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Le New York Times et l'Associated Press retirent leurs allégations selon lesquelles 17 agences de renseignement US ont reconnu que la Russie avait piraté les élections (Mint Press News)

par Mint Press News 10 Juillet 2017, 18:34 Fausse information NYT AP Russiagate Clapper Elections Trump Clinton Désinformation Médias France USA Articles de Sam La Touch

Le New York Times et l'Associated Press retirent leurs allégations selon lesquelles 17 agences de renseignement US ont reconnu que la Russie avait piraté les élections étatsuniennes
Article originel : NYT, AP Retract Claim That 17 US Intel Agencies Agree Russia Hacked US Elections
Mint Press News

 

Traduction Karl pour SLT

Le New York Times et l'Associated Press retirent leurs allégations selon lesquelles 17 agences de renseignement US ont reconnu que la Russie avait piraté les élections (Mint Press News)

Les allégations selon lesquelles tous les services de renseignements étatsuniens importants avaient reconnu que la Russie était intervenue dans l'élection de l'année dernière s'est révélée fausse. Ces accusations ont été la pièce maîtresse pour soutenir les informations sur le "Russiagate", indiquant qu'une grande partie de ce qui a été rapporté sur ce scandale était erroné.

 

Pendant presqu'une année, les médias aux États-Unis ont rapporté l'interférence présumée de la Russie dans l'élection présidentielle étatsunienne de 2016 par-dessus tout le reste - une histoire qui a complètement dominé l'actualité, connu aussi sous le nom de "Russiagate". L'incendie dévastateur a d'abord commencé quand Hillary Clinton - la chouchoute de la communauté du renseignement US, de la presse grand public et de Wall Street - a échoué à gagner des élections dont les médias étaient convaincus qu'elle la remporterait.

 

L'histoire s'est développée très rapidement dans les semaines suivant les élections, se mêlant à la propagande anti-russe et aux accusations contre le Président Donald Trump quant à la collusion présumée de sa campagne avec le gouvernement russe. Cependant, les premières accusations ont commencé à apparaître quand la campagne de Clinton a été perturbée par la diffusion de courriers électroniques du Comité national Démocratique et du directeur de sa campagne John Podesta. Le gouvernement russe a été accusé pour ces fuites, bien qu'une preuve substantielle ait indiqué qu'un initié du Comité national du parti Démocrate fut la source réelle des fuites.

 

Une fois que le récit sur les pirates informatiques russes est parvenu au premier plan, les médias ont commencé à en rajouter pour connecter Trump et sa campagne avec la Russie - créant l'illusion d'une "amitié" forte entre Trump et Poutine malgré le fait que les deux ne s'étaient jamais rencontrés. Une grande partie des informations sur cette amitié prétendue a été répandue quand Trump pendant la campagne électorale a décrété qu'il voulait améliorer les relations entre les États-Unis et la Russie, qui s'étaient résolument détériorées sous l'administration Obama et lorsqu'il a annoncé qu'il voulait collaborer avec les russes pour défaire l'Etat islamique (EI).  

La forte amitié et le récit sur la prétendue collusion de sa campagne avec les Russes ont été continuellement et intensément diffusés par plusieurs politiciens de haut rang du parti Démocrate. En fait, la propagande a été si intense qu'à présent cela entraîne des ennuis pour les Démocrates.

En conséquence, c'est depuis devenu "un crime" aux yeux des médias traditionnels qu'un politicien étatsunien ait eu un contact avec n'importe quel officiel russe. Cela a aussi signifié que défendre la politique du gouvernement russe ou ses actions pourrait rapidement faire de vous la risée de la presse grand public.

Mais certaines des médias et des agences de presse les plus prestigieuses dans le pays ont été forcées de se rétracter concernant leur allégation majeure qui a été au centre de leur Russia bashing : à savoir que "l'ensemble des 17 services de renseignements US ont reconnu que la Russie avait essayé d'influencer l'élection 2016 pour qu'elle favorise Donald Trump." La semaine dernière, tant le New York Times que l'Associated Press ont été obligés de retirer leur allégation de plusieurs de leurs articles, car celle-ci s'est avérée fausse.

Le New York Times fut le premier, à ajouter une correction dans à un article en date du 25 juin, stipulant :

"Un article de notes publié lundi sur la Maison Blanche au sujet des déviations et démentis du Président Trump à l'égard de la Russie a cité inexactement une information des services de renseignement qui a déclaré que la Russie avait orchestré des cyberattaques pendant l'élection présidentielle de l'année dernière. L'évaluation a été faite par quatre services de renseignements - le Bureau du Directeur de l'Intelligence nationale (DNI), la CIA, le FBI et l'Agence de Sécurité nationale. L'évaluation n'a pas été approuvée par toutes les 17 organisations dans la communauté du renseignement étatsunien."

 

L'Associated Press a suivi quelques jours plus tard dans "une clarification" exposant :

"Dans des articles publiés le 6 avril, le 2 juin, le 26 juin et le 29 juin, l'Associated Press a rapporté que l'ensemble des 17 services de renseignements étatsuniens ont reconnu que la Russie a essayé d'influencer l'élection 2016 en faveur de Donald Trump. Cette évaluation a été basée sur des informations rassemblées par trois agences - le FBI, La C.I.A. et l'Agence de Sécurité nationale - et publiée par le Bureau du Directeur de l'Intelligence nationale, qui représente tous les services de renseignements étatsuniens. Néanmoins, tous les 17 services de renseignements n'ont pas été impliqués dans cette évaluation."

 

Le New York Times et l'Associated Press retirent leurs allégations selon lesquelles 17 agences de renseignement US ont reconnu que la Russie avait piraté les élections (Mint Press News)

L'allégation provient d'une déclaration effectuée par l'ancien directeur de l'Intelligence nationale (DNI) James Clapper qui a affirmé que la Russie était intervenue dans l'élection étatsunienne en se basant sur des informations d'analystes "triés sur le volet"  travaillant seulement pour trois services de renseignements étatsuniens - la C.I.A., le FBI et l'Agence de Sécurité Nationale. Le DNI représente nominalement l'ensemble des 17 services de renseignements étatsuniens et sa déclaration a été inexactement considérée comme représentant le consensus parmi l'ensemble de la communauté du renseignement étatsunien.

Il y a beaucoup de raisons de douter de Clapper, aussi bien que des trois agences impliquées dans les preuves de l'interférence russe. Par exemple, Clapper a fait un faux témoignage en 2013 où il a menti sous serment au Congrès quant à la collection massive de données civiles par la NSA.  De plus, Clapper a, plus récemment, exprimé son préjugé personnel contre la Russie quand il a exposé durant une interview sur “Meet the Press” que les Russes sont "typiquement, presque génétiquement conduits pour coopter, pénétrer, gagner la faveur de, quoiqu'il arrive" Pourtant, étant donné le climat médiatique russophobe aux États-Unis, l'affirmation de Clapper qu'une appartenance ethnique entière n'est pas digne de confiance sur la base de la génétique a été en grande partie ignoré par les médias.

De plus, les trois agences qui ont fourni les informations de Clapper concernant les allégations quant au rôle de la Russie dans l'élection de 2016 sont sans doute les moins dignes de confiance sur l'ensemble de la communauté étatsunienne. La C.I.A., par exemple, est intervenue dans de nombreuses élections dans le monde entier depuis sa fondation et, plus récemment, a créé des outils pour déguiser des piratages qu'elle commet comme ayant été effectué par d'autres nations. À côté de la C.I.A., on sait que le FBI peut fabriquer des complots terroristes pour lesquels il se ruine fréquemment, tandis que la NSA est bien connue pour rassembler illégalement les données électroniques de chaque Etatsunien et de mentir à ce sujet.

Tandis qu'une grande partie de ces informations étaient disponibles à l'époque où la fausse allégation a été initialement faite, des publications comme celles du New York Times et de l'Associated Press ont semblé plus désireuse de propager un récit politiquement motivé plutôt que de fournir des faits objectifs dans leurs articles.

Cela vaut la peine de noter que tant le Times que l'Associated Press se sont associés avec la campagne de Clinton à plusieurs reprises avant les élections de 2016, suggérant une ardeur de leurs rédacteurs d'embrasser l'excuse choisie par Clinton pour justifier son échec aux élections de novembre 2016. De plus, on sait que le New York Times s'est associé avec des services de renseignements étatsuniens dans le passé, particulièrement la C.I.A.

Cependant, ils payent à présent les conséquences de leurs actes - une ironie du sort pour des publications si intimement impliquées dans la chasse aux "fausses informations" sur Internet et sur les médias sociaux.

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