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Soudan du Sud : Quand l'Empire est votre libérateur, vous n'êtes pas vraiment indépendant

par Sam La Touch 19 Janvier 2014, 18:59 Articles de Sam La Touch Soudan Sud Soudan Israël USA Américafrique Israélafrique Colonialisme néocolonialisme

Soudan du Sud : Quand l'Empire est votre libérateur, vous n'êtes pas vraiment indépendant
Soudan du Sud : Quand l'Empire est votre libérateur, vous n'êtes pas vraiment indépendant
Un article de Black Agenda Report (BAR) par le rédacteur en chef Glen Ford


" L'armée du Sud-Soudan a éclaté en ses composantes guerrières"

Pendant des décennies, les Etats-Unis et Israël ont cherché à provoquer la partition du Soudan, pays qui avait été, sur le plan géographique, la plus grande nation d'Afrique. La sécession du Sud était un projet spécial d'Israël, dont la politique étrangère la plus durable et fondamentale est de semer le chaos et la discorde dans les mondes musulmans et arabes. Le Soudan, sous le contrôle politique du Nord à majorité musulmane, a rejoint la Ligue arabe dès l'indépendance, en 1956. Depuis, Israël a cherché à déstabiliser le Soudan, à la fois pour porter un coup aux Africains "arabisés" et afin de s'attirer les faveurs des chrétiens sur le continent.

Lire aussi chez SLT :
- Afrique. Les nouveaux tirailleurs de l'Empire 
- En septembre, le Congrès US a approuvé une aide militaire au Soudan du Sud malgré le recrutement d'enfants soldats dans ce pays 
- Course pour le pétrole au Soudan 
- Soudan du Sud et RCA : le pétrole au centre des conflits (Le Potentiel) 
- Soudan : la guerre secrète américano-chinoise (diploweb) 

John Garang, qui est devenu le chef de l'Armée de libération du peuple soudanais, a reçu une formation militaire en Israël en 1970, lors de la première guerre civile au Soudan. Cependant, Garang était en faveur du maintien du Sud dans la fédération avec un Soudan uni. En 2005, en vertu d'un accord de paix global, Garang est devenu vice-président de l'ensemble du Soudan et le premier ministre de la partie sud du pays. Il est mort dans un accident d'hélicoptère mystérieux six mois plus tard. Garang a été remplacé par Salva Kiir, qui arbore un chapeau de cowboy noir qui lui a été offert par le président Bush, en 2006.

Démembrer le Soudan est devenu une obsession des États-Unis sous Bill Clinton, qui a bombardé une usine pharmaceutique dans la capitale, Khartoum, en 1998, prétendant faussement qu'il s'agissait d'une installation d'armes chimiques. Après le 11 septembre, le Soudan a pris la tête de la liste des ennemis du président Bush. Les États-Unis et Israël ont fourni des armes et une formation à des groupes rebelles du Darfour, dans l'ouest du Soudan, ce qui a alimenté un autre front de la guerre civile.

" Washington s'est ouvertement vanté d'être le parrain de l'Etat sud-soudanais."

Le président Obama est entré à la Maison Blanche l'année après que l'AFRICOM, le commandement US en Afrique, ait vu le jour, et deux ans avant que les Sud-Soudanais aient à voter dans un référendum pour savoir si ils voulaient avoir une nation indépendante. Avec une grande partie du continent africain sous la coupe réglée de l'armée étatsunienne, Washington a oublié toute prévention diplomatique et s'est ouvertement vantée d'être le parrain de l'Etat du Soudan du Sud né en juillet 2011. Après cette sécession, le nord Soudan a perdu la plupart de son pétrole. La Chine a de bonnes raisons d'être inquiète, après avoir investi 20 milliards de dollars au Soudan avant sa division, et s'être engagée à verser 8 milliards de dollars au Soudan du Sud après l'indépendance - mais maintenant, les Etatsuniens se pavanent là-bas comme s'ils étaient sur leur territoire.

Puis vint la chute, l'armée du Sud-Soudan s'est divisée entre les mains de ses différents chefs devenus des seigneurs de guerre. Soudain, la classe politique étatsunienne parle de prendre possession de la souveraineté du pays. Dans les pages du New York Times, Princeton Lyman, l'ancien envoyé spécial étatsunien au Soudan du Sud appelle l'ONU à assumer le rôle de «protecteur» du pays, tout en supervisant l'économie et les champs de pétrole (bien sûr). Un autre "expert" de la politique étrangère US, G. Pascal Zachary, appelle les Etats-Unis à assumer la "tutelle" du Sud-Soudan, y compris le contrôle de son armée et de la police. Cela ressemble beaucoup à Haïti, un pays dont l'indépendance a été volé par George Bush en 2004 et qui reste un «protectorat» de l'Organisation des Nations Unies - plus exactement des États- Unis, de la France et du Canada et toute société qui veut mettre en place des ateliers clandestins. Ce que le parrain étatsunien donne, il revendique le droit à l'emporter.

Alors, qu'est-ce que les Sud-Soudanais ont gagné ? Certes, pas l'indépendance. C'est juste une place néocoloniale sur la carte de l'empire US.


Pour Black Agenda radio, Glen Ford. Sur le web , allez à BlackAgendaReport.com .

Le rédacteur en chef de BAR, Glen Ford, peut être contacté à Glen.Ford@BlackAgendaReport.com.

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