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La Pologne s’alarme de l’UE à plusieurs vitesses prônée par Merkel à Malte (Blog Finance)

par Elisabeth Studer 13 Février 2017, 04:20 UE Merkel Allemagne Malte Pologne

 

Réagissant aux propos de la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du parti conservateur nationaliste au pouvoir en Pologne, Jaroslaw Kaczynski, a prévenu mercredi qu’une Europe à « différentes vitesses » évoquée par certains dirigeants de l’UE conduirait à son « éclatement ».

Au lendemain de sa rencontre à Varsovie avec Mme Merkel, M. Kaczynski a estimé dans le cadre d’un entretien avec des journalistes de médias publics a ainsi estimé qu’une Europe à différentes vitesses était « une idée pour faire éclater et, en fait, pour annihiler l’Union européenne dans le sens actuel du terme ».

Rappelons que si le chef du parti conservateur nationaliste polonais n’occupe certes aucune fonction institutionnelle au sein du pays, il est toutefois considéré comme l’inspirateur de toutes les décisions importantes du gouvernement polonais.

Selon Jaroslaw Kaczynski, il faut au contraire chercher d’autres solutions pour l’avenir européen, notamment « une réforme qui renforcera les Etats européens ».

Ses propos interviennent alors que vendredi dernier, à Malte, à l’issue d’un sommet informel portant notamment sur l’avenir de l’UE – les dirigeants européens ayant été appelés à réfléchir ensemble sur leur vision de l’Union européenne, à l’approche du 60 ème anniversaire du traité de Rome – Angela Merkel avait estimé que les dirigeants de l’UE pourraient choisir d’opter pour une Europe à « plusieurs vitesses » dans les prochaines années, ajoutant « que tous les Etats » n’allaient pas « participer à chaque fois à toutes les étapes d’intégration ». La chancelière a même proposé que cette idée se retrouve intégrée dans la déclaration que préparent les Européens pour l’anniversaire du traité de Rome, le 25 mars prochain, qui doit fixer un nouveau cap pour l’avenir du projet européen.

Pour rappel, l’Europe «à plusieurs vitesses» désigne l’idée d’un mode d’intégration différenciée selon lequel la poursuite d’objectifs communs est le fait d’un groupe de pays de l’UE à la fois capables et désireux de progresser, impliquant l’idée que les autres suivront ultérieurement.

La France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne seraient prêt à afficher plus d’ambition et à multiplier les coopérations renforcées. Les déclarations d’unité face à la « menace Trump » et aux défis du Brexit se seraient-elles déjà envolées ? Ironie de l’Histoire, les dirigeants les plus en faveur d’une UE à plusieurs vitesses sont issus des six pays fondateurs de la communauté européenne en 1957.

Adhérant à la proposition d’Angela Merkel, les Etats du Benelux ont quant à eux présenté une déclaration commune, dans laquelle ils pointent le fait que « les différentes voies de l’intégration et de la coopération renforcée fournissent des réponses efficaces aux défis qui touchent les Etats membres de façon différente ». Le texte met également l’accent sur les principes de « subsidiarité et de proportionnalité », suggérant que  l’UE ne fasse « que ce que les États membres ne sont pas en mesure d’offrir eux-mêmes à leurs citoyens ».

Des propos rédigés en réaction aux critiques énoncées à l’encontre d’une Europe qui fait trop de choses et doit se recentrer sur les domaines où sa « valeur ajoutée » est sans équivoque, comme la sécurité, le commerce et le climat.

Alors que l’idée prônée par la chancelière allemande a également été reprise par le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, François Hollande a admis pour sa part que cette Europe à plusieurs vitesses sera « une des voies possibles, pour qu’à Rome, nous puissions dire ce que nous voulons faire tous, et puis certains en Europe davantage».
La méfiance affichée par certains pays de l’Est, tels que la Pologne et la Hongrie à l’égard de l’Union européenne et de ses institutions poussent les Européens de la première heure à vouloir accélérer l’intégration.

Vendredi dernier, le Chef de l’Etat français a directement pointé du doigt ces pays, les accusant implicitement de refuser de jouer le jeu de la solidarité de l’Europe, notamment sur la question des réfugiés.

« L’Union européenne n’est pas un tiroir-caisse, elle n’est pas un self-service où l’on prend des fonds structurels et où l’on accède au marché intérieur » et où « on est solidaires de rien ». « Ceux qui voudraient s’éloigner, qu’ils en mesurent les risques », a-t-il averti.

Au delà de l’épineux problème des migrants, les divisions avec les pays de l’Est concernent également la politique énergétique, fiscale et sociale, la diplomatie et la sécurité de l’UE. Varsovie se montre très proche de l’Otan et le gouvernement polonais a salué avec enthousiasme l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche … se félicitant de sa politique anti-immigration. La Hongrie et la Pologne sont également en faveur d’une Europe moins pesante et plaident ouvertement pour un rapatriement de compétences au profit des Etats.

Sources : Reuters, Législation européenne, AFP, les Echos

Elisabeth Studer – 9 février 2017 – www.leblogfinance.com

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