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Néocolonialisme au Sénégal : après Diouf et Wade, voilà le "Tirailleur" Macky Sall (InvestigAction)

par Fodé Roland Dagne 28 Juin 2015, 05:26 Senegal Arabie Saoudite USA néocolonialisme Françafrique Impérialisme Yemen Tirailleurs Macky Sall

Les libéraux et sociaux-libéraux du Sénégal indépendant font dans la continuité d'une tradition collaborationniste coloniale qui remonte à la défaite de la résistance anti-coloniale et à l'inféodation d'une prétendue élite au système de domination coloniale.

Néocolonialisme au Sénégal : après Diouf et Wade, voilà le "Tirailleur" Macky Sall (InvestigAction)


Pourquoi l’élite politique régnante du Sénégal est-elle servile et contre la paix ?

L’opinion démocratique, patriotique, panafricaniste et internationaliste du Sénégal et d’Afrique est choquée et révoltée. Le président Macky Sall a osé annoncer l’envoi de 2100 soldats sénégalais pour agresser le peuple yéménite. Après le recruteur des "Tirailleurs" pour la boucherie impérialiste 14-18, le précédent le plus récent a été Abdou Diouf lors de la guerre coloniale contre l’Irak. Les jambars (terme Wolof qui signifie [soldats] courageux) y avaient été envoyés et près d’une centaine d’entre eux ont perdu la vie avant que Wade, sous protection de mirages français, n’aille à Benghazi trahir Kadhafi.

Les libéraux et sociaux libéraux du Sénégal indépendant font dans la continuité d’une tradition collaborationniste coloniale qui remonte à la défaite de la résistance anticoloniale et à l’inféodation d’une prétendue élite au système de domination coloniale.

Pour se tailler son empire colonial de l’ouest puis de l’équateur africain, la France coloniale avait fondé les "Tirailleurs sénégalais" pour en faire les troupes de choc commandées par des officiers coloniaux. Cette fois, il s’agit, comme sous Diouf en 91, d’envoyer à la mort des enfants du peuple, jamais leurs propres enfants, pour les intérêts des théocraties saoudiennes, qataries, koweitiennes, etc.

Mais n’est-ce pas là un prolongement logique à la vassalisation aux intérêts de la Françafric, de l’Eurafric et de l’Usafric ?

Amalgame trompeur entre "lieux saints de l’Islam" et les Monarchies des pétrodollars.

Tel est le principal prétexte de l’envoi de troupes au service des ambitions des théocraties féodales saoudienne, koweitienne et qatarie. Le libéral Macky Sall instrumentalise la foi musulmane de la majorité musulmane du pays pour se lancer comme mercenaire dans une aventure guerrière contre le peuple yéménite majoritairement musulman. Il surfe sur la croyance fausse selon laquelle il y aurait fusion entre "la Mecque et Médine, la terre sainte" et les monarques milliardaires, corrompus, corrupteurs que Thierno Souleymane Baal s’adressant aux populations musulmanes du Fouta dénonçait comme suit : "Détrônez tout imâm dont vous voyez la fortune s’accroître et confisquez l’ensemble de ses biens ; combattez-le et expulsez-le s’il s’entête ; veillez bien à ce que l’imâmat ne soit pas transformé en une royauté héréditaire où seuls les fils succèdent à leurs pères ; l’imâm peut être choisi dans n’importe quelle tribu ; choisissez toujours un homme savant et travailleur ; il ne faudra jamais limiter le choix à une seule et même tribu ; fondez-vous toujours sur le critère de l’aptitude".

Ainsi il suffit d’un coup d’œil sur la conduite guerrière des impérialistes US et de l’UE à travers le monde pour se rendre compte qu’une fois détruite l’URSS communiste, le "choc des civilisations, des races, des cultures, des religions" est devenu le principal outil idéologique de l’impérialisme en crise pour chercher à pérenniser leur hégémonie sur les peuples du monde. Cette offensive idéologique impérialiste raciste n’a d’autre but que de s’emparer des richesses et de soumettre les peuples à leur pillage spoliateur.

La construction idéologique de l’ennemi intérieur et extérieur Musulman, Noir, Arabe, Rrom, puis demain Bouddhiste, Asiatique, Sud-Américain, etc leur permet, à la fois, de diviser les classes sociales exploitées à l’intérieur des pays impérialistes et de rallier sur des bases racistes la partie "blanche" des exploités contre les pays et peuples opprimés à l’extérieur définis comme "barbares".

Il n’y a rien de nouveau, quant au fond, dans les théories et pratiques prédatrices de l’impérialisme. Rappelons que Jules Ferry en France et Céciles Rhodes en Angleterre, mais aussi George Washington aux USA, ont tous justifié la colonisation, et pour le dernier l’esclavage, au nom de la "mission civilisatrice des peuples supérieurs sur les peuples inférieurs et sauvages".

Il n’y a rien de nouveau non plus dans le fait que ces "missions civilisatrices" barbares du capitalisme impérialiste ont chaque fois mis à contribution une prétendue "élite" issue des peuples à "civiliser".

Ce sont les formes qui changent. C’est ainsi qu’aujourd’hui les impérialistes US et de l’UE mettent à contribution les Emirs des pétrodollars pour diviser les Musulmans entre Chiites et Sunnites, financer les groupes terroristes fanatisés Wahhabites, Salafistes et Takfiristes, non pour combattre le colonialisme sioniste israélien, mais pour soumettre les Etats laïcs du monde musulman qui rejettent la domination néocoloniale.

Telle est la leçon essentielle que l’on doit retenir des guerres d’agression coloniale contre l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Centrafrique, le Soudan, la Somalie, la RDC et les projets de guerres contre l’Iran.

C’est aussi comme cela qu’il faut comprendre aujourd’hui la servilité monnayée pour financer le "Plan Sénégal Emergent" (PSE) du président libéral de l’APR par sa décision d’envoyer dans le mouroir yéménite les enfants du peuple. C’est cela le néo-colonialisme qui s’est traduit par le voyage escorté par les mirages français du PDS libéral, Wade, en Libye et l’envoi à la mort de près d’une centaine de soldats sénégalais par le social libéral PS, Diouf, lors de la guerre contre l’Irak. La décision présidentielle s’inscrit donc dans cette tragique tradition coloniale et néocoloniale.

Les causes systémiques des nouvelles agressions impérialistes contre les peuples

Dès sa naissance, le capitalisme en tant que mode de production a été marqué par ce que d’aucun appelle aujourd’hui « mondialisation ou globalisation ». En effet, la classe sociale porteuse de ce système économique et social, la bourgeoisie ou le patronat des groupes monopolistes, a été boosté dans sa conquête de la puissance économique et politique par la découverte des matières premières minérales comme le charbon, le fer, l’or et des matières premières agricoles comme la laine, le coton, le café dont l’exploitation exigeait une main d’œuvre ayant comme seule possession sa force de travail manuelle et/ou intellectuelle : la classe ouvrière, le prolétariat.

C’est ainsi qu’est né, parallèlement à la contradiction capital – prolétariat, le système colonial et esclavagiste par la conquête militaire brutale du continent américain, le génocide des Amérindiens qui est le premier grand crime contre l’humanité de l’ère moderne, l’émigration massive des populations européennes persécutées et/ou appauvries pour peupler le continent américain complétée par la traite et l’esclavage des Noirs d‘Afrique. Du 15éme au 18éme siècle le sous-continent européen sera à la fois la puissance technologique, industrielle, financière, militaire, stratégique et géopolitique. C’est en Europe qu’arrivaient les matières premières pillées en Amérique pour être transformées en produits industriels.

Au 19éme et 20éme siècle, la seconde phase de la « mondialisation » capitaliste s’opéra par la conquête des empires coloniaux. L’Europe, notamment sa partie ouest bientôt suivie par les USA, était toujours « l’atelier du monde » transformant les matières premières agricoles et minières en produits industriels de consommation.

Toutes les guerres coloniales, du capitalisme naissant, puis du capitalisme en développement et enfin du capitalisme arrivé à maturité, l’impérialisme, qui s’est partagé le monde par la conquête de vastes empires coloniaux sans omettre les guerres inter-impérialistes comme la guerre de 1914-1918 pour un nouveau partage, ont ceci de caractéristique : elles ont été faites pour voler les matières premières, pour les transformer en marchandises industrielles et pour surexploiter la main d’œuvre esclave ou asservie par le travail forcé.

Or, ce qui caractérise l’évolution actuelle, c’est que les luttes de libération nationale, au 18éme et début du 19éme siècle sur le continent américain dans le sillage des indépendances des USA et de Haïti, puis celles du 20éme siècle impulsées et soutenues par la Révolution Bolchevique, l’URSS et le camp socialiste victorieux du Nazisme, ont produit les pays dits « émergents » comme la Chine, l’Inde, le Brésil, le Vietnam ainsi que de nouvelles expériences révolutionnaires, progressistes, antilibérales comme au Venezuela, en Bolivie, en Equateur, au Nicaragua, au Salvador, au Pérou, etc., qui s’appuient sur l’héroïque résistance économique, culturelle, politique et idéologique de Cuba.

Ces pays deviennent les nouveaux « pays ateliers » qui produisent tout ce que la planète consomme, en particulier tout ce que consomment l’UE et les USA, lesquels se « désindustrialisent » progressivement pour se transformer en parasites vivant de la spéculation, de l’usure et de la rente.

Cette évolution objective de la division internationale du travail au cours de cette troisième phase de la « mondialisation ou globalisation », c’est-à-dire de l’internationalisation du capital et de la recherche du profit maximum, confère un caractère particulier au nouveau cycle des guerres d’agressions coloniales de l’impérialisme US et UE contre les peuples.

En effet le nouveau cycle des guerres impérialistes est engendré par la nécessité pour l’impérialisme de contrôler les sources de matières premières stratégiques indispensables au développement des pays "émergents". Il s’agit de générer des profits colossaux en contrôlant et rendant les pays "émergents" dépendants d’eux pour leur accès aux matières premières dont ils ont besoin pour continuer à se développer.

Par leur mainmise sur les richesses stratégiques des pays producteurs, les USA et l’UE s’érigent en usuriers rentiers fixant les conditions d’accès aux matières premières aux pays "émergents". Les Firmes Transnationales US et de l’UE peuvent ainsi spéculer sur les prix, fixer les taxes, poser leurs conditions, organiser le sabotage des économies ou les affaiblir, mener la guerre commerciale et donc continuer à exploiter et dominer l’économie mondiale. Voilà d’où provient le fait que les économies des USA et de l’UE dépendent toujours plus fortement du complexe militaro-industriel et de la finance spéculative. L’impérialisme français a un taux de croissance quasi nul, mais une économie exportatrice de plus en plus dépendante des ventes d’armes, notamment des avions de guerre achetés surtout par les pétromonarchies saoudo-qataries.

Voilà pourquoi l’impérialisme provoque les actuelles guerres de « faible ou moyenne intensité » contre les pays faibles ou encore sous-développés pour les asservir. C’est le cas des deux guerres contre l’Irak, de la guerre contre l’ex-Yougoslavie, contre l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali, la Centrafrique. Voilà pourquoi les USA et l’UE se servent des Emirats des pétrodollars pour financer et armer les groupes "djihadistes" comme Daesh, l’EIL, Al Qaïda, Front Al-Nostra, Shebab, Boko Haram, Mujao, MNLA, Ansardine.

Il s’agit d’en finir avec des pouvoirs qui refusent de se soumettre au diktat des impérialistes, qui donc malgré la nature bourgeoise ou féodale de leur régime, rejettent la domination impérialiste et même parfois cherchent à développer leur pays pour en faire des pays "émergents" et indépendants.

L’Irak de Saddam Hussein, la Libye de Khadafi sont justement ce type de pays où l’argent du pétrole, par le biais des nationalisations de la production, du raffinage et même de l’industrie pétrochimique, a doté ces pays d’un indice du développement humain (idh) qu’on ne trouve nul part dans les pays, comme le Sénégal, soumis et servile à l’impérialisme. Mieux, ces pays ont investi dans des réalisations économiques, éducatives, sanitaires et sociales qui commençaient à les mettre sur les rails de la vraie "émergence".

C’est justement cela qui est détruit par les agresseurs impérialistes qui, à coups de bombes et de missiles, s’évertuent à ramener ces pays à « l’âge de pierre » pour ensuite insérer ces pays ainsi détruits dans le système inique de la dépendance néocoloniale de la dette, des plans d’ajustement structurel libéraux et ainsi, sous le prétexte de la "reconstruction", distribuer le profit maximum à leurs entreprises privées.

En plus, comme on le voit en Irak et en Libye, à cette destruction massive des infrastructures, des réalisations économiques, culturelles, éducatives, sanitaires et sociales, à ce pillage des œuvres historiques et à cette prédation gloutonne, il faut ajouter les assassinats ciblés des ingénieurs, des savants, des chercheurs, des professeurs des pays agressés par les impérialistes afin de les rendre dépendants pour une ou plusieurs générations. C’est aussi en cela que l’impérialisme, c’est la barbarie.

Les échecs en cours de la stratégie impérialiste du chaos

Après avoir vu comment procède l’impérialisme pour assurer la pérennité de sa domination mondiale multi séculaire, il faut observer que la situation commence à se compliquer pour lui. En effet, tout ne se passe comme prévu, à la grande surprise des soi-disant "élites" mentalement colonisées.

On a d’abord assisté à des offensives militaires criminelles contre des Etats et des peuples. Mais les guerres en Afghanistan, puis en Irak, en Libye ont certes créé le chaos, mais le but même d’accaparement des richesses de ces pays par les multinationales s’est révélé et se révèle plutôt problématique.

Certaines forces terroristes "djihadistes" qui avaient été sollicitées par les impérialistes et leurs vassaux des théocraties saoudienne, qatarie, koweïtienne, etc se sont retournées contre leurs parrains mafieux occidentaux. En fait, certains de ces "djihadistes" ont leur propre agenda politique même s’il faut remarquer qu’ils passent d’un groupe à un autre selon celui qui paye le plus.

Les forces obscures "djihadistes" ont aussi recruté, avec l’aide des finances saoudienne, qatarie et koweitienne aux USA, dans les différents pays de l’UE et à travers le monde, des mercenaires fanatisés. Certaines ont en partie échappé au contrôle de leurs maîtres occidentaux, sionistes et féodaux des monarchies pour commettre des attentats terroristes, comme ceux du World Trade Center en 2001 et de Charlie Hebdo en 2015, etc. Remarquons ici que ces fanatiques assassinent et massacrent avant tout des musulmans. L’Algérie en a fait l’amère expérience lors des "années de plomb" dans un assourdissant silence des médias impérialistes et de leurs relais locaux en Afrique.

Le projet de guerre contre la Syrie a été contré par la Russie, la Chine et les Etats progressistes d’Amérique du Sud. N’a-t-on pas vu la sortie significative du Ministre des Affaires Etrangères français, Laurent Fabius, sur le "bon boulot d’Al Nostra" en Syrie. De même qu’on peut observer que les terroristes "djihadistes" sont soignés et armés par Israël avant d’être renvoyés pour tuer les "musulmans" Syriens.

En Afrique même, les mensonges qui ont été évoqués pour abattre Khadafi et semer le chaos en Libye sont à l’origine de la multiplication des naufrages de migrants fuyant la guerre et du développement du "djihadisme" dans le nord Mali, puis du Nigeria et en Centrafrique.

La prise de conscience de la dangerosité de l’impérialisme et de ses guerres coloniales contre les peuples et l’Afrique avance à toute vitesse. Ainsi, malgré l’extraordinaire complexité évolutive de la situation, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigeria combattent de plus en plus Boko Haram et résistent pour l’instant aux pressions des impérialistes US et de l’UE dont le véritable dessein est l’occupation militaire du Sahel. Au Mali, malgré l’effet anesthésiant de l’épisode de l’escroquerie de l’impérialisme français volant au secours des populations à travers Serval, le peuple malien se rend compte de plus en plus de la supercherie et résiste de plus en plus au stratagème trompeur de la « Françafric ». L’opération Barkhane est éclaboussée en Centrafrique par le scandale de la pédophilie pratiquée par des soldats français sur des enfants. Africom, ce commandement US otanien pour l’Afrique ne trouve pour le moment nulle part pied à terre sur le continent.

Mais là où l’échec est encore plus patent pour les impérialistes, c’est en Ukraine. Là, les impérialistes, après une longue période d’avancée de l’OTAN et de l’UE vers les frontières de la Russie, viennent d’être stoppés net par la bourgeoisie patriotique russe par la réintégration de la Crimée. Les forces antifascistes ukrainiennes du Donbass et de la Nouvelle Russie ont donné un coup d’arrêt à l’expansionnisme de l’OTAN et de l’UE à l’est du sous-continent européen.

La Chine en fait de même en Asie avec son projet de développement régional appelé "nouvelles routes maritime et terrestre de la soie". Son partenariat "gagnant-gagnant Sud/Sud" et le "consensus de Pékin" qui rallie toujours plus de pays contre celui de "Washington" ont circonscrit le cadre libéral de la domination occidentale exercée sur la planète au travers du FMI, de la Banque Mondiale, de l’OMC et des APE et TAFTA.

Enfin, "l’arrière-cour" qu’a été l’Amérique du Sud pour les USA lui échappe de plus en plus sous les coups de boutoirs des nouveaux processus révolutionnaires anti-libéraux et anti-impérialistes engendrés par l’exemple héroïque de la résistance cubaine que connaissent les pays de l’Alba, de la CELAC, etc.

Le Sénégal et l’Afrique doivent être dans le camp de la paix et de l’égalité entre les peuples

Diouf et le PS social libéral, Wade et le PDS libéral, Macky et l’APR libéral ont choisi leur camp, celui des guerres coloniales des impérialistes US et de l’UE, celui de la « françafric », de « l’eurafric » et de » l’usafric », celui des monarchies vassales du Wahhabisme, du Salafisme et du Takfirisme contre les peuples et contre la Palestine, l’Afrique et les Africains. Les conséquences prévisibles de cet asservissement à l’impérialisme et à ses vassaux des pétrodollars sont illustrées par ce qui est arrivé au Mali où la bourgeoisie apatride a obéi à tous les diktats de la « françafric » au point que l’Etat s’est effondré, laissant tout le nord du pays aux mains des séparatistes du MNLA et des terroristes wahhabo-salafistes et takfiristes racistes financés par les pétrodollars qui ont profané les tombes des Saints africains enterrés à Tombouctou. L’aveuglement de l’argent et la servilité à la françafric, à l’eurafric et à l’usafric deviennent une menace pour la sécurité des Sénégalais et des Africains. Le Sénégal va entrer dans une zone de turbulence alors même que les terroristes fascistes continuent de menacer nos frères et soeurs du Mali, du Niger, du Cameroun et du Nigéria. Il doit être dit clairement que l’annonce des achats des avions rafales français par les monarchies saoudienne et qatarie et le besoin d’argent pour le PSE, sans oublier la manipulation électorale des électeurs musulmans, apparaissent à l’analyse comme des motivations inavouables de cet engagement dans la guerre contre le peuple du Yémen.

Le monde se divise de plus en plus entre, d’une part les camps de la guerre incarné par les USA, l’UE, les monarchies des pétrodollars flanquées des groupes terroristes fanatisés "djihadistes" et, d’autre part, celui de la paix représenté par la Chine, la Russie, l’ALBA, la CELAC, les BRICS, la Syrie, l’Iran, l’Inde, le Vietnam, la Corée du Nord, les pays de la SADC en Afrique, l’Algérie, etc, c’est à dire l’écrasante majorité des peuples du monde tout comme les travailleurs et peuples des pays occidentaux.

Cette réalité objective du monde dans lequel nous vivons s’impose de plus en plus à tous. Le monde est redevenu et redevient de nouveau dangereux en raison de la nature barbare du capitalisme et de l’impérialisme libéré du contrepoids qu’était l’URSS, le camp communiste, de 1945 à 1991.

Les rescapés du camp socialiste temporaire que sont la Chine, Cuba, le Vietnam, la Corée du Nord, les nouveaux Etats progressistes anti-libéraux et anti-impérialistes de l’ALBA et de la CELAC, ceux des Etats bourgeois patriotiques tels la Russie, l’Iran, les BRICS, le Zimbabwe, l’Angola, l’Algérie constituent progressivement le nouveau contrepoids qui change peu à peu la donne géostratégique en faveur des peuples.

Chaque Etat est appelé à choisir son camp. Et c’est à partir de leur choix que les pays s’inscrivent ou non dans la perspective de l’indépendance, de la souveraineté, de l’émancipation nationale et populaire.

La gauche anti-libérale, anti-impérialiste et anti-capitaliste du Sénégal et des pays d’Afrique doit clairement intégrer cette division du monde actuel dans son programme de libération nationale et populaire et dans sa lutte patriotique, panafricaine et internationaliste contre la guerre, pour la paix et pour l’égalité entre les peuples.

La Gauche doit être à l’avant-garde des travailleurs et du peuple pour éviter que les pouvoirs néocoloniaux des libéraux et sociaux libéraux ne les réduisent à ce que disait fort justement Thomas Sankara : "L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère".

Alors, pas en notre nom, NON à l’envoi des fils du peuple contre le peuple du Yémen.

Notes :

(1)http://www.africaneconomicoutlook.o..., consulté le 27 avril 2015 à 10h 40.

(2) Banque Africaine de développement, OCDE, PNUD, Perspectives économiques en Afrique, 2012, p. 108.

(3)http://www.africaneconomicoutlook.o...,

(4) Ibid.

(5) Kwame Nkrumah, Le néocolonialisme, dernier stade de l’impérialisme, Présence Africaine, Paris, 1973, chapitre « les mécanismes du néocolonialisme, p. 245

(6) Marc-Antoine Perouse de Montclos, La face cachée des ONG, Politique internationale la revue, n° 116, http://www.politiqueinternationale....

Source : Le Journal de l’Afrique n°11, Investig’Action, juin 2015.

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