

En réalité l’Église catholique au Brésil a soutenu la réforme agraire pendant plus d’une cinquantaine d’années. Le Pape Jean Paul II l’a verbalement soutenue dans les années 1980 alors qu’il était en visite au Brésil. Mais c’est là que les choses deviennent [plus] compliquées. Dans le cadre des deux administrations PT (particulièrement celle de Lula), il y eut incontestablement des avancées à cet égard mais la présidente Dilma Roussef a bel et bien satisfait les exigences des grands fermiers 3, s’aliénant ainsi sa base catholique et les mouvements sociaux. En vérité, la majeure partie des terres agricoles au Brésil est détenue par une infime minorité d’oligarques-fermiers (des propriétaires latifundistes – ils aiment à appeler cela de l’agrobusiness) dont beaucoup sont au Congrès et font partie de la même clique qui a destitué Dilma Roussef, quand bien même celle-ci a réellement essayé de les rassurer. Ils tirent généralement parti du travail forcé et emploient des truands armés pour expulser ou assassiner des paysans ou des indigènesSœur Dorothy Stang, par exemple, fut assassinée par des éleveurs (en 2005) en raison de son militantisme social. On est loin du «trois acres et une vache» de Chesterton, au Brésil.

Le président Temer, dans son revirement (bien que catholique lui-même) a cherché un rapprochement avec les églises Pentecôtistes et Évangéliques pro-israéliennes/pro-USA ainsi qu’avec la Franc-Maçonnerie (de nombreuses loges ont soutenu les manifestations anti-PT). Il s’est également rapproché de l’agrobusiness. Beaucoup au Brésil parlent d’un caucus «Bible, Boeuf et Balles». Eduardo Cunha, l’homme de main et complice de Temer dans cette conspiration, est très aimé parmi les Évangéliques brésiliens. M. Cunha, soit dit en passant, a récemment été expulsé du Congrès dans un retournement de situation intéressant – c’est le même Cunha qui a tenu un rôle central dans la destitution de Dilma Roussef.

Aussi bien Cunha que Temer soutiennent Israël et les intérêts américains avant ceux du Brésil et approuvent tous deux la destruction des droits du travail. Israël semble en réalité prendre possession de certaines parts de l’industrie brésilienne, après qu’elles ont été détruites dans le cadre de l’opération Car Wash 4, qui a perçu environ 11% de ses revenus d’Amérique latine l’an dernier, a obtenu des contrats au Brésil alors que le gouvernement détourne les compétences de la guerre conventionnelle vers la surveillance et la protection d’infrastructures et de ressources naturelles, particulièrement en Amazonie et dans les zones extra-côtières riches en pétrole. <http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-07-22/israeli-drone-maker-elbit-said-close-to-buying-odebrecht-assets>].

C’est de la sorte que cet agenda néolibéral anti-travailleur et anti-famille est «vendu» à la population généralement conservatrice du Brésil, particulièrement la classe moyenne urbaine plus américanisée. Les Chrétiens évangéliques et Pentecôtistes semblent être plus vulnérables à un tel piège, de la même façon que les juifs ordinaires, par exemple, sont souvent conditionnés à soutenir la politique israélienne ou que les Étatsuniens moyens sont soumis à un «lavage de cerveau» pour les amener à accepter et soutenir les guerres US à travers le monde.

Le fait est que si la popularité de Dilma Roussef était très faible, celle de Michel Temer l’est encore plus. Les gens semblent avoir réalisé que ce «traitement» est plus néfaste que la maladie. Mais Temer peut continuer à imposer les réformes néolibérales comme des mesures drastiques nécessaires en temps de crise − mesures qui vont en réalité l’aggraver. Il n’est pas étonnant que l’ancien président Lula soit toujours en tête des sondages pour les élections de 2018 ; c’est précisément la raison pour laquelle lui et sa femme sont sous le coup d’un sévère harcèlement judiciaire et se trouvent finalement accusés. Le but est de lui barrer la route pour la course à la présidentielle. Cela rend les choses fortement imprévisibles. À la suite de l’opération Car Wash, la classe politique toute entière a perdu le peu de crédibilité qui lui restait. Mais personne ne peut garantir qu’il y aura une élection en 2018. Les partis PMDB de Temer et PSDB de Serra pourraient tenter de tirer la carte du parlementarisme, comme une proposition l’a déjà laissé entendre. Cela irait fortement à l’encontre de la culture politique brésilienne : les Brésiliens sont des «personnalistes», c’est-à-dire qu’ils votent pour des candidats et ne se soucient habituellement pas beaucoup des partis politiques à proprement parler (en 2013, durant le Printemps brésilien, le sénateur Cristovam Buarque est allé jusqu’à suggérer d’abolir complètement les partis politiques).

Ça se complique encore plus : il est désormais question d’un retour de la monarchie au sein de certains cercles 5. Cela aurait pu paraître insensé il y a quelques mois, mais les monarchistes ont participé à des manifestations de rue. Le prince brésilien Luiz Phillipe de Orleans e Bragança se tenait bel et bien dans la galerie des invités du Sénat pendant le procès de Dilma Roussef parmi d’autres individus de grande notoriété qui étaient favorables à son éviction. Il se tenait près de Nilton Masi Caccaos Junior du Grand Orient maçonnique de Sao Paulo (analogue à la Grande Loge) et près de Kim Kataguiri, le célèbre adolescent blogueur et meneur du MBL néolibéral – mais c’est de la matière pour les articles du Brazilian Circus. Un bulletin d’information de 2015 évoque le même prince comme l’un des meneurs du mouvement Acorda Brasil (Réveille-toi Brésil), un groupe anti-Dilma.

Mais Don Phillipe de Orleans e Bragança n’est pas le seul prince qui se soit insinué dans la politique afin d’appuyer le coup d’État contre Dilma Roussef. Le prince Dom Joao de Orleans e Braganca, le Prince surfeur, est également descendu dans la rue d’une façon légèrement plus loquace que son proche parent. Il en appelle véritablement à un retour de la monarchie.

Dom Bertrand était d’une manifestation de rue en faveur de l’éviction de la présidente Dilma Roussef. Près de lui, des gens agitaient l’ancien drapeau de l’Empire brésilien avec son emblème impérial, dont les couleurs représentent les maisons dynastiques de Pedro I et sa compagne impératrice Maria Leopoldina d’Autriche.

Il a aussi occasionnellement été question de sécession. Pour le Brésilien ordinaire, cela pourrait sembler insensé mais un groupe sudiste a organisé un referendum (illégal). Des actions similaires se tiennent dans l’État de Sao Paulo, dans le Nord-Est et ailleurs.

En d’autres termes, la situation est d’une grande instabilité.

Comme de nombreux observateurs l’ont souligné, le Brésil commençait à s’élever au rang d’acteur mondial. Temer, Cunha, Serra et ses camarades (animateurs de radio pentecôtistes, princes décadents, franc-maçons corrompus, adolescents blogueurs et anciennes vedettes du porno) sont occupés à faire en sorte que le Brésil renonce ou même devienne un satellite entièrement sous contrôle des USA – un paradis néolibéral comme Haïti 6 ou le Paraguay, s’il ne s’effondre pas avant, par la sécession de multiples États ruinés.

Uriel Irigaray

Article original publié sur Katehon

Traduit par Francois, édité par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

Notes

1.Voir http://www.dailykos.com/story/2010/12/14/928858. Voir aussi : https://tupiwire.wordpress.com/2010/12/13/wikileaks-the-this-oil-is-ours-factor

2.«Le conseil de la banque centrale doit être remplacé. Afin de regagner la confiance, il est crucial que nous amenions des gens du marché qui ne sont pas susceptibles d’ingérence politique», a déclaré une source faisant partie des conseillers du cercle rapproché de Temer. La banque centrale, sous la direction d’Alexandre Tombini depuis 2011, a commencé mardi un meeting de deux jours afin de fixer le taux d’intérêt de l’étalon du Selic. Le conseil de la banque, qui est constitué principalement de technocrates de carrière ayant peu d’expérience dans le secteur privé, est supposé maintenir le Selic inchangé pour la sixième fois consécutive. Les candidats au nouveau conseil comptent parmi eux l’économiste en chef Ilan Goldfajn, l’ancien directeur du Trésor, Carlos Kawall et les anciens banquiers centraux Mario Mesquita et Luiz Fernando Figueiredo, ainsi que le cadre de la Goldman Sach’s Paulo Leme, ont indiqué les sources. Mesquita, Goldfajn et Kawall n’ont pas daigné commenter tandis que Figuieiro et Leme n’ont pas répondu aux courriels (…). Temer prévoit d’envoyer des projets de lois du Congrès pour limiter les coûteuses pensions de retraite, assouplir le rigide marché du travail et simplifier le système fiscal du pays, ont affirmé les trois sources, refusant d’être nommées du fait qu’elles ne sont pas autorisées à s’exprimer publiquement. En tant que partie prenante de la refonte économique, Temer sabrera également le nombre de ministres pour le réduire à moins de 25 contre les 35 actuellement en poste, et réduira les coûts actuels en supprimant des milliers d’emplois publics, comme l’a indiqué l’une des sources. http://www.reuters.com/article/us-brazil-politics-exclusive-idUSKCN0XN2EV

3.D’après les données officielles, 1% des grands entrepreneurs-fermiers possèdent presque la moitié des bonnes terres agricoles au Brésil et de l’autre côté 90 000 paysans en sont toujours à attendre que le gouvernement tienne sa promesse de leur concéder des lopins de terre. http://en.mercopress.com/2015/01/07/land-possession-and-peasants-the-first-strong-clash-in-rousseff-s-cabinet

4.L’unité SA de l’organisation Odebrecht connue sous le nom ODT a vu ses revenus chuter après que le gouvernement ait réduit de moitié les dépenses pour son programme de sous-marin nucléaire tandis que les décisionnaires œuvrent à tasser un déficit budgétaire croissant, au milieu de la pire récession connue par le pays en l’espace d’un siècle. La société mère, le plus vaste conglomérat de construction d’Amérique latine, a annoncé un gel des nouveaux investissements au Brésil l’an dernier, alors qu’une pénurie de crédit a réduit l’accès au financement à la suite de l’arrestation du président directeur général Marcelo Odebrecht, en juin 2015, du fait de son implication dans le plus grand scandale de corruption du Brésil. Le PDG a quitté ses fonctions pour se consacrer à sa défense et demeure en prison. Il a nié toute malversation. Elbit [Entreprise israélienne de sécurité, NdT)

5.Voir http://www.wsj.com/articlesnew-plan-to-fix-brazils-royal-mess-restore-the-monarchy-1466187675 

6.Haïti constitue une économie de marché libre, avec un faible coût du travail et un accès libre de droits de douanes aux États-Unis pour ses exportations, d’après le CIA World Factbook 

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