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Pourquoi l’Afrique votera contre Michel Platini à la présidence de la FIFA (Mondafrique)

par Francis Sahel 10 Juin 2015, 20:12 Afrique FIFA UEFA Platini Sepp Blatter Qatar Corruption Sarkozy

Candidat potentiel pour remplacer Sepp Blatter à la tête de la FIFA, Michel Platini n'est pas soutenu par les fédérations africaines. Contrairement à son prédécesseur.

Le président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini, n’a encore rien décidé. Mais s’il devait se porter candidat à la présidence de la Fédération internationale de football association (FIFA), l’ancien international français aura à affronter la colère et même l’hostilité de la grande majorité des fédérations africaines. La présentation de l’affrontement entre Platini et le président démissionnaire de la FIFA Sepp Blatter comme un simple duel entre « le chevalier blanc » et « le corrompu » soutenu par des associations achetées, notamment celles d’Afrique n’est pas passée sur le continent.

« Pacte de corruption »

Au-delà de la gêne suscitée par cette présentation manichéenne, cette lecture de la crise est jugée erronée par plusieurs responsables du football africain qui rappellent que Platini siège depuis 16 ans au Comité exécutif de la FIFA. L’hebdomadaire français France Football avait révélé à ce sujet qu’une réunion secrète s’est tenu le 23 novembre 2013 à l’Elysée entre le président Nicolas Sarkozy, Michel Platini et le prince hériter qatari d’alors (l’Emir d’aujourd’hui) Tamin Ben Khalifa Al Thani dont l’Emirat prétendait alors à l’organisation de la Coupe du monde 2022.

« C’est tout simplement scandaleux et faux de soutenir que les fédérations africaines votent pour Blatter parce qu’elles ont été corrompues. Nos pays lui sont reconnaissants pour ses gestes en faveur de la régulation du football mondial », s’emporte le président d’une fédération ouest-africaine de football. « Ce qui est bon pour le Barça ou Chelsea n’est pas forcément bon pour l’Afrique », ajoute-t-il. Selon ce responsable associatif, l’une des raisons de la popularité de Blatter en Afrique vient de la décision qu’il a fait prendre en 2001 de prélever 5% du montant de chaque transfert pour le reverser au club formateur. De nombreux clubs africains en ont ainsi tiré profit, qui pour acheter des équipements, qui pour construire de nouvelles infrastructures. Conscient du poids électoral de l’Afrique (54 fédérations sur les 209 affiliées) lors du Congrès, la plus grande instance de décision de la FIFA, le Suisse Sepp Blatter avait lancé le programme « Gagner en Afrique » doté d’une enveloppe de 70 millions de dollars. Il avait, entre autres, pour ambition d’installer des pelouses artificielles sur le continent. « L’argent n’a pas pu disparaître parce que puisque c’est nous qui négocions les contrats, installions les pelouses. Et tout cela depuis Zurich. L’argent ne passait jamais par les fédérations locales. Il faut arrêter de raconter n’importe quoi », s’est insurgé le Français Jérôme Champagne, remonté contre le prétendu « pacte de corruption » entre son ancien patron et l’Afrique.

L’autre pomme de discorde entre Platini et les fédérations africaines, c’est la velléité de l’UEFA de remettre en cause le principe de « un pays, une voix » actuellement en vigueur à la FIFA. « Nous ne voulons pas du démantèlement de ce système qui est le plus démocratique au monde. De plus, nous sommes persuadés que l’étape suivante de la stratégie des pays riches, c’est d’instaurer le droit de véto à la FIFA sur le modèle de ce qui se passe au Conseil de sécurité », raille, pour sa part, le président d’une Fédération d’Afrique centrale de passage à Paris.

Avec des réserves de plus de 5 milliards de dollars, la FIFA aiguise des appétits qui amènent à parier que Platini ne sera pas le seul candidat à sa présidence. Mais lui au moins sait désormais ce qui lui reste à poser comme actes pour obtenir les suffrages des fédérations africaines.

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