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Sécurité en Afrique. Des Ong s'opposent au Sommet de l'Elysée (Le Messager)

par Alain NJIPOU 5 Décembre 2013, 12:47 France Françafrique Afrique Sommet Afrique-France néocolonialisme Colonialisme

Sécurité en Afrique. Des Ong s'opposent au Sommet de l'Elysée (Le Messager)
Sécurité en Afrique. Des Ong s'opposent au Sommet de l'Elysée
Le Messager

Survie, Afriques en lutte, la Fédération des Congolais de la diaspora (Fcd), Sortir du colonialisme, Cri panafricain et Think Tank Kamerun initiatives et bien d’autres disent non à l’initiative de François Hollande, président de la République française.

De toute évidence, Paul Biya, président de la République du Cameroun, n’a pas tenu compte d’une pétition lancée depuis la capitale française, Paris par des activistes recrutés au sein de plusieurs organisations non gouvernementales. Selon un communiqué du Cabinet civil de la présidence de la République du Cameroun lu hier au journal parlé de la Crtv, poste national, à 17h, le chef de l’Etat et son épouse accompagné d’une demi-douzaine de membres du gouvernement et assimilés ont quitté Yaoundé mercredi 4 décembre 2013 à l’effet de prendre part au sommet de l’Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique qui va se tenir à Paris les 6 et 7 décembre 2013.

Pourtant la pétition en question dont les premiers signataires sont des associations et Ong Survie, Afriques en lutte, la Fédération des Congolais de la Diaspora (Fcd), Sortir du Colonialisme… vise à obtenir l’annulation de ce sommet et pour cause «un sommet sur la paix et la sécurité en Afrique ne doit pas se tenir à l’initiative et sur le sol d’une ex-puissance coloniale caractérisée par son ingérence sur le continent et en présence de dictateurs qui ruinent tout espoir de paix». Il est reproché au numéro un français, initiateur de ce sommet qu’il a par ailleurs convoqué en décidant du choix du thème de l’avoir organisé à Paris, dans un lieu aussi symbolique que l’Elysée. Conséquence, «comme ses prédécesseurs, le président français paraît considérer le continent africain comme une zone qui ne doit pas échapper à l’influence de la France». Plus grave, observe Survie et ses partenaires, «dans la tradition des sommets France-Afrique, la plupart des dictateurs africains du « pré-carré » francophone seront présents. Parmi eux, le Tchadien Idriss Déby, au pouvoir depuis 1990, Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo Brazzaville, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers des régimes Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo et le président djiboutien Oumar Guelleh».

En avant la françafrique ?

Soutiennent-ils non sans au passage mettre en exergue leur point d’intersection. «Tous ont en commun de bénéficier du soutien diplomatique, économique (via l’aide publique) et militaire ou policier de la France. Tous ont été reçus au moins une fois à l’Elysée depuis l’élection de François Hollande. Tous soutiennent la France dans ses nombreuses interventions militaires menées sur le continent africain, où elle dispose toujours de bases militaires et de forces pré-positionnées». Suffisant pour provoquer l’ire des Ong et remettre en question la tenue d’un sommet en terre française, fût-il pour passer en revue les questions de paix et de sécurité dans le continent africain. L’initiative de François Hollande, selon certains analystes, tranche avec la posture que le chef de l’Etat français alors en campagne électorale, avait semblé vouloir mettre un terme à la françafrique avec ses corollaires dénommés « pré-carré» et «diplomatie de couloir». Avec ce sommet qui fait jaser tant en Hexagone que sur le continent noir, il paraît évident qu’Hollande ne s’inscrit pas dans une logique de rupture.

Dans le droit fil, un communiqué de presse parvenue à la rédaction centrale du Messager hier, mercredi 4 décembre 2013, signé d’Abel Naki, président du Cri panafricain et Loïc Mpanjo, président du Think Tank Kamerun initiatives, embouche la même trompette que Survie et ses affidés. Pour Abel Naki et Loïc Mpanjo l’Afrique doit se mobiliser contre le sommet de la honte qui à lieu sur sa sécurité en France. De ce point de vue «une quinzaine de mouvements politiques africains coalisent sous la bannière du Cri panafricain, pour dire non au sommet sur la sécurité en Afrique qui se tient à l’Elysée». Pour passer de la parole à l’acte, les signataires du communiqué de presse annoncent «Une grande marche organisée samedi 7 décembre à 9h. Partant du métro Alésia à Paris jusqu’à la rue de la convention où les chefs d’Etats vont se réunir». Sera-ce suffisant pour barrer la voie à cette nouvelle forme de prolongement de la colonisation sous le prétexte de sécuriser l’Afrique ? Pas si sûr !

Alain NJIPOU

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