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Pluie de pétrodollars sur les cercles de réflexion, les experts et les médias. La redoutable influence de Riyad à Washington (Le Monde diplomatique)

par Daniel Lazare 9 Juillet 2017, 01:19 Arabie Saoudite Influence USA Financement Lobby

Tièdes durant la dernière présidence de M. Barack Obama, les relations entre l’Arabie saoudite et les États-Unis se sont réchauffées depuis l’entrée en fonctions de M. Donald Trump. Une amélioration surprenante quand on connaît la virulence des attaques de ce dernier contre la monarchie wahhabite avant son élection, mais qui doit beaucoup à l’efficacité du lobby américain prosaoudien.

Pluie de pétrodollars sur les cercles de réflexion, les experts et les médias. La redoutable influence de Riyad à Washington (Le Monde diplomatique)

Ce n’est pas sans raison que l’Arabie saoudite a accueilli avec inquiétude la victoire de M. Donald Trump en novembre dernier. Après tout, sa vieille amie Hillary Clinton ne tarissait pas d’éloges sur le royaume, qu’elle présentait comme une force de paix et de stabilité, alors que son adversaire républicain en disait pis que pendre depuis des années. Concernant les attentats de septembre 2001, M. Trump avait accusé Riyad d’être « le plus gros bailleur de fonds mondial du terrorisme » : la monarchie pétrolière, écrivait-il, utilise « nos pétrodollars — notre argent à nous — pour financer les terroristes qui cherchent à détruire notre peuple pendant que les Saoudiens comptent sur nous pour les protéger  ». Durant sa campagne électorale, il a menacé de bloquer les importations de pétrole saoudien si le royaume n’intensifiait pas sa lutte contre l’Organisation de l’État islamique (OEI).

Pourtant, sept mois seulement après son élection, le président américain a choisi Riyad pour sa première visite officielle à l’étranger. À peine sur place, il a confirmé sa volte-face diplomatique en appelant à un changement de régime en Iran et en annonçant un contrat de 110 milliards de dollars (un peu plus de 98 milliards d’euros) de ventes d’armes — auxquels pourraient s’ajouter 240 milliards de contrats la décennie suivante. Certes, on peut douter de la capacité du gouvernement saoudien à honorer cette fastueuse commande, compte tenu d’un déficit des comptes publics de 22 % du produit intérieur brut consécutif à la chute des prix du pétrole ; mais c’est une autre affaire. Plusieurs sources à la Maison Blanche laissent entendre que ces contrats de ventes d’armes formeront la base d’une future « OTAN arabe » destinée à combattre à la fois l’Iran et l’OEI.

 

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