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Alliance pragmatique entre Moscou et Téhéran (Monde diplomatique)

par Nikolaï Kožhanov 23 Mai 2018, 04:32 Iran Russie Collaboration

Alliance pragmatique entre Moscou et Téhéran
Par Nikolaï Kožhanov
Monde diplomatique

Poutine Khameini (c) AFP

Poutine Khameini (c) AFP

M. Donald Trump doit annoncer le 8 mai si les États-Unis soutiennent toujours l’accord sur le nucléaire iranien (1). Un désengagement ouvrirait la voie à une nouvelle crise avec la République islamique, qui pourrait alors relancer son programme d’enrichissement de l’uranium. L’Iran cherchera aussi à renforcer son rapprochement avec Moscou, en dépit d’une histoire commune tumultueuse.

Les relations russo-iraniennes n’ont jamais été un long fleuve tranquille. Au XIXe siècle et jusqu’au début du XXe, les Empires britannique et russe divisaient l’Iran en zones d’influence politique et économique. La chute de la monarchie russe en 1917 et l’arrivée au pouvoir des bolcheviks, qui rejetaient formellement l’héritage impérialiste tsariste, donnèrent à Téhéran l’espoir que Moscou ne menacerait plus l’indépendance de la Perse.
 

En dépit de l’écrasement du mouvement révolutionnaire iranien par Reza Chah Pahlavi dans la province du Guilan, l’Iran et la Russie soviétique signèrent un traité établissant les bases des futures relations bilatérales le 26 février 1921. Les autorités soviétiques ont toujours présenté ce document comme l’un des premiers accords « justes » et « honnêtes » conclus entre Téhéran et les grandes puissances. Toutes les concessions et conventions qui liaient l’Iran au régime tsariste étaient annulées. Moscou transférait même au gouvernement perse, sans aucune contrepartie, toutes les propriétés et tous les avoirs russes détenus en Iran. Toutefois, ce traité stipulait aussi (articles V et VI) que, en cas d’utilisation du territoire iranien par une puissance menaçant la sécurité de l’Union soviétique, cette dernière avait le droit de l’envahir pour se défendre.

Le 25 août 1941, l’URSS et le Royaume-Uni lancèrent des opérations militaires contre l’Iran. Le prétexte officiel de cette invasion était le refus de Reza Chah Pahlavi d’expulser les citoyens allemands. En réalité, les deux puissances redoutaient l’entrée en guerre de l’Iran aux côtés de l’Allemagne et protégeaient leurs intérêts : les gisements de la compagnie pétrolière anglo-iranienne (Anglo-Iranian Oil Company) et la sécurisation du « corridor perse » pour le transit du matériel militaire américain vers l’URSS. Le 16 septembre, l’abdication de Reza Chah Pahlavi en faveur de son fils Mohammad Reza fit entrer l’Iran dans le camp allié et lui garantit une place parmi les vainqueurs de la seconde guerre mondiale...

 
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