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Le fils de Trump a rencontré une femme politique de l’« opposition » syrienne soutenue par Moscou (Middle East Eye)

par MEE 24 Novembre 2016, 22:50 Donald Trump Donald Trump Jr Syrie Opposition Russie Alliance USA

Donald Trump Junior a rencontré Randa Kassis avant les élections américaines, renforçant les prévisions selon lesquelles l’administration Trump se rangera aux côtés de la Russie en Syrie.

Donald Trump et son fils, Donald Junior (AFP)

Le fils de Donald Trump a rencontré à plusieurs reprises à Paris un membre important d’un groupe syrien d’« opposition patriotique » fortement soutenu par la Russie, ce qui renforce les prévisions selon lesquelles la nouvelle administration américaine se rangera aux côtés de la Russie dans la guerre en Syrie.

Donald Trump Jr. se trouvait au Ritz, à Paris, le 11 octobre dernier, selon le quotidien Wall Street Journal, pour tenir des réunions co-animées par Randa Kassis, une femme politique soutenue par Moscou qui approuve l’intervention russe et qui est considérée par les groupes d’opposition soutenus par les États-Unis comme étant favorable au gouvernement syrien.

Son mari, Fabien Baussart, un homme d’affaires français qui dirige le think tank Centre of Political and Foreign Affairs, lequel a d’importants liens commerciaux avec la Russie, était également présent. Selon le quotidien, des diplomates, des hommes d’affaires et des hommes politiques ont également assisté aux réunions.

La conseillère de Trump, Kellyane Conway, a confirmé au journal que le fils aîné du président élu avait assisté aux réunions, mais a minimisé sa participation.

Toutefois, ces réunions suggèrent que le fils du président élu va jouer un rôle important au sein de la nouvelle administration et soulèvent la question d’un changement de la position des États-Unis au sujet de la Syrie, ainsi que la mise à l’écart des groupes d’opposition dominants qui se battent contre le gouvernement de Bachar al-Assad.

 

Randa Kassis (AFP)

 

Randa Kassis a récemment parlé de la réunion sur sa page Facebook et déclaré que : « l’opposition syrienne espère que le processus politique va avancer et que la Russie et les États-Unis vont parvenir à un accord sur la crise syrienne grâce à la victoire de Trump. Un tel espoir et une telle croyance sont le résultat de mes réunions personnelles avec Donald Trump Jr. à Paris en octobre. »

« J’ai réussi à communiquer à Trump, par le biais de discussions avec son fils, l’idée de comment nous pouvons coopérer ensemble pour parvenir à un accord entre la Russie et les États-Unis au sujet de la Syrie. »

Le site en ligne de Randa Kassis explique qu’elle a été renvoyée du Conseil national syrien (CNS), la vaste coalition de groupes opposés à Assad, « à cause de ses nombreuses déclarations avertissant l’opposition syrienne de la montée en puissance des fondamentalistes musulmans ».

En 2012, elle a formé le Mouvement pour une société pluraliste, qui promeut une « transition politique » en Syrie impliquant Assad. Le CNS soutenu par les États-Unis a déclaré que tout accord de paix devait inclure le retrait du président actuel.

« La Russie est intervenue pour sauver le pays, dans l’intérêt de la Syrie », a déclaré Kassis à Al Jazeera mardi. « Le problème est que vous ne connaissez pas les Russes, vous ne comprenez pas les Russes… Vous accusez seulement les Russes d’être contre l’opposition mais vous devez les comprendre. »

Lors de sa campagne, Trump a félicité la Russie et le gouvernement syrien pour « se battre contre l’EI », malgré le fait que Moscou emploie sa puissance de feu contre d’autres groupes à Alep.

Lors d’une interview avec le New York Times mercredi, le futur président américain a déclaré : « J’ai une opinion différente de tous au sujet de la Syrie. »

Plus tôt ce mois-ci, Assad a semblé approuver le président élu, déclarant que Trump serait un « allié naturel » dans le combat de la Syrie contre les « terroristes ».

Le Guardian a cité Joseph Bahout, un expert syrien au Carnegie Endowment for International Peace, selon lequel Kassis est une bonne amie du ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov.

« Il l’a invitée avec d’autres personnes à Moscou et ils ont créé ce qui est connu – avec une certaine ironie – comme étant ”l’opposition de Moscou” », a déclaré Bahout.

« Les Russes ont tenté dans leur cynisme d’imposer ces personnes en tant que délégation de l’opposition lors des pourparlers de paix à Genève. Le reste de l’opposition s’y est bien évidemment opposé. »

 

Traduit de l’anglais (original).

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