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Dernier acte : le rideau se ferme sur Idlib (MintPress News)

par Steven Sahiounie 20 Décembre 2017, 21:15 Idlib Al-Quaïda Terrorisme Lutte Armée syrienne Syrie Articles de Sam La Touch

Dernier acte : le rideau se ferme sur Idlib
Article originel :  The Last Act: the Curtain Closes on Idlib
Par Steven Sahiounie*
Mint Press News

Traduction SLT

 Dernier acte : le rideau se ferme sur Idlib (MintPress News)

L'Armée arabe syrienne approche à grands pas d'une capture complète de la dernière province sous contrôle terroriste. Idlib est une ville du nord-ouest de la Syrie, capitale de la province d'Idlib, à 59 kilomètres au sud-ouest d'Alep. Idlib a été capturé le 28 mars 2015 par une coalition de diverses milices de l'opposition armée qui comptait beaucoup sur deux factions extrémistes : Jabhat al-Nosra et Jund al-Aqsa.
 

Les groupes terroristes d'Idlib

Lorsque le conflit syrien a éclaté en 2011, l'armée syrienne libre (ASL) aimait se faire passer pour des Syriens locaux : combattant dans le cadre d'un soulèvement populaire, avec le plein soutien de la base. Cependant, les partisans étrangers de l'opposition, à savoir les Etats-Unis, l'OTAN et les monarchies arabes du Golfe Persique, n'ont pas tenu compte du fait que la plupart des Syriens n'allaient pas se battre, ni soutenir une révolution armée. Face à une défaite amère, l'ASL a immédiatement lancé un appel à leurs frères d'armes : les extrémistes mondiaux pour lutter pour l'Islam et la révolution syrienne, dans le but de vaincre le gouvernement Assad.

Alors que les années de conflit se prolongeaient, l'ASL a presque cessé d'exister, sauf dans l'esprit du gouvernement étatsunien, qui continuait à les soutenir pleinement, comme leurs alliés.  Bientôt, les champs de bataille syriens sont devenus un patchwork de groupes terroristes alignés avec Al-Qaïda, et finalement l'Etat islamique (EI). Les fragiles poches de l'ASL ont été saluées comme des rebelles modérés et laïques, tandis que les milices terroristes beaucoup plus fortes et couronnées de succès s'épanouissaient grâce au soutien continu de l'ASL par les États-Unis et leurs alliés. Le groupe féroce de Jabhat al-Nosra recevait un soutien total de la Turquie, alors qu'il était  qualifié par les États-Unis comme un groupe terroriste.  

Jabhat al-Nosra, connu sous le nom d'al-Qaïda en Syrie, ou Al-Qaïda au Levant, a changé son nom pour Jabhat Fateh al-Sham après juillet 2016. Il s'agit d'une organisation extrémiste salafiste, dont le but est d'établir un État "islamique" en Syrie.

Maintenant, alors qu'Idlib fait face à la dernière bataille, il est presque impossible d'énumérer toutes les milices impliquées; cependant, Hay'at Tahrir Al-Sham (HTS) est le principal groupe et était auparavant affilié à Al-Qaïda. Beaucoup de ces terroristes sont arrivés à Idlib dans le cadre de programmes de réinstallation négociés dans d'autres parties du pays, comme à Alep-est et dans la banlieue de Damas.  

Lors de la libération d'Alep est en décembre 2016, de nombreux terroristes et leurs familles se sont installés à Idlib dans le cadre d'un règlement. Auparavant, de nombreux combattants chinois ainsi que leurs familles étaient venus s'installer à Idlib. On estime qu'environ 3 500 citoyens chinois (les Ouïgours) sont venus en Syrie dans le cadre d'un programme soutenu par la Turquie et ont reçu de faux passeports turcs pour effectuer le voyage. Il fut un temps où le Président turc Erdogan avait envisagé une province de langue turque, à la frontière turco-syrienne, qui devait être annexée à la Turquie. Jisr al-Shughour, colonisée par le Parti islamiste turkistanais, est une ville de la province d'Idlib.

La Turquie, la Russie et l'Iran ont conclu un accord sur quatre zones de désescalade en Syrie, dont Idlib; toutefois, l'EI, Al-Qaïda et les groupes terroristes internationalement reconnus ont été exemptés du plan. En octobre 2017, la Turquie a commencé une invasion de la Syrie le long de la frontière commune.  Du côté turc, leur objectif était d'éliminer le groupe armé kurde syrien (YPG) soutenu par les États-Unis, que la Turquie considère comme une extension des terroristes kurdes nationaux (PKK). Idlib borde les zones contrôlées par le groupe kurde YPG et le président Erdogan a récemment déclaré son objectif de nettoyer la Syrie des terroristes , tout en critiquant régulièrement les États-Unis pour avoir soutenu et armé les Kurdes syriens.

De nombreux propriétaires terriens et habitants de la province d'Idlib ont depuis longtemps abandonné leurs maisons, leurs fermes et leurs magasins pour se rendre au nord de la Turquie en tant que réfugiés, ou à l'ouest pour profiter de la sécurité de Latakia. Toutefois, certains résidents ne sont pas partis et ont résisté à l'incursion terroriste. Beaucoup d'entre eux ont été victimes de persécutions et d'oppression de la part de ces diverses milices et seigneurs de la guerre. Récemment, Abu Bakr Ras Al-Hosn, un haut responsable du groupe HTS a été retrouvé mort à Ma'arat Masreen. L'état de son corps a montré clairement qu'il avait été assassiné de façon brutale, et on pense que des civils de la région l'auraient assassiné en représailles de son extrême cruauté. Salahuddin al-Shishani, le commandant tchétchène de Jaish al-Muhajireen wal-Ansar (JMA), aurait également été tué récemment.

Le Comité de libération du Levant, affilié à Al-Qaïda et contrôlant une grande partie d'Idlib, a publié vendredi une fatwa islamique appelant à la mobilisation de tous les hommes et des armes disponibles.

 

Serrer le noeud coulant

Ces derniers jours, les zones suivantes d'Idlib ont été capturées par l'Armée arabe syrienne, dirigée par des éléments de la 4e Division mécanisée et de la Garde républicaine, avec l'appui aérien russe :


Organismes caritatifs soutenus par l'Occident à Idlib

Médecins Sans Frontières (MSF), également connu sous le nom de Doctors Without Borders, a cessé son soutien à Idlib. Selon Tameem Shawaro, affilié à MSF à Idlib, ils ont été avisés que le bureau de Mishmishan, qui avait servi 22 villages dans la province d'Idlib, fermait ses opérations et son soutien. Cela marque une nouvelle fois les dernières étapes du contrôle terroriste d'Idlib. MSF a opéré dans de nombreux endroits en Syrie pendant les presque 7 années de conflit; cependant, aucune de leurs opérations n'a eu lieu dans des zones contrôlées par le gouvernement syrien, ce qui corrobore la position des organisations caritatives financées par l'Occident, qui jouent un rôle de soutien à la partie terroriste du conflit.

Les Casques Blancs est une compagnie récompensée aux Oscar qui se fait passer comme des premiers secours et sauveteurs en Syrie et est présente à Idlib. Selon les enquêtes de Vanessa Beeley et du professeur Tim Anderson, les casques blancs sont vus sur leurs propres pages Facebook en train de s'aligner avec des groupes terroristes connus, dont l'EI.  Pendant les dernières heures de la bataille d'Alep Est en décembre 2016, les Casques Blancs rapportaient et "tweetaient" en toute sécurité depuis la Turquie.  Reste à voir quel sera le sort des Casques Blancs si Idlib tombe ; leur dernière étape restante.

Selon beaucoup de gens qui ont vécu et souffert pendant ces années de conflit armé en Syrie, ils prétendent que c'est comme un film à la fois de thriller et d'horreur. Le scénario a été écrit bien avant le début de la guerre, et les acteurs et les accessoires ont été apportés. Les producteurs étaient un consortium  des Etats-Unis, de l'OTAN et des monarchies du Golfe, avec un casting de milliers de personnes. Pendant un certain temps, il semblait que cette histoire serait un long conte épique, mais chaque histoire a une fin.  La Syrie est au bord du dernier acte de cette tragédie et le monde attend d'en voir la fin.

* Steven Sahiounie

Steven a commencé à rédiger des analyses et des commentaires politiques pendant la guerre de Syrie, qui a commencé en mars 2011. Il a publié plusieurs articles et a été affilié à de nombreux médias. Il a été interviewé par les médias étatsuniens, canadiens et allemands.

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