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France. Dakar : 70 ans après, la vérité sur le massacre de Thiaroye (Seneweb)

par Senewweb 28 Novembre 2014, 22:42 France Sénégal Thiaroye Crimes contre l'humanité Tirailleurs sénégalais Massacres

France. Dakar : 70 ans après, la vérité sur le massacre de Thiaroye (Seneweb)
Dakar : 70 ans après, la vérité sur le massacre de Thiaroye

Seneweb.com

François Hollande rendra hommage, dimanche 30 novembre à Dakar, aux tirailleurs sénégalais victimes des tirs de l’armée française en 1944. Les mensonges de la France sur ce drame sont désormais établis et des demandes de procès en révision sont engagées. C’est ce qu’a révélé le site d’information ‘’la-croix.com’’

Dans cet article, il est indiqué que le président français rendra hommage, ce jour marquant la veille de la 70ème commémoration, au Sénégal, aux victimes du massacre de Thiaroye, le 1er décembre 1944. C’est dans cette ville de la banlieue de Dakar que périrent plusieurs dizaines de tirailleurs sénégalais. Revenus d’Europe où ils avaient pris part à la guerre avant d’être faits prisonniers par les nazis, ils réclamaient le paiement de leur solde de captivité. Au lieu de cela, les forces coloniales ont, le 1er décembre 1944, ouvert le feu sur les 1 600 soldats rassemblés dans le camp de Thiaroye. La réalité de ce drame a longtemps été falsifiée, indique la source qui ajoute que c’est grâce aux travaux de l’historienne Armelle Mabon, de l’université de Bretagne-Sud, que le bilan officiel de 35 morts a pu être contredit. « Après une quinzaine d’années d’investigation, j’ai pu établir qu’il manque environ 335 hommes sur l’effectif initial », explique-t-elle, sans pouvoir toutefois donner le chiffre exact du nombre de morts. « La compréhension de cet événement s’est accélérée avec l’intervention du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui m’a permis d’accéder aux dossiers de cinq victimes au sein des archives militaires », poursuit l’historienne.

D’abord, pour couvrir le massacre, les autorités militaires ont prétendu que les troupes coloniales avaient riposté à une mutinerie. 34 rescapés, désignés comme meneurs, ont été condamnés par la justice militaire à des peines d’emprisonnement et, pour neuf d’entre eux, à la dégradation militaire. Parmi eux figurait Antoine Abibou. « Lors d’un interrogatoire le 22 décembre 1944, il déclare qu’il s’était évadé du frontstalag de Rennes en 1943, s’était rendu à Paris où il avait eu des contacts avec la Résistance, avant d’aller se cacher en Bretagne, chez la famille Desgrées du Loû. Mais l’officier de police judiciaire considère alors ce témoignage improbable, qu’Antoine Abibou ment et qu’il est à la solde des Allemands. Or, j’ai pu retrouver deux membres de la famille Desgrées du Loû, qui ont confirmé la véracité de son récit. Cela illustre parfaitement une instruction menée à charge où aucune vérification n’a été effectuée », souligne Armelle Mabon.

« Il en va de notre honneur national d’aider à la manifestation de la vérité »

Pour réhabiliter ces hommes, la chercheuse soutenue notamment par le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a déposé, fin octobre, au ministère de la Justice, une demande de procès en révision. L’écrivain Erik Orsenna appuie sa démarche. « C’est quelque chose qui me révulse au plus profond de moi-même », dit-il.

Le Général André Bach, ancien chef du service historique de la Défense (Shd), attend lui aussi ce procès en révision. « Il en va de notre honneur national d’aider à la manifestation de la vérité. Ce n’est pas normal qu’on tire sur des gens désarmés. On ne peut pas rester à la version d’une soi-disant mutinerie alors que les archives montrent que c’est faux. Je trouverais dommageable que les cérémonies de Dakar aient lieu et qu’on occulte des documents mis au jour par Armelle Mabon », déplore-t-il. Le Cran annonce pour sa part aujourd’hui, qu’il intente deux actions judiciaires contre l’État ? : l’une pour réclamer la révision judiciaire du procès d’Antoine Abibou, l’autre pour disparition inquiétante. « Les corps des victimes n’ont jamais été retrouvés, il n’y a donc pas de prescription », commente Louis-Georges Tin, président du Cran. À l’emplacement des fosses communes, 202 tombes auraient été érigées dans le cimetière de Thiaroye, où François Hollande se rendra dimanche. À cette occasion, le chef de l’État remettra aux autorités sénégalaises « l’intégralité des archives françaises numérisées relatives à ce drame ».

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