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Qui gagnera la bataille de la politique étrangère ? Trump ou les néocons ? (Russia Insider)

par Eric Zuesse 24 Novembre 2016, 09:24 Donald Trump Politique étrangère Néocons Syrie USA

La première grande bataille de la transition Trump à la Maison Blanche concerne la question fondamentale qui avait causé la répudiation de Donald Trump par l’establishment : à quelle guerre l’Amérique donnera-t-elle la priorité : celle contre les djihadistes, ou contre la Russie et toute nation prétendant à un leadership et amicale envers la Russie – y compris l’Iran ?

Une guerre clandestine domestique fait rage depuis longtemps entre Trump et les néocons – ceux qui veulent maintenant transformer la guerre froide contre la Russie en guerre chaude par le renversement de tous les gouvernements favorables à la Russie : Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Viktor Ianoukovitch, Bashar al -Assad. La rage des néocons contre Trump est devenue furieuse lorsque ce dernier a clairement précisé cette année qu’il voulait arrêter la guerre d’Obama en Syrie contre Assad et Poutine, et commencer la vraie guerre contre les nombreux groupes djihadistes qui essaient de renverser le laïc Assad, ainsi qu’éliminer les djihadistes dans tous les pays, sauf dans ceux qui les hébergent, qui deviennent alors des commanditaires étatiques du djihadisme et donc des ennemis des États-Unis. C’est une guerre contre la guerre.

Cette guerre s’annonce avec la rupture, le mardi 15 novembre, des efforts de conciliation de Trump pour gagner la coopération des néocons, le groupe qui comprend pratiquement tout l’establishment des Affaires étrangères du Parti républicain et du Parti démocrate, à la fois militaire et diplomatique. Ces deux establishments sont en réalité deux équipes d’une même idéologie et sont maintenant, après trois présidents américains néocons successifs – Bush, Clinton et Obama – presque tous des néocons, surtout du côté républicain (Bush).

Le néoconservatisme a commencé sérieusement le 24 février 1990 quand le président américain George Herbert Walker Bush a dit à ses agents que si la guerre froide se terminait du côté russe, elle ne serait pas vraiment finie du côté américain, même s’ils avaient tous promis à l’ancien président soviétique et futur président russe Mikhaïl Gorbatchev qu’elle le serait. Le prochain président, Bill Clinton, a suivi et étendu l’OTAN, et ses successeurs, G.W. Bush et Barack Obama, l’ont élargie encore plus, et nous encerclons maintenant la Russie avec nos missiles. Nous avons également renversé les amis et les alliés de Moscou – Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et Viktor Ianoukovitch, et essayons toujours de le faire en Syrie – afin d’affaiblir encore plus la Russie, et d’y aller pour la curée finale.

Si Trump essaie d’ignorer les lignes du Parti afin de récupérer le petit segment de l’establishment des Affaires étrangères du Parti démocrate qui n’est pas néocon, il devra faire face à une forte opposition des républicains au Sénat et à la Chambre, lors de la validation d’une partie significative des initiatives du Département de la Défense et du Département d’État. Sa présidence sera alors paralysée par le refus de l’establishment de Washington (les néocons) de fournir l’information et la coopération essentielles pour que l’administration Trump ait un succès majeur dans le domaine des affaires étrangères. L’establishment dispose d’un grand nombre d’informations essentielles et de contacts avec les gouvernements étrangers, sans lesquels rien ne peut se faire dans les relations internationales. La présidence de Trump serait alors mort-née.

L’homme qui avait organisé la révolte néocon contre la candidature de Trump et qui récemment, mais brièvement, a tendu un rameau d’olivier pour aider l’équipe Trump à sélectionner des gens pour s’occuper des relations internationales américaines, Eliot A. Cohen, a tweeté le 15 novembre : «Après quelques échanges avec l’équipe de Trump, j’ai modifié ma recommandation : ‘restez à l’écart’. Ils sont en colère, arrogants, et crient ‘vous avez perdu !’. Ce sera moche.»

L’effort des néocons pour saboter la Présidence de Trump sera une guerre totale.

Un autre leader néocon, Daniel W. Drezner, a tweeté plus tard le même jour : «À propos, la phrase la plus effrayante dans ce tweet est ‘Flynn et Kushner contrôlent maintenant l’attribution des postes de base’».

Il s’agit du lieutenant général à la retraite Michael Flynn, que Obama a congédié en tant que directeur de l’Agence de renseignement de la défense parce qu’il s’est opposé à la priorité donnée par Obama à la guerre anti-russe plutôt qu’à la guerre anti-djihad : Flynn aurait préféré travailler avec Assad contre tous les djihadistes, pas seulement contre ISIS (comme Obama l’exigeait).

Et c’est aussi Jared Kushner, le gendre juif sioniste anti-palestinien et anti-iranien de Trump, qui vient juste d’apprendre que tout le terrorisme qui a été perpétré contre les États-Unis et l’Europe vient presque à 100% non pas des anti-sionistes, mais plutôt de l’ennemi existentiel auto-déclaré de l’Iran, la famille saoudienne qui possède l’Arabie saoudite et qui a des liens profonds avec l’establishment américain, ou l’aristocratie, en particulier les milliardaires américains, depuis la Seconde Guerre mondiale, et qui restent déterminée, avec l’aide des États-Unis, à conquérir la Russie, qui – plus que l’Iran – est leur principal concurrent sur les marchés du pétrole et du gaz. Voici ce que l’équipe Trump ne sait pas [au sujet du conflit entre les aristocraties US]. Et, surtout, ils ne savent pas que la famille royale qui possède l’Arabie saoudite était le principal bailleur de fonds d’al-Qaïda et du 11 septembre. Le gouvernement des États-Unis est dans la position inconfortable d’être allié aux ennemis non seulement de la population américaine, mais de toutes les nations qui ne sont pas dirigées par les fondamentalistes sunnites et la charia. Nous les armons. Nous les défendons. Et, à l’occasion, ils nous font sauter.

Trump et sa famille ont intérêt à apprendre rapidement de la réalité et des détracteurs de mythes, parce que dans le peu de temps qu’ils ont pour commencer à diriger le gouvernement américain, il y a beaucoup de propagande américaine qu’ils devront désapprendre, et beaucoup d’histoires cachées qu’ils auront besoin d’apprendre à la place.

Ils disent vouloir nettoyer le marais à Washington, mais le marais inclut des milliers de personnes qui refusent d’aider à informer et à former leurs propres remplaçants. Les néocons, depuis George W. Bush – dont voici 450 des plus éminents, seulement du côté républicain – ont eu un quasi-monopole sur la politique étrangère des États-Unis et ne veulent pas y renoncer.

Qui gagnera la bataille de la politique étrangère ? Trump ou les néocons ? (Russia Insider)

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