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Presse française sous perfusion. Quid de son indépendance ?

par Sam La Touch 29 Septembre 2013, 21:59 presse française presse paier presse en ligne France dépendance de la presse

Presse française sous perfusion. Quid de son indépendance ?

Parmi les Etats européens dit démocratiques, la France en ce qui concerne ses médias cultive une exception culturelle. Ceux-ci sont en grande partie aidée financièrement par l'Etat et in fine par l'argent du contribuable.

En effet l'Etat aide directement la presse traditionnelle (papier) à hauteur de centaines de millions d'euros par an (voir fin du billet pour les estimations chiffrées).

Il en va de même pour certaines pure players, sites d'information en ligne, comme Slate, Rue 89 ou bien Médiapart. Le fonds d’aide au développement des services de presse en ligne créé en 2004 et refondu après les Etats-Généraux de la presse en 2009 a pour objet l’octroi d’aides pour la réalisation de projets de développement de services de presse en ligne. (Contrepoint mars 2013 : Mediapart affiche sa bonne santé en cachant sa perfusion)

"C’est une première : le tout nouveau Fonds d’aide au développement des services de presse en ligne (fonds Spel) vient de décider d’une première vague de financements. Rue89 fait partie des bénéficiaires, ainsi que plusieurs autres « pure players », c’est-à-dire des sites d’information qui ne sont pas adossés à un titre de la presse traditionnelle, comme Mediapart et Slate.fr. Les sites des médias traditionnels ont également reçu ces financements publics, d’un montant total de 20 millions d’euros au titre de l’année 2009." L'Etat décide de financements aux sites d'information en ligne

Cette assistance du gouvernement français sous forme de subventions à la presse papier et en ligne pose plus globalement la question de la neutralité de la presse. Dans la culture de la Vème République sous le Général De Gaulle, les médias ont souvent été maintenus sous tutelle de l'Etat et plus particulièrement concernant la politique étrangère et le pouvoir exécutif sanctuarisé, sans aucune possibilité pour les citoyens d'accéder via leur représentant à l'Assemblée nationale et encore moins via leur média aux décisions prises dans les coulisses puisque celles-ci ne se décident plus en public (cad au Parlement). Si on ne parle plus de censure de nos jours, la perfusion de bon nombre de médias par le pouvoir financier étatique amène bon nombre de questions quant à l'indépendance journalistique de ceux-ci. L'Agence France Presse à elle souvent été perçue comme la voix du gouvernement en matière de politique étrangère et son financement indirecte par l'Etat y est massif. Si son statut lui interdit d'être subventionné directement par l'État, elle dépend de ses ressources commerciales constituées à 40% d'abonnements par les services publics. A tel point que la Commission Européenne en 2011 a évoqué ce financement (115,4 millions d'euros au budget 2011, soit 40% du budget de l'agence) comme potentiellement illégal et a menacé l'agence de devoir rembourser l'Etat.
"Commission européenne pourrait déclarer illégale l'aide accordée par l'Etat sous forme d'abonnements (115,4 millions d'euros au budget 2011, soit 40% du budget de l'agence) et contraindre l'agence à rembourser à l'Etat «la partie illégale des financements publics perçus au cours des dix dernières années». L'Europe a ainsi évoqué la nécessité pour l'AFP de réformer son statut de 1957 mais il n'y a pas eu semble-t-il de suites.

La presse française papier et pour un certain nombre en ligne apparaît donc comme une presse assistée et perfusée grâce aux aides du contribuable (Owni La presse prend cher). Selon Contrepoints, plus d'un demi milliard d'Euros de l'argent du contribuable correspond aux aides directes.
"Les aides directes à la presse vous coûteront en 2013 516 millions €, selon les chiffres du projet de loi de finances 2013 (PLF 2013) cités par le rapport. Un demi milliard d'euros, même si on note une petite baisse par rapport à 2012. Rapporté au nombre de titulaires de la carte de presse (39 000 en 2006), cela fait plus de 13 000€ par journaliste." A cela s'ajoute le super taux réduit de TVA pour la presse papier à 2,1% dite “presse d’information citoyenne”.

Toujours selon le site Contrepoints :
La presse en France aujourd'hui est massivement subventionnée par les impôts de chaque français :

  • 516 millions en 2013 pour l'ensemble de ces subventions à la presse selon le rapport parlementaire sur l'économie de la presse. Cela représente plus de 10% du chiffre d'affaires de ces médias.
  • Même la presse confessionnelle ou hautement politisée comme L'Humanité reçoit des aides importantes : 3,08 millions d’euros en 2012 pour L'Humanité, 2,94 millions pour La Croix et 2,87 millions pour Libération.
  • 60 millions sur trois ans rien que pour la presse en ligne (Source : Arrêt sur Images)
  • Des aides servent même à financer la diffusion des journaux papier... à l'étranger !
  • Les journalistes peuvent déduire de leur revenu imposable 7650€ grâce à une niche fiscale qu'ils se gardent bien de dénoncer !

Dans ces conditions qu'elle est la marge de manoeuvre réelle de la presse française sur les sujets touchants à la politique étrangère de la France, sur ses interventions ou stratégie militaro-économique, nerf de l'économie d'un pays colonial s'il en est ?

Presse française sous perfusion. Quid de son indépendance ?
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