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Cameroun – Bolloré et le gouvernement camerounais au bord de la rupture après le rapport d'enquête sur l'accident ferroviaire d'Eseka en 2016 (Cameroon Voice)

par Natondi Kamerun 30 Mai 2017, 07:54 Bolloré Camrail Catastrophe ferroviaire Eseka Enquête Accusation Cameroun Françafrique néocolonialisme France

L'enquête établit la «responsabilité» de la société ferroviaire Camrail, dont Bolloré est actionnaire à 80 %, dans le déraillement du train Intercity 152. Le transporteur n'avait «pas respecté certaines règles de sécurité», apprend-on.

S'ils étaient encore jusqu'ici nombreux à penser que le Groupe Bolloré, propriétaire de la société de transports ferroviaires camerounais Camrail, allait bénéficier une fois de plus de la complaisance coupable des autorités camerounaises subséquemment à l'accident mortifère de train du 21 octobre 2016 qui avaient endeuillé des centaines des familles –le chiffre de 80 morts avancé par le gouvernement avait été retoqué par de nombreux survivants, responsables hospitaliers et autres familles- et fait des centaines de blessés, ce sentiment a laissé place à l'apaisement depuis la publication il y a quelques jours du rapport d'enquête que le gouvernement avait commandé pour faire la lumière sur les causes de ce drame. Un rapport d'enquête qui pointe du doigt la surcharge et l'excès de vitesse dont s'est rendue coupable ce transporteur, considéré au Cameroun, longtemps même avant la tragédie d'Eseka, comme l'un des bras armés de la recolonisation du Cameroun par la France.

Pour de nombreux observateurs, à l'instar de la journaliste et écrivaine française Fanny Pigeaud de Mediapart, l'établissement par la commission nationale d'enquête de « la responsabilité à titre principal » de Camrail dans le terrible accident du train de voyageurs survenu en octobre 2016, suivi de l'annonce par le gouvernement camerounais de son intention de rediscuter la concession ferroviaire attribuée au groupe Bolloré, est un « Premier revers au Cameroun pour le groupe Bolloré », au passif duquel le rapport d'enquête met des manquements tels que non seulement « une surcharge du convoi et un rallongement inapproprié de la rame », « l'utilisation de voitures de voyageurs dont plusieurs présentaient des organes de freinage défaillants », mais aussi le fait que le conducteur du train qui avait constaté des « anomalies et défaillances » sur la machine, n'ait pas été entendu par « la hiérarchie de Camrail ».

 

Dans le collimateur du président Biya et de la justice camerounaise 

A la suite du rapport, le président camerounais Paul Biya a instruit, à en croire le communiqué de son collaborateur évoqué supra, que des  sanctions appropriées soient prises à l'encontre des responsables, et qu'il soit effectué un audit de la convention de concession signée en 1999 entre l'Etat du Cameroun et la société Camrail, dont l'Etat est actionnaire à 13 %.

Le chef de l'Etat camerounais a aussi fait annoncer quune somme de un milliard de francs CFA (1,5 million d'euros) sera débloquée par ses services « pour une assistance complémentaire aux victimes ou à leurs ayants droit ».

Par ailleurs, alors qu'un premier procès à l'initiative des familles des victimes est en cours au Cameroun contre Camrail, Bolloré et des hauts responsables de ces deux sociétés depuis le 17 mai 2017, on apprend aussi que le rapport d'enquête sera « transmis à la justice ».

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