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Jack Lang, en bon socialiste, se dit étonné des accusations de financement du terrorisme par le Qatar

par Philippe Duval 8 Juin 2015, 12:04 Jack Lang France Qatar Parti socialiste

Jack Lang, en bon socialiste, se dit étonné des accusations de financement du terrorisme par le Qatar
Jack l’enchanteur
Par Philippe Duval
Mondafrique

Fidèle au poste, Jack Lang a défendu bec et ongles la politique de François Hollande suite au Congrès socialiste qui s'est tenu ce week end à Poitiers. Le pilier du PS s'est dit par ailleurs étonné des accusations de financement du terrorisme par le Qatar. Vraiment Jack ?

Revoilà Jack Lang. Sur I-télé, la chaîne d'info continue qui, l'an passé, avait annoncé par erreur sa mort, la confondant avec celle de Jacques Chancel. A 75 ans, le président de l'Institut du Monde Arabe, deux fois ministre de la Culture et de l'Education, est bien vivant et tient à le faire savoir. Il n'a pas changé. c'est toujours Jack l'enchanteur qui voit le monde en rose du haut des fenêtres de son luxueux appartement du 17 place des Vosges à Paris. Rose, comme le souvenir des années Mitterrand. Rose comme les socialistes dont il se félicite qu'ils aient tenu à Poitiers "le congrès de l'unité". Et sur sa lancée, l'ex-éléphant rose, qui voit le bien partout, ne comprend pas pourquoi on accuse le Qatar de financer le terrorisme.

"Maître Qatar sur un arbre perché"

Tout baignerait donc dans l'huile dans le monde de Jack l'Enchanteur. Peu importe que la motion de l'unité à la grand-messe de Poitiers n'ait obtenu que 40 000 voix militantes. Soit à peu près un millième du corps électoral français. Aux yeux du grand Jack, c'est suffisant pour légitimer la politique de François Hollande. Avec la même acuité, du haut du neuvième étage de la terrasse de l'Institut du Monde Arabe, il a bien vu des Ryials qatariens atterrir sur des tapis volants dans les caisses du PSG et de divers affidés politiques, mais pas dans celles de Daesh, Al Qaïda et consorts. Considérer que le financement par le Qatar de milices islamistes en Libye, celui d'écoles salafistes en Afrique est donc une illusion d'optique, un mirage du désert, une hallucination dont seraient victimes des journalistes particulièrement mal intentionnés.

A écouter Jack l'enchanteur, on ne peut résister à l'envie de revisiter la fable "Le corbeau et le renard" de Jean de La Fontaine: "Maître Qatar, sur un arbre perché, tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché, lui tint à peu près ce langage : Et bonjour, Monsieur du Qatar, que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !" On connaît l'épilogue, la chute du fromage dans la gueule du flatteur.

Jack Lang, qui n'est pas un perdreau de l'année, est coutumier de ce genre d'envolées qui l'amènent à défendre des causes peu politiquement correctes mais pas toujours illégitimes. Il a longtemps milité, voyages chez Raoul Castro à l'appui, pour un rapprochement franco-cubain. En 2008, on l'a vu se trémousser sur le plancher d'un maquis de la rue Princesse à Abidjan où il avait été invité, en compagnie de Jean-Marie Le Guen, par le président ivoirien Laurent Gbagbo. De bien méchantes langues affirment sans preuves, que le grand Jack est revenu de ces équipées avec des excédents de bagages. Le rancunier Alassane Ouattara, successeur de Gbagbo aujourd'hui détenu depuis quatre ans sans jugement par la Cour Pénale Internationale, a depuis fait raser tous les maquis de cette rue Princesse, haut lieu de perdition pour la jeunesse ivoirienne. Mais Jack l'enchanteur est encore là. Et il excelle toujours dans l'art de nous raconter des fables.

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