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Le néocolonialisme de l’empire et sa stratégie du chaos (Mondialisation.ca)

par Jean-Yves Jezequel 24 Novembre 2016, 19:42 néocolonialisme USA Impérialisme Chaos Syrie EI Terrorisme Collaboration Yougoslavie

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Le Monde européen semble dans la posture du « silence des agneaux », dans la paranoïa du délire psychotique organisé par des opérations de « terrorisme » en France et en Allemagne et de déstabilisation qui se succèdent partout dans le monde à un rythme accéléré, via les rumeurs, la désinformation, la supercherie, le mensonge, la manipulation, les mises en scène hollywoodiennes de l’information toxique et toutes ses interventions criminelles justifiant une stratégie de l’Empire pour le dressage absolu des peuples…

Celui qui se veut le Maître du Monde a déjà été capable d’imaginer de faire fortune en armant et en donnant à l’ennemi les moyens de faire la guerre, tout en envoyant se faire massacrer par milliers, ses propres soldats comme ce fut le cas de juin 1944 à mai 1945. Cela était parfaitement imaginable et concevable dans la tradition « monroïste » des USA et au nom de sa sacro sainte logique capitaliste présentée comme l’idéal à imposer coûte que coûte au monde entier en détruisant obsessionnellement son contraire: le communisme vu comme le seul ennemi mortel, le « soleil rouge de Satan » à éradiquer du ciel politique avant qu’il ne provoque l’éclipse fatale du « soleil d’or de l’ange du bien »!

Le mensonge et la manipulation assurée par la guerre médiatique sont devenus la permanence du credo fondamental des élites dirigeantes aux USA. L’impérialisme étasunien utilise toutes les armes à sa disposition: médiatiques, économiques, politiques, idéologiques et militaires, toujours encadrées par la doctrine appelée « monroïsme », (1823) en souvenir du Président James Monroe. Le Général Zachary Taylor fut chargé en 1847 de faire appliquer cette doctrine. Il imagina une célèbre crapulerie pour s’approprier l’immense territoire du Texas en trompant l’Etat Mexicain. Cette stratégie de la tromperie, de la manipulation, du false flag et du pillage d’Etat après déstabilisation est appelée couramment aujourd’hui le « monroïsme ».

La « stratégie du chaos » ayant donné de si bons résultats au Vietnam, en Amérique Latine, en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen …etc., que de ce fait les USA ont eu l’occasion de perfectionner à loisir leur technique de la déstabilisation, puis l’efficacité de ce nouveau genre de guerre du « chaos » par mercenariat interposé, « néo nazi » comme il se doit dans les pays chrétiens, ou « islamiste » comme il se doit dans les contrées à dominance musulmane, contre les Nations qui leur résisteraient.

Puisque le «chaos par la guerre» est la condition sine qua non de l’économie étasunienne, la liste des guerres entreprises par les USA depuis leur création, est du coup quasi interminable.

Or, pour faire toutes ces guerres, il fallait des « légions » de soldats.

Depuis 1945, l’impérialisme américain avait principalement utilisé ses propres soldats comme en Corée, à Cuba, au Vietnam ou bien il s’était appuyé sur des dictatures fascistes comme celle de Franco en Espagne, celle de Salazar au Portugal, sur les colonels en Grèce, sur la dictature militaire au Brésil, en Argentine, au Chili, en Uruguay, au Salvador, au Nicaragua, à Taiwan etc… Il avait aussi organisé le terrorisme en Europe pour éliminer les partis communistes devenant trop forts et populaires dans les pays européens. Il s’était appuyé pour cela sur des milices d’extrême-droite nommées « Gladio » se faisant passer pour des groupes d’extrême gauche dans le seul but de décrédibiliser les communistes et la gauche politique en général. Gladio a fonctionné de 1945 à 1992 au moins dans toute l’Europe occidentale.

Il n’est d’ailleurs pas impossible que le Gladio ait été réactivé dernièrement, par son créateur et commanditaire traditionnel la CIA, tant la manière de procéder dans des attentats terroristes comme celui de Nice en 2016 est ressemblante pour de multiples raisons… (Cf., Le Djihad et le management de la terreur », Jean-Yves Jézéquel, 2016, à paraître)

A cause d’un mouvement révolutionnaire de libération né en Amérique Latine dans les années 1950, avec les tentatives de réformes de Jacobo Arbenz Guzmán au Guatemala, avortées par le coup d’Etat monté par la CIA en 1959, les USA, avec leur obsession conservatrice et réactionnaire, allaient répandre leur détestation de la liberté pour les autres au nom d’un libéralisme au moins jusque dans les années 1980. Les organisations étasuniennes les plus cruelles, séviront dans toute l’Amérique Latine, contre les guérillas, à Cuba, en Bolivie (où la CIA ordonna à la dictature militaire d’assassiner le Che Guevara à la Higuera le 9 octobre 1967), au Vénézuela, au Brésil, en Colombie, au Pérou, au Honduras et soutiendront dans leur ensemble les dictatures civiles et militaires des pays Latino Américains etc…

Ces forces « obscures » n’étaient pas encore “islamistes”, elles étaient constituées de criminels “chrétiens”, authentiquement fascistes et farouchement anticommunistes. Les “contras” nicaraguayens (1979/90) (groupes criminels contre-révolutionnaires), qui étaient une armée de mercenaires des Etats-Unis, se livraient à des attaques contre les populations, décapitaient des otages, torturaient à partir d’instructions précises expliquées par des manuels spécialement conçus par la CIA (le KUBARK, le Projet X, le Human Resource Exploitation Training Manual…) de la même manière que cela se passe actuellement en Afghanistan, en Irak, au Yémen, en Libye, en Syrie…

Les ‘contras’ ont été financés par Washington à travers la vente d’armes illégales à l’Iran en guerre avec l’Irak, à cette époque-là. Cette guerre avait été encouragée par les USA dans le but d’affaiblir les deux nations, pour préparer la vassalisation par une future déstabilisation. Aujourd’hui on voit le résultat sur l’Irak et on comprend mieux la résistance de l’Iran.

Al-Qaïda puis désormais Daech sont en réalité et au final des armées de mercenaires américains qui font le même « travail » criminel pour les intérêts de l’Empire. On peut dire que les USA sont dans la continuité, celle de la stratégie du chaos, mais une continuité sans issue, comme l’actualité le démontre peu à peu!

Tout le monde se souvient de la célèbre démonstration de Powell à l’ONU. Jane Kirkpatrick, ambassadrice des USA à l’ONU, sous la présidence Reagan, brandissait avant lui un faux article, paru dans le Figaro Magazine, pour justifier une guerre en Amérique centrale. Puis, c’est Colin Powell qui était chargé de mettre en oeuvre la politique de pillage qui a suivi ? Colin Powell a étrangement répété le geste de Kirkpatrick 30 ans plus tard pour justifier l’invasion de l’Irak!

Face à la puissance et à l’importance du bloc Soviétique, l’Empire devait trouver l’occasion de s’attaquer à lui pour le faire tomber sans trop s’exposer et sans prendre le risque d’une escalade nucléaire. Cette occasion fut offerte par l’Afghanistan où, dès la fin des années 70, des rebelles islamistes avaient pris les armes contre un gouvernement laïc et ami de l’Union Soviétique. Reagan rebaptisa ces wahhabites obscurantistes, du nom cynique de ‘combattants de la liberté’ et en fit ses nouvelles légions impériales engagées contre le communisme.

Cela a permis à «l’axe du bien» de déstabiliser à son profit la principale zone énergétique de la planète et de menacer directement ses concurrents potentiels par la pression de centaines de milliers de « djihadistes » fanatiques tous persuadés de servir un idéal musulman (à l’exclusion de leurs chefs). Tout en découvrant l’intérêt de cette nouvelle formule inaugurée en Afghanistan puis en Ex Yougoslavie, l’Empire allait jouer ce jeu dangereux d’une utilisation de mercenaires dont l’objectif idéologique est diamétralement opposé à ses intentions géopolitiques, mais dont l’efficacité pour l’installation du chaos était certaine.

Comme les moudjahidin afghans, les « rebelles » syriens sont les fantassins de l’Amérique et de ses alliés, la Grande-Bretagne, la France, Israël, la Turquie, les monarchies obscurantistes d’Arabie Saoudite et du Qatar…

L’objectif immédiat, concernant la Syrie, est de détruire le gouvernement de Damas qui, selon le sondage le plus crédible (YouGov Siraj), est soutenu par la majorité des Syriens. Le but à long terme est d’arracher à la Russie un allié clé du Moyen-Orient. A plus long terme, le but est bien évidemment d’en finir avec la puissance russe jugée comme menaçante pour l’exécution du plan PNAC (Plan pour le Nouveau Siècle Américain) et depuis peu, pour être devenue une nouvelle menace directe à l’hégémonie du dollar par son initiative inattendue des BRICS et du CIPS de son allié Chinois.

Le risque nucléaire est désormais hautement évident. Les éditorialistes du Washington Post, ayant promu le mensonge sur les « Armes de destruction massive » en Irak, demandent à Obama d’attaquer la Syrie. Mais Obama reste silencieux. En revanche, Hillary Clinton, qui se réjouissait publiquement de son rôle de bourreau lors de la destruction de la Libye, a répété plusieurs fois que présidente, elle « irait plus loin » qu’Obama.

La propagande de guerre bat actuellement son plein avec ce côté absurde et cynique. Dans les années 50, des diplomates, des fonctionnaires et des journalistes étaient traqués et ruinés par l’inquisition de McCarthy obsédé d’anti communisme. La répression fut odieuse contre ceux qui contestaient les mensonges et la paranoïa au sujet de l’URSS et de la Chine. Aujourd’hui, la propagande anti-Russe est de retour.

En Grande-Bretagne, Luke Harding du Guardian s’est fait remarquer pour sa détestation de la Russie. Dans ce qu’on peut nommer un déluge de « parodies journalistiques », il attribue à Vladimir Poutine tous les malheurs de la terre ! La sottise est consternante, mais apparemment il y a assez de sots pour gober béatement ces inepties et faire le beurre des salauds et des pervers. Dès la sortie du scandale des Panama Papers, ce journaliste, tout dévoué à la cause de la vérité et de l’information, mentionna M. Poutine, en prenant soin d’adjoindre une photo du chef d’Etat Russe. Décomplexé, ce journaliste se moquait comme de l’an 40 de l’injustice et du tort gratuit qu’il faisait sans scrupule à Monsieur Poutine n’étant, quant à lui, mentionné nulle part dans les documents dévoilés. Mais peu importe, le mal était fait et c’est la seule chose qui comptait !

Comme Milosevic, Poutine devenait rapidement le Diable en personne. C’est Poutine qui « abattait un avion de ligne Malaisienne au- dessus de l’Ukraine ». Le titre disait sans vergogne: « En ce qui me concerne, Poutine a tué mon fils. » Pas besoin de preuves. Saccageons joyeusement les personnes et les réputations : on s’en fout ! C’est Poutine qui devenait mystérieusement le responsable du renversement du gouvernement élu à Kiev en 2014 ! Peu importe si la logique et les documents montraient que le coup d’Etat à Kiev avait été organisé et financé par Washington. La secrétaire d’État américaine adjointe chargée de l’Europe, Victoria Nuland, tenait au téléphone des propos sans ambiguïté avec l’ambassadeur des USA en Ukraine : “Que l’UE aille se faire enculer”, lança-t-elle à son interlocuteur à propos de la crise en Ukraine, selon une bande-son mise en ligne sur YouTube jeudi 6 février. Pourtant les Européens sont toujours les alliés béats de ces fascistes qui se moquent ouvertement d’eux !

La campagne de terreur qui suivait, déclenchée par les milices néo nazies contre la population russophone de l’Ukraine, dans le Donbass, était le résultat de « l’agression » de Poutine ! C’était n’importe quoi, mais plus la manipulation était énorme et mieux le mensonge passait dans la tête de tous les imbéciles qui gobaient sans broncher ce discours cynique à outrance ! Empêcher que la Crimée ne devienne une base de l’OTAN avec ses missiles pointés sur la Russie puis protéger la population majoritairement russe qui s’était prononcée par referendum pour son intégration à la Russie, devenaient des exemples de « l’agression » de Poutine: la Crimée «avait été «annexée»! La calomnie par les medias s’est transformée en une guerre par les medias.

La décision de renverser le « Régime » de Damas, a été programmée depuis 10 ans par les USA, comme nous le révélait le Général Wesley CLARK, ancien commandant des forces de l’OTAN au Kosovo, le 2 mars 2007, sur les antennes de Democracy Now. Ce même Général de l’armée des États-unis, nous révélait que la CIA avait programmé la chute et l’occupation par l’armée des USA, de l’Irak, Afghanistan, Syrie, Liban, Libye, Somalie, Soudan et pour finir de l’Iran ! Ce plan se nomme: « Plan for a New American Century » (PNAC).

Pour justifier moralement cette sainte croisade politique, il fallait passer par un coup d’éclat qui allait donner toute la « légitimité » souhaitable et le signal du départ de la troisième guerre mondiale engagée en Irak par le déchaînement des hordes criminelles allant répandre le chaos pour les besoins d’une mise en œuvre du PNAC. Ce coup d’éclat survenait enfin: c’était un sacrifice spectaculaire de 3000 victimes offertes le 11 septembre 2001 sur l’autel du Temple consacré au dieu suprême de la Haute Finance : le World Trade Center. L’échec du capitalisme n’était pas envisageable pour l’Empire. Il était donc tout à fait possible d’imaginer la destruction du World Trade Center, avec la mort de trois mille concitoyens à la clé, dans l’unique but de justifier une guerre de « l’axe du bien » contre les ennemis extérieurs qui ont mis en échec le système. Cet échec ne pouvait venir que des ennemis extérieurs et non pas du système lui-même.

Après ce signal « providentiel » donné comme un permis mondial de tuer, l’Irak était anéanti. L’Ex Yougoslavie avait été déjà le théâtre de la déstabilisation programmée de l’Europe trop récalcitrante aux projets de l’OTAN. Après le test utilisant la nouvelle manière d’opérer mise au point en Europe, il fallait consolider le chaos en Afghanistan. Les « révolutions ou printemps arabes » allaient proliférer. La Libye était détruite à son tour pendant qu’une « révolution » menée par des « rebelles imprégnés d’esprit démocratique », dixit François Hollande, entreprenait de renverser Bachar Al-Assad pour y placer un fidèle serviteur des intérêts de l’Empire.

Quelques tentatives de déstabilisation sur le Continent Européen échoueront brutalement comme la guerre des musulmans Tchétchènes, l’opération en Ossétie du Sud et en Géorgie, en août 2008, sorte de test réalisé pour sonder la puissance Russe, avant de s’attaquer à l’Ukraine.

La Chine et la Russie alliées, face aux USA et à leurs alliés, jouent donc aujourd’hui le rôle de la « muleta » rouge vif, excitant le taureau condamné d’avance à la mort par l’estocade finale prévisible et prévue…Grâce à Sarkozy et à Hollande, nos chefs inspirés, nous sommes du côté de la bête qui s’épuise inutilement avant de mourir sûrement!

En armant les djihadistes et tous les fanatiques terroristes d’Al-Qaïda, du front Al-Nusra, les USA refont ce qu’ils ont fait avec Hitler et confirment la confession d’Hilary Clinton : « Ce sont les Etats-Unis qui ont créé Al-Qaïda », avec la ferme intention de les combattre en même temps, en Irak, en Afghanistan, au Mali via l’armée française…et, espèrent-ils, prochainement en Syrie, lorsque le fruit mûr sera enfin tombé dans la besace du grand braconnier ou pilleur d’épaves de Washington.

La technique monroïste traditionnelle des USA consiste à introduire d’abord le ver dans le fruit, puis d’intervenir ensuite pour « sauver » le fruit de la pourriture générée par le ver, en massacrant le ver qu’ils avaient d’abord créé pour la cause. Il faut créer d’abord une corruption pour justifier de « morale » une intervention armée. Sans cette technique rodée, ni le Congrès, ni le Sénat ne voteraient les budgets militaires nécessaires à faire triompher « l’axe du bien » qui veut installer le chaos programmé partout dans le monde!

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a blanchi le président Serbe, Slobodan Milosevic, de crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995, y compris du massacre de Srebrenica : aucun media officiel occidental n’a eu l’honnêteté de relever cet événement important. The Guardian a été le seul à faire un bref commentaire dans ses colonnes. La conclusion à laquelle est arrivé le TPI dénonce trop directement la vérité sur la campagne de manipulation et de désinformation ayant permis à l’OTAN ses interventions abusives et illégitimes comme illégales en 1999 contre la Serbie. Mais peu importe la vérité, puisque le mal est fait ! Dans la tête des occidentaux manipulés, les Serbes pro-Russes sont les « méchants » qui ont massacré les « gentils » Kosovars défendus par les moudjahidin pro-étasuniens (armés et transportés au Kosovo par l’armée des Etats-Unis). Ce qui restera gravé au laser dans la tête des gens, c’est cette manipulation exécrable, ce sont les images des films Hollywoodiens commandités par la CIA pour les besoins de la propagande. Ce qui assure toujours le succès de ces films pour lavage de cerveaux, c’est qu’ils mêlent habilement une certaine vérité au mensonge présenté comme un présupposé non discutable et non discuté de la « vérité objective des faits » ! « Savior » en 1998 participe de cette manipulation. Puis viendront les justificatifs d’après coup comme « Warriors » en 2000 et « En territoire ennemi » en 2002… Les Etats-Unis ont fait mourir un homme lavé des accusations portées contre lui, alors qu’eux-mêmes pratiquent à grande échelle et en toute impunité les crimes odieux dont ils accusent les autres, les opposants à leur empire. « Si les lois de Nuremberg étaient réellement appliquées, tous les présidents des Etats-Unis de l’après- guerre auraient été pendus, » écrivait Noam Chomsky.

Milosevic est mort « d’une crise cardiaque » en 2006, seul dans sa cellule à La Haye, par la seule volonté des États-Unis. Une intervention chirurgicale, qui aurait pu lui sauver la vie, lui fut refusée par les Étasuniens et son état s’est empiré jusqu’à la mort. Les USA se sont ainsi débarrassés à bon compte d’un homme trop gênant pour eux. WikiLeaks l’a révélé et confirmé ensuite. Des rumeurs parlent aussi d’empoisonnement mais l’absence de « sources » ne permet pas de confirmer cette affirmation. De plus, personne n’a jamais entendu protester Amnesty International sur ce cas de Milosevic et sur le comportement criminel des Etats-Unis !

Milosevic a été victime de la propagande de guerre qui aujourd’hui coule à flots sur nos écrans et dans nos journaux. Son cas nous signale l’épée de Damoclès suspendue au- dessus de nos têtes. Les medias occidentaux l’avaient appelé le « boucher des Balkans » responsable de «génocides», en particulier dans la province du Kosovo. Le Premier ministre Britannique Tony Blair faisait référence à l’Holocauste et demandait des mesures contre « ce nouvel Hitler ».

David Scheffer, l’ambassadeur itinérant des crimes de guerre, avait déclaré : « 225.000 hommes albanais ethniques âgés de 14 à 59 ans » ont été assassinés par les forces de Milocevic. Tout cela était faux puisque ce sont les djihadistes de l’OTAN qui se sont chargés de ce massacre! Quelle réparation les Anglo-Saxons ont-ils prévue pour la mémoire de cet homme et de son pays ? Les criminels notoires, permanents, résolus et impénitents qui ont traité les innocents de criminels en essayant de se faire passer eux- mêmes pour innocents, se nomment Etats-Unis d’Amérique! Si quelqu’un avait encore besoin de preuves, il est servi copieusement !

Les bombardements de l’OTAN, dirigés par Bill Clinton et Blair, étaient justifiés par les mensonges de Scheffer! L’OTAN a ainsi massacré des centaines de civils dans des hôpitaux, des écoles, des églises, des parcs et des studios de télévision, détruisant au passage toutes les installations de l’économie Serbe. On se souviendra de la « conférence de paix » à Rambouillet, en France. Madeleine Albright, la secrétaire d’Etat US, allait immortaliser l’infamie et le cynisme des Etats-Unis, avec sa remarque sur la mort d’un demi-million d’enfants irakiens qui « en valait la peine ».

Albright imposait une « offre » à Milosevic : l’occupation militaire de son pays, et l’obligation d’un « marché libre » néo-libéral. En cas de rejet de ces conditions, la Serbie serait bombardée. Cette « offre » était contenue dans une « Annexe B », que les medias officiels n’ont évidemment pas lue ou qu’ils ont scrupuleusement censurée. Car l’objectif était d’écraser le dernier Etat « socialiste » pro-russes et indépendant de l’Europe.

Une fois que l’OTAN a commencé à bombarder, il y eut un véritable tsunami de réfugiés kosovars « fuyant un holocauste ». A la fin du conflit, les équipes internationales des inspecteurs de l’ONU se sont rendues au Kosovo pour exhumer les victimes. Le FBI lui- même n’a pas réussi à trouver une seule fosse commune, malgré ce qu’affirme spectaculairement le film hollywoodien « En territoire ennemi » et ils rentrèrent chez eux. L’équipe médico- légale espagnole profondément contrariée dénonça avec colère «une pirouette sémantique par les machines de propagande de guerre de l’OTAN». Le décompte final des morts au Kosovo fut de 2788. Ce chiffre incluait les combattants des deux côtés comme les Serbes et les Roms assassinés par le « Front de libération du Kosovo », organisation combattante faite de moudjahidin importés d’Afghanistan par les USA et donc au service de l’OTAN. Il n’y a pas eu de génocide. L’attaque de l’OTAN fut à la fois une fraude monumentale et parfaitement odieuse et un crime de guerre avéré ! C’est l’OTAN (USA) qui est le seul responsable des horreurs perpétrées « illégalement » en Ex- Yougoslavie… Quelle suite à tout cela ? Rien ! Pire que rien : en 2008, le Procureur du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, a révélé qu’elle avait subi des pressions pour ne pas enquêter sur les crimes de l’OTAN… L’Empire se moque éperdument du « droit » et de la « justice », il est en soi le droit et la justice : c’est lui qui dicte le « bien et le mal », il est dieu, le Pouvoir absolu qui n’a de comptes à rendre à personne et si quelqu’un veut lui en demander, il est exécuté sans commentaire par drone : c’est la mode!

La pléiade de groupes islamistes, tous salafistes radicalisés, réunis dans EIIL, ISIS ou DAECH, non seulement ont été, en ce qui concerne tout d’abord Al-Qaïda, créés par l’Occident, mais aussi, en ce qui concerne tous les autres groupes réunis dans ce « soi-disant Etat Islamique », entraînés, armés, financés via les pétromonarchies absolues du Golfe et leurs alliés : les services secrets des pays de l’Otan ainsi que par Israël fortement impliquée dans le soutien à DAECH.

Après le chaos provoqué en Irak par l’intervention des Etats-Unis, un groupe s’est organisé pour résister aux massacres interconfessionnels de ce pays musulman (Chiites et sunnites). Le dimanche 29 novembre 2015 à 20h55, Hubert Védrine répondait sur ce point aux questions de Laurent Delahousse, dans son magazine «Un jour dans l’histoire», « De Ben Laden à Daech : aux origines du djihad », France 2.

Monsieur Védrine expliquait que Nouri al-Maliki était un chiite qui dirigeait le Gouvernement Irakien depuis 2006. Mais suite à la politique confessionnelle de Maliki qui avait aliéné la minorité sunnite, celle-ci allait se joindre aux groupes djihadistes de mouvance sunnite, présents en Irak, afin de défendre sa communauté injustement maltraitée et accusée en permanence de vouloir s’emparer du Pouvoir. L’obsession de Maliki interdisait l’existence d’un Gouvernement de coalition entre sunnites et chiites. C’était pourtant la condition sine qua non de la paix en Irak. Ces groupes de combattants sunnites résistants en Irak se sont regroupés en une organisation plus efficace. Devenus nombreux et organisés, ils se sont emparés des stocks d’armes de l’armée irakienne vite dépassée par les événements. Avec cet armement fourni par les Etats-Unis à l’armée irakienne, ils ont été capables d’attaquer des prisons dans lesquelles étaient enfermés en masse des sunnites, afin de les libérer. Une fois libérés, les sunnites qui avaient été enfermés et maltraités par le nouveau régime de Maliki, prenaient les armes sans hésiter et se joignaient aux groupes de la résistance ou rébellion sunnite.

Puis ce groupe, devenu fort de plusieurs milliers d’hommes en mal de revanche, s’est déplacé en Syrie où il s’est transformé par une sorte d’aimantation de tous les autres groupes très nombreux, pour former une nouvelle entité qui a pris le nom d’Emirat Islamique d’Irak et du Levant (EIIL=DAECH ou ISIS).

L’armée syrienne libre a été créée par les USA, Israël et les pays du Golfe. Leurs dirigeants ont été présentés comme les chefs de l’opposition syrienne. Ces gens sont venus renforcer Al- Nosra et tous les autres groupes de DAECH. C’est à ces gens-là que le Congrès américain a alloué la somme de 500 millions de dollars pour en finir avec Bachar el-Assad et installer en Syrie un Régime à la botte des USA et de ses alliés européens, mais surtout et au final sous le contrôle et au bénéfice des revendications géopolitiques d’Israël.

La consigne qui avait été donnée aux hommes de DAECH, c’était de massacrer les musulmans alaouites (l’une des ramifications religieuses musulmanes dont Bachar Al- Assad fait partie) qui protègent les chrétiens en Syrie ! » Les anciens officiers et militants du Parti BAAS de Saddam Hussein, se sont retrouvés sdf en Irak et jetés à la rue après la mort de Saddam. Ces gens là ont tout naturellement rejoint les rangs de l’Etat Islamique qui avait besoin d’eux.

Pour envahir l’Irak et la Syrie dans une action éclair, DAECH a utilisé des armes lourdes achetées par les Saoudiens en Ukraine. Ces armes ont été transportées par avion et par bateau en Turquie. Les stocks de l’armée irakienne, contenant du matériel blindé américain, ont été attaqués et pillés par la suite.

Puis, le EMIT, services secrets turcs, avec la logistique de l’OTAN a apprêté des trains spéciaux qui ont transporté ces armes sur le terrain. Dès que l’invasion a été faite, les américains ont associé deux cellules spéciales aux groupes combattants: la première cellule était faite d’un groupe d’experts en communication formés à Fort Bragg aux USA (déclaration du Général Flynn sur CNN) et une seconde cellule constituée d’experts en administration civile, des gens qui ont les capacités de nos préfets de police. Ainsi 9 « préfectures » ont été créées en Syrie et 7 « préfectures » en Irak. Ces personnels ne sont évidemment pas des djihadistes mais font faire le travail par des djihadistes. Parmi ces experts ayant une formation complexe se trouvaient d’anciens pilotes de chasse et d’hélicoptères de combat des Etats-Unis.

Nous devons donc comprendre que DAECH est un enfant né de la volonté de l’Occident via le couple polygame OTAN-CIA/MOSSAD-Monarchies du Golfe. Ce sont deux Etats, pas des personnes privées, mais deux Etats qui financent cette énorme organisation sans compter l’argent du trafique de pétrole : ces deux Etats sont les amis et alliés de Sarkozy d’abord et de Hollande ensuite, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Ces deux pays sont des dictatures obscurantistes abominables où se pratique le salafisme radicalisé, là où règne la charia’h avec les horreurs que cela évoque surtout pour les femmes. La dictature de Bachar el-Assad a toujours été très loin d’être comparable à ces dictatures là, pourtant «Bachar el-Assad doit partir » dit Hollande car, dit Fabius « Bachar ne mérite pas d’être sur Terre », mais les abominables dirigeants wahhabites de l’Arabie Saoudite qui financent le terrorisme international, eux sont dignes d’être sur Terre !

Il faut encore préciser, pour y voir clair, que le PKK est constitué de Kurdes de Turquie et de Syrie qui luttent contre DAECH, alors que les Kurdes du Kurdistan irakien soutiennent DAECH pour la simple raison que le chef Barzani, Président de cette Région, est aussi un agent important du MOSSAD israélien depuis 1950. Monsieur Barzani est Kurde, mais d’abord un agent officiel du MOSSAD. On devine pourquoi ces Kurdes là sont les alliés de DAECH, parce qu’ils sont au service des intérêts d’Israël !

Cette opération de la création de l’Etat Islamique, planifiée à Oman par les USA, Israël, la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Qatar et la France avec la Grande Bretagne, a donné comme résultat cette organisation qui s’est mise ensuite à recruter des milliers de combattants partout dans le monde, grâce à l’outil de la propagande et des experts en communication…

Chacun a ainsi la réponse à son interrogation, lorsque nous nous sommes tous demandés pourquoi les Etats-Unis ne voulaient pas mettre DAECH dans la liste de l’ONU sur les organisations terroristes. Chacun pourra aussi comprendre pourquoi il est donc également impossible de bloquer les comptes bancaires de DAECH !

La stratégie du chaos était parfaitement rodée. Mais un imprévu est venu compromettre le chaos programmé : la Fédération de Russie. Et voilà que cette confrontation se présente plus tôt que prévu, avec la découverte d’une puissance inattendue, tant économique que militaire…

La réalité n’est pas linéaire, elle est complexe. C’est la complexité qui est venue troubler la simplicité de la vision linéaire des agents de l’Empire…

Jean-Yves Jézéquel

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