Détention injuste de Laurent Gbagbo : La diaspora ivoirienne prend d'assaut le Parlement Européen
Par Ndam Njoya Nzoméné
Cameroon Voice
La perspective d'un prolongement infini du séjour en prison de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé est devenue insupportable pour les Ivoiriens et de nombreux Africains de la diaspora qui ont décidé de donner une fois de plus de la voix, cette fois-ci en se mobilisant massivement devant le Parlement Européen, où ils ont remis un mémorandum à qui de droit, pour rappeler à la conscience des puissants de ce monde qu'ils sont en train de commettre une injustice impardonnable en maintenant dans les chaines deux grandes figures ivoiriennes et africaines dont le seul crime est d'avoir refusé de faire bêtement et béatement allégeance à la France.
100, 200, 1000, ou plus, combien étaient-ils devant le siège du parlement européen à Strasbourg le 11 avril dernier ? Qu'importe ? Les Ivoiriens de la diaspora -auxquels se sont joints des centaines d'Africains vivant en Europe- qui s'étaient donné rendez-vous à Strasbourg mardi dernier sont venus des quatre coins de l'Europe voir des autres continents, pour poser un acte riche en symboles, mieux pour chanter l'hymne à la liberté pour deux hommes, Laurent Gbagbo (ancien président ivoirien) et son collaborateur Charles Blé Goudé ancien ministre de la Jeunesse) victimes de la loi du plus fort.
La petite histoire
22 mars 2014 : le journaliste de RFI, Pierre Benazet, commentant le transfert de Charles Blé Goudé à la Cour Pénale Internationale (CPI), a cette phrase, anodine pour ceux qui ne peuvent pas lire entre les lignes, mais malheureuse et pleine de sens pour de nombreux analystes : « Ce n'est pas à proprement parler à La Haye, mais dans ses faubourgs à Scheveningen que Charles Blé Goudé va passer les prochaines années de sa vie ». Pour qui sait que tout accusé est présumé innocent comme on l'apprend aussi bien aux magistrats qu'aux journalistes dans les écoles de formation, il était difficile de concevoir qu'un aussi brillant journaliste puisse déclarer qu'unn présumé innocent passera, non pas quelques jours, mais ses prochaines années dans un centre de détention, fut-il « surnommé par certains "le Hilton de Scheveningen" pour le confort des cellules équipées d'ordinateurs, de radios et de télévisions par satellite » comme il le mentionnera avec un zeste de cynisme. Avec le recul, on comprend qu'il ne faisait que dire tout haut ce que les commanditaires du coup d'Etat postélectoral contre le régime Gbagbo avaient conçu sous le sceau du secret qui caractérise la mafia françafricaine. A savoir qu'il était décidé que Gbagbo et Blé Goudé passeront le restant de leur vie en… déportation pénitentiaire. Le 11 avril dernier, de bonnes âmes éprises de vraie justice ont entrepris d'aller à l'assaut de cette inique citadelle inique de justice internationale qui a pris sur elle, après un conflit ayant opposé deux entités, de n'interpeller et juger qu'une seule partie. Et curieusement, il s'agit de la partie qui avait toutes les raisons du monde d'invoquer le droit à la légitime défense, en sus de son devoir constitutionnel de protection des Ivoiriens et de leurs biens, ainsi que de préservation et de sauvegarde de l'intégrité du territoire ivoirien.
Pour qui sait que tout accusé est présumé innocent comme on l'apprend aussi bien aux magistrats qu'aux journalistes dans les écoles de formation, il était difficile de concevoir qu'un aussi brillant journaliste puisse déclarer qu'unn présumé innocent passera, non pas quelques jours, mais ses prochaines années dans un centre de détention, fut-il « surnommé par certains "le Hilton de Scheveningen" pour le confort des cellules équipées d'ordinateurs, de radios et de télévisions par satellite » comme il le mentionnera avec un zeste de cynisme. Avec le recul, on comprend qu'il ne faisait que dire tout haut ce que les commanditaires du coup d'Etat postélectoral contre le régime Gbagbo avaient conçu sous le sceau du secret qui caractérise la mafia françafricaine. A savoir qu'il était décidé que Gbagbo et Blé Goudé passeront le restant de leur vie en… déportation pénitentiaire.
Il y a six ans, le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo, le précurseur de la démocratie en Côte d'Ivoire, était arrêté par les forces armées françaises sous le couvert de l'Onuci et des rebelles du duo Ouattara-Soro. Sept mois plus tard, il était déféré à la Cour Pénale internationale de la Haye aux Pays-Bas, pour y répondre des crimes de guerre et crimes contre l'humanité. S'il était évident, que les puissances qui avaient décidé de ce transfert voulaient simplement se débarrasser d'un colis encombrant, conscientes d'avoir mené une guerre injuste –quoique finalement victorieuse- contre la Côte d'Ivoire et son leader, dans le seul but d'installer au pouvoir un pantin néo-colonialiste à la solde de la France et des institutions financières internationales de Bretton Wood, il paraît de plus en plus clair que l'excès de zèle de la CPI dans la réalisation des objectifs de ses maîtres tend à faire s'éterniser un procès sans tête ni queue dans le cours duquel il semble décidément difficile pour l'accusation de trouver des éléments à charge contre l'accusé et son présumé complice Blé Goudé, déféré lui aussi à la Haye il y a trois ans après son arrestation au Ghana en 2013 où il s'était réfugié après le coup d'état ["franco-rebelle"] de 2011.
Déni de droit
Bien plus, contrairement à un principe de droit devenu jurisprudentiel qui veut que la liberté d'un accusé soit la règle et son emprisonnement une exception, Laurent Gbagbo et Blé Goudé pourraient encore rester six bonnes autres années en prison, selon un schéma d'apocalypse mais réaliste, dressé récemment par l'avocat de la Défense, Maître Emmanuel Altit, qui a expliqué que c'est le temps qu'il faudra pour que comparaissent les 85 autres témoins qu'il reste à entendre sur les 120 retenus par le Bureau du Procureur de la CPI. Et dire qu'après avoir recueilli tous les témoignages, la CPI devra donner la parole à la défense pour on ne sait combien d'années encore, avant de trancher.
Bien plus, contrairement à un principe de droit devenu jurisprudentiel qui veut que la liberté d'un accusé soit la règle et son emprisonnement une exception, Laurent Gbagbo et Blé Goudé pourraient encore rester six bonnes autres années en prison, selon un schéma d'apocalypse mais réaliste, dressé récemment par l'avocat de la Défense, Maître Emmanuel Altit, qui a expliqué que c'est le temps qu'il faudra pour que comparaissent les 85 autres témoins qu'il reste à entendre sur les 120 retenus par le Bureau du Procureur de la CPI.
D'où cette initiative des Ivoiriens de la diaspora, sans distinction d'appartenances ethniques ou politiques, simplement préoccupés par la gravité de la situation sociopolitique qui prévaut en Côte d'ivoire depuis le renversement de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, suivi de son transfèrement devant la Cour pénale internationale de la Haye, le 30 novembre 2011 et de celui de M. Charles BLE GOUDE, le 22 mars 2014 ; et soucieux aussi de sauver la paix et l'unité nationale dans leur pays, de se rassembler devant le Parlement Européen, en vue de présenter leur plaidoyer en faveur de la libération des prisonniers de la Haye. Un plaidoyer qui s'articule autour de quatre points : 1. Le rappel de la grave crise postélectorale de 2010-2011 et ses conséquences ; 2. Les préoccupations soulevées par cette crise postélectorale au niveau juridique et de la démocratie ; 3. La présentation des raisons justifiant la libération du Président Laurent GBAGBO et du ministre Charles BLE GOUDE ; et enfin, 4. Nos recommandations pour la Réconciliation, la Paix et la Stabilité en Côte d'Ivoire.
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