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Les néo-fascistes ukrainiens soutiennent Saakashvili dans sa tentative de réhabilitation (NEO)

par Henry Kamens 1 Décembre 2016, 11:40 Ukraine Neo-fasciste Saakashvili Réhabilitation

Les néo-fascistes ukrainiens soutiennent Saakashvili dans sa tentative de réhabilitation
Par Henry Kamens | 28 novembre 2016

Henry Kamens, chroniqueur, spécialiste de l’Asie centrale et du Caucase, exclusivement pour le magazine en ligne « New Eastern Outlook ».

Article original: Http://journal-neo.org/2016/11/28/ukrainian-neofascists-support-saakashvili-in-attempted-rehabilitation/

 

Traduit de l’anglais par Michael Rubin pour Arrêt sur Info

 

saakashvili-governor-odessa-Former Georgian president Mikhail Saakashvili (Reuters/Gleb Garanich) / Reuters

Mikhail Saakashvili (Reuters/Gleb Garanich) 


Un lecteur m’a récemment écrit : « J’aimerais beaucoup plus d’articles sur les collaborateurs nazis et Saakashvili. » Eh bien il y a beaucoup de matériel. Même si Saakashvili quitte l’Ukraine, sa nomination et son départ, nous en disent long sur ce qu’il a fait et pour qui.

Les efforts de Saakashvili pour « réformer » l’Ukraine à la suite de l’élection de Poroshenko devaient « déranger le plumage » de certains dignitaires d’Odessa comme dans chaque processus de réforme. C’était attendu. Mais comme le Washington Post le décrit, ses efforts à Odessa ont rencontré une résistance particulièrement farouche. Il accuse les élites locales, et en particulier le maire d’Odessa Gennady Trukhanov, de déjouer ses plans. Saakashvili était censé accepter les plans de Trukhanov sans contestation aucune puisque Trukhanov est un membre du parti dirigé par Viktor Ianoukovitch, l’ex-président ukrainien forcé deux fois de fuir suite aux massives manifestations parrainées par les USA.

Odessa est connue pour son crime organisé, ses théâtres exquis et ses musées. La Géorgie de Saakashvili aussi. Si vous vouliez réellement éliminer la corruption, Saakashvili est la dernière personne que vous nommeriez pour ce rôle. Si vous voulez utiliser la corruption comme une excuse pour faire ce que vous aimez – même lorsque vous avez créé cette corruption – le nommer est une idée beaucoup plus raisonnable.

Les fascistes en Ukraine font leurs manigances habituelles – dissimuler les faits pour prendre le pouvoir. Saakashvili n’a pas d’autre choix pour rester vivant. La seule question est de savoir s’il travaille directement pour les néo-fascistes ukrainiens, s’il a changé de camp ou s’il fait partie d’une alliance néo-fasciste américaine, comme il l’a été jusqu’à présent. La preuve suggère qu’il pourrait effectivement faire les deux.

 

La plus ancienne excuse

Non seulement Saakashvili a transformé la Géorgie en une capitale régionale de la CIA, mais il a transformé un vaste réseau de petite corruption dans lequel tout le monde était redevable à Shevardnadze en une opération de corruption à grande échelle. Les États-Unis étaient parfaitement satisfaits de cela jusqu’à ce que Saakashvili ait connaissance de leurs crimes conjoints menaçant ainsi ses intérêts. Ainsi, il n’a pas été autorisé à violer la Constitution géorgienne en se présentant pour un troisième mandat, ou voler les élections législatives de 2012 pour rester au pouvoir par procuration.

Mais à ce stade, les États-Unis étaient occupés à renverser le président démocratiquement élu de l’Ukraine. Ils ont ouvertement recruté les partisans néo-fascistes du célèbre chef de guerre Stepan Bandera pour y parvenir, puis les ont amenés au gouvernement, malgré les souvenirs que beaucoup d’Ukrainiens ont des atrocités commises par les hommes de main de Bandera. Tout cela a fait de l’Ukraine une base pour le sale boulot de la CIA, plus fiable que celle d’une Géorgie luttant pour se débarrasser de l’héritage de Misha (Saakashvili). Il n’est donc pas surprenant que Saakashvili et certains partisans éminents, des anciens membres de son gouvernement, aient été importés en Ukraine pour mener la même opération, bien qu’ils ne soient pas des citoyens ukrainiens et ne parlent pas la langue ukrainienne.

Saakashvili espérait utiliser sa nomination comme gouverneur d’Odessa, le principal port désigné pour remplacer Batumi, le trafic de drogue et d’armes et pour lancer son retour en Géorgie. Les protestations de rue en sa faveur n’ont mené nulle part, car les quelques personnes qui y participaient n’étaient pas vraiment intéressées et une tentative de coup d’État a été déjouée. Son seul espoir était de rester en Ukraine, mais il est tombé en disgrâce. Cela signifie que les manipulateurs qui l’ont mis là-bas n’ont plus besoin de lui, car il ne peut plus les embarrasser avec ce qu’il sait. Ils connaissent également ses liens avec la contrebande de pétrole depuis la Turquie.

Alors qu’est-ce que Saakashvili va faire pour essayer de se donner une dernière chance de crédibilité ? Se présenter, comme il l’a fait en Géorgie, comme un noble combattant contre la corruption. Les géorgiens savent mieux qui il est, et ont été le dire aux Ukrainiens. Mais il a encore de la marge pour dire que de mauvaises personnes ont résisté à ses opérations de nettoyage, alors que la seule raison pour laquelle il a été amené en Ukraine a été de mettre son réseau criminel existant au service d’un gouvernement plus amical incapable d’agir de cette façon ouvertement par ses agents habituels, les néo fascistes.

Peu de gens se soucieront de Misha le maniaque rongeant sa cravate. L’Ukraine et la Géorgie sont en concurrence pour voir qui peut le mettre en prison en premier. Mais le mettre à l’épreuve signifierait apporter des détails sanglants, et lui donner un dernier jour de gloire. À l’heure actuelle, il est même autorisé à écrire des articles d’opinion pour le New York Times International appelant tout le monde, sauf lui-même « corrompu ».

Tous les États fascistes ont été fondés de la même manière – en affirmant que le processus politique est corrompu, que la société est corrompue et que seul un dirigeant incorruptible peut résoudre les choses en renversant tous les mécanismes qui protègent le public. Tous les États fascistes ont également pris fin de la même manière – renversés parce qu’ils sont moralement faillis et plus corrompus que tout ce qui les a précédés. Mais à ce moment-là, ils ont servi leur but. Les régimes s’en vont, mais leurs commanditaires restent. Vous pouvez expulser un Stroessner du Paraguay, mais vous ne pouvez pas expulser les États-Unis des pipelines et des centrales, des banques et des organismes d’aide.

Saakashvili a été mis en place comme un dictateur fasciste. Il n’a pas encore de pays, mais il n’en a pas besoin. Comme son histoire l’a montré depuis qu’il a été transféré pour la première fois en Géorgie pour travailler pour le Conseil militaire, il peut être envoyé partout où la démocratie ou un autre leader installé se révèlent gênants. Un tel comportement n’a jamais été la politique officielle des États-Unis, mais cela démontre simplement que ce sont eux qui soutiennent les forces antidémocratiques, plutôt que les responsables, qui sont à l’origine de ces acrobaties.

La frontière finale

Le but évident que Saakashvili sert actuellement est d’essayer de maintenir les mauvaises relations existantes entre les États-Unis et la Russie, au moins jusqu’à ce que Trump prenne le relais et qu’Obama quitte la Maison Blanche. La question des mauvaises relations a longtemps été une source de tensions entre l’administration américaine et les diverses agences gouvernementales et militaires qui sont censées l’appuyer, mais qui répondaient en fait à un ensemble différent de payeurs avec un autre ordre du jour.

L’engagement belliqueux sur le long terme de Hillary Clinton dans toutes sortes de guerres illégales a nui à sa campagne présidentielle. Elle a été régulièrement désignée comme Killary sur les médias sociaux, et n’aurait peut-être pas été en mesure de maintenir cette position indéfiniment en tant que présidente. Donald Trump a déclaré ouvertement qu’il voulait enterrer la hache de guerre avec Vladimir Poutine dans l’intérêt de la paix mondiale. Aucun des candidats ne convient au complexe militaro-industriel, plus riche et plus puissant que d’autres groupes, mais a besoin de politiciens pour justifier ses actions.

Si les dirigeants sont corrompus, vous n’avez pas besoin d’élections pour les supprimer si vous souhaitez le faire. Vous n’avez même pas besoin de tribunaux. Ce n’est pas un hasard si chaque fois que les États-Unis veulent intervenir contre un dirigeant étranger, comme Saddam ou Assad, la corruption est l’une des accusations portées contre eux. Si les autres accusations ne suffisent pas, la corruption donne une justification aux États-Unis de les destituer et de faire ce qu’ils veulent. Donc, un combattant anti-corruption auto-proclamé, quelle que soit l’absurdité de cette affirmation, est le genre d’individus à présenter.

Le déshonoré Mikheil Saakashvili ferait une belle tête à l’OTAN. Avec cette organisation à la recherche d’un rôle pour elle-même, mais en soutenant effectivement les groupes qu’il prétend combattre, tels que les « terroristes utiles », se concentrer sur la lutte contre les « États corrompus » serait la sortir d’un trou. Pour ce faire, et pour toujours se donner une excuse pour la guerre contre la Russie, il devrait y avoir un leader dont le seul mérite réside dans le fait d’être un croisé anti-corruption avec une trace d’opposition à la Russie au nom des États-Unis.

Si les États-Unis continuent d’insister sur le fait que les revendications de Saakashvili doivent être acceptées à leur valeur nominale, lui, plus que n’importe quel autre personnage vivant, convient à ce projet. Sa disgrâce en Géorgie et en Ukraine fait de lui un candidat encore meilleur : pour se montrer un véritable leader, il devra adopter des « mesures dures », le genre de mesures aimées par les fascistes partout dans le monde, sous prétexte d’épargner plutôt que de nuire la race humaine.

Deux erreurs pourraient faire une personne de droite

Les néo-fascistes en Ukraine feront un jugement militaire sur leurs perspectives d’atteindre leurs objectifs. S’ils peuvent le faire au sein du gouvernement ukrainien et de ses parrains américains, ils en feront partie et utiliseront les « victimes » de Poroshenko et des Russes pour reconstituer ce gouvernement selon des lignes plus accommodantes. Alternativement, ils vont tenter de faire tomber le gouvernement en exploitant la déception que tous les gouvernements engendrent à un moment donné, même ceux qui ont voté pour ceux qui ne font pas la guerre à leurs propres citoyens.

Cela rend Saakashvili encore utile à ses manipulateurs américains dans son rôle auto-proclamé, mais beaucoup plus utile pour les néo fascistes. Misha lui-même peut bien finalement ergoter d’être utilisé juste pour menacer Poroshenko. S’il veut plus, il va quitter le navire, et une direction de plus en plus néo-fasciste est la seule qu’il peut accepter.

L’OTAN recrute généralement ses dirigeants politiques parmi des ex-premiers ministres et des présidents. Mettre Saakashvili dans cette position peut être une façon pour les États-Unis de le garder à leurs côtés. Saakashvili est vulnérable à de telles approches parce qu’il a perdu sa citoyenneté géorgienne quand il a pris la citoyenneté ukrainienne pour travailler pour son gouvernement, il est maintenant expulsé d’Ukraine parce qu’il a reçu cette citoyenneté illégalement. Le seul endroit où il pourrait être utile serait peut-être dans une organisation internationale.

Il n’y a encore aucune suggestion officielle que Saakashvili soit en course pour un rôle supérieur au sein de l’OTAN. Mais qui n’a jamais suggéré, ou même pensé, qu’il serait devenu un Ukrainien instantanément et en plus gouverneur d’Odessa ? Comme les mêmes manipulateurs américains sont derrière ce mouvement, pouvons-nous écarter cette possibilité ?

Ce que nous ne pouvons pas exclure est le jeu final. Quelle que soit la destination de cette nouvelle réhabilitation de Saakashvili, il n’y restera pas définitivement. Qu’il s’agisse des néo-fascistes ou des États-Unis qui en fin de compte en tirent profit, ils sont les plus susceptibles de s’entendre pour assurer le même résultat.

 

 

Nu avec ses bottes

Saakashvili étant sorti de la Géorgie, il a été suggéré qu’il pourrait lui arriver un accident malencontreux en raison de ce qu’il sait sur ce que les États-Unis ont fait sous sa présidence. Mais la tentative de le réhabiliter en tant que guerrier anti-corruption pourrait en fait finir par le condamner plutôt que de le sauver.

Si Misha est le Chevalier à l’armure brillante parmi tous ceux auxquels il s’est opposé dans le passé, ils sont encore plus corrompus. En tant que haut représentant de l’OTAN, il pourrait retourner à Tbilissi avec l’immunité diplomatique et éviter ainsi d’empêcher son arrestation. Il serait toutefois entouré de Géorgiens hostiles et de personnes qui le blâment pour la guerre entre la Géorgie et la Russie de 2008 et des déplacements massifs de personnes.

Quel titre intéressant dans les journaux – « Le Chef de l’OTAN assassiné à Tbilissi » Qui, sauf les Russes, ses adversaires historiques les plus implacables, serait responsable ? Quel meilleur appel de ralliement pour déclencher la guerre que le nouveau président américain dit vouloir empêcher ? Quelle meilleure façon pour les groupes néo-fascistes d’atteindre leurs objectifs à travers d’autres, en utilisant les méthodes qu’ils comprennent ?

Avant de tomber avec Poroshenko, Saakashvili a plaidé auprès des États-Unis d’envoyer à l’Ukraine toutes les armes dont ils avaient besoin pour « démarrer la troisième guerre mondiale » comme il le dit lui-même.

Alors que le président de la Géorgie, Saakashvili, et certains de ses amis, de confiance ont gagné de petites fortunes avec le trafic d’armes, la plupart vendues a des terroristes. Ces armes ont été fournies par les États-Unis et des pays amis de l’OTAN dans ce but. La situation géographique d’Odessa est idéale pour un tel trafic.

Donc, Saakashvili a aidé nombre de personnes à atteindre un but précis et il est inconcevable qu’il ne continue pas à le faire. Saakashvili s’est conduit lui-même, et le reste du monde, jusqu’à ce point dans l’espoir d’une gloire rédemptrice.

Sans aucune autre option ouverte, il pourrait être obligé de faire le sacrifice ultime – tomber sur son épée.

Henry Kamens | 28 novembre 2016

Henry Kamens, chroniqueur, spécialiste de l’Asie centrale et du Caucase, exclusivement pour le magazine en ligne « New Eastern Outlook ».

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