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Pourquoi Laurent Fabius s'est-il rendu à Luanda ?

par La Voix de la Russie 8 Novembre 2013, 10:16 Angola Françafrique France Fabius Dos Santos

Pourquoi Laurent Fabius s'est-il rendu à Luanda ?

Voix de la Russie

« Le Portugal sera probablement assez jalouse quant aux projets de la France de lui faire concurrence dans ses anciennes colonies en Afrique. Et surtout en Angola. C’est mon opinion personnelle mais elle n’est pas sans fo
ndements », a dit Andreï Tokarev, directeur du Centre des études du sud de l’Afrique de l’Institut de l’Afrique de l’Académie des sciences de Russies, en répondant à la question de notre correspondantdu journaliste Igor Yazon de la Voix de la Russie sur la réaction de Lisbonne à la récente visite du chef de la diplomatie française Laurent Fabius en Angola.

Le ministre français des Affaires étrangères s’est rendu à Luanda le 31 octobre dernier accompagné d’une délégation de représentants de grands groupes français tels que Air France, Airbus, Alstom, BNP Paribas, Bolloré, Total ou encore Veolia.

M. Fabius explique ce débarquement économique français en Angola par le fait que la France ne veut pas limiter sa présence en Afrique à des pays francophones historiquement liés à l’Hexagone, mais coopérer plus activement avec les autres pays du continent. Parmi ceux-ci, c’est l’Angola en pleine croissance économique qui attire le plus.

Après la fin de la guerre civile en 2002 son taux de croissance est à deux chiffres en hissant le pays au sommet en Afrique. C’est le pétrole qui a permis cette ascension fulgurante l’Angola étant le deuxième exportateur de l’or noir du continent après le Nigéria et le quatrième dans le monde. Le pays a également des ressources en diamants, en or, en bauxites, en métaux ferreux et non-ferreux, mais aussi en gaz dont les ressources sont évaluées à plus de 300 milliards de m3 .

La guerre civile qui a duré au total 28 ans, a plongé le pays dans la misère et la désorganisation économique. La stabilité politique réelle retrouvée l’Angola veut se rattraper : le pays surnommé désormais de « pays des chantiers » attire énormément d’investisseurs étrangers dont la France. Total est déjà la première compagnie pétrolière dans ce pays et la France est l’un des principaux acheteurs du pétrole angolais. Les ressources pétrolières étant épuisées au Gabon Total envisage maintenant de renforcer sa présence en Angola.

C’est ce dont ont d’ailleurs parlé lors des pourparlers à Luanda le chef de la diplomatie française, le président du pays Jose Eduardo dos Santos et le ministre angolais des Affaires étrangères Georges Chikoti. Laurent Fabius a assuré ses interlocuteurs que la France était déterminée à aider l’Angola à créer des entreprises modernes, à construire des infrastructures routières, à développer l’agriculture, les télécommunications, l’économie hydraulique.

Le ministre a également évoqué la question des visas pour les Français les autorités angolaises délivrant des visas valables seulement un an ce qui ne convient pas aux compagnies françaises. Côté relations internationales, Laurent Fabius a souligné l’influence grandissante exercée par l’Angola au sein de la communauté africaine, en premier lieu des pays de langue portugaise, et plus généralement de l’Union africaine. Bref, la France considère l’Angola comme son partenaire privilégié en Afrique dans le domaine politique et économique, a insisté le ministre français.

Laurent Fabius a transmis au président Jose Eduardo dos Santos l’invitation du président français de se rendre en France. La visite devra avoir lieu début 2014... En faisant l’abstraction de la langue diplomatique la réponse à la question de savoir les objectifs poursuivis par Laurent Fabius avec cette visite à Luanda, est très simple : la France voudrait s’approcher le plus près possible du « gâteau angolais » qui est très alléchant. C’est à un vrai bras de fer qu’on assiste aujourd’hui en Angola.

Et le Portugal dont celle-ci était une colonie, semble céder progressivement ses positions. Le ministre angolais des Affaires étrangères a récemment annoncé un appel d’offres : les ressources en échange du développement du pays. L’Afrique du Sud, la Chine et le Brésil sont trois principaux candidats, selon le ministre. La France pourrait les rejoindre. C’est au moins ce qu’elle souhaite... Opinion d’Andreï Tokarev, directeur du Centre des études du sud de l’Afrique de l’Institut de l’Afrique de l’Académie des sciences de Russie :

« La visite a eu lieu à la veille du 38e anniversaire de l’indépendance de l’Angola. Petit rappel : les relations bilatérales entre la France et l’Angola se développaient assez péniblement. On se souvient que la France a tardé à reconnaître la légitimité du gouvernement du MPLA et aujourd’hui la coopération bilatérale franco-angolaise n’a pas le même niveau que celle développée par ce pays avec des pays tels que la Chine, le Brésil, le Portugal. Je crois qu’aujourd’hui, à cause des difficultés économiques en Europe, l’économie française a l’intérêt à se tailler une part du grand gâteau qu’est l’économie de l’Angola. »

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