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[Vidéo] La France ne peut tenir son rang que par l'exploitation de ses "anciennes" colonies africaines (DWN)

par Deutsche Wirschafts Nachichten 5 Novembre 2016, 11:36 Franc CFA Françafrique Pillage France Economie néocolonialisme Colonialisme Togo Olympio Eyadéma Dictature Articles de Sam La Touch

La France ne peut tenir son statut que par l'exploitation de ses anciennes colonies africaines
Article originel : Frankreich kann seinen Status nur mit Ausbeutung der ehemaligen Kolonien halten
Deutsche Wirschafts Nachichten

 

Traduction SLT

L'Etat français encaisse par an 440 milliards d'euros en taxe de ses anciennes colonies. La France est dépendante des recettes économiques en provenance d'Afrique pour ne pas s'enfoncer dans l'insignifiance économique avait mis en garde l'ancien président Jacques Chirac. Cette affaire montre à quel point un monde juste est difficilement possible du fait que d'anciennes puissances coloniales sont devenues dépendantes elles-mêmes de l'exploitation de leurs "anciennes" colonies.

Dans les années 1950-60 les colonies africaines de la France ont décidé de prendre leur indépendance. Certes, le gouvernement à Paris acceptait formellement les demandes d'indépendance, mais exigeait en contre-partie que les pays signent un soi-disant "pacte de poursuite de la colonisation". En cela ils s'engageaient à maintenir la monnaie coloniale française, le franc CFA ("le franc pour les colonies de la France en Afrique"), à garder le système scolaire français, le système militaire et le système français comme langue officielle.

 

En raison de cette loi, 14 Etats africains sont toujours obligés de stocker environ 85% de leurs réseves de change à la banque centrale française à Paris. (Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres ; Aucune décision de la CEMAC, de l'UEMOA et de leurs banques centrales ne peuvent être prises sans l'accord de la Banque de France ; N.B. : En 2005, la BEAC et la BCEAO disposaient d'un dépôt de plus de 3 600 milliards de francs CFA (environ 72 milliards d’euros) auprès du Trésor public, NdT). Là ils dépendent du contrôle direct du ministère des finances français. Les pays concernés n'ont aucun accès à cette partie de leurs réserves. Si les 15% restants de leurs réserves ne suffisaient pas, ils doivent emprunter des moyens supplémentaires au ministère des finances français aux intérêts du marché. Depuis 1961 Paris contrôle ainsi les réserves de change du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée-Bissau, de la Côte-d'Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Togo, du Cameroun, de la république centrafricaine, du Tchad, du Congo-Brazzaville, de la Guinée équatoriale et du Gabon.

 

En outre, ces pays doivent payer et transmettre chaque année à Paris leurs "taxes coloniales" pour les infrastructures construites par la France, comme Silicon Africa le détaille. Ainsi la France prend environ 440 milliards d'euros chaque année. Le gouvernement de Paris dispose aussi d'un droit de préemption sur toutes les présences de matière première nouvellement découvertes dans les pays de son pré-carré africain. Et, enfin, les entreprises françaises doivent être traitées préférentiellement dans les ex-colonies françaises. En conséquence, les plus grands avoirs dans ces pays dans les domaines de l'approvisionnement, des finances, du transport, de l'énergie et de l'agriculture se retrouvent dans les mains des consortiums français.

 

L'élite principale des pays respectifs (du pré-carré colonial français, NdT) n'a pas à répondre à des exigences d'élections démocratiques. Si les hommes politiques africains refusent (le joug colonial français, NdT), ils peuvent subir des attentats ou un renversement de gouvernement. Au cours des 50 dernières années, 67 coups d'état ont lieu en tout dans 26 pays africains. Seize de ces 26 pays étaient d'anciennes colonies de la France.

 

Une illustration exemplaire en est le premier président (élu démocratiquement, NdT) du Togo de l'Afrique occidentale, Sylvanus Olympio (plus récemment on pourrait citer le cas de Laurent Gbagbo ou de Muammar Kadhafi, NdT). Il refusait de signer le "pacte de poursuite de la colonisation". Mais la France exigeait que le Togo paie la taxe sur les infrastructures que les Français avaient construites pendant le temps de la colonisation. La somme se montait par an à environ 40% du budget du Togo en 1963 et précipitait ce pays récemment indépendant dans ses limites économiques.

 

En outre, le nouveau président du Togo avait décidé de supprimer la monnaie coloniale française du franc CFA et à imprimer sa propre monnaie nationale. Seulement trois jours après cette décision, le nouveau gouvernement était renversé par un groupe d'anciens légionnaires et le président était tué. Le chef des légionnaires, Gnassingbe Eyadema, a reçu 550 euros de l'ambassade française locale pour la réalisation de l'attentat, comme l'a rapporté le journal britannique The Telegraph. Quatre ans plus tard, Eyadema avec le soutien de Paris devenait le nouveau président du Togo. Il établissait une dictature tyrannique dans ce pays de l'Afrique occidentale et a gardé le pouvoir jusqu'à sa mort en 2005 (transmise à son fils Faure Gnassingbé qui a pris le pouvoir par un coup d'état en 2005 suivi d'élections frauduleuses et d'une répression sanglante soutenue par la France de Jacques Chirac. [Amnesty international dénonce la répression et le rôle de la France au Togo, juillet 2005]. Le fils est encore au pouvoir aujourd'hui et a récemment été adoubé par les autorités françaises lors de la visite de Manuel Valls le 26 octobre 2016 : Manuel Valls : "La France croît au Togo", NDT). 

 

Au cours des années qui ont suivi l'assassinat de Sylvanius Olympio, le gouvernement français a toujours eu recours à d'anciens légionnaires pour renverser les gouvernements non favorables dans ses ex-colonies. Ainsi le premier président de la république centrafricaine, David Dacko a été renversé, en 1966 par d'anciens membres de la légion étrangère (Lire également : Les révélations de Bokassa sur le rôle de l'Etat français en Centrafrique (video) ; Centrafrique : ce que les médias français ne vous diront pas à propos de l'intervention de François Hollande, NdT)...Et le premier président de la république du Mali, Modiba Keita, fut la victime en 1968 d'un putsch d'ex-légionnaires. Seulement quelques années avant, il avait aussi décidé de supprimer la monnaie coloniale française.

 

Au contraire de la France, les autres anciennes puissances coloniales ont renoncé à de telles mesures. La Grande-Bretagne a dû apprendre sa leçon au cours de la révolution étatsunienne de 1763. Le déclencheur est à imputer à la décision britannique, de faire payer aux colonies étatsuniennes les frais pour la guerre menée par la France qui venait de se terminer et à la guerre contre les indiens. La protestation étatsunienne a abouti à la guerre d'indépendance et à la fondation des Etats-Unis en 1776. En 1778 le parlement britannique renonçait à la taxation des colonies. En cela la Grande-Bretagne a renoncé aux taxations sur les chiffres d'affaires dans les colonies "British America" et "British West Indies".

 

Ceci est aussi valable pour les anciennes colonies de l'Australie et du Canada. Certes, celles-ci appartiennent toujours au "Commonwealth" et dépendent formellement de la maison royale britannique, mais les taxes depuis l'indépendance de ces pays  sont régies depuis le début du 20ème siècle exclusivement par les gouvernements de ces pays là.

De même l'ancienne puissance coloniale des Pays-Bas ne lève plus aucun impôt sur ses anciens domaines d'influence en Amérique du Sud et dans le sud-est asiatique. Au sud-est asiatique (Indonésie, NdT), les taxes ont été maintenues au début du 20ème siècle en raison des guerres désastreuses, les Pays-Bas devaient régulièrement soutenir financièrement leurs colonies. Le royaume s'est séparé d'une grande partie de ses colonies déjà au début du 19ème siècle. Finalement, les Antilles néerlandaises en octobre 2010 quittaient le royaume. Seuls les îles des Caraïbes d'Aruba, de Curaçao et de Saint Martin (qui dispose au sud d'une partie néerlandaise et au nord d'une partie française, NdT) font toujours partie du royaume des Pays-Bas.

 

L'élite politique de la France n'envisage pas du tout d'éliminer les vestiges du temps colonial et d'accepter l'indépendance complète de ses anciennes colonies. La crainte semble au contraire prédominer à Paris d'un risque de voir la France s'enfoncer dans une insignifiance économique si elle perdait ses recettes économiques (en provenance de ses "anciennes colonies" africaines, NdT). En mars 2008, l'ancien président français Jacques Chirac déclarait déjà :  "Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]"

 

 

[Vidéo] La France ne peut tenir son rang que par l'exploitation de ses "anciennes" colonies africaines (DWN)

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