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Football professionnel : les vieux démons du racisme de retour dans les stades italiens contre les joueurs africains (Cameroon Voice)

par Ndam Njoya Nzoméné 12 Mai 2017, 11:53 Football Italie Racisme Sulley Muntari Mehdi Benatia

Football professionnel : les vieux démons du racisme de retour dans les stades italiens contre les joueurs africains  (Cameroon Voice)
 
 

Brillants sur la pelouse, les footballeurs africains évoluant dans les rangs de certaines équipes de renom en Europe sont de nouveau sous le coup de l'ostracisme de la part des publics. Voire de certains officiels de matchs. Entre de nombreux autres, deux cas ont fait des vagues entre fin avril et la première décade de mai en cours : celui du Marocain Mehdi Benatia et du Ghanéen Sulley Muntari. La FIFPRO, syndicat des joueurs professionnels,  a été contrainte de monter au créneau pour dénoncer la résurgence de l'inacceptable.

 

Le 30 avril dernier, c'est tout furieux que Sulley Muntari, sociétaire de l'équipe de Pescara en Italie a  quitté le terrain à la fin du match contre Cagliari. Il avait, au cours du match, entendu  des chants racistes et des cris de singe à lui adressés par des supporters de l'équipe locale (Cagliari). Après avoir essayé de raisonner ses contempteurs –dont des enfants, il s'en était plaint auprès de l'arbitre central qui n'a pas trouvé mieux que de lui demander de ravaler son ressentiment : "J'ai essayé de discuter avec eux mais l'arbitre m'a dit que je devais laisser tomber… C'est là que je me suis énervé. Pourquoi est-ce qu'au lieu d'arrêter le match, il s'en est pris à moi ? Les supporters sont responsables mais l'arbitre aurait dû faire autre chose que de m'accuser". Et pour ne rien laisser inachevé, l'arbitre central a infligé un deuxième carton jaune au joueur de 32 ans au moment où il quittait le stade, à la suite d'un premier qu'il lui avait déjà infligé pour sa plainte, ouvrant ainsi la voie à la suspension du milieu de terrain de Pescara, du coup  privé de participation au match suivant contre Crotone le 07 mai. Certes il a finalement eu partiellement gain de cause après avoir fait appel de cette suspension et obtenu de la fédération italienne que ne soit pas pris en compte le deuxième carton jaune.
Bien sûr, cette révision par la fédération italienne de sa précédente décision a été motivé par la levée des boucliers de la FifPro (le syndicat international des joueurs professionnels), qui dès le 02 mai 2017, avait fremement pris fait et cause pour l'international ghanéen.  "Nous exhortons les autorités italiennes à entendre la version de Muntari, à enquêter pour comprendre pourquoi la situation a été mal gérée et à prendre des mesures fortes pour garantir que cela ne se reproduise plus" avait exigé la FIFPRO dans un communiqué où on pouvait encore lire : "La FifPro considère que le carton jaune de Muntari devrait être annulé. Il avait parfaitement raison d'aborder l'arbitre Daniele Minelli (...) pour lui faire part de ses problèmes et pour qu'il cherche une solution". Et pour bien se faire comprendre de tous, le syndicat ajoutait : "Aucun joueur ne devrait jamais ressentir le besoin de gérer seul ces problèmes, comme Muntari s'est clairement senti obligé de le faire... Les footballeurs professionnels ont le droit de s'attendre à être protégés comme il se doit par les autorités compétentes sur leur lieu de travail, où aucune discrimination ne doit être acceptée".
On essayait à peine de tourner la page de l'affaire Sulley Muntari que samedi dernier, après le match Juventus-Turin, alors que le Marocain Mehdi Benatia, défenseur central de la Juventus accordait une interview à la chaine publique italienne Rai, il s'entend épingler : « Qu'est-ce que c'est que ces conneries ? Ferme-la, Marocain de merde ». A ce jour, on n'a pas encore découvert le fauteur d'insulte raciste à son encontre, et la chaine qui dément que cela vienne de l'un des siens –journalistes ou technicien- affirme que cela pourrait la conséquence d'une interférence, l'auteur pouvant se trouver plutôt au stade-même, puisque le journaliste était interviewé en duplex.

Ndam Njoya Nzoméné

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