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Guerre des USA en Syrie : Missiles russes « en perdition » et missiles étasuniens pernicieux (Global Research.ca)

par Felicity Arbuthnot 29 Octobre 2015, 03:19 Russie USA Syrie Missiles Bombardements Civils Crimes de guerre

« À chaque fois que des bombes sont utilisées pour viser des civils innocents, il s’agit d’un acte de terrorisme » – Barack Obama, le 15 février 2013.

Même pour qui regarde les choses de loin, il devient évident que l’immense machine à désinformation de Washington est devenue incontrôlable, sérieusement enrayée ou au désespoir.

La toute dernière tentative de manipulation dans les médias était cette affirmation (1) provenant de « sources anonymes étasuniennes » selon laquelle quatre missiles russes qui visaient des groupes terroristes en Syrie sont tombés en Iran.

Les administrations étasuniennes déforment la vérité à satiété. Sauf que parler de missiles en perdition après avoir bombardé un hôpital de Médecins Sans Frontières à Koundouz, en Afghanistan, moins d’une semaine auparavant (alors qu’on venait de confirmer à nouveau les coordonnées des bâtiments aux autorités étasuniennes peu avant l’attaque), puis après avoir donné quatre versions différentes de ce qui s’était produit en un nombre moins élevé de jours, c’était s’aventurer sur un terrain extrêmement glissant.

Comme le cofondateur de MSA et ancien ministre des Affaires étrangères de la France Bernard Kouchner l’écrivait :

Cibler une croix rouge dessinée sur le toit d’un hôpital est (…) inacceptable (…) une limite a de nouveau été franchie. Il a ensuite exigé la tenue d’une enquête indépendante en disant que C’est un crime de guerre. (The Guardian, 9 octobre 2015)

L’ancien candidat au sénat des USA Mark Dankof, qui était interviewé par la chaîne iranienne Press TV à propos des affirmations étasuniennes concernant les missiles en perdition en Iran, croit qu’une véritable opération psychologique est actuellement menée contre la Russie. (2) Ce pourrait être en réaction aux propos des ministres du président Poutine voulant que tous les terroristes qui terrorisent la population syrienne sont considérés comme des cibles, y compris ceux que les USA soutiennent.

Mark Dankof fournit plus de précisions :

(…) deux responsables étasuniens anonymes sont à la source de cette affirmation, et s’appuient à leur tour sur des « renseignements provenant des militaires et des services secrets » imprécis, non corroborés et non vérifiés. (3)

Il en rajoute : « C’est risible (…) et cela fait ressortir tout le tissu de mensonges que nous servent le gouvernement des USA, Israël, l’Arabie saoudite, le Conseil de coopération du Golfe (persique) et la Turquie à propos de ce qui se passe en Syrie et de qui est vraiment responsable des 250 000 Syriens tués, du million de blessés et des 9,5 millions de citoyens de ce pays déplacés.»

Ce sont évidemment les États que j’ai nommés qui doivent porter le blâme, car ce sont eux qui ont financé, soutenu et fait entrer les extrémistes et les terroristes (…) dans ce pays souverain qu’est la Syrie, en tentant illégalement de renverser le gouvernement légitime et reconnu de ce pays. Ce n’est pas seulement diabolique, mais aussi illégal.

Les mensonges colportés par les médias institutionnels sionistes en Occident à propos de la Russie représentent une tentative de dissimuler l’alliance entre EIIL, Al-Qaïda et consorts et les services secrets étasuniens, israéliens, britanniques, français et saoudiens, et d’ignorer le constat évident que les frappes aériennes russes font mal à ces groupes terroristes sur le plan militaire, même si elles sont effectuées en toute légalité du fait que le gouvernement souverain de la Syrie a officiellement demandé l’aide de la Russie.

Dankov a fait remarquer que le jeudi 8 octobre, les casques blancs étaient à la source des reportages du réseau CNN concernant les missiles en déroute, CNN les décrivant comme une équipe médicale indépendante. Cependant :

La vérité, c’est que les casques blancs sont une invention des services du renseignement de l’État et des ONG qui cherchent à renverser le gouvernement de Bachar al-Assad. Cette organisation a des liens spéciaux avec le gouvernement britannique en particulier et (aussi) avec le cabinet de relations publiques Purpose Inc., et fait du lobbying en faveur d’une intervention militaire contre Assad.

Ils sont étroitement liés à l’ONG Avaaz, qui a les mêmes visées, en plus d’avoir des liens avec la Open Society Foundation de George Soros (…).

Le cofondateur et PDG de Purpose Inc. d’origine australienne Jeremy Heimans (Nous créons de nouvelles organisations et initiatives pour aborder des questions nécessitant une participation massive et une intervention collective pouvant provoquer de grands changements; Purpose amène les gens à changer le monde) est aussi le cofondateur d’Avaaz.

Mais revenons à cette histoire de missiles en perdition, qu’on a rapidement écartée dans les médias occidentaux. Le général russe Moussa Kamali a déclaré à l’agence Sputnik News (9 octobre 2015) que Nous n’avons pas d’information sur un quelconque missile russe qui se serait écrasé sur le sol iranien (…). Tous ces rapports qui prétendent que des missiles russes visant la Syrie ont touché l’Iran sont des mensonges éhontés.

« Si les gens qui font de telles déclarations avaient une preuve quelconque, ils l’auraient certainement présentée », a-t-il ajouté. En effet…

Les USA sont non seulement passés maîtres dans l’art d’inventer des missiles en perdition, mais aussi dans les attaques planifiées d’hôpitaux et d’autres bâtiments protégés par le droit international. Les hôpitaux sont explicitement protégés en vertu de l’article 20 de la Convention de Genève, entre autres lois internationales ayant force exécutoire.

Une destruction aveugle planifiée était manifeste en 2003 lorsque « les scènes montrant le centre-ville de Bagdad en flammes ont fait ressortir clairement pourquoi des responsables étasuniens tenaient à recouvrir d’un rideau la reproduction de “Guernica” de Pablo Picasso qui orne les murs du siège du Conseil de sécurité de l’ONU, lorsque le secrétaire d’État Colin Powell a prononcé son plaidoyer en faveur de la guerre contre l’Irak le 5 février (2003). »(4) L’œuvre de Picasso fait référence à une ville basque rasée par des bombardements aériens allemands en avril 1937 durant la guerre civile espagnole.

Au début de cette invasion illégale des USA, les missions de bombardement de leurs avions sur Bagdad se succédaient à un rythme de 1 000 par jour, créant ainsi un enfer dans bien des parties de la ville. Des crimes de guerre d’une ampleur telle qu’on pourrait les qualifier d’holocaustes (définition d’holocauste : grande destruction entraînant de nombreuses pertes de vie, notamment par le feu).

Les USA sont également en terrain connu lorsqu’il s’agit de parler de missiles en perdition. Comme le magazine Time le rapportait en avril 2003, soit deux semaines seulement après le début du bombardement étasunien :

(…) au cours de la dernière semaine, trois (missiles) Tomahawks étasuniens ont disparu dans les plaines rocailleuses du sud-est de la Turquie, à plusieurs centaines de milles de la zone de guerre. Cinq se sont perdus en Arabie saoudite et quelques autres se sont brisés en Iran et apparemment en Syrie. (5)

Le bombardement sans discernement de l’Irak était criminel, à l’instar de tous les autres lieux que les USA ont libérés. Edward Herman cite Falloujah comme exemple monstrueux de l’énormité des crimes de guerre qui ont été commis : (6)

D’après le Dr Hafidd al-Dulzanni, directeur de la Commission for the Compensation of Fallujah Citizens, l’offensive étasunienne (de 2004) a détruit entre autres quelque 7 000 maisons, 840 magasins, ateliers et cliniques, 65 mosquées et sanctuaires religieux, 59 écoles, 13 immeubles du gouvernement, 2 postes électriques, 3 stations d’épuration de l’eau ainsi que plusieurs gares et stations de traitement des eaux usées. Les hôpitaux étaient des cibles explicites et des armes comme des bombes au phosphore blanc et des munitions à l’uranium ont été utilisées, le tout constituant des violations massives des lois de la guerre. (extrait souligné par l’auteure.)

La destruction ciblée et aveugle de Falloujah faite en toute illégalité est à l’image de ce qui s’est produit dans l’ensemble de l’Irak.

Le jour où les militaires étasuniens sont entrés dans Bagdad (le 8 avril 2003), ils ont déclaré la guerre aux journalistes, ce qui constitue une violation grave des Conventions de Genève et du Protocole additionnel I ainsi qu’un crime de guerre en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Les militaires étasuniens ont d’abord tiré un missile visant les bureaux d’Al-Jazeera à Bagdad, qui a tué le correspondant Tariq Ayoub et blessé gravement plusieurs autres personnes. Il convient de noter que « Les attaques ont eu lieu pendant la diffusion d’images du carnage grandissant mené par les militaires étasuniens partout dans la capitale irakienne.» (7)

Les membres du personnel d’Al-Jazeera ayant survécu ont trouvé refuge à proximité dans les locaux d’Abu Dhabi TV, qui à leur tour ont été la cible des USA. Le correspondant d’Abu Dhabi TV Shaker Hamed a alors fait un appel à l’aide en ondes : « Vingt-cinq journalistes et techniciens d’Abu Dhabi Télévision et (…) d’Al-Jazeera sont cernés dans les bureaux d’Abu Dhabi TV à Bagdad. » Notez l’emploi du mot cernés. Ce n’était apparemment pas de missiles aéroportés en perdition qu’il s’agissait, mais bien de chars d’assaut qui tiraient pratiquement à bout portant. L’expression tuer le messager vient à l’esprit.

Hamed a lancé un appel aux organismes compétents, en leur demandant d’intervenir rapidement pour nous sortir de cette zone où il pleut des missiles et des obus d’une manière incroyable.

Pour revenir à un fait maintenant connu qui donne des frissons dans le dos et qui nous ramène au bombardement de l’hôpital à Koundouz, Al-Jazeera avait écrit au secrétaire à la Défense des USA Donald Rumsfeld le 23 février pour lui donner les coordonnées précises de ses bureaux, afin d’éviter d’être ciblée. C’est comme si fournir ses coordonnées aux militaires étasuniens équivalait au baiser de la mort.

Al-Jazeera avait également subi une attaque des forces armées étasuniennes au moment de l’invasion de l’Afghanistan par les USA, qui avait elle aussi détruit leurs bureaux.

Après avoir pris pour cible Al-Jazeera et Abu Dhabi TV, les militaires étasuniens ont tourné leur attention vers l’hôtel Palestine, où étaient basés 200 journalistes et la presse internationale. Ils ont tué le correspondant de l’agence Reuters Taras Protsyuk ainsi que Jose Couso, de la chaîne espagnole Telecinco TV. Trois autres journalistes ont subi des blessures et l’hôtel a été lourdement endommagé. Les militaires étasuniens avaient évidemment été mis au fait que les médias étaient basés à l’hôtel Palestine.

La veille à Bassora, les bureaux d’Al-Jazeera avaient été la cible de deux missiles étasuniens qui n’ont pas explosé. Sur la route à l’extérieur de Bagdad, des véhicules d’Al-Jazeera et d’Abu Dhabi TV clairement identifiés sur le toit, les côtés et le capot avaient aussi été pris pour cible. C’est par miracle que personne n’a été blessé.

Le journaliste du réseau ITV Terry Lloyd a été tué par les forces armées étasuniennes près de Bassora moins de quatre jours après l’invasion. Il se trouvait lui aussi dans un véhicule clairement identifié. Le caméraman Fred Nerac et son adjoint libanais Hussein Osman, qui l’accompagnaient dans une autre voiture, ont été tués également. Le caméraman français Daniel Demoustier, qui a été blessé lors de l’attaque, a dit que les USA tiraient sur les véhicules des médias pour se débarrasser de témoins gênants. À la lumière des exemples précités et de la litanie continuelle de ce genre d’attaques par les militaires étasuniens (et britanniques) durant l’occupation, on peut dire qu’il a tapé dans le mille.

Au chapitre des crimes de guerre, les USA sont des délinquants en série. Au moment de l’offensive de 1991 en Irak, tout le réseau d’adduction d’eau potable a été délibérément détruit, sous les ordres du commandement central des USA. Des dispensaires, des écoles, des centres de distribution du ministère de l’Éducation, des centres de presse et des stations de radio ont été détruits dans l’ensemble du pays. (8) Plus de la moitié du bétail a été anéanti, les fermes, les troupeaux et les élevages de poulet étant particulièrement visés. L’Irak était le premier exportateur mondial de dattes et tout porte à croire que les USA considéraient les dattiers comme des ennemis aussi, car ils ont bombardé de magnifiques palmeraies aussi anciennes que majestueuses.

Des femmes et des enfants qui allaient s’abriter tous les soirs dans le refuge renforcé d’Ameriyah en périphérie de Bagdad ont également été incinérés. Les USA avaient des satellites au-dessus du refuge qui filmaient les femmes et les enfants qui entraient au crépuscule pour en ressortir à l’aube.

L’usine qui fabriquait du lait en poudre pour nourrissons a été réduite en poussière et qualifiée d’usine d’armes chimiques. La fourniture, l’installation et l’entretien de la machinerie avaient été confiés à une entreprise de Birmingham (Angleterre) et l’usine ne pouvait produire que du lait pour nourrissons.

On a également réduit à néant des fabriques de fournitures médicales de base comme des seringues, des médicaments contre la douleur et des antibiotiques. Cette voie, les USA l’avaient déjà empruntée lorsqu’ils avaient bombardé l’usine pharmaceutique Al-Shifa (le remède) au Soudan en août 1998 et fait pleuvoir des missiles en Afghanistan, en réponse à l’attaque de deux ambassades étasuniennes en Afrique de l’Est. Fidèles à leurs habitudes, les USA sont alors devenus à la fois juges, jurys et bourreaux et se sont mis à bombarder au hasard, sans disposer de preuves.

Ajoutons à cela les nombreuses frappes (à peine remarquées) des USA au Yémen (population d’à peine 24,41 millions), qui ont précédé leur guerre par procuration en cours livrée par l’Arabie saoudite, qui occupe actuellement la présidence du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

De 2002 à 2015, les USA ont effectué 98 frappes au Yémen à l’aide de missiles et de drones, dont 41 en 2012, 26 en 2013 et 14 en 2014, d’autres attaques ayant eu lieu en 2009, 2010 et 2011. Le coût en vies humaines n’est pas dévoilé et c’est une honte. En mai 2010, un drone en perdition a tué cinq personnes. En décembre 2009, un missile de croisière étasunien a tué 41 personnes. (9)

En 1999, l’ancienne Yougoslavie a été décimée. Des missiles étasuniens en perdition sont alors tombés en Macédoine, ont frappé le centre des médias de Belgrade, l’ambassade de Chine et des marchés, et ont détruit des trains de passagers. C’était le prix de la liberté telle que les USA la conçoivent.

En 2011, ils ont participé à la destruction de la Libye, une autre métaphore pour décrire toute la monstruosité d’une puissance criminelle qui se présente comme un sauveur bienfaisant.

Ne nous laissons pas berner par des allégations bidon à propos de missiles russes en perdition tant que la lumière ne sera pas faite sur l’enfer causé par les missiles étasuniens pernicieux.

Felicity Arbuthnot

Notes

  1. http://www.theguardian.com/world/2015/oct/09/russia-denies-missiles-aimed-at-syria-landed-in-iran
  2. http://www.mondialisation.ca/syrie-lintervention-russe-montre-au-grand-jour-les-mensonges-de-la-coalition-the-terrorists-r-us/5482034
  3. http://www.presstv.ir/Detail/2015/10/09/432620/US-Russia-Syria-psyop
  4. https://www.wsws.org/en/articles/2003/03/bagh-m22.html
  5. http://content.time.com/time/world/article/0,8599,439517,00.html
  6. http://www.globalresearch.ca/after-all-we-did-for-them-in-fallujah/5480223
  7. https://www.wsws.org/en/articles/2003/04/jaz-a09.html
  8. http://www.mondialisation.ca/op-ration-boucherie-dans-le-d-sert/8034?print=1
  9. https://en.wikipedia.org/wiki/Terrorism_in_Yemen

Je tiens à remercier Nicolas J. Davies, auteur de cet ouvrage éclairant qu’est Blood on Our Hands – The American Invasion and Destruction of Iraq, qui a rafraîchi ma mémoire au sujet des missiles étasuniens en perdition.

(http://truth-out.org/archive/component/k2/item/90107:blood-on-our-hands)

*Site d'information alternatif canadien

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