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Macron's Watch n°4 : Fin de la démocratie en France ? Psittacisme atlantiste sur le Venezuela et la Syrie ?

par SLT 2 Septembre 2017, 17:10 Macron's Watch Dictature Démocratie France Vème République Atlantisme Impérialisme Articles de Sam La Touch

Bulletin du 6.08.17 au 1.09.17

- Fin de la démocratie en France ?
- Un psittacisme atlantiste macronien sur le Venezuela et la Syrie
?

- Fin de la démocratie en France ?

Le régime autoritaire de la Vème est envié par de nombreux candidats à l'autocratie de par le monde sans pour autant qu'une grande partie des médias français, communicants au service, puissent faire une once de critique sur le régime mise en place par le Général lors des "évènements d'Algérie" en 1958. Ce régime présidentiel fort est un héritier de la coloniale, il avait pour but de donner les mains libres sur le plan militaire au Président sans aucun contrôle parlementaire pour donner libre cours aux actions souverainistes, colonialistes du nouveau chef d'état et du complexe militaro-industriel français. Depuis 1958, le Parlement sur les affaires étrangères et l'exécutif a été mis hors jeu, il n'a plus aucun rôle. Au point que Mitterrand, avant de parvenir au pouvoir, lorsqu'il était dans l'opposition, parlait de "coup d'état constitutionnel". Les Français et leurs représentants à l'Assemblée nationale ne sont plus consultés sur l'entrée en guerre de leur pays. Il n'y a plus aucun contrôle parlementaire sur l'exécutif en dépit des recommandations de la mission d'information parlementaire française en 1998 sur l'implication française dans le génocide rwandais.

Un exemple paradigmatique de cette non démocratie, en ce qui concerne l'exécutif, s'est vu sous le règne du chef de guerre Hollande qui a annoncé son intention de faire la guerre en Syrie devant le Parlement sans que celui-ci ait un quelconque rôle et a attendu sagement que les démocraties parlementaires britanniques et étatsuniennes votent, pour se prononcer sur l'entrée en guerre de la France en Syrie. Autrement dit, le chef de guerre Hollande a attendu que les représentants de la nation au Parlement des peuples britanniques et étatsuniens se prononcent en septembre 2013 pour savoir si il envoyait son pays dans une guerre ouverte avec le régime d'Assad. On a bien compris un pays dont les représentants du peuple devant la nation n'ont aucun mot à dire, aucun contrôle sur l'engagement de leur pays dans une guerre n'est à fortiori pas une démocratie, tout au plus une semi-démocratie ou un régime semi-militaire.

 

Mais l'arrivée du chef de guerre Macron risque tout simplement de faire évoluer le régime de la Vème vers son asymptote logique : la dictature. En effet, Macron dans le courant de l'été 2017, a constitué une task force anti terroriste sans aucun contrôle gouvernemental et parlementaire. Il a créé : " un Centre de coordination des activités des services, qu'il a lui même qualifié de task force élyséenne...Les membres du gouvernement n'auront pas à en débattre, ils seront uniquement invités à ratifier le décret permettant la formation, auprès d'Emmanuel Macron, de cette sorte de cellule antiterroriste".  (Sous le régime de la Vème : une task force sous contrôle du chef de guerre sans aucun contrôle parlementaire et gouvernemental). Mieux, il entend faire entrer définitivement dans la loi des dispositifs de l'Etat d'urgence renforçant ainsi à vie sous le régime de la Vème les pouvoirs policiers. Selon Le Monde, le projet de loi antiterroriste, censé permettre de sortir du régime d’exception, fait entrer dans la loi ordinaire les assignations à résidence ou les perquisitions administratives.  Interdiction de circulation, interdiction de manifestation, fermeture de certains lieux, interdiction de manifester et perquisitions administratives, assignation à résidence sont autant de mesures qui seront décidées sous l'autorité du ministère de l'Intérieur et des préfets, sans la moindre intervention d'un juge.
« Selon le texte, que Le Monde a pu consulter, les mesures les plus sévères du régime d’exception créé en 1955 pendant la guerre d’Algérie, notamment les assignations à résidence, la fermeture de certains lieux, l’interdiction de manifester et les perquisitions administratives de jour et de nuit vont se retrouver dans le droit commun avec quelques modifications marginales. ».
(Lire également : Christine Lazerges: le projet de loi antiterroriste est «une grave régression de l’Etat de droit»).

Le pouvoir judiciaire serait réduit à l’impuissance, et la police et les services de renseignement auraient des pouvoirs hors contrôle, a expliqué Le Monde : « Toutes ces mesures resteront l’apanage du ministère de l’intérieur et des préfets, sans l’intervention d’un juge judiciaire. »

Une autre mesure, intitulée « surveillance et autres obligations individuelles », énonce des sanctions pouvant être appliquées à « toute personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour la sécurité et l’ordre publics ». Cela permettra également au ministère de l’intérieur, qui aurait rédigé la loi, d’obliger des gens à porter un dispositif de marquage électronique. Fait remarquable, cette mesure a été réintroduite dans la loi, même après qu’elle ait été jugée inconstitutionnelle suite à son imposition sous l’état d’urgence en décembre 2015".

Le régime autoritaire français utilise le prétexte de lutte contre le terrorisme pour réduire de manière durable les libertés publiques et renforcer le contrôle de la population.

 

Le régime pourrait basculer dans la dictature. Notamment quand le nouveau chef d'Etat décide d'imposer la loi travail par ordonnances en court-circuitant le Parlement. On se retrouve dans une situation paradoxale où les ordonnances seront appliquées avant même qu'elles soient votées au Parlement. Le 22 septembre, les ordonnances sur la loi Travail seront examinées en conseil des ministres et le 25 septembre elles seront publiées au journal officiel avec effet immédiat (sauf avis contraire du Conseil d'Etat qui doit se prononcer le 14 septembre) où elles entreront en vigueur alors que le vote du Parlement n'interviendra que fin 2017. Il s'agira d'un vote purement formel sans débat sur le contenu des ordonnances.



Sous le régime de la Vème, la politique étrangère et l'exécutif étaient sanctuarisés mais si dans le domaine de la politique intérieure il en va de même et que le Parlement est exclu du débat, cela marquerait la fin de la démocratie en France.



En Marche...vers la dictature ?

- Psittacisme atlantiste macronien sur le Vénézuela et la Syrie ?


"Rien ne séparera jamais la France des Etats-Unis" Macron (AFP, 14 juillet 2017)


Après que Trump ait présenté Maduro comme un "dictateur", élément de langage repris par de nombreux médias mainstream, en évoquant une solution militaire, Macron reprend ces mêmes éléments de langage sans toutefois évoquer d'option militaire.

S'exprimant devant les ambassadeurs français réunis à Paris, Macron, ancien Young Leader de la French American Foundation, a déclaré mardi 29 aout 2017"une dictature tente de se survivre au prix d'une détresse humanitaire sans précédent, de radicalisations idéologiques inquiétantes, alors même que les ressources de ce pays restent considérables".
Il montre par là même qu'il emboîte les pas de la propagande atlantiste à l'encontre du gouvernement de Maduro semblant aller dans le sens des récentes sanctions diplomatiques et économiques et des décisions militaires imposées par les Etats-Unis. Mais Maduro en faisant voter par le peuple une Assemblée constituante dans un pays saboté par l'opposition agit de manière démocratique pour poursuivre son action jusqu'aux élections prévues fin 2018. Qu'en est-il du chef de guerre Macron quand il court-circuite le Parlement pour faire passer sa réforme libérale de la loi travail et court-circuite le Parlement et le gouvernement pour s'arroger les pleins pouvoirs sur une task force anti-terroriste ?

 

Enfin, on sera surpris du énième revirement du discours macronien sur la Syrie. Après avoir annoncé sous le chef de guerre Hollande dont il était le ministre de l'économie, puis peu après son accès à l'Elysée, qu'Assad devait partir en menaçant d'intervenir militairement suite aux allégations d'attaque chimique en Syrie le 4 avril, il avait montré un rapprochement avec la Russie et entendait pouvoir travailler un temps avec Assad.

 

Ainsi en juin 2017, il déclarait dans un entretien accordé à plusieurs quotidiens européens, ne pas voir de successeur légitime à Bachar al-Assad dans la situation que connaît actuellement la Syrie : "Je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar al-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime !". (Le Soir, 21.06.17). A l'époque, pour Macron, les priorités en Syrie étaient la lutte contre les groupes terroristes et la stabilité du pays mais pas le départ de Bachar al-Assad du pouvoir.

Lire également :
- Le Monde Emmanuel Macron justifie son « aggiornamento » au sujet de Bachar Al-Assad

Mais, aux dernières nouvelles, il demanderait à nouveau le départ d'Assad. En effet, selon l'AFP, le gouvernement de Macron aurait déclaré que la paix en Syrie ne peut pas se construire avec le président Bachar al-Assad, en entendant reprendre l'initiative sur le dossier syrien en créant un "groupe de contact" aux contours encore flous. Soit un virage à 180° par rapport au précédent "aggiornamento".

"Le président Bachar el-Assad "ne peut pas être la solution en Syrie" et la transition "ne va pas se faire avec lui", a estimé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian sur la radio privée RTL. "On ne peut pas construire la paix avec Assad", a-t-il dit, dans des déclarations s'inscrivant dans la ligne traditionnelle de Paris. Ces propos, que n'auraient pas reniés ses prédécesseurs, interviennent après que le président français Emmanuel Macron eut affirmé peu après son arrivée au pouvoir avoir fait un "aggiornamento" sur la Syrie." (AFP Syrie: Assad n'est pas la solution, selon Paris, qui tente de créer un groupe de contact).
 

Ce changement de ligne du chef de guerre Macron intervient dans un contexte où Netanyahu et certains membres de son gouvernement auraient menacé d'intervenir directement en Syrie et de neutraliser Assad en bombardant son palais. Une simple coïncidence ?

Macron's Watch n°4 : Fin de la démocratie en France ? Psittacisme atlantiste sur le Venezuela et la Syrie ?
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