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France. A Chanteloup, la police est accusée de racisme et d'intimidations (Mediapart)

par Yannick Sanchez 30 Décembre 2014, 21:55 France Chanteloup-les-vignes Racisme Islamophobie Police Dérapages

A Chanteloup, la police est accusée de racisme et d'intimidations

Par Yannick Sanchez
Mediapart

Depuis des heurts et des arrestations, le 16 mars dernier, à la cité de la Noé, les relations entre la police et les habitants de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) ne cessent de se dégrader. Des témoignages récoltés par la Ligue des droits de l'Homme font état de racisme et de provocations de la part de la police. Des élus ne cachent plus leur inquiétude.

n œuf qui s'écrase sur un blouson de policier et c'est la prison. À Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), on ne plaisante pas avec les autorités. Le jeune C., 24 ans, en a fait les frais. Il s'est vu condamné, en mars dernier, à quatre mois de détention pour avoir jeté un œuf sur un policier du haut de sa fenêtre, soit la peine maximale pour une personne qui n'a pas déjà été condamnée. Tout le monde se demande pourquoi ce jeune homme marié, décrit comme « discret », « sans problèmes », technicien chauffagiste en CDI et au casier judiciaire vierge, a fait quatre mois derrière les barreaux. Pour sa sœur, qui a défendu sa cause auprès de la police, du préfet, du procureur et de la Ligue des droits de l'Homme, c'est on ne peut plus clair : « Il a servi d'exemple. »

Neuf mois après les faits, les habitants de la cité de la Noé (qui représente plus de 60 % des habitants de la ville) ont plus que jamais du mal à avoir confiance en la police et en la justice. Malgré l'enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) diligentée par le procureur de la République de Versailles, Vincent Lesclous, censée faire la lumière sur la régularité des quatre interpellations du 16 mars 2014, les tensions n'ont fait que s'exacerber.

C'est lors d'un beau dimanche ensoleillé, le 16 mars 2014, que des grenades lacrymogènes ont atterri dans le jardin d'enfants, à quelques mètres de la mosquée. Vers 16 heures, le contrôle manqué d'un véhicule se solde par la fuite de son conducteur. La patrouille de la BAC s'apprête à lever le camp, « de peur que la situation ne dégénère en raison de la présence d'une quinzaine de jeunes », mais aperçoit l'auteur d'un vol de sac à main perpétré la veille. Malgré la tension, l'unité de la brigade anti-criminalité intervient. Prise à partie, la police devient la cible de « divers projectiles » et appelle des renforts, qui entourent la cité. Pour les habitants qui n'ont pas suivi le déroulé des faits, Chanteloup est assiégée. Aux pavés, les forces de l'ordre répondent par les grenades lacrymogènes et les tirs de Flash-Ball. L'engrenage est en place...

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