“Oxfam à Haïti : ‘On aurait dit une orgie à la Caligula avec des prostituées en tee-shirts Oxfam’”, titre sans détour le quotidien britannique The Times. Dans une enquête exclusive parue à la une, vendredi 9 février, le journal révèle : “L’une des plus grandes organisations caritatives britanniques a dissimulé le recours aux services de prostituées par ses cadres dans l’île d’Haïti dévastée par le tremblement de terre.”

En 2010, Port-au-Prince connaît un séisme de grande ampleur qui fait plus de 220 000 morts, 300 000 blessés et 1,5 million de sans-abri, de nombreuses associations humanitaires se rendent alors sur place pour aider à réparer les dommages. L’organisation caritative Oxfam en fait partie. C’est à cette période-là que certains de ces employés auraient eu recours à des prostituées pour organiser des orgies dans leur résidence. En 2011, une enquête interne pour abus sexuels, téléchargement de pornographie, harcèlement et intimidation est lancée et révèle ces agissements à la direction.

 
Aucune poursuite judiciaire

Le quotidien affirme que la direction a permis à trois employés de démissionner, sans sanction, et en a renvoyé quatre autres pour faute grave. La directrice générale de l’époque, Barbara Stocking, a préféré offrir une “sortie digne et progressive” à certains de ces employés pour ne pas entacher la réputation de l’association.

Pourtant, dans un rapport “confidentiel”, Roland van Hauwermeiren, le directeur régional de l’organisation à Haïti, admet avoir engagé des prostituées dans la villa louée par Oxfam “avec des fonds caritatifs”, souligne The Times. Il serait l’une des trois personnes poussées vers la sortie sans aucune sanction disciplinaire. Le quotidien précise : “Aucun des accusés n’a été arrêté ou poursuivi en justice.”

Des sources proches du dossier estiment que le rapport a été ‘mis sous le boisseau’, et l’une d’entre elles affirme que les patrons d’Oxfam ‘ont jugé inutile de donner suite à certaines des accusations, et ont préféré renvoyer les gens’.”...

 

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