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Une compagnie liée à un proche d'Alpha Condé obtient une dérogation pour exporter le fer par le Libéria (Guinée News)

par Sam La Touch 8 Octobre 2013, 21:18 Guinée Affaires Libéria Alpha Condé

Une compagnie liée à un proche d'Alpha Condé obtient une dérogation pour exporter le fer par le Libéria (Guinée News)

Une compagnie liée à un proche d'Alpha Condé obtient une dérogation pour exporter le fer par le Libéria (Guinée News)

Le président Alpha Condé a signé une licence d’exportation à une petite société anglaise listée sur une bourse secondaire à exporter le fer du mont Nimba vers le Libéria, a-t-on appris. Et pourtant, la licence d’exportation du minerai guinéen à travers le Libéria a été refusée à des géants miniers tels Rio Tinto, BHP et Vale qui envisageaient utiliser le corridor de Monrovia pour exporter le minerai fer sur les marché mondiaux.

Quel fut le secret de Sable Mining ? D’après le Sunday Times de Londres, c’est la présence dans le conseil d’administration de Sable Mining d'un membre du cercle de Mohamed Alpha Condé, le tout puissant conseiller du président Alpha Condé et son unique fils qui a permis à l'ancien champion de criquet l'anglais Phil Edmonds de décrocher "le gros lot". Membre de plusieurs CA (conseil d'administration) de compagnies faisant affaire avec la Guinée, cet intermédiaire a été accusé de servir d’homme de paille pour la famille d’Alpha Condé. Ce que l’intéréssé dénie. Aux dires de plusieurs acteurs dans le monde minier en Guinée, Mohamed Alpha Condé, fils unique du président Alpha Condé est l'une des figures incontournables dans les contrats touchant les ressources naturelles fabuleuses de la Guinée.

Et pourtant, accusent ses détracteurs, 4 des sociétés de cet homme d'affaire ont été incorporées en 2011, toutes enregistrées à la même adresse (Taparia House) et une autre Rio Pongo a été incorporée entre les 2 tours des élections présidentielles de 2010. Aucune trace visible de leurs activités n’est discernable en Guinée, ni Ads Resources, ni Soguifer, ni Guinea Real Estate Development, ni Société Financière de Guinée – ne sont connues comme opérant en Guinée. Par contre, la société en question a obtenu un permis d’exploration de 123.5 kilomètres carrés au Mont Nimba en février 2012, et vient comme mentionné plus haut obtenir la dérogation de pouvoir contempler un projet d’évacuation du minerai vers le Libéria ; une option que le président Alpha Condé a toujours rejeté estimant que cela entrainerait la mort du chemin de fer transguinéen. Selon d'autres sources, le comité de révision avait émis un avis défavorable à cette option. La production est prévue pour 2015 après une étude de faisabilité et l’obtention du financement.

Cette révélation risque de jeter un froid sur la réputation gagnée de haute lutte auprès de la presse anglosaxonne du président Condé comme étant la personne engagée dans la lutte contre la corruption dans le secteur minier. Comment une PME (petite et moyenne entreprise) de second zone – dont l’ami du fils du président est copropriétaire – a pu obtenir une concession d’un si riche gisement de fer alors que le gouvernement avait annoncé avoir «gélé» toutes les licences et que les détenteurs de concession devaient passer devant le Comité Technique de Revue des Titres et Conventions Miniers de la République de Guinée (CTRTCM), dirigée par M. Nava Touré, président dudit comité. Et surtout pourquoi cette dérogation spéciale à 2 jours des élections ? Qu'est ce que la compagnie offre en retour ?

Pour mémoire, le controversé contrat entre la Guinée et BSGR-Vale exigeait la construction d'un chemin de fer de 600 kilomètres pour une valeur d'un (1) milliard de dollars afin de donner l'autorisation d'évacuer le fer de Simandou et de Zogota vers le Libéria.

Pour empirer les choses, la presse anglaise annonce aujourd'hui que la société se prépare à vendre le projet à des géants miniers plus établis. Les noms de Glencore, Xstrata, Anglo American ou ArcelorMitta, tous des géants miniers sont cités comme possibles acquéreurs. La transaction se chiffrera à des centaines de millions de dollars de plus value estiment les spécialistes.

Curieusement, c'est le même argument utilisé par le Comité de Revue des Titres et Contrats Miniers (CRTCM) pour faire pression sur BSGR qui, elle aussi, est accusée d'avoir corrompu les lobbies proches de la présidence pour obtenir une concession qu'elle s'est empréssée de revendre avec une plus value de plusieurs milliards de dollars sans que la Guinée ne partage cette manne. Mais cette dérogation d'évacuation par le Libéria risque de rendre le fameux transguinéen plus hypothétique étant donné que la justification de construction d'un chemin de fer pour évacuer les minerais n'aurait aucune justification économique auprès des investisseurs qui pousseraient les futurs gouvernements à abandonner ce projet si cher aux Guinéens.

Guinéenews a cherché à contacter la compagnie anglaise et nous avons laissé des messages sur leur numéro standard mais n’avons pas eu de réponse au moment où nous publions cette dépêche.

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