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Le Qatar, piégé par ses ambitions démesurées (Mondialisation.ca)

par Mohamed Daoud 16 Juin 2017, 03:46 Qatar Arabie Saoudite Crise Iran Terrorisme Syrie Libye

Le Qatar, piégé par ses ambitions démesurées (Mondialisation.ca)

La tournée de Donald Trump au Moyen-Orient et en Europe, à peine terminée, que de grandes manœuvres sont lancées par les saoudiens, les émiratis, le Bahreïn et l’Egypte contre le Qatar et son émir. Les rivalités entre ces Etats du Golfe devenus, par la grâce d’un boum pétrolier, des puissances financières n’expliquent pas tout, d’autres éléments relatifs à la politique interne propre à chaque pays, sont à prendre en considération. Le Qatar membre du Conseil de Coopération des Etats arabes du Golfe (CCG), à coté du Bahreïn, du Koweït, d’Oman, de l’Arabie Saoudite et les Etats Arabes Unis (EAU), a émergé d’une manière retentissante sur la scène régionale et internationale à la faveur des révoltes du « Printemps arabe ». Tout a commencé dans la nuit du 23- 24 du mois mai dernier lorsque l’agence de presse officielle a été piratée et instrumentalisée à des fins de fabrication de déclarations anti-saoudiennes et anti-émiraties attribuées au prince émirati. Une campagne médiatique hostile au Qatar a été déclenchée, suivie d’une rupture des relations et un embargo économique draconien.

Le Qatar, dont la superficie est de 11 571 km², est une petite péninsule qui se situe au flanc de l’Arabie Saoudite et dont le sous-sol abrite plus « de la moitié des réserves mondiales de pétrole »[1]. Avec un PIB des plus élevés dans le monde, c’est-à -dire 96000 dollars d’après le FMI, le Qatar est troisième producteur mondial de gaz naturel (derrière la Russie et l’Iran) et premier exportateur de gaz liquéfié de la planète, le pays possède depuis 2005 un fonds souverain dont le capital actuel est estimé à plus 100 milliards de dollars[2]. Conscients de leur dépendance aux hydrocarbures, les dirigeants du Qatar tentent de la dépasser en recourant à une stratégie de diversification économique en s’appuyant sur trois piliers: l’économie de la connaissance, le tourisme et l’industrie du sport. C’est dans cette perspective que l’émirat a lancé un plan d’investissement de plus de 100 milliards de dollars afin d’accueillir le mieux possible les grandes compétitions internationales, le Mondial 2022 et les Jeux olympiques de 2024 sont dans sa ligne de mire. Tel un conte de fée, et comme jaillie des sables du désert, sa capitale Doha est devenue une ville ultramoderne, les meilleurs architectes du monde s’y sont attelés à la façonner et l’embellir. Sur le plan des investissements économiques à l’étranger, le Qatar est présent partout et dans les tous secteurs économiques, en Europe, en Egypte, en Algérie, en Tunisie, et dans plusieurs pays en Afrique.

De par cette position géostratégique jouxtant une partie du monde arabo-musulman et son immersion dans le golfe persique, juste en face de l’Iran, ce micro-Etat occupe une place centrale dans golfe arabo-persique, à mi-distance entre le sud de l’Irak et le détroit d’Ormuz, et intéresse au plus haut point les grandes puissances du moment. Le Qatar veut saisir ces opportunités, en affichant ses ambitions de puissance régionale et s’obstine à vouloir jouer dans la cour des grands, comme l’un des acteurs les plus influents dans cette région du Moyen-Orient. Mais en dépit du nombre restreint de ces habitants autochtones (à peu prés 200 000) et deux millions d’étrangers, les autorités de ce pays se sont donnés tous les moyens pour devenir visible sur tous les plans : diplomatique, médiatique, académique et sportif. S’appuyant sur une vision de développement consignée dans un document « le Qatar National Vision 2030 »[3], qui trace les grandes lignes d’un ambitieux programme de développement sur tous les plans. Ce miro-Etat déborde d’ambitions, « il occupe régulièrement le devant de la scène et ses engagements, tant dans les domaines politique, économique que sportif suscitent de nombreuses interrogations »[4]. Il faut signaler que cet ambitieux programme exige une main d’œuvre qualifiée, des compétences avérées et un management avancé. Devant ce manque, les autorités de ce pays seront obligées de recourir au recrutement, avec de fortes rémunérations, de travailleurs étrangers dans tous les secteurs, créant par là de véritables bouleversements démographiques, économiques et culturels. La monarchie comme système politique a également subi des transformations, avec la promulgation d’une constitution avant l’indépendance de ce pays qui était sous tutelle britannique depuis 1916 jusqu’à 1970. La loi fondamentale de ce pays a été maintes fois amendée, pour apporter des changements sans toucher à la nature du système politique qui demeure « une monarchie semi-autoritaire où l’émir concentre l’essentiel des pouvoirs »[5], soit un système politique héréditaire où les successions se font généralement par des « révolutions de palais » ou des destitutions du fils contre son père. Il y est stipulé également, dans ce texte fondateur, que la religion de l’Etat est l’Islam, dans la perspective de trouver une symbiose entre la religion, les libertés fondamentales et le système monarchique dynastique. Ancré depuis cette région où l’Islam a fait son apparition, le Qatar adopte cette religion depuis le début du 7ème siècle et intègre la grande communauté des musulmans. Mais malgré son attachement réel ou virtuel, à la démocratie le pays demeure attaché à la version wahhabite de l’Islam. Mais au delà de l’idéologie officielle le Qatar tente de trouver une place dans le concert des nations modernes et avancées. Et il se donne les moyens en multipliant des actions pour séduire l’opinion internationale en installant des structures médiatiques, telle la fameuse chaine qatarie El Jazzera et structures académiques tels que le Centre Arabe de Recherches et d’Etudes des Politiques, comme devantures pour améliorer son image et la rendant visible et attrayante. D’ailleurs « le Qatar a besoin de s’afficher pour exister. Grâce au  » soft power  » – dans les médias et le sport, en particulier, – l’émirat a pu sortir de l’anonymat. C’est en grande partie cette équation qui explique son dynamisme grandissant »[6]. Mais pourquoi les dirigeants du Qatar courent dans tous les sens pour devenir ce qu’ils sont : une puissance régionale incontournable ?

 

De l’influence à la volonté de puissance :

D’après une anecdote rapportée par plusieurs sources, le jeune prince Cheikh Hamad Ibn Khalifa Al Thani, a été ulcéré par une question émise par un agent de l’immigration britannique qui lui aurait un jour demandé : « Mais le Qatar, où est-ce ? », alors il décida de prendre sa revanche en faisant de son pays une contrée connue et reconnue, ce qu’il tenta de faire une fois arrivé au pouvoir. Une stratégie de marketing à grande échelle sera développée en direction de l’opinion internationale par l’Emir, qui fera équipe avec sa seconde épouse Cheikha Mozah[7], celle-ci fera désormais figure d’une femme musulmane moderne, et elle sera partie prenante de tous les projets de l’Emirat. La mise en place la chaîne qatarie Al-Jazzera figure parmi les actions les plus pertinentes dans la stratégie adoptée par le couple.

 

Al Jazzera, le fer de lance de l’Emirat :

Considérée par plusieurs observateurs comme la « CNN arabe », Al Jazzera est venue dés sa création en 1996, combler un énorme vide en matière d’information et de communication dans un Monde arabe où la liberté de s’exprimer où de s’informer reste très problématique. Elle a été lancée par le Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani, un an après avoir accédé au pouvoir en destituant son propre père. En très peu de temps, la chaîne est arrivée à capter l’attention de nombreux téléspectateurs dans le Monde arabe et dans d’autres pays. Son influence et son audience vont grandir au fil du temps, et ceux qui s’intéressent à ces programmes sont estimés « à près de 50 millions »[8]. Soutenue par les finances de ce petit Émirat, ses initiateurs la conçoivent sur « le modèle nord-américain »[9], en lui accordant « un professionnalisme indéniable, une liberté de ton jusque-là inconnue dans les médias arabes et une antenne ouverte à de nombreux opposants des régimes en place au Maghreb et au Proche Orient»[10]. L’incontestable succès populaire de la chaîne a été éclatant. Sa «ligne qui mêle panarabisme, sensibilité islamisante et libéralisme a assuré le succès de la chaîne et sa popularité, que les autorités de Doha ont transformée en capacité d’influence »[11].

Les soulèvements du « Printemps arabe » vont amplifier son audience et son impact. Son implication auprès de la « rue arabe » n’est pas passée inaperçue, d’où les multiples questionnements quant à sa neutralité et son impartialité face aux différents mouvements politiques et pays du Monde arabe. Pour qui roule Al Jazzera ? En fait le Qatar en a fait un « bras médiatique »[12], pour s’imposer comme acteur incontournable dans l’échiquier régional, et un instrument diplomatique sur le plan international. Le Moyen-Orient, région où se concentrent les principaux enjeux géopolitiques et où les tensions politiques, militaires et religieuses sont très importantes sont autant d’opportunités pour cette chaîne pour s’y investir dans l’information. En plus de sa version en langue arabe, la chaîne lance une autre chaîne dans la version anglaise, qui va attirer l’attention du public et des observateurs internationaux. Le sport suivra à travers les chaînes Bein Sport à caractère mondial et qui monopolisent la diffusion des rencontres tant nationales qu’internationales.

 

Al Jazzera et le « Printemps arabe» : 

Durant les soulèvements du « Printemps arabe », la chaîne qatarie diffusait en direct et en continu les manifestations de la Place Et-Tahrir au Caire, et dans les deux versions arabe et anglaise, ce qui a permis au public du Monde arabe et à tous les observateurs internationaux, « y compris les plus hauts  responsables politiques de la Maison Blanche »[13] de suivre ses programmes et de les apprécier. Et c’est comme ça qu’Al Jazzera « a donc pris une place a part entière dans les dynamiques de la région »[14]. Elle est montée en puissance grâce aussi à sa facilité d’obtenir en exclusivité des images, la diffusion de la première vidéo de Ben Laden, après les évènements du 11septembre 2001, par exemple a créé un véritable coup médiatique. Al-Jazzera apparait alors comme un média atypique et iconoclaste d’où les questionnements sur ses objectifs et sur son fonctionnement.

Il est évident de par son statut de support médiatique lié à la famille régnante, celle-ci lui fixe les objectifs et la ligne éditoriale à suivre tout en laissant une grande liberté de ton aux journalistes et à leurs invités dans les talk-shows. En effet, la chaîne a rompu avec les pratiques consacrées dans la région en donnant la parole aux opposants des régimes arabes, aux officiels israéliens et même aux responsables d’Al-Qaeda. Cependant deux événements vont peser lourdement dans l’apogée fulgurante de cette chaîne, les évènements du 11 Septembre 2001 et la révolte égyptienne, pour avoir pu assurer le monopole de la collecte de l’information et de sa diffusion. Du fait qu’elle était la seule chaîne autorisée à Kaboul elle détenait «le monopole sur toutes les images qui seront transmises de par le monde, ensuite parce qu’elle accepte de jouer le rôle de vitrine pour Ben Laden et les autres kamikazes en diffusant les nombreuses vidéos que ces derniers lui font parvenir »[15]. La couverture de la guerre imposée par les américains au peuple irakien et la diffusion en direct des images de plusieurs révoltes dans le Monde arabe ont permis à cette chaîne de renverser la tendance et de ramener le public des téléspectateurs arabes à rompre avec les traditionnels médias occidentaux BBC (anglais) et CNN (américain), et ainsi à suivre les événements qui agitent la région sur cette chaîne qatarie. Une nouvelle lecture des événements leur est proposée à partir de ce média, les interprétations des faits s’accordait plus ou moins avec leur culture politique. Cependant la chaîne qatarie est devenue incontournable pour les pays du monde entier (avec son édition en anglais notamment), pour les Etats-Unis déjà en 2004 ; pour l’Europe et l’Afrique du Nord plus récemment[16].

 

Al-Jazzera, un média islamique ?

Al Jazzera s’est présentée, à la faveur du « Printemps arabe », comme un « “porte-voix” des révoltés contre les “régimes oppresseurs” »[17], dans les pays arabes comme la Tunisie, l’Egypte, la Libye et la Syrie. Lors des élections qui ont suivi la chute de Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte, la chaîne en question, s’est positionnée en faveur du courant islamiste en compétition avec les autres courants nationalistes et démocratiques. D’aucuns n’hésitent pas à dire que le choix de cette s’est porté essentiellement sur les activités de l’Islam radical et elle « est souvent accusée de trop grande connivence avec un islam radical de la part des occidentaux, (aussi) plusieurs voix dans le monde arabe reprochent à Al-Jazzera d’être un outil de négociation utilisé par le pouvoir qatari pour amadouer son allié américain »[18]. Ainsi les critiques et les réactions négatives vis-à-vis de cette chaîne ne tardent pas à pleuvoir, sa crédibilité est mise en cause par le public au Maghreb et au Moyen-Orient, plusieurs Etats arabes procèdent à la fermeture de ses bureaux et au harcèlement de ses équipes de journalistes. Son soutien du parti En-Nahda en Tunisie et des Frères Musulmans en Egypte, des rebelles en Libye et en Syrie est évident, par contre « elle fait un blackout au Bahreïn, où le soulèvement de la majorité chiite est à peine évoqué »[19]. Le soutien réservé par cette chaîne à la mouvance des Frères Musulmans lors de la déposition du président Mohamed Morsi en Egypte a été mal perçu par les autorités militaires au pouvoir, qui l’ont accusée de pro-islamistes et par conséquent ont recouru à la mise au pas de ses journalistes activant sur la terre égyptienne. Par conséquent «Al-Jazzera a connu une forte chute d’audience sur toute l’année 2012: les spectateurs critiquent son traitement partial de l’actualité »[20], surtout dans les pays du printemps arabe, en Libye, en Tunisie et en Egypte.

Le Qatar, de l’influence à la volonté de puissance :

Comme on vient de le souligner, la chaîne en question a été conçue et mise en place pour servir les intérêts politiques et diplomatiques de l’Emirat, elle a réussi à capter les sentiments arabes transnationaux et a permis à Doha de prendre l’initiative diplomatique que les accords de Camp David, signés par l’Egypte en 1978, l’appel aux troupes américaines par l’Arabie saoudite en 1990 et la défaite de l’Irak en 1991 ont fortement réduit la capacité de ces Etats à prétendre diriger la région »[21]. Le Qatar va entreprendre des actions pour séduire les Etats-Unis et plusieurs sources diplomatiques et ainsi que Wikileaks[22], soutiennent l’existence de « relations qu’entretenait Al Jazzera et le gouvernement américain: En 2010, La chaîne qatarie avait supprimé de son site un article sur demande de l’ambassadeur américain à Doha. »[23].

Les événements qui se sont succédé dans la région du Moyen-Orient, à la faveur du 11septembre 2001, ont donné un poids considérable au Qatar, qui a profité du recul de pays comme l’Arabie Saoudite ou l’Iran. Et grâce à son puissant média, ce micro-Etat est devenu très visible et très influent, ce qui l’a amené à voir plus grand. Avec les soulèvements du « Printemps arabe », son activisme a pris une dimension exponentielle, son influence également. C’est au sein de structures politiques arabes telles que : le CCG et la Ligue Arabe où il a pu amener les autres membres à accepter l’isolement de la Lybie et de son dirigeant Mouammar Kadhafi, ainsi qu’au sein du Conseil de sécurité de l’ONU où elle a pu faire passer une proposition d’imposer une zone d’exclusion à la Libye. L’Emirat a été « le second État à reconnaître le Conseil National de Transition (CNT) et l’un des seul pays arabe, avec les Emirats Arabes Unis, à intervenir militairement dans le conflit, en dépêchant ses propres avions. (…) Sa participation militaire aux opérations de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) fut sans précédent»[24], d’ailleurs des possibilités d’envoi de mercenaires pour aider à la chute du dirigeant libyen ont été évoquée. Ceci-dit, même si l’on retient plusieurs griefs contre ce média, il faut lui reconnaitre qu’il a pu ouvrir le champ médiatique dans cette région où régnaient sans commune mesure le musèlement des voix et l’arbitraire politique. Une couverture professionnelle des événements et son soutien sans faille à la question palestinienne ont donné lieu à l’émergence d’autres chaines concurrentes, comme la chaîne arabe Al-Hurra financée par les Etats-Unis, Al Arabiya financé par l’Arabie Saoudite et France24 (un média français). Quoique considérée comme le porte voix de la diplomatie qatarie, l’alignement d’Al Jazzera sur les positions politiques du régime « est loin d’être systématique, et c’est dans cette interaction triangulaire (diplomatie qatarie – journalistes d’Al-Jazzera – opinions publiques arabes) que réside le mécanisme qui assure le succès de la chaîne »[25]. La chaîne privilégie les opinions publiques, en pénalisant au passage les avis des pouvoirs qui ont déserté ses plateaux ou fermé ses bureaux créant par là un déséquilibre à l’avantage des opposants. Pour le politologue Mohammed El-Oifi, l’analyse des rapports entre la chaîne et le pouvoir qatari qui la soutient n’obéit pas à l’analyse rationnelle basée sur le modèle de l’Etat-nation wébérien, mais à partir d’affinités idéologiques et de fidélités clientélistes, et permet de la percevoir comme un phénomène qui transcende les logiques de l’Etat et bute sur le comportement atypique des dirigeants qataris (qui s’impliquent dans plusieurs conflits, attitude qui dépasse l’entendement : soutien les révolutions arabes, défense du mouvement de résistance islamique Hamas contre Israël, mais aussi contre le Fatah, l’envoi d’avions militaires en Libye ou de l’accueil de dirigeants israéliens à Doha et des Talibans)[26].

 

Premières fissures :

L’implication sans réserve de la chaîne qatarie aux côtés des mouvements insurrectionnels armés en Libye et en Syrie, a poussé certains observateurs à douter de la crédibilité des informations qu’elle diffuse à longueur du jour, ainsi après « 17 ans d’existence, la chaîne qui a longtemps été un média de référence dans le monde arabe, est aujourd’hui associée à un média de propagande, plutôt qu’à une chaîne d’information »[27]. Au sein de l’équipe des journalistes les démissions se succèdent, à commencer par son directeur, Wadhah Khanfar qui a quitté son poste en septembre 2011 en annonçant sur son compte Twitter, où il se présente désormais comme « ancien » directeur général d’Al-Jazira, M. Khanfar vante les mérites du « changement », ajoutant que « huit ans à la tête d’une chaîne de télévision, c’est déjà long ».[28] Tout en restant évasif sur les raisons de sa démission. Il sera suivi par la présentatrice vedette Eman Ayad, en janvier 2012 et par ancien correspondant d’Al Jazzera à Beyrouth, Ali Hashem. D’autres défections suivront, celle de Ghassan Ben Jeddou son correspondant (tunisien) à Beyrouth qui dirige actuellement la chaîne Al Mayadeen installée à Beyrouth. « Al-Mayadine  serait donc une chaîne « anti-Al-Jazzera » »[29]. Ses fondateurs revendiquent une chaîne d’information indépendante à l’heure où partisans et opposants en Syrie se livrent aussi une guerre d’images »[30]. Donc c’est la prise de position en faveur des opposants syriens au pouvoir de Damas qui a accéléré la décantation au sein de l’équipe des journalistes de la chaîne qatarie. Pourtant durant les années 2000, les deux Etats ont entretenu de cordiales relations sur fond d’intérêts gaziers, c’est-à-dire « la mise en place d’un gazoduc qatari allant du Golfe persique à la Turquie, sans passer par le détroit d’Ormuz où il est tributaire de l’Iran »[31], mais la Syrie a préféré rester en bons termes avec son allié iranien, en refusant de suivre le Qatar sur ce chemin, d’où la volonté de ce dernier de vouloir accélérer la chute du pouvoir alaouite de Bachar Al Assad en soutenant les insurgés. Il est à signaler que depuis longtemps et bien avant le déclenchement des révoltes du « Printemps arabe » le Qatar était la « terre d’asile » de plusieurs opposants islamistes, tels que l’égyptien Youssef al-Qaradhaoui et le libyen Ali Salabi, Khaled Mechaal chef du mouvement Hamas palestinien, Abassi Madani fondateur du FIS (Algérie) et Rached Ghannouchi le leader d’En-Nahda (Tunisie) s’y rendait régulièrement. Alors à partir du déclenchement des révoltes arabes juste au début de l’année 2011, que le Qatar a pris fait et cause pour les mouvements en insurrection et a tablé sur la prise du pouvoir par les Frères Musulmans en se servant « du modèle de la Turquie islamo-démocrate d’Erdogan (dont le Parti de la justice et du développement est très proche des Frères musulmans)  pour défendre les Frères musulmans et gagner la confiance de l’administration d’Obama »[32], mais c’était sans compter sur les échecs accumulés par la confrérie en Egypte, en Tunisie et en Syrie, ce qui a réduit la marge de manœuvre des dirigeants qataris.

Contrairement a ce qui se passe actuellement l’Emirat a toujours préféré le dialogue, les bons offices, l’entraide aux différents mouvements de résistance dans la région, dont le Hizb Allah libanais, mais comme Hasni Abidi Directeur du Centre d’études et de Recherches sur le Monde Arabe et Méditerranéen basé à Genève : « La diplomatie du Qatar est devenue presque prisonnière de la chaîne »[33], Al-Jazzera en l’occurrence, par le soutien affiché aux révoltes arabes, et en prenant la défense de la démocratie dans ces pays. Pour donner plus de consistance politique à ses soutiens la chaîne s’appuie sur deux têtes d’affiches : Youcef El Qaradhaoui, comme « vitrine islamique » et Asmi Bechara, comme « vitrine démocratique ».

 

Youcef El Qaradhaoui le « Global Mufti » :

A l’âge de 91 ans, Youcef Al Qaradhaoui, risque de vivre ces derniers jours, dans la crainte d’être arrêté à tout moment, après que les adversaires politiques actuels du Qatar l’ont mis sur une liste de dangereux terroristes. Cet originaire d’un village égyptien est un homme de religion d’obédience sunnite, a connu plusieurs fâcheuses péripéties durant son parcours de théologien. Après accompli avec succès des études de sciences de la religion et de théologie musulmane et de langue arabe, ce Cheikh a choisi l’activité politique en intégrant le mouvement des Frères Musulmans, il était très proche du fondateur du mouvement, Hassan El Banna. L’opposition radicale de ce mouvement au pouvoir royal et à Djamel Abdel Nasser a valu à ses membres une féroce répression, dont ce jeune imam, qui est devenu un habitué des prisons égyptiennes. Il s’exile en 1961 au Qatar pour y rester, en contribuant à mettre en place plusieurs institutions éducatives et académiques, spécialisées dans les sciences islamiques. Il prend la nationalité qatarie et devient le Président de l’Union internationale des Savants Musulmans. Théoricien et militant très actif au sein de la confrérie, le Cheikh s’est propulsé au devant de la scène, à l’occasion des révoltes arabes, en prenant fait et cause pour les insurgés, par le biais de ses déclarations incendiaires et ses fatwas appelant au meurtre des dirigeants arabes, Mouammar El Kadhafi, et bien d’autres. Profitant de son passage à Al Jazzera lors de son émission hebdomadaire « La charia et la vie », pour donner ses avis sur des questions religieuses, mais comme à son habitude il déborde sur des questions politiques qui agitent la région du Moyen-Orient.

Les manifestations de la place Et-Tahrir au Caire ont été pour lui une aubaine pour y retourner dans son pays natal afin d’officier la prière du vendredi 18 février 2011 où il signa la récupération du mouvement de révolte en Egypte par la confrérie. Finalement la voie est ouverte aux Frères Musulmans d’aller aux élections afin d’accéder au pouvoir, ce qui fut fait. Mais la chute du président élu Mohamed Morsi, considérée par le Cheikh comme un coup d’Etat, sera reçu comme un choc par lui et par ses partisans. La chaîne qatarie sera utilisée à fond pour vilipender les nouvelles autorités de l’Egypte. Mais « les positions tranchées du « global mufti », en cour auprès de l’émir-père Hamad Ibn Khalifa Al Thani, commenceraient en effet à déranger – sinon à agacer – son successeur, le jeune Tamim Ibn Hamad »[34]. Alors il se rapproche d’Erdogan le nouveau dirigeant de la Turquie, affichant soutien et offres de service. Interdit aux Etats Unis et en Europe et recherché par Interpol, le Cheikh le sera dorénavant dans un certain nombre de pays arabes, pour incitation au meurtre et au terrorisme.

 

 

Asmi Bechara à la rescousse :

Cet intellectuel palestinien qui était membre 1996 à 2007 à la Knesset en Israël a été (exfiltré ?) en 2007 pour aller se réfugier au Qatar. Il va être très utile pour les autorités de ce micro-Etat pour capter et recruter la matière grise du Monde arabe. Pourvu de plusieurs diplômes, maitrisant plusieurs langes et différentes disciplines en sciences sociales et humaines, chercheur et auteur prolifique, il sera la personne idoine pour diriger le Centre Arabe des Recherches et Etudes Politiques. Il a exercé auparavant comme professeur de philosophie à l’Université de Birzeit, participé à la mise en place de plusieurs centres de recherche palestiniens et fondé un parti politique. Accusé « d’atteinte à la sécurité de l’Etat d’Israël », il part en exil[35]. Il sera de toutes les activités de ce Centre de Recherches, il organise plusieurs rencontres internationales, publie plusieurs revues et ouvrages, fait de la traduction, lance un journal électronique « El Arabi El Jadid » basé à Londres. Profitant de son séjour au Qatar et d’une tribune comme Al Jazzera, il devient le théoricien incontesté des révolutions du Printemps arabe, et s’y implique jusqu’au bout comme « vitrine démocratique » de ces mouvements sociaux, ce qui lui a valu des remontrances de la part de ses détracteurs. Les premières critiques lui viennent de ses anciens collègues à Al Djazzera, dont Ghassan Bendjeddou qui lui dénie toute élévation intellectuelle à diriger les révolutions arabes, le réduisant à un simple bavard qui répète des citations ans justification logique[36], ainsi que d’autres accusations d’intelligence avec le Mossad israélien et d’influence sur les milieux dirigeants au Qatar afin d’appuyer le projet sioniste dans le Monde arabe. Ces reproches lui viennent de plusieurs sources[37], dont celle du président-adjoint de la police et de la sécurité publique de l’Emirat de Dubaï le général Dahi Khalfan qui lui conseille de retourner au Knesset et d’informer ses membres que « son plan a échoué »[38]. Ce même Dahi Khalfan, connu comme un anti-frère musulman convaincu, a lancé, au passage des flèches au Qaradhaoui et lancé un mandat d’arrêt à son encontre.

Sentant le vent tourner, Azmi Bechara s’est éclipsé et se fait de plus en plus discret, par contre Al Qaradhaoui s’enfonce de plus en plus dans la radicalité en appelant sans ambages au meurtre et à la haine de l’Autre, tous les autres sans distinction aucune[39].

 

 

Le Qatar dans l’œil du cyclone ? 

Mais se savant fragile sur le plan géostratégique, le Qatar est conduit à pratiquer un exercice d’équilibrisme au plan diplomatique, doublé d’une politique d’ouverture et de modernisation, tout en participant activement au remodelage du monde arabe sunnite, suite à la faillite historique des nationalismes laïcs et socialisants issus de la période nassérienne, en soutenant principalement l’ensemble des forces qui composent l’arc islamo-sunnite, du Maghreb au Machrek[40].

Ce processus a été mis en œuvre depuis la chute de Saddam Hussein et l’arrivée au pouvoir des chiites irakiens proches de l’Iran, le Qatar a œuvré avec l’Arabie Saoudite et d’autres pouvoirs sunnites voisins « à l’établissement d’un arc sunnite au Moyen Orient, dans l’optique de renforcer leur pouvoir dans la région au détriment du voisin chiite iranien »[41], ce qui n’est pas pour aboutir à des résultats fâcheux. L’Iran s’est montré très entreprenant en soutenant « l’axe de résistance » qui comprend bien sûr l’Iran, la Syrie et le Hizb El Allah libanais en accentuant son influence dans cette région tumultueuse du Moyen-Orient. Cet axe fera face à l’autre axe celui de l’Arabie Saoudite et les autres pays du Golfe, inscrit dans le projet israélo-américain du remodelage de la région sous l’étiquette du grand Moyen-Orient (GMO).

Ayant acquis une certaine influence facilitée par l’impact obtenu auprès des millions de téléspectateurs arabes fidèles à la célèbre chaîne qatarie, le Qatar se lance dans d’autres exercices, celui d’être une puissance régionale, et ses autorités ne lésinent sur aucun moyen: une diplomatie, certes ambigüe mais agissante, suivie d’accords économiques et d’investissements financiers dans plusieurs domaines. Les observateurs sont nombreux à relever les flagrantes contradictions de la politique étrangère, à savoir l’entretien des relations en même temps avec des ennemis irréductibles : la présence de la plus grande base militaire américaine en dehors des Etats-Unis sur la terre qatarie, de bonnes relations avec les ennemis de l’Amérique dans la région, comme l’Iran et la Syrie, relations diplomatiques avec Israël et soutien au mouvement Hamas dont les dirigeants sont hébergés au Qatar. Ses rapports avec l’Arabie Saoudite et l’Egypte fluctuent au gré des circonstances[42]. La chute des Frères Musulmans en Egypte a été un point de discorde entre le Qatar qui a soutenu Morsi et ses partisans d’un côté et l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes et le pouvoir militaire en Egypte de l’autre côté. Le rapprochement du Président américain Barack Obama avec l’Iran, dont le Qatar a été partie prenante, a beaucoup dérangé les pétromonarchies du Golfe qui étaient engluées dans la guerre au Yémen. La venue du nouvel locataire de la Maison Blanche Donald Trump a été perçue comme une opportunité à ne pas rater pour l’Arabie Saoudite et ses alliés afin de régler leurs comptes[43], et imposer un embargo au trublion « petit frère ». Les Frères Musulmans dont le Qatar a soutenus et sponsorisés durant toutes les péripéties du « Printemps arabe » ne sont pas en odeur de sainteté dans les pays arabes en rupture avec ce pays. Ils lui reprochent, entre autres, de soutenir le terrorisme, de développer des relations avec leur ennemi commun : l’Iran, et d’atteinte à la stabilité des pays du CCG. D’après plusieurs sources qataries, cette offensive a été précédée par un actif lobbying émirati dont l’ambassadeur de ce pays a été derrière (soit treize articles ont été publiés sur le Qatar en plus d’un colloque organisé aux Etats-Unis dont l’objet d’étude portait sur ce pays incriminé). En fait une lutte pour un leadership a commencé depuis longtemps[44], l’Arabie Saoudite s’est inscrit depuis longtemps dans un processus de déradicalisation qui consiste à réduire la capacité de nuisance des salafistes en les intégrant dans le jeu politique par l’allégeance et l’obéissance au souverain. Ce « grand frère » doit se rapprocher des Etats-Unis sous Trump pour se prémunir des sanctions contenues dans la loi américaine « JASTA » (Justice Against Sponsors of Terrorism Act) qui autorise les familles victimes du 11 septembre 2001 à poursuivre le royaume wahhabite, loi approuvée par le sénat américain le 17 mai 2016 et votée par le Congrès le 29 septembre 2016. Le nombre de ressortissants saoudiens impliqués dans les attentats contre les tours jumelles à New York, dépasse la dizaine, fait craindre le pire aux saoudiens.

En effet le la lutte contre le terrorisme (terme polysémique au Moyen-Orient, aux Etats Unis et en Israël, il englobe en même temps les organisations telles que : Daech, Hizb Allah libanais, le Hamas palestinien et d’autres Etats qui soutiennent ce mouvement implanté à Ghaza comme l’Iran,…), génère beaucoup de confusions et est utilisé par certains Etats pour régler des comptes politiques à d’autres Etats et ou à des organisations ou mouvements politiques. Enfin la région du Moyen-Orient est très importante pour les USA qui ont besoin d’y être présents afin de garantir la sécurité d’Israël et d’avoir main basse sur les champs des hydrocarbures.  A cet égard, « leur  influence sur l’Arabie Saoudite et le Qatar est considérable. Les Américains jouent d’ailleurs sur la rivalité entre les deux pays en misant sur une stratégie bien connue : « Diviser pour mieux régner ». »[45].

De par son activisme international, le Qatar dérange, à plus d’un titre, ses voisins, en premier l’Arabie Saoudite qui lui reproche plusieurs griefs dont celui de faire cavalier seul. En effet et bien avant la crise actuelle, les brouilles entre les deux régimes wahhabites sont depuis longtemps légion, (accrochage armé aux frontières en 1992, graves tensions après la destitution de l’Emir Hamad Ben Khalifa Al- Thani par son fils, en 1995, en 2002 Ryad a rappelé son ambassadeur à cause d’une émission de la chaîne qatarie Al-Jazzera consacrée au fondateur de l’Arabie, le roi Ibn Saoud, la reprise des relations n’a été effective qu’en 2008, également retrait de l’ambassadeur saoudien en 2014.). Il faut reconnaitre que les accusations de financement du terrorisme contre le Qatar s’inscrit dans la guerre d’influence et d’hégémonie régionale que se disputent depuis longtemps les deux Etats, et dont l’Arabie Saoudite veut en avoir la main basse et avoir le dernier mot au sein du CCG, ce que refuse le Qatar, ce qui est explicité par médias interposés « Al-Jazeera (qatarienne) et Al-Arabiya (saoudienne) symbolise cette confrontation âpre entre les deux pays du Golfe »[46]. Quant à l’opposition syrienne, chacun des deux pays cherche à la garder sous son influence, le Qatar soutenant les Frères musulmans, tandis que soutient les groupes salafistes de cette même opposition, et chaque groupe armé œuvre à l’affaiblissement de l’autre groupe et par ricochet affaiblir son sponsor. Quant à l’accusation de soutien et de sponsor du terrorisme, le Qatar réfute cette accusation, et mène une campagne médiatique et diplomatique et même académique pour s’en démarquer. Et apparemment la diplomatie du Qatar s’achemine vers de nouveaux compromis avec ses voisins immédiats et l’Egypte, par contre ces derniers sont conscients qu’une autre escalade dans la région leur porterait préjudice et affaiblira leurs économies. Une guerre signifierait un embrasement général dans cette contrée, surtout après l’envoi de milliers de militaires par la Turquie et du Pakistan en terre qatarie, et l’intention iranienne d’apporter un soutien logistique au « petit poucet » abandonné par ses grands frères. Ce qui est sûr rien ne se fera sans les américains qui possèdent une grande base américaine au Qatar.

Mohamed Daoud

 

Notes 

[1] http://www.observatoire-qatar.com/presentation-du-qatar

[2] Voir : http://www.connaissancedesenergies.org/situation-energetique-du-qatar-151029

[3] Qatar National Vision 2030 http://www.mdps.gov.qa/en/qnv1/Pages/default.aspx

[4] http://www.observatoire-qatar.com/presentation-du-qatar

[5]Idem.

[6] « http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/le-qatar-a-besoin-de-s-afficher-pour-exister_1248994.html

[7] http://www.jeuneafrique.com/142846/politique/cheikha-mozah-l-atout-charme-du-qatar/

[8] Al-Jazeera : CNN arabe ou bras médiatique du Qatar ? du 05 février …

https://www.franceinter.fr/emissions/interception/interception-05-fevrier-2012

[9] Idem.

[10] Idem.

[11] Que faire d’Al-Jazira ?, par Mohammed El-Oifi (Le Monde … https://www.monde-diplomatique.fr/2011/09/EL_OIFI/20968

[12] Idem.

[13] http://somewhere.blog.lemonde.fr/2011/02/08/al-jazeera-les-dessous-d%E2%80%99un-media-devenu-incontournable/ 8 févr. 2011

[14] Idem.

[15] Idem.

[16] Idem.

[17] http://www.huffpostmaghreb.com/2013/07/10/al-jazeera-difficultes_n_3572469.html.

[18] http://somewhere.blog.lemonde.fr/2011/02/08/al-jazeera-les-dessous-d%E2%80%99un-media-devenu-incontournable/ 8 févr. 2011 …

[19] http://www.huffpostmaghreb.com/2013/07/10/al-jazeera-difficultes_n_3572469.html.

[20] Idem

[21]Que faire d’Al-Jazira ?, par Mohammed El-Oifi (Le Monde … https://www.monde-diplomatique.fr/2011/09/EL_OIFI/20968

[22] http://www.slate.fr/story/44205/wikileaks-al-jazeera-qatar

[23] Idem.

[24] http://www.geolinks.fr/actualite/al-jazeera-et-la-politique-etrangere-qatarie-

[25] Que faire d’Al-Jazira ?, par Mohammed El-Oifi (Le Monde … https://www.monde-diplomatique.fr/2011/09/EL_OIFI/20968

[26] Idem.

[27] Al Jazeera en difficultés dans les pays du printemps arabe http://www.huffpostmaghreb.com/2013/07/10/al-jazeera-difficultes_n_3572469.html

[28] http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2011/09/21/demission-du-directeur-general-d-al-jazira_1575153_3236.html#4guQot7JOTfsksk5.99

[29] Voir Al-Mayadeen: la chaîne anti Al-Jazzera dans le monde arabe — De … http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2011/09/al-mayadeen-la-chaine-anti-al-.html

[30] Al-Mayadine, la chaîne d’information anti-Al-Jazira – France 24 http://www.france24.com/fr/20120611-naissance-dal-mayadine-nouvelle-chaine-dinformations-panarabe-syrie-iran-revolution-ara

[31] Al Jazeera et la politique étrangère qatarie durant le printemps … http://www.geolinks.fr/actualite/al-jazeera-et-la-politique-etrangere-qatarie-durant-le-printemps-arabe/

[32] Idem

[33] Idem.

[34] Qatar : Youssef al-Qaradawi l’indésirable – JeuneAfrique.com http://www.jeuneafrique.com/134539/politique/qatar-youssef-al-qaradawi-l-ind-sirable/

[35] http://www.dohainstitute.org/researcher/5f681152-8da7-4b6c-ad99-9f192e1a68f5

[36] Azmi Bechara- Middle East Watch http://www.middleeastwatch.net

[37] Azmi Bechara. http://almnatiq.net/421750/

[38] https://arabic.cnn.com/middleeast/2014/03/10/dahi-khalfan-azmi-beshar

[39] https://www.youtube.com/watch?v=MaL6R5-3KaQ

[40] Jean-Sylvestre MONGRENIER : Chercheur associé à l’Institut Thomas More. La politique étrangère du Qatar :de l’intermédiation à l’engagement

[41] Idem.

[42] Voir l’article : Que faire d’Al-Jazira ?, par Mohammed El-Oifi (Le Monde … https://www.monde-diplomatique.fr/2011/09/EL_OIFI/20968

[43] http://palestinianpundit.blogspot.com/2017/06/blog-post_17.html

[44] Idem.

[45] https://www.challenges.fr/economie/le-qatar-valet-des-americains-ou-club-med-des-terroristes_33875

[46] Le Qatar, « valet des Américains » ou « club Med des terroristes … https://www.challenges.fr/economie/le-qatar-valet-des-americains-ou-club-med-des-terroristes_33875

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