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Quand douze doyens d'universités US demandaient à Barack Obama de faire en sorte que la CIA n'utilise plus les campagnes de vaccination dans le monde à des fins de renseignement

par Sam La Touch 8 Juin 2014, 10:03 ArtCIA Campagne vaccinale Save The Children Articles de Sam La Touch Pakistan Obama Lettre de 12 doyens

Quand douze doyens d'universités US demandaient à Barack Obama de faire en sorte que la CIA n'utilise plus les campagnes de vaccination dans le monde à des fins de renseignement

Selon le Washington Post, The threat to global health from the hunt for bin Laden, la CIA dans sa traque de Ben Laden a orchestré une campagne de vaccination au Pakistan dans des villages proches de l'endroit où était censé se trouver Ben Laden. Cela afin de recueillir des échantillons de sang qui pourraient identifier la famille d'Oussama ben Laden, sous couvert d'un programme de vaccination en cours. Mais cela a soulevé ensuite de graves questions d'éthique et la tactique de vaccination de la CIA a été critiquée par douze des plus grands doyens de santé publiques aux Etats-Unis (voir lettre ci-dessous publiée par The Washington Post) notamment pour mettre en péril l'intégrité des programmes de santé publique au Pakistan et dans le monde entier. Cela a aussi posé le problème des dangers auxquels sont confrontés les organisations non gouvernementales (ONG) dans un monde qui est de plus en plus hostile aux organisations d'aide en provenance des États-Unis.
Les scientifiques ont ainsi dénoncé le fait que l'ONG Save The Children qui a assuré la couverture vaccinale dans des villages au Pakistan ait pu être associé à l'opération de la CIA alors qu'il n'en était rien.

En janvier 2013, la CIA a promis de ne plus instrumentaliser les opérations vaccinales (CIA: No more vaccination campaigns in spy operations) a des fins de renseignements.

La Lettre de douze doyens des Universtités de santé publique états-uniennes au Président Obama lui demandant de ne plus utiliser les campagnes de vaccination dans ses opérations d'espionnage. 

January 6, 2013




Monsieur le Président Obama,

Dans les premières années du "Peace Corps" ("Les Corps de la Paix" est une agence indépendante du gouvernement états-unien, créés en 1961 par John Fitzgerald Kennedy, à l'instigation d'Hubert Humphrey, dont la mission est de favoriser la paix et l'amitié du monde - en particulier auprès des pays du tiers monde, ndt), son directeur, Sargent Shriver, a découvert que la Central Intelligence Agency (CIA) a instrumentalisé ses efforts et ses programmes à des fins clandestines. M. Shriver a exprimé avec force le caractère inacceptable de cela au président. Son action, et la vigilance et l'action des futurs administrateurs, a conservé les "Corps de la Paix" comme un véhicule de service pour les citoyens les plus idéalistes de notre pays. Elle protège également nos volontaires des "Corps de la Paix" de suspicion injustifiée, et offre des possibilités pour ceux-ci d'opérer dans des zones de grande nécessité qui seraient autrement inaccessibles pour eux. En septembre, à la suite d'une campagne de vaccination fictive par la CIA pour traquer d'Oussama Ben Laden au Pakistan, Save the Children a été forcée par le gouvernement du Pakistan (GOP) de retirer tout son personnel étranger. Cette action faisait apparemment suite à la tactique de la CIA qui a utilisé une campagne de vaccination fictive pour recueillir des informations sur la localisation d'Oussama Ben Laden.

En fait, Save the Children n'a jamais employé le médecin pakistanais au service de la CIA, mais aux yeux du GOP, il a été associé à l'organisation. Le mois dernier, plus de sept travailleurs de la santé des Nations Unies qui ont participé à la campagne de vaccination des enfants pakistanais contre la polio ont été abattus dans des actes impardonnables de terrorisme. Alors que les programmes politiques et de sécurité peuvent par nécessité induire des dommages collatéraux, nous en tant que société limitons ces dommages, et nous croyons que cette campagne de vaccination factice a dépassé ces limites. Comme exemple de la gravité de la situation, aujourd'hui, nous sommes sur le point d'éradiquer complètement la polio. Avec votre leadership, les États-Unis sont le plus grand donateur à l'initiative pour l'éradication mondiale de la poliomyélite et ont assuré une forte direction  et de ce fait une importante assistance technique. La Polio menace particulièrement les jeunes enfants dans les communautés les plus défavorisées et aujourd'hui elle a été isolé dans seulement trois pays : l'Afghanistan, le Nigéria et le Pakistan. Maintenant, à cause de ces assassinats de soignants impliqués dans les programmes de vaccination, l'ONU a été contrainte de suspendre les efforts d'éradication de la polio au Pakistan. Ce n'est qu'un exemple, et cela montre pourquoi, en tant que principe général, les programmes de santé publique ne doivent pas être utilisés comme couverture pour des opérations secrètes. 

Indépendant des Conventions de Genève de 1949, pervertir les programmes humanitaires de santé publique au travers d'activités secrètes menace les participants actuels et le potentiel futur de beaucoup de ce que nous nous engageons à l'échelle internationale pour améliorer la santé et fournir une assistance humanitaire. En tant que dirigeants universitaires de la Santé Publique, nous vous invitons par la présente à assurer le public que ce type de pratique ne sera pas répétée. Le travail international dans le domaine de la Santé Publique s'appuie sur la paix et est l'un des moyens les plus constructifs par lesquels nos étudiants de Santé Publique du passé, du présent et du futur peuvent poursuivre une vie d'accomplissements et de services. 

S'il vous plaît ne permettez pas à ce que ce bien d'intérêts communs leur soit définitivement inaccessible à cause des intérêts politiques et / ou de sécurité qui ne tiennent pas compte des répercussions imprévues et négatives sur la santé publique auxquelles nous assistons au Pakistan.
(Traduction SLT)





Dear President Obama,

In the first years of the Peace Corps, its director, Sargent Shriver, discovered that the Central Intelligence Agency (CIA) was infiltrating his efforts and programs for covert purposes. Mr. Shriver forcefully expressed the unacceptability of this to the President. His action, and the repeated vigilance and actions of future directors, has preserved the Peace Corps as a vehicle of service for our country’s most idealistic citizens. It also protects our Peace Corps volunteers from unwarranted suspicion, and provides opportunities for the Peace Corps to operate in areas of great need that otherwise would be closed off to them. In September, as a result of a CIA sham vaccination campaign used to hunt for Osama Bin Laden in Pakistan, Save the Children was forced by the Government of Pakistan (GoP) to withdraw all foreign national staff. This action was apparently the result of CIA having used the cover of a fictional vaccination campaign to gather information about the whereabouts of Osama Bin Laden.

In fact, Save the Children never employed the Pakistani physician serving the CIA, yet in the eyes of the GoP he was associated with the organization. This past month, seven or more United Nations health workers who were vaccinating Pakistani children against polio were gunned down in unforgivable acts of terrorism. While political and security agendas may by necessity induce collateral damage, we as a society set boundaries on these damages, and we believe this sham vaccination campaign exceeded those boundaries. As an example of the gravity of the situation, today we are on the verge of completely eradicating polio. With your leadership, the U.S. is the largest bilateral donor to the Global Polio Eradication Initiative and has provided strong direction and technical assistance as well. Polio particularly threatens young children in the most disadvantaged communities and today has been isolated to just three countries: Afghanistan, Nigeria and Pakistan. Now, because of these assassinations of vaccination workers, the UN has been forced to suspend polio eradication efforts in Pakistan. This is only one example, and illustrates why, as a general principle, public health programs should not be used as cover for covert operations. Independent of the Geneva Conventions of 1949, contaminating humanitarian and public health programs with covert activities threatens the present participants and future potential of much of what we undertake internationally to improve health and provide humanitarian assistance.

As public health academic leaders, we hereby urge you to assure the public that this type of practice will not be repeated. International public health work builds peace and is one of the most constructive means by which our past, present, and future public health students can pursue a life of fulfillment and service. Please do not allow that outlet of common good to be to be closed to them because of political and/or security interests that ignore the type of unintended negative public health impacts we are witnessing in Pakistan. 

Sincerely,
Pierre M. Buekens, M.D., M.P.H., Ph.D. Dean, Tulane University School of Public Health and Tropical Medicine* James W. Curran, M.D., M.P.H. Dean, Rollins School of Public Health, Emory University* John R. Finnegan Jr., Ph.D. Professor and Dean, University of Minnesota School of Public Health* Chair of the Board, Association of Schools of Public Health* Julio Frenk, M.D., M.P.H., Ph.D. Dean and T&G Angelopoulos Professor of Public Health and International Development Harvard School of Public Health* Linda P. Fried, M.D., M.P.H. Dean, Mailman School of Public Health, Columbia University* Howard Frumkin, M.D., Dr.P.H. Dean, School of Public Health, University of Washington* Lynn R. Goldman, M.D., M.P.H. Professor and Dean, School of Public Health and Health Services, George Washington University* Jody Heymann, M.D., M.P.P., Ph.D. Dean, UCLA Fielding School of Public Health* Michael J. Klag, M.D., M.P.H. Dean, Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health* Martin Philbert, Ph.D. Dean, School of Public Health, University of Michigan* Barbara K. Rimer, Dr.P.H. Dean and Alumni Distinguished Professor UNC Gillings School of Global Public Health* Stephen M. Shortell, Ph.D. Dean, School of Public Health, University of California Berkeley* *Institutional affiliation is provided for identification only.

cc: Regina M. Benjamin, United States Surgeon General Hillary Rodham Clinton, Secretary of State Thomas Frieden, Director, Centers for Disease Control and Prevention Howard Koh, Assistant Secretary of Health Michael J. Morell, Acting Director of the Central Intelligence Agency Janet Napolitano, Secretary of Homeland Security Kathleen Sibelius, Secretary of Health and Human Services

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