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Mort d'un dissident français : François-Xavier Verschave et la Françafrique. Actualité d'un crime français contre l'Afrique. De la forclusion et du génocide comme politique étrangère ?

par SLT 9 Juillet 2017, 13:24 Verschave Françafrique néocolonialisme Crimes contre l'humanité Crimes de guerre France De Gaulle Chirac Mitterrand Sarkozy François Hollande Macron Cameroun Rwanda Côte d'Ivoire Libye Articles de Sam La Touch

Cet article est extrait de la revue de presse n°2. et a été actualisé et mis à jour le 9.07.17.

Le jeudi 29 juin 2005, François-Xavier Verschave est décédé d’un cancer du pancréas foudroyant. François-Xavier Verschave était un dissident français, ancien président de l'association Survie, il avait pourfendu les réseaux françafricains mis en place par Paris pour continuer à piller les "anciennes" colonies françaises. La chape de plomb qui protège le néo-colonialisme français en Afrique est trop lourde, trop étouffante, pour que l’on hésite à employer ce terme. Pour masquer le crime français en Afrique depuis De Gaulle, des universitaires prétendent que la France est entrée dans une ère post-coloniale et façonne l'opinion publique avec ces représentations qui n'ont malheureusement rien à voir avec la réalité des relations de la France avec ses "néocolonies" africaines. Verschave a montré en quoi le régime français n'avait rien de post-colonial, comment Paris continuait à contrôler la monnaie de ces "anciennes colonies" au travers du "Franc des colonies françaises" rebaptisé "franc de la Communauté financière en Afrique" dont la parité, la convertibilité avec l'euro et l'émission est contrôlée par le Trésor français. (En 1993, c'est la France sous Balladur qui a dévalué le Franc CFA unilatéralement plongeant ses "anciennes" colonie dans une crise économique sans pareil).

Il a également révélé comment Paris a mis en place des "gouverneurs à peau noire" pour diriger ces pays avec l'aide de conseillers de l'ombre français et le soutien de l'armée française qui continue à occuper ses "ex"-colonies notamment au Gabon, au Tchad, au Sénégal, au Congo-Brazzaville, au Cameroun...  Dans une démonstration magistrale, il évoque la manière dont la France a remis en selle Sassou Nguesso au prix d'une terrible guerre (1997-1999) pour permettre à Elf d'acheter le pétrole moins cher. Il révéla malgré la chape de plomb de la presse comment la France soutient et met en selle des dictateurs dans son pré-carré africain pour pouvoir continuer à en piller ses ressources. Son premier livre, La Françafrique, le plus long scandale de la République, publié pour la première fois en 1999, est un essai à portée historique retraçant la politique occulte de la France en Afrique sous la Vème République. Il diffusa le terme de « Françafrique », qu’il détourna en « France-­à­‐fric », en parodiant l’expression du président ivoirien Félix Houphouët‐Boigny désignant à l’origine des relations loyales. L’auteur y accuse la France d’avoir participé à des massacres à caractère génocidaire au Cameroun, en profitant d’une sur-‐attention portée alors sur les évènements algériens (chap1). Il raconte également l’assassinat surréaliste du président togolais Olympio dans l’enceinte de l’ambassade étatsunienne (chap2). Ce dernier fut assassiné par un sergent de l’armée française, Eyadéma, soutenu par des diplomates français et un agent du SDECE dirigeant la gendarmerie locale. Le président Olympio fut abattu à 07h15, France Inter annonçait son décès à 06h.

Dans son deuxième opus, "Noir silence", Verschave dénonce l'évolution de la Françafrique en confluence avec les réseaux américafricains, russafricains, israélafricains et autres réseaux multiformes qu'il nomme mafiafrique : "Ce qui est en train de changer avec l'Angola, c'est que, on pourrait dire, on est en train de passer de la Françafrique à la Mafiafrique. C'est-à-dire que cet énorme système de pillage et d'exploitation du continent africain, mis en place dans les anciennes colonies françaises, est en train de rejoindre d'autres systèmes parallèles, qu'ils soient étatsuniens, anglais, brésilien et surtout russes ". La publication de Noir silence a valu à François-Xavier Verschave d'être poursuivi en justice par trois chefs d'Etat africains cités dans son ouvrage. Ce procès, pour "offense à chef d'Etat", s'est conclu le 25 avril 2001 par une relaxe.

L'ex-chef de guerre français, Jacques Chirac, qui fut un des grands amis et soutien des dynasties ou dictateurs françafricains installés par l'Etat français au Togo, au Gabon, au Tchad, au Congo-Brazaville, au Burkina Faso, au Cameroun, a reconnu des années après avoir quitté le pouvoir que la France devait une grande partie de son statut et de sa richesse au pillage des ressources africaines.

Que serait Total et Bolloré sans l'Afrique ? Verschave fut l'un des premiers à dénoncer dès 1994 le soutien français aux génocidaires rwandais dans l'indifférence des médias français malgré des appels vibrants dans le P.A.F de journaliste ou de citoyens français bien informés.

C'est ce travail de titan associé aux articles de St-Exupéry dans le Figaro et d'associations de citoyens français qui va être à l'origine de la mission d'information parlementaire française sur le Rwanda en 1998 qui refusera pourtant d'entendre Paul Barril, l'ex-gendarme de l'Elysée qui est intervenu auprès des génocidaires rwandais.

Mort d'un dissident français : François-Xavier Verschave et la Françafrique. Actualité d'un crime français contre l'Afrique. De la forclusion et du génocide comme politique étrangère ?

La mission d'information parlementaire sur le Rwanda (à défaut de commission d'enquête parlementaire qui n'a pas été retenue malgré les accusations de complicité de génocide) si critiquée amènera toutefois son lot de révélations : soutien militaire français avant et pendant le génocide, l'armée française a formé la charnière de l'armée rwandaise la faisant passer de centaines d'hommes à 5000 hommes entre 1990 et 1994, livraisons d'armes même pendant le génocide, soutien politique français au plus haut niveau de l'Elysée envers le gouvernement intérimaire qui mène le génocide... La mission d'information parlementaire en 1998 concluait à une "erreur d'évaluation" et préconisait un meilleur contrôle parlementaire de l'exécutif. Ce fut un voeu pieux sous le régime de la Vème gaulliste qui fait du président un chef de guerre à la tête de l'armée couvert par une impunité totale avec un Parlement croupion.

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Verschave contribuera à la création d'une commission d'enquête citoyenne en 2003 qui regroupera de nombreux faits sur l'implication française dans le génocide rwandais notamment sur les ventes d'armes aux génocidaires impliquant la Banque de France et la BNP et des allégations de viols collectifs de rescapées Tutsies du génocide par des soldats français censés les protéger. Selon Le Figaro : "Le camp de réfugiés de Nyarushishi cristallise la plupart des accusations. Situé dans l'extrême sud-ouest du Rwanda, il était placé à l'été 1994 sous la protection des militaires français envoyés dans le cadre de l'opération Turquoise. Mais une des déplacées tutsies qui s'est confiée à Causette raconte y avoir été violée à plusieurs reprises par certains de ces hommes censés veiller sur elle. La dernière fois, trois soldats s'en sont pris à elle : «Ils m'ont fait les pires choses, je hurlais pour que quelqu'un m'entende. Quand ils sont partis, j'étais presque morte». Allégations de viols qui d'ailleurs ne sont pas sans rappeler les viols commis par des soldats français sur des mineurs en Centrafrique (Du Rwanda au Centrafrique : les militaires violeurs de l'armée française courent toujours) et plus généralement de vieilles traditions coloniales au sein de l'armée française.

Transactions financières entre la BNP, la Banque de France et la Banque nationale rwandaise BNR durant le génocide

Transactions financières entre la BNP, la Banque de France et la Banque nationale rwandaise BNR durant le génocide

Brian Wood et Johan Peleman résument les résultats de l’enquête des Nations Unies sur les ventes d'armes françaises aux génocidaires durant le génocide :

Deux paiements séparés ont été effectués sur le compte de la Banque centrale des Seychelles à la Federal Reserve Bank de New York pour l’achat des armes. Deux montants de 179 965 $ et 149 982,50 $ ont été transférés sur le compte des Seychelles à partir d’un compte de l’Union Bancaire Privée à Genève. Dans un premier temps, les demandes d’information concernant le titulaire du compte adressées par l’UNICOI au Département fédéral du ministère des Affaires étrangères suisse n’ont donné aucun résultat. Le Département fédéral suisse a répondu à l’UNICOI que “les investigations rencontrent de multiples problèmes d’ordre juridique et pratique”. Cependant, en août 1997, le Procureur général de Suisse a envoyé une lettre à l’UNICOI lui notifiant qu’une enquête sur les transactions financières relatives à l’affaire avait été ouverte. Le gouvernement suisse a donné des détails qui attestent qu’Ehlers était en effet le titulaire d’un compte numéroté – 82-113 CHEATA – à l’agence de Lugano de l’Union Bancaire Privée en Suisse.

Le Procureur général suisse a confirmé que les deux paiements séparés de 179 965 $ et 149 982,50 $ ont été effectués respectivement les 15 et 17 juin 1994. Il a de plus affirmé que les 14 et 16 juin 1994, le compte d’Ehlers avait été crédité de 592 784$ et 734 099$. En d’autres termes, un million de dollars a été transféré sur le compte d’Ehlers en plus de ce qui a été payé sur le compte de la Banque centrale des Seychelles à New York.

Le Procureur général a dit à L’UNICOI que ces fonds importants arrivant sur le compte d’Ehlers provenaient d’un compte à la Banque nationale de Paris SA, à Paris, lui-même actionné au nom de “Banque nationale du Rwanda, Kigali”. Alors, d’où cet argent venait-il vraiment ?

Le journal français Le Figaro a tenté de reconstituer ces transactions en avril 1998, mais la Banque nationale de Paris et l’Union Bancaire Privée en Suisse ont décliné tout commentaire sur l’affaire. Des représentants de la Federal Reserve Bank de New York ont renvoyé les journalistes du Figaro vers la banque suisse... (Complicité financière française durant le génocide au Rwanda : BNP, Banque de France, CCR et Nicolas Sarkozy...)

 

Vingt trois ans après le génocide, des archives françaises sont toujours fermées. Il faut dire qu'une grande partie de la classe politique française fut plus ou moins compromise par ce scandale. En 1994, il y avait un gouvernement de cohabitation Mitterrand-Balladur même si Mitterrand et son secrétaire de l'Elysée, Hubert Védrine, furent les responsables de l'exécutif, le Premier ministre Balladur, son ministre du Budget Sarkozy, son ministre de la Défense Léotard ne pouvaient ignorer l'implication française dans le génocide d'autant plus qu'ils étaient également aux manettes. Il y a eu une collaboration étroite des autorités françaises avec le gouvernement intérimaire responsable du génocide au Rwanda.

Récemment, en ce mois de juin 2017, cette affaire est ressortie suite à une plainte de trois associations, avec constitution de partie civile, contre BNP Paribas pour "complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre". (France inter).

 

 

Concernant les ventes d'armes, Patrick de Saint-Exupéry révèle dans Afrique XXI, ce que contiendraient les archives de l'Elysée auxquels ont eu accès des hauts fonctionnaires malgré que celles-ci soient fermées. Il met en cause un ordre venu de l'Elysée pour réarmer les génocidaires rwandais :

" Ce qu'il dit dans ses confidences, c'est « qu'il y avait dans ces cartons des documents sur le rôle de la France au Rwanda avant, pendant et après le génocide... Au cours de l'opération Turquoise, ordre avait été donné de réarmer les Hutus qui franchissaient la frontière » vers le Zaïre, actuelle République démocratique du Congo, pendant la première quinzaine de juillet 1994. Nous sommes un mois et demi après que le Haut-Commissaire aux Nations unies a qualifié les événements de « génocide », et après le vote, le 17 mai 1994, de l'embargo sur les livraisons d'armes au Rwanda. Le haut fonctionnaire poursuit en précisant qu'il y avait « plusieurs documents sur des droits de retrait que des militaires auraient invoqués » pour désobéir aux ordres. Il dit aussi avoir vu « une note dans la marge disant qu'il fallait s'en tenir aux directives fixées », signée de la main d'Hubert Védrine (alors secrétaire général de l'Élysée, de François Mitterrand, NRLD). Le haut fonctionnaire ajoute avoir fermé les cartons et dit qu'il serait très problématique pour les personnes impliquées que ces documents soient publiés. " (Le Point Patrick de Saint-Exupéry : "Ordre a été donné par la France de réarmer les génocidaires hutus" )

Le travail remarquable initié par Verschave fin des années 1990 est la continuation du travail débuté par le journaliste-écrivain Mongo Beti dont le livre "Main basse sur le Cameroun" avait été censuré par les autorités françaises dans les années 1970.

Main basse sur le Cameroun. Autopsie d'une décolonisation
Mongo BETI

Mongo Beti (1932-2001), écrivain camerounais, est connu pour ses romans, qui ont joué un rôle important dans la prise de conscience du colonialisme et dans la lutte contre celui-ci.
Publié en 1972 par les Éditions François Maspero, Main basse sur le Cameroun était un réquisitoire contre les crimes du président Ahidjo, dictateur du Cameroun par la grâce du néocolonialisme français. Son but fut largement atteint, semble-t-il, puisque le livre fut interdit, saisi, l’éditeur poursuivi, et l’auteur l’objet de multiples pressions et menaces.
Sa réédition, en 1977, dans une version revue, était encore d’une actualité brûlante à l’heure de l’intervention française au Zaïre. Mongo Beti montre en effet que les anciennes colonies d’Afrique occidentale française et d’Afrique équatoriale française, formellement indépendantes depuis les années 1960, n’en sont pas moins restées étroitement contrôlées par la France.
Trente ans plus tard, ce livre reste un document historique majeur, indispensable pour comprendre les évolutions ultérieures de la « Françafrique ». Une préface inédite, d'Odile Tobner, présidente de Survie, retrace l'histoire mouvementée de ses différentes éditions.

Mongo Beti y révélait la terrible répression organisée par De Gaulle-Messmer pour maintenir le Cameroun sous l'égide française en soutenant des dictateurs favorables aux intérêts français. Ce fut une terrible guerre qui durera de 1956 à 1970 où l'armée française et les services de renseignement français assassineront les leaders indépendantistes au Cameroun et en Suisse.

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L'Etat français, dans l'ombre de la guerre d'Algérie, va mettre en place au Cameroun des camps sur le modèle des camps de concentration nazis selon Le Canard enchaîné et va participer à des massacres de masse à caractère génocidaire.

Le Canard Enchaîné 27 avril 2011 Une guerre française au Cameroun cachée pendant quarante ans
Références nazies A l'approche de l'indépendance promise en 1960 par de Gaulle, la France met en place une administration néocoloniale. On installe ainsi le président Amadou Ahidjo, et l'on dote le pays d'une Constitution sur mesure, assortie d'accords secrets d'assistance militaire. Les conseillers du Président sont nommés par les Français. Au nombre desquels Samuel Kamé, qui avoue son admiration pour les régimes fascistes et cite volontiers Hitler et Goebbels. C'est avec ces alliés que Paris prépare son ultime opération avant de retirer le gros de ses troupes : la liquidation de l'UPC, qui persiste à combattre pour une authentique indépendance.
Camps à l'allemande Depuis la fin 1959, les opérations antiguérilla se sont intensifiées. La torture n'a plus pour seul but de faire parler les chefs maquisards, elle devient systématique à l'égard des opposants. Gégène, baignoire, balançoire, importées d'"Indo" ou d'Algérie, sont pratiquées dans tous les postes de police. Des prisonniers sont jetés vivants dans les chutes d'eau de la rivière Metchié. L'un deux, en tombant entraînera d'ailleurs dans la mort un gendarme français. Des camps de concentrations sont édifiés. Ancien haut-commissaire (il sera plus tard ambassadeur, puis maire de Cannes), Maurice Delaunay évoque, dans ses Mémoires, celui de Bangou : "J'avais été prisonnier en Allemagne, je savais comment ça se passait ! J'avais fait un camp avec des barbelés, des miradors". Il abrite 700 à 800 détenus, gardés par des gendarmes français et camerounais.
L'année 1960 est terrible. "Je décide d'entreprendre une véritable reconquête", écrit le Premier ministre, Michel Debré. Une note secrète (mars 1960) de l'état-major, dirigé par le général Max Briand, recommande d'"annihiler les groupes terroristes...et leurs sympathisants", ce qui autorise les massacres de masse. Briand a rapporté cette riche idée : exposer les têtes coupées des rebelles sur la place publique. L'ouest du pays est bombardé. Des centaines de milliers de personnes sont déplacées dans "des villages de regroupement". En octobre, le SDECE (future DGSE) repère le chef de l'UPC, Felix Moumié, à Genève et le fait assassiner (empoisonnement) par son agent William Bechtel."

Officiellement, la France reconnaît 40.000 morts tandis que des témoignages locaux évoquent le chiffre d'un million. Autant dire que la censure française a permis la forclusion de ces crimes gaullistes contre l'humanité et qu'ils ont contribué à l'amnésie généralisée avec une bienveillance médiatique et politique qui a permis la reconduction des crimes néocoloniaux français en Afrique au Rwanda, en Côte d'Ivoire ou en Libye. L'amnésie menant à la reconduction est soigneusement entretenue.
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Ainsi François Fillon, connu pour son discours pro-colonialiste, déclarait en 2009 alors qu'il était Premier ministre que cette guerre n'avait jamais existé : " - "Je déni absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun et tout cela n'est que de la pure invention".

Le ministre des Affaires étrangères de François Hollande, Laurent Fabius, déclarera quant à lui en réponse au Parlement  : "La période évoquée appartient à l'Histoire et aux historiens à qui il appartient désormais d'exploiter les archives rendues disponibles pour apporter leur éclairage sur la période." Pourtant si l'on considère que les crimes commis par l'armée française et leurs supplétifs camerounais relèvent de crimes contre l'humanité, ce n'est pas aux Historiens de se prononcer mais bel et bien à la justice face à des crimes au caractère imprescriptible.

Il est à noter encore ici qu'une partie des archives n'est toujours pas accessible presque cinquante ans plus tard.

Pour comprendre l'implication de ces crimes passés sur le présent de la relation françafricaine entre la France et le Cameroun, il suffit de lire un article du Monde daté du 23 juin 2008 (Comment le Cameroun est passé de la colonisation à la dictature), permettant de mieux appréhender l'imposture de ces universitaires qui se pavanent dans le P.A.F en prétendant que la France est un état post-colonial :

"La France choisit le futur président Ahidjo, non sans avoir tout fait pour écraser le principal parti d'indépendance, l'UPC (Union des populations du Cameroun)... La répression contre l'UPC est d'une extrême violence : tortures, assassinats, exposition des têtes coupées des victimes, bombardements...Epaulées par l'armée française, les forces camerounaises appliquent ses méthodes. Dix années de terreur et des centaines de milliers de morts seront nécessaires pour venir à bout de l'opposition. Aujourd'hui, Paul Biya, héritier du régime Ahidjo, conserve le soutien de la France".

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François Hollande finira en 2015 par reconnaître du bout des lèvres la répression "tragique" au Cameroun effectuée par l'armée française lors d'une conférence de presse en présence de Paul Biya (qui a été installé avec la bienveillance de l'Etat français) dans un contexte où le chef de guerre Hollande visitait le Cameroun pour favoriser l'obtention de marchés pour les entreprises françaises au Cameroun à l'instar de Bolloré.

Pour beaucoup, les méthodes utilisées par l'Etat français au Cameroun marque le début de la Françafrique et des méthodes françafricaines barbares. Ce sont des méthodes dignes de la coloniale et du régime de Vichy que les autorités françaises utilisent dans leur pré-carré francophone en Afrique depuis 60 ans. On ne sera pas surpris de constater que cela s'est reproduit avec une intensité, une échelle et une ampleur plus importante au Rwanda en 1994. Mais l'on pourrait parler de la situation de la Côte d'ivoire où l'Etat français a tout fait pour destituer le président Laurent Gbagbo afin d'installer Ouattara avec la complicité de bon nombre de médias français en 2011 qui ont systématiquement pris fait et cause pour les rebelles du camp ouattara soutenu par le chef de guerre Sarkozy. Oui Sarkozy avait raison de dire : « On a sorti Gbagbo et installé Ouattara, sans aucune polémique ». Oui, à l'époque il n'y a pas eu beaucoup de polémique dans les médias traditionnels français ou dans les soit-disant médias libres français. Les fraudes électorales massives en faveur du camp Ouattara n'ont guère été dénoncées par la presse mainstream de l'époque. Tous soutenaient une intervention militaire française en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, le petit doigt sur la couture du pantalon. Ce n'est que relativement récemment que la journaliste française, Fanny Pigeaud,  a révélé en détail, sur Mediapart et dans un livre, les fraudes massives en faveur de Ouattara qui ont faussé le résultat des élections. Un procédé fréquent en Françafrique. Même le régime Ouattara a reconnu par mégarde des fraudes.

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Lorsqu'il y a eu des élections contestées en Autriche en 2016 avec de lourds soupçons de fraudes, l'ONU, les USA, la France sont-ils intervenus pour installer un candidat particulier ? Non l'Autriche, état indépendant, a appelé à un recomptage des voix puis à la réorganisation des élections. En Françafrique, l'armée française est intervenue pour destituer Gbagbo et installer Ouattara en soutenant les rebelles pro-Ouattara qui ont commis des massacres à caractère génocidaire à Duékoué sans que cela n'émeuve outre mesure les médias faiseurs d'opinion. Une marque de fabrique génocidaire à la française en Afrique rappelant les vieilles traditions coloniales ?

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Bien sûr ceux qui ont contribué aux massacres de masse à Duékoué contre les communautés soutenant Laurent Gabgbo n'ont ni été jugés par la justice ivoirienne et encore moins par la Cour Pénale Internationale qui par contre a jeté Laurent Gbagbo dans ses geôles pour un procès colonial qui s'éternise dont il n'est pas prêt de sortir vivant.

Inutile de dire que cet évènement a été expulsé ou forclos de la mémoire collective française. Ainsi lorsque le nouveau chef de guerre français, Macron,  va commémorer le 10 juin 2017 le massacre d'Oradour sur Glane, il n'a aucun souci à recevoir Ouattara à l'Elysée le lendemain. Forclusion ou/et conception sélective des droits de l'homme ?

Macron reçoit Ouattara le 11 juin 2017 à l'Elysée

Macron reçoit Ouattara le 11 juin 2017 à l'Elysée

La situation actuelle de prédations françafricaine est pire. On est passé du néocolonialisme à l'occupation militaire des "anciennes" colonies françaises. Les réseaux françafricains ne sont plus simplement des acteurs politiques, économiques et civils français et africains organisant le pillage des ressources africaines, ils sont maintenant tout bonnement militaires. L'armée française occupe la Côte d'Ivoire après y avoir installé Ouattara favorable aux intérêts français. Sous l'égide du chef de guerre Sarkozy et de son Premier ministre Fillon, elle a contribué en collaboration avec la Grande-Bretagne, les USA, le Qatar et l'OTAN à la destruction de l'Etat libyen et à l'élimination du leader et dirigeant panafricain Kadhafi qui selon des e-mails de Clinton voulait installer en Afrique une monnaie étalonné sur l'or pour concurrencer le franc CFA.

Les Etats français et britannique ont contribué avec le Qatar aux financements et au soutien militaire et politique des milices djihadistes en Libye pour destituer Kadhafi avec le soutien de presque l'ensemble de la classe politique française droite comme de gauche et des médias traditionnels. Le prétexte de l'intervention était humanitaire pour éviter les massacres que préparaient Kadhafi à Benghazi dénoncés par la FIDH et la Ligue libyenne des droits de l'homme. Or, il s'est avéré après la guerre qu'il n'y avait aucune preuve de ces allégations effectuées par le Comité National de Transition Libyen qui soutenait la rébellion contre le régime Kadhafi. Des sources d'informations anciennes et plus récentes comme le récent rapport de la commission d'enquête parlementaire britannique mettent sérieusement à mal les justifications de Cameron et Sarkozy pour entrer en guerre en Libye. Mediapart dans un article intitulé "Le parlement britannique remet en cause les raisons de la guerre en Libye de Sarkozy" évoque l'éventualité d'un "grand mensonge d'Etat".

Après la guerre, le président du CNT (Conseil national de transition libyen) avait déclaré lui même sur Chanel One que Kadhafi n'était pas à l'origine de la fusillade de Benghazi. Il s'agit de Mustapha Abdu Jalil haut responsable de la "révolution libyenne".

"Kadhafi n'a pas ordonné la fusillade qui a été à l'origine de la fausse révolution en Libye. Maintenant, après la destruction de la Libye, Jalil avoue au monde sur Channel One que les manifestants qui ont été tués à Benghazi qui ont été le prétexte fourni à l'ONU et à l'OTAN pour attaquer la Libye ont été tués par un groupe d'espions et de mercenaires qui n'étaient pas de Libye. Il admet qu'il savait la vérité à l'époque mais cela a été fait pour abattre le gouvernement libyen et briser l'Etat. Il admet qu'il a été informé à l'avance que cela allait se produire et que les gens de la Libye n'ont pas reconnu les manifestants morts parce qu'ils portaient des vêtements civils et qu'il n'y a eu personne qui est venu à leurs funérailles comme ils n'avaient pas de parents ou d'amis en Libye."

 

Les allégations selon lesquelles Kadhafi aurait réprimé son propre peuple à Benghazi émanent du responsable de la Ligue libyenne des Droits de l'homme, le Dr Slimane Bouchuiguir (membre également du CNT et en lien étroit avec la FIDH), n'ont pas été prouvées. Bouchiguir a fini par reconnaître qu'il n'avait aucune preuve quant à ce qu'il alléguait. Pourtant ces allégations ont été instrumentalisées par la France, la Grande-Bretagne, les USA, Israël devant le conseil de sécurité de l'ONU pour justifier sans preuve une guerre humanitaire contre le pouvoir de Kadhafi et la Libye.

Le journaliste d'investigation Julien Teil explique dans les vidéos ci-dessous, comment des opposants au colonel Kadhafi s'étaient déguisés en ONG pour intervenir au Conseil des Droits de l'Homme à l'ONU, et comment la Cour pénale internationale a cautionné une guerre déjà en cours avec une accusation contre Kadhafi basée sur les même mensonges. En réalité, les affirmations selon lesquelles le colonel Kadhafi s'apprêtait à commettre un massacre à Benghazi, où que l'aviation libyenne avait bombardé des rebelles à Tripoli même, étaient de pures inventions que certaines personnes bien informées avaient reconnu comme tels au moment des faits.

Mais plus récemment, c'est un rapport parlementaire britannique qui a sérieusement mis en cause les motivations humanitaires avancées par Cameron et Sarkozy pour légitimer leur guerre en Libye en 2011. Selon le rapport de la Commission des affaires étrangères britanniques (Libya: Examination of intervention and collapse and the UK's future policy options), l’opération était basée sur « des postulats erronés » et « une analyse partielle des preuves ». Le gouvernement britannique « n’a pas pu vérifier la menace réelle que le régime Kadhafi faisait peser sur les civils (à Benghazi et à Tripoli, ndlr) et a échoué à identifier les factions islamistes radicales au sein de la rébellion ». Le rapport ajoute, que "la stratégie britannique a été fondée sur des suppositions fausses et une compréhension incomplète de la situation".

Cette récente Commission qui a publié son rapport le 14 septembre 2016 accepte aujourd'hui comme sans fondement au paragraphe 32 du rapport, les allégations selon lesquelles Kadhafi aurait massacré son propre peuple à Benghazi. Le rapport déclare qu'aucune preuve n'existait que Kadhafi allait massacrer des civils. De plus, le Washington Times révélait que les services de renseignement US, contrairement à ce que prétendait Hillary Clinton, n'ont rassemblé aucune preuve spécifique d'un génocide menaçant en Libye au printemps 2011. L'article du WT précise même : "Le fort plaidoyer pour l'intervention contre le régime libyen a reposé plus sur des arguments spéculatifs de ce qui pourrait arriver aux civils que sur des faits rationnels et vérifiés".

Le rapport britannique ajoute, quant à lui, que ce sont les efforts diplomatiques de la France qui ont ouvert la voie aux opérations militaires en Libye. Et Nicolas Sarkozy aurait poussé à l'intervention afin, dit la commission, d'«accroître l'influence française en Afrique du Nord» mais aussi d'«améliorer sa situation politique en France». Pour arriver à cette conclusion explosive, les parlementaires s'appuient sur des échanges de 2011 entre les services secrets français et la secrétaire d'Etat étatsunienne, une certaine Hillary Clinton. Ils ont aussi épluché les mails échangés entre cette dernière et l'un de ses conseillers, Sidney Blumenthal, rémunéré 10 000 dollars par mois, non pas par le gouvernement étatsunien mais par la désormais célèbre Fondation Clinton.

Selon des courriels d'Hillary Clinton, les rebelles libyens auraient été formés par les services secrets français, informations également évoquées par une source de la CIA. D'après ces courriels, les services secrets français - "ont commencé une série de réunions secrètes" avec Abdu Jalil et le général Abdul Fatah Younis dans Benghazi fin février en leur donnant de "l'argent et des conseils" pour configurer le conseil des rebelles (CNT), dont la formation a été annoncée le 27 février. Des officiers, "parlant sous ordres [de Sarkozy] ont promis qu'aussitôt que [le conseil] serait organisé, la France le reconnaîtrait comme le nouveau gouvernement de la Libye." "En échange de leur aide, "les officiers de la DGSE ont indiqué qu'ils s'attendaient à ce que le nouveau gouvernement de la Libye puisse favoriser les sociétés françaises et les intérêts nationaux, particulièrement quant à l'industrie pétrolière en Libye."

Pourtant, lorsque Pujadas interroge sur France 2 à juste titre Sarkozy sur sa responsabilité dans l'assassinat de Kadhafi il maintient cinq ans plus tard la version des médias traditionnels sur la menace que Kadhafi faisait peser sur Benghazi alors que des rapports récents et anciens remettent sérieusement en cause la version qui a permis de faire passer à l'ONU un mandat pour intervenir au nom du Right to Protect, Résolution 1973, nouvelle version de l'intervention coloniale au nom de la "civilisation" à l'instar de ce qui s'est passé en Irak avec les prétendues armes de destruction massives de Saddam Hussein qui n'existaient pas.

 

Un rapport commandé et validé par le ministre français de la Défense a également mis en cause la politique belliciste de Nicolas Sarkozy et de David Cameron dans le chaos organisé en Libye. Ce document de 75 pages pointe la responsabilité de la France et de la Grande-Bretagne pour avoir créé en Libye un désordre imprescriptible, après sept mois de bombardements intensifs. Selon ce rapport, d'après Le Canard Enchaîné, "l'interprétation belliciste (de Sarkozy,ndlr) de la résolution 1973 de l'ONU...a eu pour résultat de provoquer un chaos dont on peut mesurer, aujourd'hui, les répercussions sur l'ensemble de la zone sahélienne". On se souviendra que l’ancien directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST), service de renseignements du ministère de l'Intérieur, Yves Bonnet, avait lui aussi accusé en 2012 le président Nicolas Sarkozy d’être responsable « du chaos en Libye, au Mali », soulignant que "le gouvernement du président Nicolas Sarkozy et l'OTAN avaient entraîné la Libye dans un chaos et une perturbation sans précédent ", et d'ajouter que "ces deux parties savaient parfaitement la taille des conflits tribaux là-bas et ses conséquences dans le cas où le pays sortait de sa stabilité". (Al Manar avril 2012 Ex-directeur de la DST : Sarkozy est responsable du chaos en Libye et au Mali)
Le rapport d'IRIS en 2013 et validé par le ministère français de la Défense sans aucune critique, pointe également la responsabilité des royaumes du Golfe, nommément l'Arabie Saoudite et le Qatar, pour avoir créé et financé avec le soutien français un sanctuaire pour les groupes djihadistes salafistes au sud de la Libye "constituant autant de bases arrières pour des groupes salafistes armés engagés au Mali et en Syrie".
(Un rapport commandé par le ministère français de la Défense pointe la responsabilité de Sarkozy et Cameron dans "le chaos" créé en Libye)

Cette opération militaire franco-britannique en Libye s'est donc accompagnée du soutien des rebelles djihadistes qui ont organisé des massacres de masse contre les populations libyennes noires ou sub-sahariennes relevant de crimes contre l'humanité jamais jugés. Selon Le Monde, "Les témoignages et rapports des différentes associations des droits humains, dont Human Rights Watch et Amnesty International, font état de centaines de civils tués ou torturés en raison de leur couleur de peau". Il s'agit de la définition ni plus ni moins d'un crime contre l'humanité relevant de la CPI et aussi de celui d'un massacre à caractère génocidaire comme à Srebrenica.  Visitant  les centres de détention de Tripoli et al Zawiya, Amnesty a constaté qu’un tiers des détenus étaient originaires d’Afrique noire et dans un quartier pauvre de la capitale, un groupe d’Erythréens terrorisés a été découvert. Ils ont déclaré qu’ils se cachaient, craignant de faire l’objet d’agressions violentes. "Comme pour confirmer ces craintes, des journalistes britanniques (the Guardian, the Independent cité par Colette Braeckman) ont découvert une trentaine de corps en décomposition, des Africains noirs qui avaient été tués dans un hôpital de fortune alors qu’ils gisaient sur des brancards ou se trouvaient dans une ambulance". Oui il s'agit bien encore une fois d'un massacre à caractère génocidaire commis par les supplétifs de la France en Libye.

ATTENTION IMAGES CHOQUANTES !

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Il y a eu aussi des crimes de guerre réalisés délibérément par l'Etat français en Libye. Ainsi la France et la Grande-Bretagne ont détruit délibérément les ressources et les infrastructures hydriques libyennes, selon The Ecologist.
Les bombardements massifs de zones civils à Syrte relèvent également de crimes de guerre peu abordés par les médias français. Silence radio même quand le premier ministre de Sarkozy, Fillon, qui a avalisé ces crimes se présentent aux élections présidentielles 2017. La presse française a plus parlé de ses liens avec l'homme des réseaux françafricains Robert Bourgi que de son action au côté du chef de guerre Sarkozy en Libye.

Pourtant tous les spécialistes, experts et géopolitologue français s'accordent pour dire que l'action concertée franco-britannico-étatsunien en Libye menée par le terrible quatuor Sarkozy-Cameron-Clinton-Obama Sans oublier Fillon est à l'origine du chaos dans la sous-région et en particulier au Mali. Comme signalé plus haut, les rebelles djihadistes armés par la France, la Grande-Bretagne, le Qatar et les USA se sont répandus dans la sous-région en bénéficiant qui plus est des stocks d'armement de Kadhafi et de l'effondrement de l'Etat de droit en Libye. Des touaregs, des djihadistes ont envahi en 2012 le nord du Mali pour imposer la charia.

Dans le livre La guerre au Mali – Comprendre la crise au Sahel et au Sahara – Enjeux et zones d’ombre, publié à  La Découverte en 2013 sous la direction de Michel Galy, Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou écrit ceci, sous le titre Le nouveau « grand jeu » des puissances occidentales au Sahel :
« […] après l’effondrement du bloc soviétique, l’interventionnisme occidental – théorisé en un « droit d’ingérence » dès 1987 et précisé en une « responsabilité de protéger » en 2001 – se manifesta tous azimuts : en Somalie en décembre 1992 (États-Unis), au Rwanda en juillet 1994 (France), à Haïti en juillet 1994 (États-Unis), au Timor en septembre 1999 (Australie), en Yougoslavie en mars 1999 (OTAN), en Afghanistan en octobre 2001 (États-Unis et Grande-Bretagne), en Côte d’Ivoire en novembre 2004 et en avril 2011 (France), en Libye en mars 2011 (OTAN) et au Mali en janvier 2013 (France). » (page 61). Terrible liste de crimes dont l’énumération s’achève sur deux pays – la Libye et le Mali – étroitement liés tant que Muammar Gaddhafi a été en vie… c’est-à-dire jusqu’au moment où l’Occident a décidé de s’en saisir et de le mettre à mort.

« […] les groupes touaregs en exil en Libye rentrent au Mali au lendemain du conflit libyen, forts de leur expérience militaire et nourris d’un esprit revanchard sur un gouvernement malien lui-même affaibli par la perte de l’allié à Tripoli. » (page 67)

Le nouveau chef de guerre français François Hollande va alors avec le même Etat-major (auquel il est pieds et mains liés en l'absence de  du contrôle du Parlement sur l'exécutif) que son prédécesseur Sarkozy, mettre en place une intervention militaire au Mali profitant de l'extension de la vague djihadiste au Mali. Il s'agit d'une intervention militaire qui avait été déjà planifiée par les militaires français en 2009 et que Sarkozy avait à l'époque refusé après avoir facilité l'intervention de l'armée française au Tchad en 2008 pour favoriser le maintien au pouvoir du despote françafricain Idriss Déby.

«Dès les premières prises d'otages français en 2009, l'armée française avait imaginé sous le nom d'opération Requin, les moindres modalités d'une intervention au Mali». Il aura fallu finalement attendre 4 ans, et un argument massu servi au tout nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. «Dès la première réunion, le projet guerrier est évoqué. «Si nous ne nous battons pas aujourd'hui au Sahel, explique l'un des patron de l'armée, nous devrons nous battre demain à Marseille». Le spectre des jeunes des cités partant combattre au Sahel aux côtés d'Aqmi impressionne le nouveau ministre. Et tant pis si la réalité est toute autre! Les apprenti Djihadistes basés en France ont été deux cents à rejoindre les rangs des rebelles syriens, mais ils auront été deux à gagner le Nord du Mali». (Bakchich Hollande chef de guerre pas bien malien)

Alors que des situations politiques existaient suite à l'envahissement du nord du Mali par les djihadistes et Touaregs repus des armes issus des stocks de Kadhafi, l'Etat-major français et son chef de guerre vont décidé d'intervenir militairement au Sahel et particulièrement au Mali. Ainsi la ministre malienne Aminata Traoré porteuse d'un projet alternatif politique antiguerre sera interdite de séjour en France en l'interdisant d'espace Schengen puis de Forum social mondial au Canada. Avant et après l'intervention militaire française les voix antiguerre ont été occultés tandis que les communicants de l'armée française dans la presse ont glorifié cette intervention.

 

Pourtant, tous actuellement y compris les médias d'Etat considèrent cette intervention comme un échec (ou se montrent beaucoup plus critiques) dans le sens où après 4 ans d'occupation militaire du Mali, les groupes djihadistes pullulent dans le nord mali et la situation pacifique n'a pas été rétablie.

« La stratégie purement militaire demeure limitée, et il va falloir que la di­plomatie française en tire les consé­quences  », espère la FIDH (AFP, 18/05). « Paris, comme les puissances régionales prêtent beaucoup trop d’attention à l’as­pect militaire de la lutte contre les djiha­distes, pas assez au terreau qui l’alimente », rappelle également Human Rights Watch (Lexpress.fr, 19/05). « Dans bon nombre de villages, il semble que les djihadistes aient pris la place des acteurs étatiques chargés de lutter contre le bandi­tisme et contre la délinquance ordinaire, de résoudre les querelles conjugales ou fa­miliales et de favoriser la réconciliation communautaire  », explique Corinne Dufka, directrice de la division Afrique de l’Ouest de HRW (IRIN, 29/05). Si les djihadistes font régner la terreur, notamment à l’encontre de ceux qui collaborent avec les forces étrangères ou ne respectent pas la Charia, ils jouissent néanmoins d’une réelle implanta­tion et, toujours selon C. Dukfa, « trouvent porte ouverte à leur propagande en s’ap­puyant sur les maux qui gangrènent le Mali depuis des décennies : la mal­-gouver­nance, la faiblesse de l’État face au bandi­tisme, l’impunité » (Lexpress.fr, 19/05). (Source : BdA Barkhane : chronique d’un naufrage annoncé)

Le professeur Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, docteur en sciences politiques de l’université de New York, professeur invité à l’IHEID et expert associé au Centre de Politique de Sécurité de Genève déclare lors d'une interview sur la RTS que l'intervention française a été inutile  : "Cette intervention n'a pas vraiment réglé les choses. Un hôtel à Bamako pris en otage avec 22 morts...l'insécurité est là, les groupes ont progressé, le développement étatique et la transition malienne avance cahin caha beaucoup plus avec des difficultés. Mais fondamentalement, est-ce que la réponse militaire résout les problèmes sociaux, les problèmes politiques, je dirais non. On a vu cet échec de l'interventionnisme ailleurs".

 

En dépit des « scores » affichés par l’armée française, la situation sécuritaire du Mali reste catastrophique et ne cesse d’empirer. Certes, depuis l’opération Serval, les groupes djihadistes n’administrent plus le nord du pays, mais ils se sont recomposés et restent omniprésents. Leur pouvoir de nuisance s’est même étendu au centre du pays et aux frontières du Burkina et du Ni­ger, contraignant les militaires français à ré­ orienter leur action dans ces zones. En mars dernier, les chefs militaires d’Aqmi, des Bri­gades du Macina et d’Al­Mourabitoune an­nonçaient par vidéo leur fusion sous la houlette de Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Ed­dine, dans un nouveau mouvement baptisé « Groupe de soutien à l’islam et aux musul­mans ». La Minusma que la force française est censée seconder (en réalité c’est l’in­verse), pourtant forte de presque 14 000 hommes, consacre l’essentiel de ses moyens à se protéger elle-­même plutôt que les po­pulations civiles. Entre les mines, les at­taques kamikazes, les embuscades et les tirs de mortiers sur ses campements militaires, elle reste la mission la plus dangereuse des Nations unies avec 118 casques bleus tués depuis 2013, sans compter les victimes au sein des forces maliennes et françaises. (BdA)

Aux dernières nouvelles, le nouveau chef de guerre français aurait déclaré envisager une intensification de l'activité militaire au Mali et que les militaires français resteraient au Mali pour une durée indéterminée.

"La France restera engagée au Mali au sein de l'opération Barkhane "aussi longtemps qu'il le faudra" pour gagner la bataille contre le terrorisme, a déclaré dimanche Emmanuel Macron. L'opération Barkhane, qui a pris la suite le 1er août 2014 de l'opération Serval, mobilise quelque 4.000 soldats français au Sahel contre les groupes djihadistes." (AFP La France restera au Mali tant qu'il le faudra (Macron)).

Au prétexte de la lutte contre le terrorisme au Sahel et au Mali, le vrai visage de l'opération militaire française, planifiée dès 2009, semblerait-elle sourdre au grand jour : celle d'une occupation militaire pour le contrôle des richesses minières de la sous-région ?

A suivre : l'action en deux temps du chef de guerre français Hollande en Centrafrique et les massacres à caractère génocidaire commis dans ce pays sous les yeux de l'armée française.

Mort d'un dissident français : François-Xavier Verschave et la Françafrique. Actualité d'un crime français contre l'Afrique. De la forclusion et du génocide comme politique étrangère ?

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