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Macron a franchi une ligne rouge dans sa guerre contre les non-vaccinés (The Spectator)

par Gavin Mortimer 6 Janvier 2022, 06:09 Macron Passeport vaccinal Coronavirus Apartheid Dictature sanitaire France Articles de Sam La Touch

Macron a franchi une ligne dans sa guerre contre les non-vaccinés
Article originel : Macron has crossed a line in his war on the unvaccinated
Par Gavin Mortimer
The Spectator, 5.01.22

 

Note de SLT : Le Chapô est de la rédaction

La nouvelle année n'a pas bien commencé pour Emmanuel Macron. Elle a mal commencé lorsqu'une étincelle à l'Élysée a pensé que ce serait une bonne idée de marquer les six mois de présidence française de l'Union européenne en déployant le drapeau bleu et or de l'Union sous l'Arc de Triomphe.

Des millions de Français n'ont pas été amusés par ce qu'ils ont considéré cela comme un geste sacrilège. Les deux principaux rivaux de Macron à droite, Marine Le Pen du Rassemblement national et Valérie Pécresse des Républicains, ont accusé le président de déshonorer la mémoire des militaires du pays. Dimanche, le drapeau de l'UE a connu un retrait tactique, pour le plus grand plaisir de Le Pen, qui s'est exclamée :

"Le gouvernement a été contraint de retirer le drapeau européen de l'Arc de Triomphe, une belle victoire patriotique en ce début d'année 2022".
 

La semaine de Macron s'est aggravée lundi lorsque, contre toute attente, le Parlement français a refusé de donner son aval à son projet de loi sur les vaccins. La nouvelle législation, que Macron espérait voir adoptée le 15 janvier, supprimerait la possibilité pour les personnes d'entrer dans les bars, restaurants, cinémas et autres lieux publics en montrant un test négatif récent ; en d'autres termes, il faudrait se faire vacciner ou être mis au ban de la société.

Le Rassemblement national de Le Pen et la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, parti de gauche, s'étaient particulièrement opposés au projet de loi et la première a encore jubilé lundi lorsque le débat a été suspendu. C'est, a tweeté Le Pen, "une victoire pour la démocratie".
 

Le Premier ministre Jean Castex a qualifié la suspension du débat d'"irresponsable", mais il s'agit peut-être d'une description plus appropriée des remarques faites par Macron à un journal français et publiées hier soir. Dans une interview accordée au Parisien, le président a expliqué pourquoi il voulait que le projet de loi sur le passeport vaccinal soit mis en œuvre : "Je ne cherche pas à rendre la vie difficile aux Français", a-t-il déclaré. Mais les anti-vaxx, j'ai vraiment envie de les emmerder. Et nous continuerons à le faire - jusqu'au bout".

Et ce, en leur pourrissant la vie. Je n'enverrai pas [les personnes non vaccinées] en prison", a déclaré Macron. Nous devons donc leur dire qu'à partir du 15 janvier, vous ne pourrez plus aller au restaurant. Vous ne pourrez plus aller prendre un café, vous ne pourrez plus aller au théâtre. Vous ne pourrez plus aller au cinéma".

Les commentaires de Macron - qui sont intervenus le jour où la France a enregistré un record de 271 686 nouveaux cas de Covid - ont provoqué un tollé au Parlement français et ont conduit à la suspension de la reprise du débat sur le projet de loi sur le passeport vaccinal. C'est clair, le passe vaccinal est une punition collective contre la liberté individuelle", a déclaré Mélenchon, tandis que Le Pen a tweeté que les mots du président démontraient qu'il "est indigne de sa fonction".

Les Républicains ont également été indignés. Bruno Retailleau, chef de file du parti au Sénat, a déclaré que :

" Aucune urgence sanitaire ne justifie de tels propos... Macron dit avoir appris à aimer les Français, mais il semble qu'il aime surtout les mépriser".
 

Comme l'a laissé entendre Retailleau, ce n'est pas la première fois que Macron fait preuve d'une certaine animosité envers son peuple. Depuis son entrée en fonction, il a décrit à plusieurs reprises une partie de la société française comme des "fainéants", des "Gaulois têtus" et, plus notoirement, des "gens qui ne sont rien". Lors d'une interview télévisée le mois dernier, Macron a admis qu'il avait parfois commis des erreurs dans son attitude envers son peuple, une faute qu'il a attribuée au fait de "ne pas connaître nos compatriotes".

Macron n'a manifestement pas appris de ses erreurs, et ses dernières remarques grossières renforceront l'impression qu'il s'agit d'un président sans cœur qui ne comprend pas les gens qu'il gouverne. Tout ce que sa rhétorique belliqueuse permettra de faire, c'est d'aliéner encore plus les non-vaccinés et d'alarmer une grande partie des 90 % de vaccinés qui partagent le sentiment de Le Pen que ces commentaires ne sont pas ceux d'un homme apte à être leur leader.

 


* Gavin Mortimer est un auteur britannique qui vit à Paris depuis 12 ans. Il écrit sur la politique française, le terrorisme et le sport.

Traduction SLT avec DeepL.com

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