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Fort risque social pour les pays du Maghreb en 2014, proies de choix pour un ultra-libéralisme ? (Le Blog Finance)

par Blog Finance 2 Janvier 2014, 07:18 Economie Mahgreb Algérie Maroc Crise sociale

Fort risque social pour les pays du Maghreb en 2014, proies de choix pour un ultra-libéralisme ?  (Le Blog Finance)
Fort risque social pour les pays du Maghreb en 2014, proies de choix pour un ultra-libéralisme ?

Le Blog Finance
Elisabeth Studer

Selon The Economist Intelligence Unit, les États du Maghreb font font partie des pays les plus exposés au risque social en 2014. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Turquie, mais aussi l’Afrique du Sud, l’Espagne et le Portugal figurent ainsi dans les premiers rangs de cette liste.

La société britannique de recherche et d’analyse, filiale du groupe britannique The Economist, vient en effet de publier une étude sur le risque de troubles sociaux dans 150 pays en 2014. Les données de l’EIU font ressortir 19 pays extrêmement exposés à l’instabilité sociale, dont l’Égypte, le Nigeria, la Grèce et l’Argentine.

Sur les 150 pays concernés par l’analyse, 65 sont classés à haut risque ou à très haut risque, soit 43% de l’ensemble.

L’Afrique du Nord et le Moyen Orient (MENA), l’Europe du Sud, les Balkans et les anciens pays soviétiques de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) figurent en tête de la catégorie à risque élevé : y figurent ainsi 12 des 18 Etats de la région MENA, 6 des 7 pays balkaniques, 8 des 12 Etats CEI et 5 des 6 Etats sud-européens.

Sur l’ensemble des pays concernés par cette analyse, 54 présentent un risque moyen. Il s’agit, entre autres, de la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et Israël, ainsi que certains pays subsahariens dont le Gabon et la Côte d’Ivoire.

25 pays dont l’Allemagne, la Chine et le Sénégal présentent un risque faible, tandis que 6 seulement sont des pays à très faible risque d’instabilité sociale (la Suisse, l’Autriche et le Japon, entre autres).

Raisons principales d’une telle situation selon The Economist Intelligence Unit : la lenteur des réponses gouvernementales aux problèmes socio-économiques auxquels ces pays sont confrontés, les inégalités sociales n’arrangeant rien à l’affaire.

Selon le think-thank britannique, le plus grand risque n’est pas forcément imputable à la pauvreté. Selon ses analystes, «la baisse des revenus et le chômage élevé ne sont pas toujours suivis de troubles. Il faut que la détresse économique soit accompagnée d’autres facteurs de vulnérabilité pour qu’elle devienne un risque élevé d’instabilité».

Les inégalités de revenus, les faibles niveaux de prestations sociales ou encore la mauvaise gouvernance et la corruption sont d’importants facteurs susceptibles d’exacerber la montée des tensions sociales … y compris en Europe.

La vigilance est doublement de mise – à l’approche notamment d’élections cruciales en Algérie – alors que dans son ouvrage intitulé « La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre », la journaliste canadienne Naomi Klein fournit les résultats d’une enquête édifiante sur le dévoiement du capitalisme depuis plus de trente ans. Naomi Klein remontant tout d’abord aux années 50, période durant lesquelles, un universitaire américain de Chicago, Milton Friedman avait mis au point une doctrine économique reposant sur un capitalisme sans entrave, cette dernière ne pouvant néanmoins être mise en œuvre qu’à la « faveur » d’un « choc » émotionnel et brutal, volontaire ou non, frappant les peuples et offrant une voie royale pour l’émergence d’un libéralisme sauvage dans tous les sens du terme …

Milton Friedman devra ainsi attendre 1973 pour voir sa doctrine confrontée avec la réalité économique et politique d’un pays en voie de développement … le Chili. Rappelons que le 11 septembre 1973, le général Augusto Pinochet arrivait au pouvoir dans le pays, à l’issue d’un coup d’Etat militaire. Renversant alors la sociale-démocratie du président élu démocratiquement, Salvador Allende.

Si certes le gouvernement déchu dérangeait quelque peu les intérêts de Washington, le coup d’Etat aura offert l’opportunité à une équipe de jeunes économistes sud-américains formés à l’école de Milton Friedman de s’implanter au plus haut sommet du pays. Lesquels, surnommés les « Chicago Boys » mettaient alors les bouchées double pour appliquer leur nouveau credo néolibéral basé sur la privatisation, la déréglementation et la réduction des dépenses sociales.

Cette recette économique allait toutefois se trouver rapidement indigeste pour la population chilienne, entraînant des dégâts considérables pour l’économie du pays : inflation, flambée des prix des denrées alimentaires de base, privatisation des entreprises publiques au profit de multinationales …. souvent américaines, explosion du chômage, délabrement des services comme la fourniture d’eau potable et d’électricité, mais également médecine et hôpitaux publics …

Le principe de base ? Le chaos économique et social résultant de l’application de la doctrine des « Chicago Boys » n’aurait jamais pu se faire sans le soutien d’un régime dictatorial, ce dernier faisant usage de ses moyens militaires et policiers pour soumettre les citoyens à la nouvelle politique.

Cela pourrait donner froid dans le doigt quand on connaît le climat politique et social qui règne actuellement en Algérie, le pouvoir des militaires algériens … et les richesses en hydrocarbures du pays, voisin notamment du Mali, du Niger et de la Libye …

Sources : Economist Intelligence Unit, El Watan, Naomi Klein « La Stratégie du Choc »

Elisabeth STUDER – 31 décembre 2013 – www.leblogfinance.com

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