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Françafrique et Corsafrique. Affaire Tomi: IBK, un symbole de la politique africaine de Hollande sous le regard des juges (MdP)

par Lénaïg Bredoux et Thomas Cantaloube 23 Mai 2015, 10:07 France Françafrique Corsafrique François Hollande IBK Michel Tomi Corruption Mafiafrique néocolonialisme

Françafrique et Corsafrique. Affaire Tomi: IBK, un symbole de la politique africaine de Hollande sous le regard des juges (MdP)
Affaire Tomi: IBK, un symbole de la politique africaine de Hollande sous le regard des juges
Par Lénaïg Bredoux et Thomas Cantaloube
Mediapart

Les dernières révélations de Mediapart sur les liens intimes entre le chef d’État malien, Ibrahim Boubacar Keita, dit IBK, et le « parrain des parrains », le Corse Michel Tomi, sont dévastatrices pour le récit qu’a cherché à construire l’Élysée sur sa politique en Afrique.

«IBK » n’est pas qu’un président. C’est un symbole. Celui de la politique africaine de François Hollande, de la guerre qu’il a menée au Mali, de la lutte contre le terrorisme et des relations renouvelées que le président français jurait vouloir construire avec l’Afrique. Les dernières révélations de Mediapart sur les liens intimes entre le chef d’État malien, Ibrahim Boubacar Keita, dit IBK, et le « parrain des parrains », le Corse Michel Tomi, sont dévastatrices pour le récit qu’a cherché à construire l’Élysée.

Les écoutes téléphoniques menées dans le cadre d’une enquête en France sur l’empire Tomi révèlent en effet un vaste système de largesses en tout genre mis en place par Michel Tomi au profit d’IBK et, dans une moindre mesure, d’Ali Bongo : croisières sur un yacht, voyages en jets privés, séjours dans les plus grands palaces parisiens, transport en limousines, achats de costumes de luxe, de voitures, de lunettes, soins médicaux réglés rubis sur l’ongle.

Quand il est élu, en août 2013, quelques mois après la guerre lancée par la France au Mali, les autorités françaises ne tarissent pas d’éloges. Dans un communiqué, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, parle de « renaissance » pour le Mali. « Il est très rare qu’un pays naisse deux fois. C’est le cas du Mali qui, menacé dans son existence même par la barbarie terroriste il y a sept mois, a su trouver les forces pour élire dimanche dans le calme et la sécurité retrouvés son nouveau président de la République », écrit-il.

Quelques semaines plus tard, François Hollande est le seul chef d’État occidental à se rendre à la « cérémonie d’investiture internationale » d’IBK. Il est venu avec quatre ministres (affaires étrangères, défense, développement et francophonie), une délégation de parlementaires et même Harlem Désir, le premier secrétaire du PS de l’époque. Le président français y prononce un discours, avant l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Tchadien Idriss Déby et bien sûr Keita. Les quatre chefs d’État participeront ensuite à une conférence de presse commune. Hollande s’enflamme : « Aujourd’hui, le Mali a pris son destin en main. Il a choisi son Président, un bon, un grand Président. » Dans l’assistance, un certain Michel Tomi, « dans un coin, pour ne pas se faire remarquer », comme l’a raconté Le Monde...

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