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"I Am Not Your Negro" Le racisme américain passé aux rayons X (Le Monde)

par Thomas Sotinel 25 Avril 2017, 20:03 Raoul Peck "I am not your Negro" Racisme Histoire USA

En avant-première, mardi 25 avril sur Arte, le film percutant du cinéaste haïtien Raoul Peck revisite la lutte pour les droits civiques à travers les textes de James Baldwin.

James Baldwin au début des années 1960.
Film sur Arte à 20 h 50

Avec sa voix de hautbois, son regard enfantin, James Baldwin est le héros improbable d’un des plus beaux films de ces derniers mois. Réalisé par Raoul Peck, Je ne suis pas votre nègre (I Am Not Your Negro) est certes d’abord diffusé sur Arte – qui l’a financé – avant de sortir en salles le 10 mai : c’est de toute façon une œuvre de cinéma, qui met cet art au service des mots longtemps oubliés de Baldwin, l’une des plus importantes voix de la littérature afro-américaine, de la littérature américaine.

Exhumant un texte inachevé de Baldwin, écrit en 1979, moment sombre de la cause noire aux Etats-Unis, à la veille de l’élection de Ronald Reagan, de l’épidémie de crack, Raoul Peck l’acclimate au présent, celui du mouvement Black Lives Matter, qui s’est levé contre la ségrégation par balles pratiquée par les forces de l’ordre aux Etats-Unis, celui des affrontements de Ferguson et des deux mandats d’un président noir auquel a succédé un candidat soutenu par le Ku Klux Klan.

Le manuscrit de James Baldwin portait le titre de Notes Toward Remember This House (« notes pour En souvenir de cette demeure »). A la fois notes d’intention et synopsis, le texte proposait à l’éditeur de l’écrivain un triptyque en hommage à Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King, assassinés respectivement en 1963, 1965 et 1968, trois dirigeants du mouvement protéiforme qui s’est opposé à la ségrégation et au racisme américains.

Ces notes, lues par Samuel Jackson dans la version anglaise, par Joey Starr dans la version française, forment la colonne vertébrale du film de Raoul Peck.

Images fortes

Dans le riche matériau filmé à l’époque, le réalisateur haïtien puise des images fortes, exaltantes – la marche sur Washington de 1963 – ou terrifiantes – l’entrée dans un lycée de Charlotte (Caroline du Nord) d’une adolescente bombardée d’insultes racistes par ses condisciples et leurs parents. Le texte dessine les...

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