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Centrafrique: le pays s’enfonce, la situation dégénère et le bilan des morts s’alourdit (45e nord)

par 45enord 1 Avril 2014, 19:28 Centrafrique Aggravation Sangaris Crimes

Centrafrique: le pays s’enfonce, la situation dégénère et le bilan des morts s’alourdit (45e nord)
Centrafrique: le pays s’enfonce, la situation dégénère et le bilan des morts s’alourdit
(45enord 31/03/14)

La situation continue de dégénérer en Centrafrique face à un gouvernement impuissant et une communauté internationale dépassée, le décompte des violences à Bangui atteignant et, probablement dépassant maintenant 50 morts en une seule petite semaine.

Au moins 24 personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessées samedi à Bangui par des soldats tchadiens venus rapatrier leurs compatriotes fuyant les violences en Centrafrique, selon un nouveau bilan communiqué dimanche soir par la municipalité de Bégoua, petite commune située en périphérie de la capitale où le précédent bilan faisait état de huit morts. Le décompte n’est que provisoire et le bilan pourrait s’alourdir encore.
Un an après que les rebelles ont pris le pouvoir en Centrafrique, la situation dans le pays continue de se détériorer, ont affirmé la semaine dernière plusieurs responsables des Nations Unies et, comme pour leur donner raison, la situation dérape à Bangui où, après les 20 personnes tuées dans la nuit de jeudi à vendredi dernier lors d’une attaque contre une veillée funèbre chrétienne, au moins huit personnes ont été tuées et plusieurs blessées samedi par des soldats tchadiens dans la capitale.

«Des soldats tchadiens venus de leur pays pour rapatrier leurs compatriotes qui désirent quitter [la Centrafrique] ont ouvert le feu sur les habitants des quartiers nord, faisant au moins huit morts et plusieurs blessés», a déclaré à l’Agence France-Presse un officier de la force africaine (MISCA) sous couvert d’anonymat, ajoutant que ce bilan est «encore provisoire et pourrait bien s’alourdir».

Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, au moins 20 personnes avaient été tués lors d’une attaque contre une veillée funèbre chrétienne et,, avant cette attaque, la recrudescence des violences à Bangui avait déjà fait une vingtaine de morts cette semaine là.

Des affrontements éclatent régulièrement entre des groupes armés, opposant notamment des miliciens anti-balaka, majoritairement chrétiens, à des musulmans.

En outre, des incidents surviennent tout aussi régulièrement à Bangui entre d’un côté les milices anti-balaka et la population, majoritairement chrétiennes, et de l’autre les soldats tchadiens, accusés de complicité avec les ex-rebelles Séléka, majoritairement musulmans, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013 en Centrafrique.

De pire en pire

Lors d’une conférence de presse à Genève la semaine dernière, Volker Turk, responsable de la protection internationale au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), déclarait pour sa part «Ce que nous voyons maintenant, c’est que les éléments anti-Balaka sont effectivement de plus en plus militarisés. Il y a une transformation de la violence concernant notamment les populations musulmanes qui sont plus en plus menacées à Bangui, mais aussi dans d’autres parties de l’ouest de la République centrafricaine. Le niveau de haine est extrêmement élevé».

Jens Laerke, le porte-parole du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Genève a indiqué pour sa part que la tendance au retour des personnes déplacées s’était inversée.

Le 27 février, il y avait 276.000 personnes déplacées à Bangui, selon l’OCHA. Deux semaines plus tard, le 12 mars, le nombre de déplacés dans la capitale avait diminué de 100.000, mais depuis, le nombre de déplacés à Bangui est de nouveau passé de 177.000 à environ 200.000.

«Si la violence continue, les personnes déplacées ne pourront pas rentrer chez elles avant la saison des pluies, qui commence vraiment à la mi-avril», et «La violence limitera également l’accès humanitaire et sapera nos efforts visant à stabiliser les communautés et permettre les retours», a déclaré le porte-parole de l,agence onusienne.

«Si la violence sur les volontaires persiste, la Croix-Rouge centrafricaine se verra dans l’obligation de suspendre ses activités de ramassage des corps», a même déclaré pour sa part ce dimanche son président, Antoine Mbao Bogo, cité par l’AFP.

De son côté, l’Experte indépendante des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, a averti que «Sans une assistance réelle, il sera impossible de faire fonctionner l’État et d’améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays».

«Pour éviter le chaos en République centrafricaine et dans la sous-région, on ne peut plus se contenter de solutions purement cosmétiques ni se contenter de compter les morts et les victimes», a t-elle lancé.

L’aide se fait attendre

Pendant ce temps, alors que les forces françaises de Sangaris (2.000 homme) et africaines de la MISCA (6.000) en Centrafrique ne peuvent plus suffire à la tâche, le millier de soldats promis par l’Union européenne en février pour aider à rétablir l’ordre n’arrive toujours pas se poursuivent les difficiles négociations sur question de la taille et du financement du projet visant à déployer des milliers de Casques bleus en Centrafrique.

De son côté, l’Union européenne, en principe, la décision de déployer ces troupes (environ 500 hommes) et la date de l’opération doivent être formalisées d’ici à mercredi et, du côté de l’ONU, la France espère également faire adopter «dans une dizaine de jours» par le Conseil de sécurité la résolution autorisant le déploiement d’une force de maintien de la paix de l’ONU d’ici à la mi-septembre.

D’ici là, on compte les morts.

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