Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mélenchon et Hamon : un de trop (Agoravox)

par Verdi 30 Janvier 2017, 03:48 Mélenchon Hamon Gauche Socialisme Elections France

Mélenchon et Hamon : un de trop
par Verdi (son site), lundi 23 janvier 2017
Agoravox

Hamon crée la surprise du premier tour de la primaire de la gauche avec 36,35%. Il inflige un sérieux revers à Valls, qui n’obtient que 32,11%. Logiquement, le frondeur Hamon est bien placé pour l’emporter au second tour. Si tel est le cas, la vraie gauche présentera deux candidats, qui risquent de se neutraliser. Un caillou dans la chaussure de Mélenchon. A moins d’un accord entre eux et… d’un miracle, du côté de Pau.

JPEG

Avec 1 million de votants en moins qu’en 2011, -seulement 1,6 million électeurs ce dimanche-, les socialistes sont face à un échec. La droite avait mobilisé plus de 4 millions de votants en novembre dernier. Après avoir tenté de faire illusion sur la scène politique, au cours des cinq années Hollande, servis par le rejet viscéral, de 80% des Français, du pire président de la République que la droite ait porté à l’Elysée, les socialistes se retrouvent, enfin, face à leur réalité : le parti est en miettes, sans autre idée que celle de copier la droite libérale.

Cette fois, les rafistolages entre la vraie gauche et les socialos de droite, qui ont permis l’élection de Hollande, en 2012, ne sont même plus envisageables. Le fossé est désormais abyssal entre un Benoît Hamon, porté par les valeurs fondamentales de la gauche généreuse et humaine, et Manuel Valls, l’autoritaire, grand serviteur du système libéral, qui se dissimule derrière un masque de faux berger du peuple (de gauche ?).

En deux semaines, fait remarquable, Benoit Hamon, le faux discret, figure remarquée des frondeurs, a rendu l’espoir aux vrais socialistes de gauche, plongés dans la désespérance hollando-vallsienne, depuis cinq ans. Quand, autosatisfait de sa personne et de son bilan, pourtant calamiteux, l’orgueilleux et suffisant Valls se met en avant et vante ses qualités, son expérience, pour rabaisser son adversaire, à l’inverse Hamon, tempéré, concret, se projette dans l’invention d’un mode de vie, qui tient compte en priorité du social et de l’écologie…

Deux candidats incarnent la vraie gauche : un de trop

… Comme un certain Mélenchon, qui a pris son bâton de pèlerin, il y a presque un an, pour faire entendre la voix de la vraie gauche, sans cesser de marteler « tout pour l’humain », Hamon redonne du baume au cœur à ceux pour qui la qualité de vie pour tous n’est pas qu’un slogan, mais une obligation. Reste les réalités politiciennes du moment, qui elles sont moins enthousiasmantes. Comment se répartiront les voix au second tour ? Hamon, comme ce fut le cas pour Fillon, bénéficiera-t-il d’une dynamique autour de sa personne et des valeurs humanistes qu’il porte ? Le soutien de Montebourg plaide en faveur d’un rassemblement d’une gauche vraie et décomplexée, face à une droite thatchérienne dure.

Oui, mais. Si Hamon l’emporte, comme les premiers sondages semblent l’indiquer, ils seront deux à incarner la vraie gauche. Un de trop pour pouvoir prétendre figurer au second tour de la présidentielle. Lequel ? Mélenchon ? Hamon ? A moins que… Un accord est-il possible entre ces deux-là, pour qu’un seul se présente ? Si tel était le cas, gageons que Valls manifesterait très vite quelques velléités pour en être aussi. Et rebelote !

Ces divisions font le bonheur de Macron, porté par le système fric, tout en revendiquant son appartenance à la gauche… Le trompe-l’œil est jusque-là parfait ! Pas sûr qu’à l’arrivée, les gens se laissent couillonner gratuitement par le banquier euphorique. Les électeurs de la vraie gauche auront beaucoup de mal à voter pour celui dont ils sentent bien qu’il fera pire qu’Hollande et encore mieux que Sarkozy socialement !

Bayrou, la chance de la gauche

Aujourd’hui, les enquêtes, si tant est qu’on puisse à présent leur accorder de la fiabilité, donnent toujours Marine Le Pen en tête du premier tour, avec 28 %, suivie de Fillon, avec 25%, dont la cote d’amour sombre jour après jour, notamment chez ses « chers » amis sarkozystes.

Ni Mélenchon, ni Macron, qui sont dans une fourchette entre 15 et 18%, et encore moins Hamon ou Valls, qui ne dépassent pas les 9%, ne sont en mesure d’atteindre ce deuxième tour. Rassembler ces gens-là, pour éviter la déconfiture de la gauche, tient aujourd’hui du miracle. Pas facile d’y croire, tant les dissensions et autres ressentiments sont prégnants ! 

Reste Lourdes, ou pas loin, Pau, si Bayrou se met en tête d’y aller et de brouiller les cartes, en dispersant les voix de Fillon et de Macron. S’il se présente, le Béarnais est crédité de 6 à 8% des intentions de vote.

N’en demeure pas moins le problème des deux candidatures Mélenchon et Hamon. Qui est de trop ? 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Haut de page