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LA FRANCE PREPARE-T-ELLE UNE AUTRE GUERRE AU CAMEROUN ?

par Jean-Marie Moukam, 28 Décembre 2013, 23:38 Cameroun France Armée française Françafrique néocolonialisme

LA FRANCE PREPARE-T-ELLE UNE AUTRE GUERRE AU CAMEROUN ?
LA FRANCE PREPARE-T-ELLE UNE AUTRE GUERRE AU CAMEROUN ?

Jean-Marie Moukam, 

L’offensive commerciale et diplomatique de la Chine en Afrique a poussé la France dans ses derniers retranchements. Aussi a-t-elle décidé de passer à l’offensive. Les remous sociaux en Centrafrique qu’elle a contribué à organiser lui ont servi de prétexte pour occuper l’aéroport de N’Gaoundéré et enfin y installer une base militaire.

L’offensive commerciale et diplomatique de la Chine en Afrique a poussé la France dans ses derniers retranchements. Aussi a-t-elle décidé de passer à l’offensive. Les remous sociaux en Centrafrique qu’elle a contribué à organiser lui ont servi de prétexte pour occuper l’aéroport de N’Gaoundéré et enfin y installer une base militaire.

Pour rappel, c’est depuis vingt-cinq ans que la France essaye d’installer une base militaire au Cameroun sans succès.

Maintenant que c’est chose faite, la phase II sera bientôt engagée. Il s’agira de manipuler les groupuscules d’opposition au pouvoir de Yaoundé, de leur miroiter le pouvoir afin de mieux les utiliser pour se réapproprier nos richesses nationales.

Trois scénarios sont sur la table :

- Le scénario Libyen.
- Le scénario Centrafricain
- Et enfin le scénario Ivoirien.

Quoi qu’il en soit, Paul Biya est plus que jamais sur la sellette et son âge avancé constituerait un risque majeur pour les intérêts Français au Cameroun. Les stratèges du bloc atlantiste (la France en tête) redoutent surtout un imprévu qui pourrait voir un « non- partant » s’accaparer le pouvoir.

La France veut contrôler et maîtriser l’alternance au Cameroun afin de s’assurer de la pérennité de ses intérêts. Pour cela, il faut installer un autre sous-préfet au pouvoir à Yaoundé dont la mission sera de mâter les populations pour préserver les intérêts de l’hexagone.

apparition spontanée des bandes armées ou des groupuscules islamistes qui vont commettre des exactions en tout genre à nos frontières ou dans certaines de nos villes..

Ce sera certes le parachèvement et la fin du régime Biya mais, le système en lui-même sera toujours là et ce ne sera qu’un retour à la case départ. Car le problème Camerounais n’est pas seulement un problème d’hommes, c’est avant tout un problème de système.

Avis donc à certains « opposants » et leurs affidés qui se terrent chez l’oppresseur (France) et qui prétendent vouloir libérer le Cameroun en planifiant quelques agitations sporadiques lors des déplacements présidentiels.
Paul Biya est certes un maillon du système mais il n’est pas tout le système. En revanche, s’il est une partie du problème, il est également une partie de la solution .Il faut donc avoir une approche beaucoup plus holistique des choses.
Le Cameroun tout comme bon nombre de pays Africains est au centre des batailles économiques et géostratégiques que se livrent les puissances occidentales et la Chine.

Aujourd’hui il faut choisir soit de s’allier aux puissances occidentales et conserver le pouvoir, soit de s’allier à la Chine et se retrouver dans le camp des parias mis à l’index des « nations éclairées » et s’exposer à des rébellions qui comme par hasard trouveront toujours des fonds et la logistique nécessaires pour faire la guerre et pourront même mettre en déroute nos armées nationales.

L’objectif du bloc atlantiste conduit par la France en Afrique centrale, c’est de reconfigurer les continents au profit d’intérêts géostratégiques occidentaux.

Pour cela, il faut s’accaparer rapidement les terres agricoles, les richesses minérales…, contrôler les corridors d’évacuation comme la route transversale qui traverse l’Afrique d’Est en Ouest de l’océan Indien au pacifique et qui passe par la république Centrafricaine.

Tous ceux qui prétendent libérer le Cameroun doivent au moins avoir une bonne connaissance de ces paramètres économiques et géostratégiques et adopter la stratégie politique appropriée.

Vu sous ce prisme, nous sommes fondés à penser que, de simples agitations fomentées lors des déplacements présidentiels par quelques opposants en mal de notoriété sont inadaptées.

Ce sont des stratégies contre-productives qui contribuent plutôt à freiner l’émergence des démarches plus créatrices et consolident de ce fait le système qu’ils prétendent combattre.

Jean-Marie Moukam,

Bruxelles.

Lire aussi :
- Du Centrafrique au Cameroun : une recolonisation française de l'Afrique au prétexte de la lutte contre l'islamo-terrorisme 
- Cameroun - Présence de l'armée française: Assiste-t-on à un début de bras de fer entre la France et le Cameroun? 

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