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Sommet Afrique-France. Dans une logique coloniale, la France veut élargir le franc CFA aux pays lusophones et anglophones d'Afrique

par Ouestafnews 5 Décembre 2013, 10:32 France Françafrique Franc CFA Afrique Hubert Védrine

Sommet Afrique-France. Dans une logique coloniale, la France veut élargir le franc CFA aux pays lusophones et anglophones d'Afrique
La France veut élargir le franc CFA aux pays lusophones et anglophones d'Afrique

Ouestafnews 

Une proposition d'« élargissement » du CFA qui risque de faire polémique

L’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine (mis en cause dans la politique africaine de la France de soutien au régime génocidaire rwandais en 1994 lorsqu'il était secrétaire d'Etat général de l'Elysée sous Mitterrand II, ndlr), préconise (dans une logique coloniale française, ndlr) l’élargissement du franc CFA à des pays lusophones et anglophones comme le Nigeria, le Ghana ou l’Angola, afin de constituer « une vaste zone de stabilité monétaire » sur le continent africain.

Cette proposition intervient alors que des économistes africains protestent depuis des années contre le franc CFA considéré comme un instrument de domination coloniale et de contrôle des économies des pays africains concernés. (Le franc cfa, instrument de domination et de spoliation des colonies.Le franc, monnaie française a été imposé par la France à toutes ses colonies. En Afrique le colon exigeait dès 1891 que l’impôt de capitation soit payé en franc français. Les monnaies locales et étrangères étaient ainsi bannies. Les populations africaines étaient contraintes d’introduire dans les échanges le franc français, ndlr).

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« Nous proposons de l’élargir afin de constituer une vaste zone de stabilité monétaire. Nous pourrions y inclure des pays lusophones et anglophones, tels le Nigéria, le Ghana ou l’Angola », a dit M. Védrine dans une interview avec le Nouvel Observateur consulté par Ouestafnews.

« Nous verrons comment réagiront à cette proposition les chefs d’Etat africains que François Hollande réunit le week-end prochain à l’Elysée pour le sommet sur la paix et la sécurité sur le continent », a souligné l’ancien ministre.

L’ancien chef de la diplomatie française faisait le point sur les conclusions d’un groupe de travail qu’il a animé en préparation du Sommet dit « de l’Elysée » convoqué par le chef de l’Etat français François Hollande, les 6 et 7 décembre à Paris.

Ce groupe, qui comportait quatre autres éminents spécialistes (Lionel Zinsou, Jean Michel Sévérino, Hakim El Karaoui et Tidjane Thiam), doit remettre son rapport en 15 propositions, ce mercredi 4 décembre 2013, à l'occasion d'un grand forum économique France-Afrique qui réunit 560 chefs d'entreprise français et africains.

Cette rencontre se tient en prélude du sommet de l'Elysée pour « la paix et la sécurité en Afrique » qui aura lieu les 6 et 7 décembre 2013. Une vingtaine de ministres et quatre chefs d'Etat seront également présents.

Le Tanzanien Jakaya Kikwete, l'Ivoirien Alassane Ouattara et le Sénégalais Macky Sall sont attendus à ce forum aux côtés de François Hollande. En Afrique de l’Ouest, le Sénégalais Macky Sall et l’Ivoirien Ouattara sont tous deux considérés comme des chefs d’Etat arrivés au pouvoir grâce à la France et ses puissants lobbies en Afrique francophone.

La proposition d’Hubert Védrine remet au goût du jour l’accord monétaire qui lie la France à quinze pays du continent depuis 1972. La proposition ne manquera pas de relancer la polémique sur le rôle négatif de la France dans l’impossibilité d’avoir une monnaie unique ouest africaine, inscrit à l’agenda depuis plus d’une décennie.

Une situation qui essuie des critiques féroces de la part d’économistes du continent. Ces anti-CFA soulignent l’impact négatif de cette monnaie sur l’essor économique de ces pays.

Le Chapô est de la rédaction de cameroonvoice

Ouestafnews

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