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L’interdiction de survol en Syrie : une tentative pour sauver al-qaïda ? (The Saker)

par Tony Cartalucci 22 Décembre 2014, 08:19 Syrie Al-Quaïda Israël OTAN USA

L’interdiction de survol en Syrie : une tentative pour sauver al-qaïda ? (The Saker)
L’interdiction de survol en Syrie : une tentative pour sauver al-qaïda ?

Tony Cartalucci
Traduit par Geoffrey, relu par JJ, pour vineyardsaker.fr

Les récentes frappes d’Israël sur le territoire syrien sont considérées par certains comme faisant partie intégrante d’un plan régional des USA, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et d’Israël, afin d’établir une zone d’interdiction de survol au-dessus de la Syrie (NFZ en anglais), comme dans le cas libyen et de l’intervention de l’OTAN en 2011, qui livra le pays aux mains d’al qaïda, et maintenant aux terroristes de l’État islamique.

Des dossiers de Debka [site web proche des services de renseignements israéliens, NdT] ont suggéré dans un article intitulé “Les frappes aériennes d’Israël ont démoli les infrastructures russes qui empêchaient l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne sur la Syrie par les USA » :

« Des sources militaires US de haut rang ont révélé ce lundi 8 décembre, que les frappes aériennes israéliennes près de Damas, la veille, ont anéanti le matériel russe arrivé depuis peu, incluant des missiles envoyés hâtivement pour permettre à la Syrie et au Hezbollah de neutraliser un plan US de zone d’exclusion aérienne dans le nord de la Syrie. »

Indépendamment de la véracité ou non du rapport, les tentatives de justifications et d’imposition d’une NFZ en Syrie ont été des objectifs officiels des gouvernements de l’Ouest depuis 2011 lorsqu’un complot similaire était mis en œuvre sous le faux masque de l’intervention humanitaire en Libye.

Une NFZ pour protéger les mercenaires terroristes, pas les civils ou les rebelles

Les politiciens de l’Institut de l’Entreprise Américain (AEI) rétribués par des organismes financiers, publiaient un article en 2013 intitulé « Jack Keane et Danielle Pletka : comment arrêter le boucher Assad ? » [1], et qui affirmait :

« La Syrie n’est pas la Libye. Les troupes de Bashar Al Assad sont bien armées, et au sol elles gagnent des batailles contre les forces rebelles, à travers tout le pays. Mais neutraliser la capacité d’Assad de frapper depuis les airs, et ainsi faire basculer le rapport de force en faveur des rebelles anti-Assad, ce que les USA et ses alliés ont effectivement rendu possible et qui a permis finalement de renverser Moammar Gadhafi, est à la fois faisable et souhaitable. »

Cependant, en Libye, la NFZ humanitaire de l’Otan était clairement établie non pas pour protéger les civils innocents, mais bien pour fournir une couverture aérienne aux terroristes mercenaires, armés et conduits par l’OTAN même. Ces terroristes sont aujourd’hui reconnus comme étant al qaïda, c’est à dire, le soi-disant État islamique (ISIS, Daech, EIIL…) [2]. Il est alors clair que le boucher Assad mène actuellement une guerre contre les brutes les plus dépravées d’al-qaïda, que ce soit face au front al nusra ou à l’ISIS.

Au tout début du conflit syrien en 2011, le Département d’État US lui-même révéla que le front al nusra d’al-qaïda était non seulement impliqué dans les tout premiers combats, mais qu’il avait déjà établi une présence à l’échelle nationale d’où il menait des centaines d’attaques dans chaque grande ville syrienne. Lors d’une déclaration officielle du Département d’État US [3], désignant al nusra comme une organisation terroriste étrangère et un porte-drapeau d’al-qaïda en Irak, il était déclaré que :

« Depuis novembre 2011, le front al nusrah a revendiqué près de 600 attaques, allant de plus de 40 attaques suicides jusqu’aux escarmouches improvisées à la grenade ou aux armes de poing, dans le centre des grandes villes syriennes comme Damas, Alep, Hamah, Dara, Homs, Idlib et Dayr al-Zawr. Durant ces attaques, de nombreux civils ont été tués. »

La large présence d’al-qaïda, si tôt dans le conflit, est due au fait que les USA, Israël et l’Arabie saoudite, depuis au moins 2007, complotent d’utiliser l’organisation terroriste pour mener une guerre régionale par procuration contre l’Iran et ses alliés, incluant la Syrie et le Hezbollah au Liban.

La guerre menée par Damas n’est pas dirigée contre son propre peuple, ni contre des rebelles pro-démocratie, mais bien contre un front lourdement armé de militants sectaires, soutenus par l’étranger qui cherchent à envahir, renverser et occuper la nation syrienne. Ce front terroriste soutenu par l’extérieur, avec l’aide des médias occidentaux, se cache simplement derrière la façade ténue d’une authentique rébellion .

Un exemple en particulier illustre non seulement cette réalité, le fait qu’il n’y a pas et qu’il n’a jamais eu auparavant de rebelles modérés, mais aussi le fait que l’intervention de l’Ouest basée sur le concept d’assistance aux pseudos rebelles modérés et aux civils est en réalité une conspiration visant uniquement un changement de régime, en imposant la volonté de l’Ouest à la nation et au peuple syrien.

Le mois dernier, on révélait que des terroristes présentés par l’Ouest comme des rebelles modérés et reconnus comme des partenaires par les USA avant d’être armés avec des équipements de hautes technologies (notamment des missiles anti-chars), avaient fusionnés avec al-qaïda. Le journal International Business Time affirmait dans son article « Syrie : les jihadistes d’al-nusra font mains basses sur des missiles anti-char TOW, pris aux rebelles modérés » :

« Il est à craindre que de l’armement fourni par les USA aux rebelles modérés syriens soit tombé aux mains de militants jihadistes affiliés à al-qaïda, suite à des altercations entre groupes rivaux.

Les combattants islamistes de Jabhat al nusra prirent le contrôle de larges bandes de terrain à Jabal al zawiya, dans la province d’Idlib, durant le week-end, mettant en déroute le front révolutionnaire syrien (SFR) soutenu par les USA et Harakat Hazm, selon des activistes.

Washington avait besoin du SFR et de Harakat Hazm pour contrer les militants de l’Isis (état islamique), sur le sol en Syrie, en complémentarité de ses attaques aériennes. »

Un groupe rebelle syrien, soutenu dans le passé par les USA, a condamné les attaques aériennes de mardi. Harakat Hazm, un groupe rebelle qui reçut des armes anti-chars envoyées par les USA ce printemps, a qualifié les attaques aériennes d’ attaque contre la souveraineté nationale, affirmant que des attaques menées par un pouvoir extérieur ne faisaient que renforcer le régime d’Assad.

La déclaration vient d’un document, attribué à ce groupe, qui a circulé sur internet et a été posté en anglais depuis un compte tweeter appelé Syria Conflict Monitor. Plusieurs experts syriens, dont le centre Brookings Doha de Charles Lister, avancent que ce document est authentique.

Malgré les tentatives pour affirmer qu’Harakat Hazam était tombé sous la domination d’al-qaïda, Harakat Hazm avait déjà ouvertement juré allégeance à al-qaïda, un mois auparavant. En septembre, le Daily Beast rapportait dans son article « Les conspirateurs d’al-qaïda, en Syrie, placent leurs pions, selon des espions US » [4], que Harakat Kazm condamnait les attaques aériennes US contre ISIS et al nusra. Le Daily Beast rapportait : (texte en gras par nous-mêmes)

Malgré la déclaration officielle,il y avait des signes que Harakat Kazm concluait des alliances en Syrie qui entreraient en conflit avec le rôle de partenaire assigné par les USA. Au début de septembre, un responsable d’Harakat Hazam confiait à un journaliste du LA Times : « En Syrie, on est devenu des séculiers pour les autres et on craignait que le front Nusra nous combatte… Mais Nusra ne nous combat pas, en fait on lutte à ses côtés. On les aime bien, Nusra. »

Les USA, l’Otan, Israël : la force aérienne de l’État islamique

Avec cela en tête, les alliés de la Syrie doivent prendre toutes les mesures afin d’assurer qu’une zone de non-survol soit non seulement impossible politiquement, mais aussi tactiquement et stratégiquement. Un échec en Syrie ouvrirait la voie à du terrorisme par procuration et des opérations de guerre en Iran, en Russie et en Chine. Le monde peut difficilement se permettre le maintien de la primauté d’un pouvoir hégémonique capable d’utiliser ce genre de tactiques pour atteindre cet objectif, en soi obscène et intolérable, de conquête globale.

Exactement comme en Libye, où des extrémistes génocidaires et sectaires opérant régionalement sous la marque franchisée d’al-qaïda, incluant le groupe combattant islamique de Libye (LIFG) et al-qaïda au Maghreb islamique (AQIM), les deux opérant à ce jour ouvertement sous la bannière d’Isis, ont été amenés au pouvoir avec le soutien de l’OTAN, cette dernière le planifie également, à travers toute la Syrie, en installant des extrémistes aux premiers rangs des combattants.

L’objectif n’est pas seulement la ruine de la Syrie, mais l’emploi de ce pays comme un tremplin pour lancer des attaques contre l’Iran et le Hezbollah libanais, puis orienter les forces mercenaires terroristes de l’Otan au nord-est, vers la Russie, puis la vers Chine.

A cette fin, les USA, l’Otan, au premier chef la Turquie, ainsi qu’Israël, ont tout au long du conflit syrien, fourni des armes, de l’aide, de l’équipement, et même une assistance aérienne à al-qaïda dans leur tentative de renverser violemment le gouvernement syrien.

Comme cela a été fait en Libye, le rôle d’al-qaïda durant les combats était caché sous la couverture illusoire de rebelles modérés et de manifestants pro-démocratiques non-armés .

Alors que le masque tombait, une fable confuse et incohérente a émergé pour expliquer comment, malgré l’aide militaire fournie à la région en milliards de dollars par l’Ouest, c’est al-qaïda plutôt que les modérés de l’Ouest qui ont pris le dessus sur toutes les autres forces combattantes de la région.

La seule explication, plausible depuis le début, est que les USA, l’Otan, Israël et d’autres partenaires régionaux ont intentionnellement constitué et déployé diverses factions d’al-qaïda à travers la région, pour sous-traiter une guerre par procuration de plus en plus coûteuse et effroyable.

Le zone d’interdiction de vol, que l’Ouest tente de faire appliquer, est juste un écran de fumée rhétorique pour fournir à al-qaïda une protection, et par là-même empêcher la seule force militaire qui combat al-qaïda, l’Armée arabe syrienne, d’en finir avec ce fléau à l’intérieur de ses frontières, de restaurer l’ordre dans le pays, et par extension dans toute la région.

Tony Cartalucci
Traduit par Geoffrey, relu par JJ, pour vineyardsaker.fr

Notes

[1] How to Stop Assad’s Slaughter (Wall Street Journal, anglais, 22/05/2013)

[2] CNN:Lybian Rebels are now Isis (Tony Carlucci, anglais, 19/11/2014)

[3] Terrorist Designations of the al-Nusrah Front (US Department of State, anglais, 11/12/2012)

[4] Al Qaeda Plotters in Syria « Went Dark » (The Daily Beast, anglais,23/9/2014)

Sources : Syrian No-Fly-Zone a Bid to Save Al Qaeda (journal-neo.org, anglais, 13-12-2014) & Syrian No-Fly-Zone a Bid to Save Al Qaeda (vineyardsaker Océanie, anglais, 13-12-2014

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