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La libération des esclaves (The Unz review)

par Israel Shamir 24 Novembre 2016, 14:29 TTIP Libération Donald Trump USA Capitalisme Multinationales

La libération des esclaves
Par Israel Shamir | 22 novembre | The Unz Review.

Traduction: Maria Poumier pour Plumenclume.org

La libération des esclaves (The Unz review)

La victoire électorale de Trump a mis en branle des énergies et des bouleversements à une échelle sans précédent. Le monde en a été changé, au-delà de tout ce qu’on pouvait attendre de l’élection d’un président US. C’est tout récent, mais le Nouvel Ordre mondial a reçu une claque de première grandeur. On respire un air de liberté, comme si le vote avait brisé les chaînes de toute une génération, et que nous nous retrouvions tous libres, soudainement.

Premier signe de cette liberté toute neuve, des infos nous parviennent, les redoutables TTIP et TTP, les deux accords jumeaux que l’administration Obama a failli imposer au monde tout entier, sont quasiment morts. C’est Trump qui a tué les accords, ont dit les Allemands, et c’est une très bonne nouvelle. Même s’il n’y en avait pas d’autre, cela justifierait d’avoir voté Trump.

Certains militants bêtas prétendent que c’est eux qui sont parvenus à arrêter le TTIP et le TTP. Sans blague ! Sans Trump, ne leur en déplaise, les accords auraient été bel et bien signés et ratifiés, avec ou sans protestations. Il faut reconnaître à Trump ce qui lui est dû, point.

Je félicite Trump d’avoir choisi Stephen Bannon. Il est si lourdement diabolisé par les forces du Nouvel Ordre mondial, traité d’antisémite avec une telle ferveur, que c’est forcément quelqu’un de bien ! Si Trump persévère et le garde, ce sera une preuve de plus qu’il ne connaît pas la peur, que la magie du politiquement correct n’opère plus et que le mot « antisémite » ne peut plus ruiner une carrière.

J’ai de la peine pour les pauvres garçons et filles qui arpentent les villes américaines en proclamant leur amour et leur loyauté envers Obama et la Clinton. Ils ont été zombifiés à mort, au point de croire que le régime du Nouvel Ordre mondial était éternel, que les noirs dociles, que les latinos susceptibles, que les gays délicats et que les juifs malins voteraient toujours comme le leur ordonnaient des femmes intelligentes qui portent la culotte, tandis que les travailleurs de Detroit allaient courber l’échine sous le fouet des privilégiés mâles et blancs. Ils ont vu trop de films, et ils ont perdu le contact avec la réalité, ces petits jeunes, comme les royalistes qui restent entièrement dévoués à un roi destitué, mort et enterré.

Nous étions tous esclaves, mais des esclaves de deux sortes ; les esclaves consentants et les autres, les « kounichettes » et les travailleurs de force des champs. Ceux qui s’égosillent en chœur sur l’air de « Trump n’est pas mon président » sont des esclaves domestiques : ils ont appris à aimer et à obéir à leurs maîtres. Trump les a libérés comme les autres, mais ils ne savent pas encore quoi faire de la liberté, et ils supplient qu’on leur rende leurs chaînes.

L’Europe est remplie d’esclaves de maison. Pour toute une génération, la seule façon d’avancer dans la vie, c’était de devenir des esclaves heureux, et c’est ce qu’ils ont fait. Il y a des dizaines de milliers d’esclaves heureux en Suède, qui ont appris par cœur les slogans du NOM, même si c’est cela qui a mené la Suède à la catastrophe. Ils ont accepté la férule féministe et la conquête migratoire, et voilà que brusquement, on n’en a plus besoin. Ils voient la liberté en face, et ils font la grimace.

Mais pour nous, les esclaves des plantations, la victoire de Trump est une pure bénédiction. Nous détestions l’esclavage, et nous aimerons la liberté, et nous y voyons clair, derrière les manigances élémentaires de nos anciens maîtres, qui essaient de nous faire peur et de nous remettre en cage.

Le NOM est mort! 

Nous appellions ça le Nouvel Ordre Mondial, et nous redoutions d’en avoir pour très longtemps. Il avait pris corps à la fin des années 1960, s’est répandu dans les années 1980, s’est mis à porter des fruits au début du troisième millénaire, et puis s’est effondré à peine quelques minutes avant de faire sauter la planète. Et dans ce court intervalle, l’Occident a connu une forme inédite de gouvernance hautement idéologique, et de mise en esclavage futuriste de l’humanité, comme l’avait prédit Orwell.

La plus grande partie de la population a été diabolisée: les gens simples qui travaillent, qui ont des femmes aimantes et des enfants, qui vont à l’église, se sont vus traiter de fascistes ou de “mâles blancs privilégiés » ; leur foi chrétienne traditionnelle était mise hors la loi et chassée de l’espace public ; les relations normales entre les sexes semblaient louches, la propagande pour l’homosexualité était devenue aussi envahissante que la propagande communiste au temps de Brejnev, les parents et les enfants n’arrivaient plus à s’entendre, et les mots les plus ordinaires étaient bannis.

“Discours de haine”, voilà en quoi consistait le principal crime selon le NOM. « Fanatiquement ringard », un terme qui s’appliquait sans méchanceté jadis aux vieux colonels à la retraite, est devenu le pire épithète qu’on puisse coller à quelqu’un, tandis qu’on se mettait à tolérer voire à encourager certains péchés mortels. L’antisémitisme était devenu un crime impardonnable, et cela englobait la critique envers la Réserve fédérale, le rejet de Janet Yellen, ou de Goldman Sachs, et le dégoût du New York Times. Quand Donald Trump a critiqué les financiers internationaux, l’Anti Defamation League a hurlé à l’antisémitisme, malgré le fait qu’il n’avait pas mentionné les juifs le moins du monde : parce que tout le monde sait qui sont ces financiers. La cupidité, voilà un terme qui avait disparu de la langue, alors que c’est le plus grave des péchés, ou le père de tous les péchés. « Avare » était sans doute devenu aussi un gros mot « haineux ».

La fin du siècle juif 

C’est Yuri Slezkine qui a qualifié notre époque de siècle juif. Eh bien c’en est fini, depuis l’élection de Trump. Les Américains ont trouvé le courage de voter selon leurs intérêts au lieu de faire ce qu’on leur disait de faire. Grosse surprise pour les juifs, qui s’apprêtaient à savourer le millénaire juif. Le NOM avait été bâti pour durer, mais beaucoup d’entreprises humaines l’avaient été avant cela, y compris le Troisième Reich.

Vous n’avez peut-être pas apprécié ces dernières années de règne du NOM, sauf si vous appartenez au 1% des très riches et très puissants, et peut-être non plus même si c’est votre cas. Vous aviez probablement moins de sécurité dans votre emploi et dans vos revenus, vous deviez surveiller vos paroles plus soigneusement, et vous ne vous sentiez sans doute pas à votre place, si vous êtes resté chrétien. Peut-être que vous n’avez pas aimé que votre pays vous ait été soustrait et repeuplé par des étrangers. Peut-être que vous n’avez pas apprécié quand Lena Dunham a appelé à l’extinction de la race des mâles blancs. Mais vous ne trouviez pas le moyen de protester sans vous retrouver aussitôt traité de nazi, ce qui était fort lourd à porter.

Pendant ce temps-là, les juifs savouraient l’époque la plus merveilleuse de leur histoire. Tous ceux qu’ils accusaient d’antisémitisme disparaissaient de la vie publique. Chemi Shalev, un rédacteur de Ha’aretz, un américano-judéo-israélien, pleure déjà ce temps révolu : « ce n’est probablement pas une coïncidence si pendant le mandat d’Obama, les juifs américains ont atteint le pinacle en matière d’acceptation sociale et culturelle. C’était génial, d’être un juif américain. C’était cool, c’est ce qu’il fallait être. Les sondages de Pew Research confirmaient tout le temps que les juifs étaient le groupe le plus aimé et admiré parmi les différentes communautés religieuses, dans toute l’Amérique. »

Que pouvaient-ils souhaiter, ces gens tant aimés et tant admirés, et par ailleurs, les plus riches parmi les Américains ? « Ils soutiennent l’immigration, le pluralisme, le multiculturalisme, la réforme sociale, l’intervention gouvernementale, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le mariage gay, les droits à l’avortement et tutti quanti. Il est facile de voir, en fait, pourquoi tant de supporteurs radicaux de Trump voyaient dans les juifs leurs ennemis mortels », conclut Shaley.

La réalité est plus complexe que ce qu’il prétend. Shaley disait que « les juifs » avaient voulu le NOM. Peut-être que c’est vrai en ce qui concerne le groupe dirigeant quoique jamais élu comme tel, des américains juifs. Mais une minorité puissante et mesurable de juifs n’était nullement d’accord avec « les juifs ». Certains préfèrent le sionisme. Le sionisme, c’est la négation complète de tout ce que « les juifs » veulent : pas de séparation entre Etat et église juifs, pas d’immigration goy. « Les juifs » défendent les musulmans afin qu’ils ne soient pas listés par Trump, tandis que les sionistes fichent absolument tous les musulmans qui sont sous leurs ordres. Jusqu’à maintenant, sionistes et juifs (progressistes) ne se disputaient pas, parce que les sionistes s’occupaient de gérer l’Etat juif, tandis que « les juifs » disaient aux goys comment ils devaient se conduire.

Maintenant, la différence a provoqué une fracture : les ennemis du NOM clamaient que leur soutien à Israël et au sionisme aurait dû les protéger de l’accusation (qui reste dangereuse) d’antisémitisme. Même si le sionisme est suffisamment hideux, c’est d’une laideur localisée, en comparaison avec la laideur universelle qui est répandue à l’échelle de la planète par « les juifs ». Il vaudrait mieux rejeter les deux variétés de la chose, et beaucoup de gens le font, y compris des gens d’origine juive. Espérons que bientôt, le moment viendra où l’accusation d’antisémitisme se heurtera à un « ah bon ? » distrait, ce qui évitera à chacun d’avoir à choisir entre les deux tristes variantes du mal, mais  nous n’en sommes pas encore là. Un politicien prudent choisit l’une des deux options, celle qu’il tient pour secondaire.

En Angleterre, Jeremy Corbyn préférait l’antisionisme, mais il a dû payer pour cette indulgence en « combattant l’antisémitisme ». Il a éreinté certains de ses partisans, offert une protection supplémentaire aux juifs, mais les juifs l’ont quand même attaqué immédiatement. Aux US, Trump et ses soutiens préfèrent flirter avec les sionistes, et les sionistes l’ont défendu contre les juifs « progressistes ». En France aussi, Marine Le Pen a fait ami-ami avec les sionistes afin de sécuriser son mouvement contre un vaste front juif à l’attaque.

Les sionistes sont d’accord pour accepter Trump tout comme Marine. Le sionisme a fleuri dans les années 1930 comme un mouvement juif national socialiste : il avait été bâti de façon à faire une place à la « juiverie organisée » dans l’Europe dominée par le fascisme et au Moyen-Orient. Les sionistes adoraient Mussolini, et ils admiraient Hitler. Ça ne leur pose pas de problème, d’être amical avec n’importe quel mouvement d’extrême-droite (une comparaison serait hors-sujet). S’ils avaient bâti leur Etat juif sur une île lointaine et  dépeuplée, ce serait leur affaire intérieure, mais leur projet d’implantation en Palestine a créé trop de problèmes pour d’autres.

Les sionistes sont des alliés problématiques pour Trump, et les néo-cons sont leur émanation, extrêmement dangereuse. Il faudrait les maintenir aussi loin que possible du pouvoir, parce qu’ils feront payer leur soutien au prix fort et forceront l’Amérique à livrer de nouvelles guerres. Donald Trump peut se trouver de meilleurs alliés juifs, en dehors des sionistes ou des juifs « progressistes » tenants du NOM. N’oubliez pas ceci : bien des juifs (comme les non juifs, d’ailleurs) avaient voté pour Sanders ou pour Jill Stein. Et maintenant Bernie Sanders cherche à revenir en scène, tandis que Jill Stein est disponible. Tous les deux sont connus pour leurs positions anti NOM et modérément antisionistes ; ils pourraient parfaitement être adoptés dans l’administration Trump. Sanders a d’ores et déjà exprimé son accord pour travailler avec Trump.

C’est une démarche semblable qu’avait entreprise Menachem Begin, le dirigeant d’extrême droite israélien, quand il était arrivé au pouvoir en Israël en 1977. Il avait nommé Moshe Dayan, figure dominante des travaillistes, qu’il avait battus aux élections, au poste de ministre des Affaires étrangères. Cette initiative sage et osée avait renforcé puissamment ses positions, et avait miné les travaillistes pour longtemps.

L’administration Trump avec Bernie Sanders ou Jill Stein à un poste important (Secrétaire d’Etat? Secrétaire au commerce ? Secrétaire au travail ?) serait immunisée contre bien des attaques et des accusations, et cela apaiserait la société. Cela réglera aussi le « problème juif » de Trump, et fera des juifs pro NOM et des sionistes extrémistes des gens qui ne comptent plus.

Sauver l’Europe

Les excès du NOM ont beau avoir été funestes pour les US, la chose a été bien pire en Europe ; et pour les Européens de l’Ouest la victoire de Trump est tout aussi importante, autant que la nomination de Mikhaïl Gorbatchev l’avait été pour les Européens de l’Est. Les troupes US sont toujours stationnées en Europe, mais ils n’ont plus la foi, désormais. L’Europe est sur le point de recouvrer l’indépendance, alors qu’elle a bien failli franchir un point de non-retour.

Le problème, c’est que tant d’années de diktats US ont oblitéré toute direction européenne autochtone. Les politiciens européens étaient entraînés à gouverner au nom du NOM, et parce que les US les y autorisaient. L’extrême droite nationaliste a des ambitions, mais pas de dirigeants sérieux, de calibre national, en dehors de la France.

Un professeur russo-américain a comparé la libération occidentale qui vient avec la libération de l’Est il y a vingt-sept ans. « Le système du parti unique qu’avait l’Ouest depuis l’effondrement de l’Union soviétique, c’est fini. Et il en est de même pour la domination idéologique et la presse simpliste et donneuse de leçons ». Certes, comme à l’époque soviétique, le système multiparti avait été pratiquement démantelé en Europe.

Il n’y avait plus de différence entre gauche et droite, dans la mesure où les deux partis étaient devenus identiques, se bornant à rivaliser de ferveur envers les migrations, le combat contre l’antisémitisme, la dénonciation des privilèges masculins, l’austérité à imposer, les coupes à faire dans la protection sociale, les enfants à retirer à leurs parents, l’élimination des emplois dans la production, les restrictions à imposer à l’Eglise, les sommes supplémentaires à allouer aux riches banquiers, les services de sécurité ainsi que les militaires de l’Otan à renflouer, et es travailleurs à flouer.

Ce processus avait commencé après la Deuxième Guerre mondiale, parce que l’Europe avait été morcelée et jugulée. L’Europe de l’Ouest a été aussi sûrement colonisée par les US que l’Europe de l’Est par l’URSS. Les colonisateurs de l’Europe de l’Ouest, les bâtisseurs du NOM depuis l’Amérique –j’hésite à les appeler les Américains, parce que beaucoup d’entre eux étaient des immigrants venus d’Europe qui se sont servis des US comme d’un outil pour créer le gouvernement mondial unique. Pour eux, la victoire de 1945 avait été une grande occasion d’écraser les forces nationales, pour promouvoir des politiciens complaisants en synchronie avec leurs plans.

Après le retrait soviétique en 1990, les agents du NOM ont pris le contrôle de toute l’Europe. Le contrôle par le politiquement correct est devenu total, le féminisme radical et les tribunaux juvéniles ont détruit la famille européenne, les concepts mêmes de parents, de paternité et de maternité ont été vidés de leur légitimité ; des millions de migrants ont été transférés en Europe pour remplacer la population, et chaque opposant s’est vu traité de nazi.

Les Allemands sont un cas à part : après les terribles bombardements aériens de 1945, après l’éducation holocaustique intensive, ils avaient été infectés par un sentiment de culpabilité outrancier. Ce peuple jadis fier et industrieux avait été maté, ils étaient devenus des esclaves obéissants. Maintenant ils ne veulent pas se séparer de leurs maîtres américains. Merkel a promis à Obama de veiller sur les braises, en attendant qu’il puisse revenir, après le mandat de Trump.

Cela me rappelle l’Empire romain se retirant de la Bretagne. Les légions étaient rentrées chez elles, mais les gouvernants bretons post-romains criaient à tout vent qu’ils commandaient au nom de Rome. Peut-être que cette ruse sera mise en œuvre à nouveau en Europe, et que de nouveaux dirigeants européens prétendront qu’ils ont toujours l’imprimatur US, jusqu’au jour où les Européens trouveront par eux-mêmes de nouveaux dirigeants indépendants.

Les Russes sont prudents, mais ils jubilent

Les Russes sont heureux de la victoire de Trump, mais ils ne sont pas encore rassurés. C’est sérieux? Ne sont-ils pas victimes d’un effet d’optique? Quoiqu’il en soit, la Trumpmania n’est pas loin. Si Trump parvient à prendre effectivement possession de son poste, s’il garde les néocons et les guerriers de Washington à l’écart des postes importants, l’ours russe lui mangera dans la main. Et cela pourrait bien régler un grand nombre de problèmes mondiaux, depuis le Moyen Orient jusqu’à l’Europe de l’Est.

Si Trump constitue une réponse tardive à l’initiative de paix de Mikhaïl Gorbatchev, il pourra ramener les troupes US au pays, et l’Age d’Or pourra se répandra sur l’humanité souffrante.

En attendant nous devrions être heureux du retrait imminent du programme trans-humaniste de la fin de la tyrannie « progressiste », de la fin des migrations de masse et du grand élan pour restaurer l’édifice en ruines de notre société.

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