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Honte à la France qui bombarde la population civile irakienne ! (Amnesty international)

par Amnesty international 10 Avril 2017, 22:31

Honte à la France qui bombarde la population civile irakienne !
Amnesty international / CAPJPO-EuroPalestine

Honte à la France qui bombarde la population civile irakienne ! (Amnesty international)

Même Amnesty international dénonce les bombardements de la "coalition", dont fait partie la France, et qui ont tué de nombreux civils irakiens. Le Collectif "Ni Guerre, ni Etat de Guerre", appelle à un rassemblement le samedi 22 avril à 14 H Place de la République pour dénoncer cette boucherie.


Communiqué du Collectif Ni Guerres ni Etat de Guerre  :

"Plus d’un millier de civils tués par les bombardements depuis le début du mois : arrêtons le carnage à Mossoul et en Syrie !

Chaque jour depuis le 19 février, des dizaines de civils en Irak et en Syrie sont tués par les bombardements de la coalition occidentale à laquelle participe la France.

En Irak, le groupe de journalistes Airwars a comptabilisé au moins 2 720 victimes civiles des bombardements de la coalition occidentale, dont au moins 1 000 pour le seul mois de mars 2017 (https://airwars.org/coalitioncivcas2017mar-apr).

Le 1er mars, 80 civils ont été tués dans le bombardement de la Mosquée Omar de Mossoul où ils s’étaient réfugiés. Le vendredi 16 mars, le bombardement par deux drones US de la mosquée de la ville d’Al-Jinah (Province d’Alep) a fait 42 morts et des centaines de blessés. Le 5, les bombardements du quartier Dawassa ont fait entre 64 et 130 morts. Au moins 130 civils du quartier Al-Djadida à Mossoul ont été tués par les bombardements occidentaux qui ont fait s’effondrer 3 immeubles d’habitation.

Des bombardements au phosphore blanc avec du matériel américain (M825A1) ont eu lieu à Qaraqosh, alors que l’utilisation de cette arme chimique est interdite par l’ONU depuis 1983. En Syrie, Raqqa n’a pas connu une seule journée sans bombardement depuis le 1er janvier 2017, Airwars recense au moins 147 morts civils.

La coalition prétend « libérer » les civils, mais aucun hôpital pour soigner les blessés n’a été mis en place, aucune solution n’a été trouvée pour les 600 000 personnes qui se trouvent encore dans les zones tenues par l’EI dans Mossoul (HCR). Les pays qui dépensent des milliards pour bombarder les villes d’Irak et de Syrie n’ont même pas financé le HCR pour les 200 000 civils de Mossoul qui ont déjà fui les bombardements. Les réfugiés ne sont pas accueillis et l’Union Européenne expulse des réfugiés (y compris mineurs isolés) vers l’Afghanistan.

Pire, des exactions massives par les alliés de la coalition (milices et police fédérale du régime irakien) sont documentées depuis deux ans : enlèvements de masse, tortures, exécutions sommaires … l’impunité est telle que certains soldats et miliciens publient eux-mêmes des vidéos de leurs crimes.

Au nom de la « guerre contre le terrorisme », l’ensemble des puissances impérialistes rejouent la guerre d’Irak, et placent leur pions pour se partager la région.

La France joue un rôle important dans ces crimes. L’artillerie et l’aviation française bombardent quotidiennement Mossoul et Raqqa : 512 bombardements par l’aviation française entre le 1er juin et le 31 août 2016, 816 entre le 1er septembre et le 30 novembre, plus les canons Caesar. Nous avons la responsabilité de lutter pour parvenir à l’arrêt de ce massacre.

Nous exigeons :

  • l’arrêt des bombardements,
  • le retrait des troupes françaises (forces spéciales, « instructeurs »)
  • l’arrêt des livraisons d’armes
  • l’accueil des réfugiés.

Construire un mouvement contre cette sale guerre ne réglera pas tous les problèmes de cette région martyrisée par des années de guerre, mais cela enverra un message fort aux peuples : nous sommes à vos côtés et luttons ensemble pour mettre fin aux guerres impérialistes."

L’association CAPJPO-EuroPalestine s’associe totalement à ce communiqué.


  • Amnesty International publiait mardi un témoignage dans lequel on pouvait lire :

MOSSOUL, Irak — Quand ils ont appris que leur quartier, dans l’est de Mossoul, allait être la cible de frappes aériennes, Waad Ahmad al Tai et ses proches ont fait exactement ce qu’on leur avait dit.

« Nous avons suivi les instructions : "Restez chez vous et évitez tout déplacement", a-t-il expliqué. Nous avons entendu ces instructions à la radio. […] Des notices ont aussi été lâchées par des avions. C’est pourquoi nous sommes restés chez nous. »

Peu après, les bombes ont commencé à pleuvoir. Alors que les membres de la famille al Tai se serraient les uns contre les autres, la maison des voisins s’est écroulée sur eux. Six personnes ont été tuées dans la matinée du 7 novembre 2016, parmi lesquelles la petite fille de trois ans et le petit garçon de neuf ans de Waad.

Amnesty International a rassemblé des informations sur de nombreux cas de ce type depuis le début de l’offensive militaire de la "Coalition" , en octobre dernier. Actuellement, le nombre de civils tués est de toute évidence en train d’augmenter fortement. Ainsi, il a été signalé que les frappes aériennes de la "coalition", menées le 17 mars ont provoqué la mort de plus de 100 habitants dans le secteur d’al Jadidah dans l’ouest de Mossoul.

Avant le lancement de l’opération militaire, il était très difficile pour les habitants de Mossoul, qui étaient plus d’un million selon les estimations, de quitter la ville. Ceux qui tentaient de fuir et qui étaient rattrapés par État islamique risquaient d’être très sévèrement châtiés, voire tués. Depuis le début de l’opération militaire, en octobre, près de 300 000 Irakiens ont été déplacés. Certains se demandent à voix haute si ces instructions ont été données parce que le gouvernement irakien et la communauté internationale ne voulaient pas prendre en charge un nombre supplémentaire de personnes déplacées. Un tel calcul serait incroyablement inhumain, mais quand on marche dans Mossoul, on comprend facilement pourquoi les gens qui y vivent ont le sentiment d’être la cinquième roue du carrosse.

La vie à Mossoul est terriblement difficile. De nombreux habitants se sont dits profondément désespérés par le fait que les autorités irakiennes et la communauté internationale n’ont pas apporté leur soutien dans les zones récemment reconquises, expliquant qu’ils avaient dû creuser à mains nues dans des montagnes de décombres pour retrouver les corps de leurs proches.

À Mossoul, les gens sont aussi confrontés au fait qu’une grande partie des infrastructures de la ville – notamment les réseaux d’alimentation en eau et en électricité – sont en ruines. Les femmes et les enfants en sont réduits à tirer des charrettes remplies de bidons qu’ils vont remplir à des points de distribution d’eau, qu’ils doivent cependant utiliser avec parcimonie. « On a assez pour boire et pour cuisiner, mais il ne reste pas grand-chose pour se laver », m’a dit un habitant. Plus de deux mois après la reconquête de ce secteur, il n’y a quasiment pas d’établissements médicaux opérationnels dans l’est de Mossoul. Quelques petits centres de santé prodiguent des soins de premier recours rudimentaires, mais cela ne suffit pas pour une zone de guerre.

Là, les médecins et le personnel infirmier disent qu’ils travaillent sans salaire et avec un grave manque de médicaments et d’équipement. Dans un de ces centres, le personnel m’a montré que deux de ses trois ambulances étaient en panne. Des personnes avec d’horribles blessures sont parfois obligées de rester sans soins adéquats pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois.

Il n’est pas surprenant que les gens soient furieux à cause de l’ampleur des destructions et qu’ils se posent des questions quant au moment et aux méthodes choisis pour cette opération militaire à Mossoul.

"Pourquoi détruire aujourd’hui nos maisons avec nos familles à l’intérieur, juste pour éliminer deux ou trois Daeshi installés sur les toits ? », interroge Mohammed, un habitant du quartier d’Hay al Dhubbat qui a perdu plusieurs proches, tués par une frappe aérienne de la coalition.

Le fait que des familles entières ont été tuées chez elles incite à se poser de graves questions quant aux cibles et aux armes choisies par la coalition. De nombreuses informations ont été réunies sur l’utilisation par État islamique de boucliers humains. Dès lors, pourquoi les combattants d’État islamique qui se sont embusqués sur des toits et dans des cours dans des secteurs civils sont-ils visés avec de grosses bombes qui détruisent complètement des maisons ?

Après le bombardement en octobre 2015 d’un hôpital de MSF à Kunduz, en Afghanistan, qui a fait 42 morts et 43 blessés, une enquête a été ouverte à la suite d’intenses pressions internationales, mais elle n’a quasiment abouti qu’à sanctions administratives. Les conclusions de cette enquête qui ont été rendues publiques ne permettent pas de comprendre pourquoi cette attaque a été autorisée."

Source : Amnesty International

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