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Saluts nazis à la manif anti-pass : "fake news" de Gérald Darmanin, relayée par certains médias (France Soir)

par France Soir 17 Janvier 2022, 20:52 Darmanin Fake News Coronavirus Manifestation Allégations Médias France Articles de Sam La Touch

Saluts nazis à la manif anti-pass : "fake news" de Gérald Darmanin, relayée par certains médias (France Soir)

Un mensonge d’État si grossier qu’on peine à croire que certains médias aient pu le relayer si promptement sans aucune vérification.

 

Une version des faits très vite réfutée

Ce dimanche 16 janvier, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin publiait sur son compte Twitter une photo floutée de manifestants en train de réaliser, selon lui, des « saluts nazis », en marge de la manifestation anti-pass samedi dernier. Il annonçait alors demander à la préfecture de police de Paris d’effectuer un signalement auprès de la justice.

« Cette photo prise en marge de la manifestation anti-pass du mouvement dit « les Patriotes » choque beaucoup, à juste titre. À ma demande, la Préfecture de Police a effectué un signalement à la Justice pour que toutes les suites nécessaires soient apportées. », a-t-il écrit sur le réseau.

Mais très rapidement, la version du ministre de l’Intérieur a été catégoriquement démentie à la suite de la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux qui montre très clairement que les manifestants accusés par le ministre de réaliser un geste nazi, ne faisaient en vérité que taper dans les mains en chantant « Liberté ! ». « M. Darmanin a donc une nouvelle fois menti, et gravement diffamé. », a dénoncé le président des Patriotes, Florian Philippot, sur Twitter.


Hier soir sur BFMTV, Florian Philippot a vertement tancé Gérald Darmanin suite à cette diffamation, annonçant par la même porter plainte contre le ministre : « S’il y avait eu 200 saluts nazis, je l’aurais su. Les journalistes présents l’auraient vu, l’auraient su en direct, les policiers, les gendarmes également, nos vigiles, nos bénévoles, et nos services de sécurité. Donc tout ça est complètement grotesque, indigne, et évidemment ça sera suivi d’une plainte contre Monsieur Darmanin ».
 

D'autres internautes n'ont pas manqué de railler la tentative du ministre de l'Intérieur d'assimiler le mouvement contre le passe sanitaire à un mouvement nazi. En réponse au commentaire du professeur de philosophie René Chiche, qui estimait sur la toile que le « tweet mensonger [de Gérard Darmanin] en dit long sur son auteur et tous ceux qui l'ont cru », un tweet sarcastique a partagé une photo d'Emmanuel Macron en train de réaliser un salut le bras levé, qui pourrait lui aussi être qualifié - à tort mais selon le même procédé - de « salut nazi » : « Je signale cette photo monsieur le ministre, prise au moment de l’adoption du pass Nazitaire ».

 

"Fake news" reprise en chœur par la presse

Des médias grand public ont aussitôt diffusé sans aucun recul l'intox émanant du ministère de l’Intérieur.

« Saluts nazis : Darmanin signale à la justice une manifestation d’extrême droite », pouvait-on lire dans le Point.

« Un signalement à la justice effectué à la demande du ministre de l'Intérieur après des saluts nazis en plein Paris, samedi », titrait France Info.

« Défilé néo fasciste à Paris, le ministre de l'Intérieur Gérard Darmanin réagit », assénait Nice-Matin.

Côté Mediapart, son président, Edwy Plenel, s'est lui aussi empressé de sonner l'alarme : « Des nazis ont défilé en plein Paris ce samedi, sans que la police ne réagisse ». Et de proposer de s'organiser face à une menace inexistante : « À quand ce grand meeting d’un nouveau comité de vigilance antifasciste face au retour du pire ? »

Libération a d'abord titré "Salut nazis dans une manif à Paris : Darmanin demande un signalement à la justice", avant de mettre à jour l'article et son titre pour un plus prudent "Saluts nazis dans une manif à Paris ? Les versions de Darmanin et Philippot s’opposent", qui renvoie courageusement dos à dos les deux versions...

Un épisode qui n'est pas sans rappeler un fait d'armes récent du même média, qui s'était illustré en publiant une "fake news" en partenariat avec le cabinet de la ministre Amélie de Montchalin : croyant débusquer une infox sur son éviction d'un avion à l'aéroport de Genève pour non-respect des procédures sanitaires, la rubrique "CheckNews" (chargée de traquer les... fausses informations) en avait en réalité produit une. Ayant, volontairement ou non, ignoré d'une part les précisions données par Jacques Clostermann, qui avait donné (en plusieurs tweets) la bonne version de l'histoire, et relayé sans discernement la version du cabinet de la ministre, qui était mensongère, "Libé" avait été obligé de rétablir la vérité, dans un deuxième temps. Mais le journal s'était bien gardé d'un quelconque mea culpa sur le processus par lequel il s'était fourvoyé, volant à tort au secours de la ministre, aveuglé par la perspective de débusquer une prétendue intox d'une personnalité marquée à droite.

Voilà qui ne va pas arranger les affaires d’une presse déjà largement accusée au cours de cette crise d’être devenue simple relai de la propagande gouvernementale.

À l’étranger, plusieurs grands titres de presse ont déjà présenté leurs excuses à leur lectorat, admettant avoir relayé sans recul critique les informations communiquées par les autorités. Dernier en date, le tabloïd danois Ekstra Bladet, qui a présenté des excuses publiques pour sa couverture peu critique de la crise sanitaire.

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