Menaces de Trump envers Toyota : le Japon monte au créneau
Par Elisabeth Studer
Blog finance
Les propos pour le moins musclés de Donald Trump envers Toyota pourraient même être à l’origine d’incidents diplomatiques. Face aux menaces du futur président brandissant cette semaine le bâton de nouvelles taxes douanières pour tenter d’influer sur la production mexicaine du constructeur, le gouvernement japonais a tenu lui-même à s’immiscer dans la bataille. Il a officiellement apporté vendredi son soutien à Toyota et autres constructeurs japonais.
« L’industrie automobile nippone emploie 1,5 million de personnes aux Etats-Unis et apporte ainsi une importante contribution à l’économie américaine », a réagi le ministre du Commerce, Hiroshige Seko, lors d’un point presse régulier. « Il est important que les entreprises le fassent savoir et le gouvernement doit également le souligner si cela s’avère nécessaire », a-t-il par ailleurs insisté.
Répondant au tweet de Donald Trump, le mode de communication désormais quasi officiel du nouveau chef d’Etat, le porte-parole de l’exécutif nippon s’est également immiscé dans le débat. « Toyota s’est toujours efforcé de se comporter en entreprise citoyenne auprès des Etats-Unis« , a ainsi déclaré Yoshihide Suga.
Faisant certes preuve de finesse en ne relevant pas l’erreur de Donald Trump et de ses conseillers – ces derniers tentant d’annuler un « projet » de construction d’une usine de Toyota au Mexique alors même que la première pierre a d’ores et déjà était posée, se trompant également au passage sur les implantations des sites mexicains du constructeur – le secrétaire général du Cabinet a tout de même ajouté, laissant suggérer quelques lacunes du futur président : Donald Trump est « un homme d’affaires. Il a travaillé à l’étranger, donc il devrait être au fait de telles choses ».
Toyota a quant à lui indiqué dans un communiqué qu’avec « 25 millions de véhicules produits aux Etats-Unis sur les 30 dernières années, 10 usines et 136.000 salariés », il : faisait « partie du tissu social américain depuis près de 60 ans ».
Le constructeur japonais a également tenu à préciser qu’il était « le plus petit importateur » d’automobiles assemblées au Mexique, avec seulement 78.000 pick-up Tacoma produits sur le territoire mexicain et vendus aux Etats-Unis en 2015. Toutefois, il n’a pas été en mesure de préciser dans quelle mesure son nouveau site mexicain, qui devrait ouvrir ses portes en 2019, approvisionnera le marché nord-américain. Une porte-parole s’est limitée à dire que « rien n’a été décidé pour l’heure ».
De son côté, Honda a tenu à calmer le jeu. « L’administration Trump n’est pas encore entrée en fonction, et nous estimons qu’il est prématuré de réagir à ceci ou cela« , a souligné un de ses responsables, Yoshiyuki Matsumoto, à la télévision japonaise. Le constructeur dispose d’une capacité de production d’environ 260.000 unités au Mexique.
Mazda, qui ne possède aucune usine aux Etats-Unis, y vend quant à lui quelque 300.000 véhicules, assemblés au Mexique et au Japon.
Sources : AFP, Toyota